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Chapitre V. Une classe en gestation

Pages 143 à 174

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  • Berelowitch, A.
(2014). Chapitre V. Une classe en gestation. La Hiérarchie des égaux : La noblesse russe d'Ancien Régime (XVIe-XVIIe siècles) (p. 143-174). Le Seuil. https://shs.cairn.info/la-hierarchie-des-egaux-la-noblesse-russe-d-ancien-regime-xvie-xviie-siecles--9782020300063-page-143?lang=fr.

  • Berelowitch, André.
« Chapitre V. Une classe en gestation ». La Hiérarchie des égaux La noblesse russe d'Ancien Régime (XVIe-XVIIe siècles) Le Seuil, 2014. p.143-174. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/la-hierarchie-des-egaux-la-noblesse-russe-d-ancien-regime-xvie-xviie-siecles--9782020300063-page-143?lang=fr.

  • BERELOWITCH, André,
2014. Chapitre V. Une classe en gestation. In : La Hiérarchie des égaux La noblesse russe d'Ancien Régime (XVIe-XVIIe siècles) Paris : Le Seuil. L'Univers historique, p.143-174. URL : https://shs.cairn.info/la-hierarchie-des-egaux-la-noblesse-russe-d-ancien-regime-xvie-xviie-siecles--9782020300063-page-143?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Furetière, Dictionnaire, « Noble ».
  • [2]
    EL, livre XI, chapitre vi.
  • [3]
    When Adam delved and Eve span, Who was then the gentleman ? Selon la tradition, ce fut le thème du sermon prononcé à Blackheath en 1381, par le prêtre anglais John Ball, sermon qui aurait déclenché les jacqueries (cf. Froissart, Chroniques, livre II, § 212).
  • [4]
    « Comme on sait, c’est au xviiie siècle qu’apparaît un terme unique désignant “la noblesse” » (Rexheuser, p. 1, note 1). Cf. Miller, p. 180-181.
  • [5]
    Herberstein, La Moscovie, p. 228, Commentarii, p. 120 C-121 A.
  • [6]
    SU, X, § 264, p. 62.
  • [7]
    Notus, plutôt que nobilis. Cf. SU, XXI, 39 (1649) ; Gramotki XVII-načala XVIII veka, nº 240, p. 130, f. 1 (1677 ?) ; Pamjatniki moskovskoj delovoj pis‘mennosti XVIII veka, M., 1981, nº 220, p. 143, f. 97 (29 mai 1737).
  • [8]
    Par exemple, Zapisnaja kniga 1626, p. 426 (banquet du 29 octobre).
  • [9]
    Vasmer. C’est l’allemand moderne Geschlecht (cf. Jakob et Wilhelm Grimm, Deutsches Wörterbuch, à ce mot) ; slahte signifie « lignage ».
  • [10]
    Exemples : AMG, I, nº 83, p. 123, 125 (1614), nº 196, p. 215 (1627), nº 456, 461, 467 (1632) ; PRK 1, col. 593 (1616/17).
  • [11]
    Ils émargent du 5 octobre 1614 au 17 août 1617 : PRK 1, col. 300-301, 307, 317, 322, 330, 337-338, 341, 354-356, 367, 529-531, 554, 561-562, 613, 615-616, 620, 668-669, 673-675. Du 1er octobre 1619 au 1er août 1620 : PRK 2, p. 201-202, 204, 206, 211-212, 214, 216-217, 229, 234-237.
  • [12]
    Pavlov-Sil‘vanskij, p. 227-228.
  • [13]
    Akty, otnosja‡iesja do graždanskoj raspravy drevnej Rossii, A. D. Fedotov-Čexovskij (éd.), Kiev, 1860, I, nº 51, p. 67-68. Cf. Marc Szeftel, « Le jugement de Dieu dans le droit russe ancien », p. 286, note 3, et Kobrin, Vlast‘, p. 188.
  • [14]
    Rude and Barbarous, p. 34.
  • [15]
    Il est représenté (nº 5) dans l’Album de Meyerberg, lors de l’audience du 24 avril 1662, accordée par le tsar Alexis à l’ambassade impériale. On lit dans la légende : der Hohe Canzler Hilarion Lopuxin ist genandt [« le grand chancelier s’appelle Hilarion Lopuxin »] (Al‘bom Mejerberga, fig. 77, p. 39). Il est alors secrétaire du Conseil, et dirige le secrétariat des Ambassadeurs (Veselovskij, D‘jaki, p. 299-300).
