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Chapitre IV. Le Temps des troubles. Phase nationale (1610-1613)

Pages 115 à 140

Citer ce chapitre


  • Berelowitch, A.
(2014). Chapitre IV. Le Temps des troubles. Phase nationale (1610-1613) La Hiérarchie des égaux : La noblesse russe d'Ancien Régime (XVIe-XVIIe siècles) (p. 115-140). Le Seuil. https://shs.cairn.info/la-hierarchie-des-egaux-la-noblesse-russe-d-ancien-regime-xvie-xviie-siecles--9782020300063-page-115?lang=fr.

  • Berelowitch, André.
« Chapitre IV. Le Temps des troubles. Phase nationale (1610-1613) ». La Hiérarchie des égaux La noblesse russe d'Ancien Régime (XVIe-XVIIe siècles) Le Seuil, 2014. p.115-140. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/la-hierarchie-des-egaux-la-noblesse-russe-d-ancien-regime-xvie-xviie-siecles--9782020300063-page-115?lang=fr.

  • BERELOWITCH, André,
2014. Chapitre IV. Le Temps des troubles. Phase nationale (1610-1613) In : La Hiérarchie des égaux La noblesse russe d'Ancien Régime (XVIe-XVIIe siècles) Paris : Le Seuil. L'Univers historique, p.115-140. URL : https://shs.cairn.info/la-hierarchie-des-egaux-la-noblesse-russe-d-ancien-regime-xvie-xviie-siecles--9782020300063-page-115?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Platonov, Očerki Smuty, p. 429 ; Popov, Izbornik, p. 346.
  • [2]
    Voir chapitre ii, note 55.
  • [3]
    Platonov, Očerki Smuty, p. 425.
  • [4]
    Čerepnin, Zemskie sobory, p. 160-161.
  • [5]
    Outre Mstislavskij, Ivan Mixajlovič Vorotynskij, André Vasil‘evič Trubeckoj, André Vasil‘evič Golicyn, Ivan Nikitič Romanov, Théodore Ivanovič Šeremetev, Boris Mixajlovič Lykov.
  • [6]
    Čerepnin, Zemskie sobory, p. 162 ; AAE, II, nº 162, p. 278 ; SGGD, II, nº 197 et 198, p. 389-390.
  • [7]
    Čerepnin, Zemskie sobory, p. 165.
  • [8]
    Le 27 août 1610, les Moscovites commencent à prêter serment de fidélité à Ladislas, en présence de Źołkiewski : ils sont 10 000 le premier jour. Le surlendemain, Andronov arrive à Moscou, porteur d’une lettre de Sigismond III, où il exige que les Russes ne prêtent pas serment à son fils, mais à lui-même (Solov‘ev, IV, p. 567).
  • [9]
    Ibid., p. 568-569.
  • [10]
    Platonov, Očerki Smuty, p. 467-471.
  • [11]
    Solov‘ev, IV, p. 575. Margeret, passé au service de Sigismond, fait partie des occupants du Kremlin.
  • [12]
    AAE, II, nº 188/II, p. 321.
  • [13]
    Liste des contingents : AAE, II, nº 188/II, p. 323 (mars 1611).
  • [14]
    Skrynnikov, Time of Troubles, p. 126, écrit : « March 17 was Easter day ». C’est certainement une erreur : Pâques tombait le 24 mars 1611, dans le calendrier julien, le 3 avril dans le calendrier grégorien. Du reste, la cérémonie du 17 mars décrite par Skrynnikov est précisément la procession du dimanche des Rameaux, que mène le patriarche monté sur une ânesse.
  • [15]
    Skrynnikov, Time of Troubles, p. 128-136.
  • [16]
    Platonov, Očerki Smuty, p. 500-501, 505-507.
  • [17]
    Version des faits vigoureusement combattue par Skrynnikov, Time of Troubles, p. 173-174.
  • [18]
    Liste dans AMG, I, nº 45, p. 78-82.
  • [19]
    Platonov, Očerki Smuty, p. 516 (confiscation de l’appareil d’État), p. 521 (victoire de Sapieha).
  • [20]
    DAI, I, nº 162 (25 décembre 1611).
  • [21]
    Platonov, Očerki Smuty, p. 519 (vision de saint Serge), p. 528-530 (début de l’activité publique), p. 522 et note 226 (datation). Voir aussi Platonov, Drevnerusskie, p. 377-384.
  • [22]
    Lettre à Vologda dans AAE, II, nº 201, p. 348-351, trad. anglaise partielle dans Source Book, p. 205.
  • [23]
    Platonov, Očerki Smuty, p. 530 sq. ; Skrynnikov, Time of Troubles, chapitre 15, p. 183-192.
  • [24]
    AAE, II, nº 203, p. 357 : « À la place de Côme Minin, l’élu du pays tout entier, le prince Dimitri Mixajlovič Požarskij a apposé sa signature » (lettre de Požarskij et des habitants de Jaroslavl‘ aux habitants de la Vyčegda, 7 avril 1612).
  • [25]
    Platonov, Očerki Smuty, p. 412.
  • [26]
    AAE, II, nº 179, p. 306 ; c’est moi qui souligne.
  • [27]
    AAE, II, nº 188/II, p. 321.
  • [28]
    Cf. Vladimir Vodoff, « Un pamphlet anti-latin à Novgorod au xve siècle ? », RES, LXX/2, 1998, p. 299-307.
  • [29]
    Troisième, parce que, pour leurs péchés, la Rome d’Occident a été vaincue par les Germains et celle d’Orient, Constantinople, par les Ottomans. Épître de Philothée au grand-prince Ivan Vasil‘evič (entre 1540 et 1550 selon A. L. Gol‘dberg) : Krasnorečie drevnej Rusi, M., 1987, p. 216-220 ; trad. allemande par H. Schaeder, Moskau das dritte Rom, Darmstadt, 1957, p. 209-215. Mais c’est dans l’« Épître à Basile III » (datée, selon les auteurs, de 1510-1511, ou de 1540-1550) que l’on trouve la fameuse formule : « Moscou est la troisième Rome, et il n’y en aura pas de quatrième » (PLDR, [6], p. 436-441 ; trad. française : Laran-Saussay, p. 153-155).
  • [30]
