La parole parle
Pages 131 à 167
Citer ce chapitre
- BENSUSSAN, Gérard
- et COHEN-LEVINAS, Danielle,
- Bensussan, Gérard.
- et al.
- Bensussan, G.
- et Cohen-Levinas, D.
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- Bensussan, G.
- et Cohen-Levinas, D.
- Bensussan, Gérard.
- et al.
- BENSUSSAN, Gérard
- et COHEN-LEVINAS, Danielle,
Notes
-
[1]
Marx le sortant, Hermann, Paris, 2007, p. 67.
DCL : L’impossibilité de trouver véritablement sa voie(x) est peut-être la condition, ou l’incondition, voire la caractéristique de l’impatience des langues. Ces langues désigneraient ainsi une ouverture à l’autre – le messianisme à l’œuvre que tu viens d’évoquer par exemple –, comme une éthique de la langue de l’autre au sens subjectif du génitif. Mais la langue est toujours aussi investie de « choses », soit dans un mouvement de retour aux choses elles-mêmes, soit dans un mouvement de sortie, comme tu le suggères à propos de la philosophie juive. C’est presque une décision politique que de savoir si la langue entre ou si elle sort. Je me demande si ce que nous appelons toi et moi « langues messianiques » ne décrit pas davantage ce moment de révélation qui rend justice et à la langue et aux choses – ce que dans la langue de Benjamin, et aussi de Rosenzweig, on appellerait la révélation de la vérité, qui n’est ni dévoilement, ni loi, ni système. Et si cette langue est messianique précisément au motif qu’elle ne désigne pas le dévoilement d’une vérité, peut-elle encore se dire « langue » ?
Tu connais je pense ce très beau passage qui toujours me donne le frisson dans Sens unique de Benjamin ; ce moment où Benjamin raconte, alors qu’il se trouvait un soir sur un bateau qui s’orientait vers le sud, comment il a traduit les vols de mouettes sur la droite et sur la gauche :
« À gauche tout devait encore se déchiffrer et mon destin était suspendu à chaque signe ; à droite il était déjà réalisé et c’était un seul signal silencieux…
Date de mise en ligne : 31/03/2022
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