  • [16]
    Reproduite dans Ivanov, p. 345-346. Affaire nº 1496, commentée dans MOM, p. 226-227, et par Demidova, p. 85-86.
  • [17]
    Les « gens de cette espèce » comprennent Théodore Jur‘ev, marchand privilégié de 1643 à 1678, et Cyrille Bosoj (de 1646 à 1654 ; cf. N. B. Golikova, Privilegirovannye kupečeskie korporacii Rossii, XVI-pervoj četverti XVIII v., t. 1, M., 1998, p. 98-99), mais aussi deux gentilshommes de statut médiocre, Athanase Paškov et Alexis Me‡erinov, auxquels Jur‘ev et Bosoj ont été respectivement subordonnés (Ivanov, loc. cit.)
  • [18]
    PSZ, I, nº 247, p. 465-467. C’est l’affaire nº 1493, dont la réalité, il est vrai, est contestée en 1659 par les secrétaires (Demidova, p. 84-85).
  • [19]
    SU, p. 48 et note 36.
  • [20]
    C’est-à-dire le nom de famille (voir chapitre iii, note 22). Cf. Furetière, Dictionnaire : « Surnom : nom qu’on ajoute au nom propre, ou au nom de baptême. C’est d’ordinaire celui de la famille, ou d’une seigneurie. »
  • [21]
    C’est à dessein que je traduis xolop par « humble serviteur », et non par « esclave ». Sans doute la formule implique-t-elle davantage que la simple politesse de l’équivalent français ; je ne crois pourtant pas non plus qu’elle doive être prise au pied de la lettre, ni considérée comme une preuve de la soumission « servile » des nobles moscovites à leur souverain.
  • [22]
    RIB, t. 8, col. 1205-1206.
  • [23]
    Cf. M. E. Byčkova, « O soslovnoj strukture klassa feodalov Rossii v XVII v. », Social‘naja struktura i klassovaja bor‘ba v Rossii XVI-XVIII vv., M., 1988, p. 29-42 (étudie les preuves de noblesse exigées à partir de 1642 des gentilshommes étrangers).
  • [24]
    RIB, t. 8, nº 10 : « Dela o vyezžix inostrancax », par exemple col. 166-167 (5 juillet 1624).
  • [25]
    Ainsi les traducteurs suédois des Affaires étrangères interrogés au sujet de Christophe Storm, natif de Narva, en Livonie suédoise (ibid., col. 148-149, printemps 1620).
  • [26]
    Ibid., col. 115, 117, 118.
  • [27]
    Cf. Jaroslav Pelenski, « State and Society in Muscovite Russia and the Mongol-Turkic system in the Sixteenth Century », FOG, 27 (1980), p. 156-167, qui voit dans le système russe du bénéfice une imitation du timar.
  • [28]
    RIB, t. 8, col. 167. Le mot turc a donné le français « spahi » et l’anglais sepoy (« cipaye »).
  • [29]
    Ibid., col. 169. Littéralement « garçon d’intérieur » : « garçons et jeunes gens qui étaient d’abord les esclaves recrutés dans le devshirme […], choisis pour être formés aux palais d’Edirne et d’Istanbul en vue d’occuper les plus hauts postes administratifs de l’État » (Encyclopédie de l’Islam). Ce sont les « icoglans » de Candide.
  • [30]
    B. Lewis, Istanbul and the Civilization of the Ottoman Empire, 1963, traduction française d’Y. Thoraval, Istanbul et la Civilisation ottomane, P., 1990, p. 84.
  • [31]
    RIB, t. 8, col. 164.
  • [32]
    Ibid., col. 149 (printemps 1620).
  • [33]
    AMG, I, nº 39, p. 63-65 ; SGGD, III, nº 59, p. 235-245 ; Zercalov 1895, p. 1-11.
  • [34]
    Desjatnja novikov, p. 114-115. C’est moi qui souligne.
  • [35]
    Instructions de 1621, SGGD, III, nº 59, p. 241, même remarque.
  • [36]
    Cf. Roždestvenskij, p. 300.
  • [37]
    AMG, I, nº 40, p. 65.
  • [38]
    Ibid., nº 44, p. 78.
  • [39]
    Zercalov 1895, p. 5.
  • [40]
    Ibid., p. 4.
  • [41]
    Voir note 38.
  • [42]
    SU, XVII, § 37.
  • [43]
    Douze ans plus tard, une lettre du tsar Alexis à Basile Borisovič Šeremetev témoigne d’une réflexion déjà élaborée sur l’origine des dignités (voir chapitre xiii, note 27).