    Perrie, Pretenders, p. 211-218. On le trouve également qualifié de « diacre défroqué Matjuška [Matthieu] » (DAI, I, nº 164, p. 288).
  • [31]
    Perrie, Pretenders, p. 208-211.
  • [32]
    AAE, II, nº 210, p. 369.
  • [33]
    Voir note 22.
  • [34]
    Samozvanec, traduit par « imposteur », signifie littéralement : « celui qui s’est, de son propre chef, appelé à régner ».
  • [35]
    PSRL, 34, p. 219, f. 676 (Glas ubo božij, glas naroda !)
  • [36]
    AAE, II, nº 203, p. 353-358 (à Vyčegda) ; commentée par Čerepnin, Zemskie sobory, p. 185-186 ; lettre analogue à Putivl‘ en juin 1612 (SGGD, II, nº 281).
  • [37]
    Appliqué au xviie siècle aux peuples nordiques, bien que des noms spécifiques existent par ailleurs. Ici, les Suédois ou les mercenaires d’Europe du Nord.
  • [38]
    Čerepnin, Zemskie sobory, p. 181-182.
  • [39]
    « Les États de Russie rassemblés à Jaroslavl‘ » ; cité ibid., p. 180-181.
  • [40]
    Očerki istorii SSSR, konec XV v.-načalo XVII v., M. 1955, p. 584. Secrétariat des Monastères et Quartier de Galič d’après Veselovskij, D‘jaki, p. 95 (« Timothée Vitovtov ») et p. 590 (« Basile Judin »).
  • [41]
    Čerepnin, Zemskie sobory, p. 182, note 71. Cf. A. B. Lakier, Russkaja geral‘dika, St-P., 1855, rééd. M., 1990, p. 124 et planche XII, nº 6 : le sceau personnel de Dimitri Požarskij correspond à la description de Čerepnin.
  • [42]
    Platonov, Očerki Smuty, p. 552.
  • [43]
    A. S. Mel‘nikova, Russkie monety ot Ivana Groznogo do Petra pervogo, M., 1989, p. 122.
  • [44]
    P. G. Ljubomirov, Očerk istorii nižegorodskogo opolčenija, M., 1939, p. 95.
  • [45]
    Et non son « frère », comme le traducteur le fait écrire à Skrynnikov dans Time of Troubles, où Dimitri Petrovič figure en outre à l’index sous « Lopata-Požarskij » : « Lopata » (« la Pelle ») n’a jamais été intégré au nom de famille.
  • [46]
    Skrynnikov, Time of Troubles, p. 245-257.
  • [47]
    AAE, II, nº 214, p. 373.
  • [48]
    Voir chapitre xi.
  • [49]
    Čerepnin, Zemskie sobory, p. 187-200 ; Skrynnikov, Time of Troubles, p. 264-283.
  • [50]
    Cf. Suter, p. 563 : « Les bailliages ont trouvé bon, utile et juste, […] de se lier entre eux par un serment […]. Aussi voulons-nous nous lier perpétuellement corps et biens, dans l’honneur et par le sang » (1653, paysans révoltés du canton de Lucerne).
  • [51]
    J. Dhondt, « “Ordres” ou “puissances” », Annales ESC, 5 (1950), p. 289-305, repris dans Dhondt, Estates or Powers. Essays in the Parliamentary history of the Southern Netherlands from the XIIth to the XVIIIth Century, Heule, 1977, p. 25-49.
  • [52]
    Susan Reynolds, Kingdoms and Communities in Western Europe, 900-1300, Oxford, 1984.
  • [53]
    Čerepnin, Zemskie sobory, p. 204-206.
  • [54]
    Kotošixin, p. 126 : « Lorsque les tsars d’antan, successeurs d’Ivan Vasil‘evič [Ivan IV], accédaient à l’empire, on leur demandait l’engagement par écrit de ne céder ni à la cruauté, ni à la colère, de n’exécuter personne sans jugement et sans cause pour quelque motif que ce soit, d’examiner toutes les affaires de concert avec les grands seigneurs et les gens du conseil, et de ne rien décider, secrètement ou publiquement, sans les en aviser. » Le tsar Alexis, selon Kotošixin, aurait changé tout cela. « Mais son père, le tsar Michel Fedorovič de bienheureuse mémoire, bien qu’il se donnât le titre d’autocrate, ne pouvait cependant rien faire sans l’avis des grands seigneurs. »
  • [55]
    Philippe Johann Stralenberg, gentilhomme suédois (1676-1747) fait prisonnier pendant la guerre du Nord et déporté en Sibérie, auteur de Das Nord und Ostliche Theil von Europa und Asia, Stockholm, 1730.
  • [56]
    SU, chapitre ii, § 7-8, 10.
  • [57]
    Jugement nuancé de Čerepnin, Zemskie sobory, p. 206-211.
  • [58]
    M. Szeftel, « L’autocratie moscovite et l’absolutisme français au xviie siècle : parallèles et divergences (réflexions comparatives) », Canadian-American Slavic Studies, 16, nº 1 (1982), p. 45-62 ; V. E. Val‘denberg, Drevnerusskie učenija o predelax carskoj vlasti, Petrograd, 1916.
  • [59]
    Son règne prend fin lorsqu’un candidat au trône réussit à le surprendre et à le tuer, pour devenir à son tour un monarque éphémère et traqué. Cf. James G. Frazer, The Magical Art and the Evolution of Kings, trad. française de P. Sayn, « Le roi magicien dans la société primitive », dans Le Rameau d’or, P., 1981, vol. 1, chapitre i.
  • [60]
    Premier livre de Samuel, 9, 15-17, faisant suite à une diatribe en règle contre la monarchie (ibid., 8, 10-18).
  • [61]
    Lavengro, chapitre iv.
  • [62]
    E. J. Hobsbawm, « La foule urbaine et ses émeutes », dans Primitive Rebels, 1959 ; trad. française de R. Laars, Les Primitifs de la révolte dans l’Europe moderne, P., 1966, p. 127-143, ici p. 134, 139.
  • [63]
    Cf. M. M. Krom, « Političeskij krizis 30-40-x godov XVI veka (Postanovka problemy) », Otečestvennaja istorija, 1998, nº 5, p. 3-19, ici p. 9-10.