  • [44]
    Cf. Rüss, Herren, p. 63.
  • [45]
    Desjatnja novikov, p. 151, nº 37.
  • [46]
    Pour le xvie siècle ; Kobrin, Stanovlenie, p. 165-166.
  • [47]
    RBM 218/I, ff. 1-12 (Opisanie MAMJu, t. 11, p. 104). Affaire analogue en 1663 (RBM 649/3, ibid., p. 295).
  • [48]
    ZA I, nº 291, p. 202 (antérieur au 7 septembre 1642).
  • [49]
    D. Barthélemy, L’Ordre seigneurial, xie-xiie siècles, P., 1990, p. 129-130.
  • [50]
    Vodarskij 1989, p. 120-121.
  • [51]
    Les données chiffrées sont présentées dans le tableau 9, où l’on trouvera également la liste des sources utilisées.
  • [52]
    Cf. Berelowitch, Armée.
  • [53]
    BK 1616, BK 1627, BK 1639, BS 1607, BS 1611, BS « 1621 ».
  • [54]
    Pavlov, passim ; P. V. Sedov, « Rekonstrukcija žileckogo spiska 7119/1611 goda », Rossija ot Ivana Groznogo do Petra Velikogo (Mél. R. G. Skrynnikov), St-P.,
    1993, p. 57-77 ; Berelowitch, Thèse, « Répertoire alphabétique des pages, 1614-1616 », p. 487-524 (en russe).
  • [55]
    Un article d’A. P. Pavlov, à paraître dans FOG, 56, et fondé sur des sources inédites, apportera sur ce point quantité d’informations précieuses.
  • [56]
    Hypothèse de Pavlov, p. 120 (voir chapitre vi, note 20).
  • [57]
    L’ajustement exponentiel des données, c’est-à-dire l’ajustement linéaire des logarithmes des effectifs réels, aboutit dans ce cas à des résultats plus satisfaisants que l’ajustement linéaire. Celui-ci interprète la croissance comme une droite d’équation y = axb, ce qui revient à étudier l’évolution de la cour en fonction du temps qui passe. L’ajustement exponentiel est plus proche des faits, puisqu’il les traduit par une courbe à taux d’accroissement constant, à peine différente du mouvement réel (fig. 3). Il faut prendre garde toutefois au postulat qu’une courbe de ce genre risque de suggérer : la croissance de la sidérurgie est en partie auto-entretenue, parce qu’une production d’acier en progrès permet de produire plus d’acier encore, et en consomme davantage. Mais on ne voit pas comment la croissance des effectifs de la cour pourrait s’alimenter elle-même.
  • [58]
    P. Goubert, D. Roche, Les Français et l’Ancien Régime, t. I, P., 1984, p. 234. Mais les membres de la cour moscovite ne sont pas tous employés, loin de là, à administrer le pays.
  • [59]
    Selon l’hypothèse convaincante de R. Crummey, une grande partie de ces pertes doit être attribuée au simple jeu des lois de la démographie ancienne (« The Fate of Boyar Clans, 1565-1613 », FOG, 38 (1986), p. 241-256).
  • [60]
    Plus le nombre d’individus à classer augmente, plus il faut de catégories pour les ranger, si l’on veut que le classement reste utilisable. Cf. Benoît Mandelbrot, Les Objets fractals, 3e éd., P., 1989, p. 152 : « Le nombre de niveaux hiérarchiques croît comme le logarithme du nombre total des membres de la hiérarchie. » Ce théorème ne se vérifie pas dans le cas de la cour moscovite.
  • [61]
    BS, I, 109-110.
  • [62]
    Pavlov, p. 112, arrive à des conclusions similaires pour la période 1588-1605.
  • [63]
    BK 1627, p. 59-64, f. 123-136 v°.
  • [64]
    Tableau 6, chapitre ier.
  • [65]
    Ibid.
  • [66]
    L’affaire de préséance nº 1144 montre bien que les offices dépendant du patriarche étaient considérés comme inférieurs à ceux de la cour impériale. Le prince Pierre Aleksandrovič Repnin, chargé en septembre 1621 par Philarète d’escorter le repas de l’ambassadeur turc au domicile de celui-ci, porte plainte en préséance contre Léon, fils d’Ivan, Dolmatov-Karpov, qui a reçu la même mission du tsar. Sa demande est rejetée, car le souverain et son père le patriarche sont égaux en dignité (DR, I, 491). Mais ni cette décision ni le fait que les panetiers du patriarche font partie de la cour impériale ne peuvent empêcher la différence de prestige qui sépare les deux grades (Ljutkina, « Stol‘niki », p. 102, 110-112).
  • [67]
    Maître de l’Hôtel, écuyers tranchants, échansons, etc.
  • [68]
    Ljutkina, « Stol‘niki », p. 102-104.
  • [69]
    Crummey, Reconstitution, p. 192-193.
  • [70]
    C’est-à-dire ne figurant pas dans le registre officiel des généalogies.
  • [71]
    DR, I, 139-140 (affaire nº 1014).
  • [72]
    Généalogie des Pogožij : Lobanov-Rostovskij, II, p. 103-106 ; mariage d’Alexandre Romanov en secondes noces avec Julienne Pogožaja : Dworzaczek, tableau 33.
  • [73]
    Et à plus forte raison pas de procès en préséance.
  • [74]
    DR, I, 576-577 ; affaire nº 1171, commencée le 30 novembre.
  • [75]
    De Basile Jakovlev Larionov et Basile Grigor‘ev Telepnev respectivement (Veselovskij, D‘jaki, p. 286-287 et 509).
  • [76]
    DR, I, 575-576 ; affaire nº 1173.
  • [77]
    Cf. Fujiwara : « Il semblerait, à voir cela, que le monde court à sa ruine. Il n’y a plus d’hommes capables de discerner le blanc du noir, ce qui est honnête de ce qui est honteux, il y a longtemps qu’ils ont disparu » (p. 102), et la comtesse de Furnes : « Mais un chacun fait à cette heure à sa guise : par quoi est à douter [on peut supposer] que tout ira mal » (p. 195).
  • [78]
    On appelait ces appartements « le Haut », à cause de leur situation. Un dignitaire japonais évoque de même un « service accompli par des hommes qui n’ont pas accès à la salle d’En Haut » (Fujiwara, p. 74-75).
  • [79]
    Éric Bournazel, Le Gouvernement capétien au xiie siècle, P., 1975.
  • [80]
    « C’est une épithète qui se donne aux officiers du Roi qui ont bouche à cour, qui servent actuellement près de sa personne » (Dictionnaire). « Bouche à cour » : « Être nourri aux tables et aux dépens des princes et des grands seigneurs » (ibid.)
  • [81]
    Sergeevič, p. 379-382 (évolution des grades) ; S. K. Bogojavlenskij, Naučnoe nasledie. O Moskve XVII veka, M., 1980, p. 246 (titre de Golicyn).
  • [82]
    L’expression est de Lawrence Stone (cf. Stone, passim). Le contexte institutionnel est tout à fait différent, mais le mécanisme de dévaluation des titres de noblesse n’est pas sans analogie avec ce qui est décrit ici.
  • [83]
    Les charges auliques, quoique insérées dans les rôles de la cour, constituent une hiérarchie parallèle, dont la composition ne change guère au cours de la période, et qui de toute façon ne concerne qu’un nombre restreint d’individus. Elles seront donc omises ici.
  • [84]
    Cf. Nazarov, p. 46-47 (reconstitution de la cour), p. 52-54 (fragments de rôles de la cour, 1546/47).
  • [85]
    Les gentilshommes choisis sont absents du rôle de 1577, mais figurent dans celui de 1588/89 (BS, I, p. 129 sq.)
  • [86]
    Pavlov, p. 98-99.
  • [87]
    Ibid., p. 101-102, 107 (note 58), 125-126.
  • [88]
    E. Staševskij (éd.), « Desjatni Moskovskogo uezda 7086 i 7094 gg. », ČOIDR, 1911 (1), p. 1-50.
  • [89]
    Pavlov, p. 141.
  • [90]
    BS, I, p. 105.
  • [91]
    Leur présence dans celui de 1588/89 serait, selon Pavlov, une survivance à caractère purement cérémoniel (p. 107, note 57).
  • [92]
    BS, I, p. 87-88, f. 108-109.
  • [93]
    Chronique de L‘vov, PSRL XX/II, p. 594. Il semble bien s’agir d’un page d’Ivan IV.
  • [94]
    Le page est cette fois un jeune Suédois (Karamzin, t. IX, note 239).
  • [95]
    Cité par Pavlov, p. 108-109.