Aussitôt, la victoire si péniblement conquise par Michel Skopin-Šujskij est remise en cause. Une petite armée polonaise sous l’hetman Stanislas Źołkiewski met en déroute, à Klušino (24 juin 1610), les forces russo-suédoises bien plus nombreuses que commande Dimitri Šujskij. Une fois encore, Moscou est assiégée, cette fois par l’armée polonaise, tandis que le Faux Dimitri, avec ses cosaques, fait sa réapparition. La preuve est faite, désormais, aux yeux de la population de la capitale, que le tsar Basile « joue de malchance ». C’est à cause de lui que le pays souffre de « la faim et du glaive ». Basile Šujskij est « un imbécile et un impie, un débauché et un ivrogne ». On se souvient de son élection douteuse, de son goût pour la magie et de son peu de goût pour la justice.
Ces rumeurs sont probablement orchestrées par des conjurés qui restent en coulisse. Derrière les Ljapunov et Ivan Saltykov qui s’affichent, se trouvent les véritables artisans du complot, désireux de monter eux-mêmes sur le trône (Basile Golicyn), ou de restaurer le prestige d’un clan compromis par un trop long séjour à Tušino (Philarète, dans le siècle Théodore Romanov). Enfin, et c’est là l’essentiel, le 4 février 1610, alors que Skopin-Šujskij n’avait pas encore repris Moscou, un accord a été conclu entre les notables du camp de Tušino, qui ont abandonné le Faux Dimitri, et Sigismond III, roi de Pologne, qui assiège Smolensk depuis septembre 1609. À condition de se convertir à l’orthodoxie et de respecter les clauses de l’accord, le prince Ladislas, fils de Sigismond, deviendra tsar de Russi…


Date de mise en ligne : 06/09/2022

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