  • [96]
    Le 7 janvier 1623, le prince Basile Enšeevič Sulešev est nommé panetier intime, ou « de la Chambre » (DR, I, 533). Un édit du 27 avril 1628 (ZA I, nº 172, p. 141) rejette une requête des « intimes de la Chambre », qui demandent que leur patronyme soit écrit avec un -vič final dans les chartes domaniales. Mais les grades du Conseil, bojare et
    quartiers-maîtres, jouissaient déjà de ce droit ; c’est donc que les auteurs de la pétition sont des panetiers intimes, peut-être même des gentilshommes de la Chambre (interprétation différente dans ZA II, nº 172, p. 163). La date de 1640, avancée par Sergeevič pour la première nomination officielle à ce grade, doit par conséquent être révisée.
  • [97]
    On peut voir, dans l’Album de Meyerberg, cinq très jeunes gens, imberbes, alignés à la gauche d’Alexis (nº 8), et qualifiés de « Kamer Taffel Junckern » dans la légende (Al‘bom Mejerberga, fig. 77, p. 39).
  • [98]
    Sergeevič, p. 482-483 ; Zabelin, Byt, I, t. 1/I, p. 306-307.
  • [99]
    Cf. l’édit du 25 décembre 1681 qui réglemente, de façon extrêmement précise, l’accès des différentes catégories de courtisans aux locaux du Palais (PSZ, II, nº 901, p. 367). C’est un des aspects de la remise en ordre de la cour entreprise par Théodore Alekseevič.
  • [100]
    Le perron de la Chambre donnait sur une cour, dite familièrement « préau des Courtisans ». Cf. Zabelin, Byt, I, t. 1/I, p. 282 et 306-307. Tous deux figurent dans le plan du Kremlin de 1751 (ibid., plans hors-texte, I, nº 20, nº 306) ; ils sont représentés sur une gravure de 1765 (Pamjatniki arxitektury, I, p. 279, fig. 23) et une aquarelle de 1800-1802, réalisée malheureusement après les travaux de restauration de la fin du xviiie siècle (ibid., p. 290, fig. 37).
  • [101]
    Zabelin, Byt, I, t. 1/I, p. 339.
  • [102]
    Sergeevič, p. 402-403.
  • [103]
    Stanislavskij 1979, p. 134.
  • [104]
    ZA I, nº 179, p. 145.
  • [105]
    Sergeevič, p. 391, citant DR, III, col. 1624.
  • [106]
    Kotošixin, p. 24, f. 34-34 v°.
  • [107]
    DR, III, 141, (1649/50).
  • [108]
    La première étape de l’élaboration de la Table consiste à compiler, d’une part un tableau comparatif des offices et dignités de France, de Danemark, d’Angleterre, de Suède et de Prusse, d’autre part un répertoire commenté des « anciens grades civils et auliques de Russie ». En regard de ceux-ci figurent les équivalents étrangers : ainsi les strjapčie (que j’ai traduit « gentilshommes de la Chambre ») correspondent à Hof Meister (V. A. Evreinov, « Graždanskoe činoproizvodstvo v Rossii », supplément d’Istoričeskij vestnik, St-P., 1887, p. 27 et 71-74).
  • [109]
    Stone, p. 45.

Quelle que soit la société considérée, la noblesse est la classe sociale la plus difficile peut-être à définir, à cause de l’ambiguïté de son statut. Un noble, écrit Furetière, c’est un « gentilhomme, celui qui est élevé au-dessus des roturiers par sa naissance, par ses charges, ou par la faveur du prince ». Mais « les vrais nobles sont les nobles de race, de sang, d’extraction », tandis que « les nouveaux nobles sont ceux qui ont été anoblis par leurs charges », et « les nobles par lettres sont ceux qui ont obtenu lettres du Prince pour jouir du privilège des nobles ». On voit que les « charges » confèrent la noblesse, mais ne la définissent pas, que la faveur royale accorde à certains les privilèges de la noblesse, mais n’en fait pas de véritables nobles pour autant.
Les deux éléments décisifs, aux yeux de Furetière, semblent bien être la supériorité sociale et la naissance. Mais toute supériorité est, par définition, relative, et elle n’est pas réservée à la noblesse : « Il y a toujours, dans un État, des gens distingués par la naissance, les richesses ou les honneurs. » Si l’on choisit le critère de l’hérédité, on se heurte à une contradiction que les hommes du Moyen Âge avaient déjà mise en lumière. « Quand Adam bêchait et qu’Ève filait, qui donc alors était le gentilhomme ? » Le paradoxe n’a rien perdu de sa justesse : si la noblesse est, avant tout, une qualité héréditaire, il a bien fallu un commencement. Tout noble descend d’un non-noble, et ses propres descendants retournent assez souvent à la roture…


Date de mise en ligne : 06/09/2022

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