L’appel du politique
Pages 95 à 130
Citer ce chapitre
- BENSUSSAN, Gérard
- et COHEN-LEVINAS, Danielle,
- Bensussan, Gérard.
- et al.
- Bensussan, G.
- et Cohen-Levinas, D.
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- Bensussan, G.
- et Cohen-Levinas, D.
- Bensussan, Gérard.
- et al.
- BENSUSSAN, Gérard
- et COHEN-LEVINAS, Danielle,
Notes
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[1]
Cf., « L’appel du politique », Danielle Cohen-Levinas et Gérard Bensussan, in dossier Penser la désorientation, Revue des deux mondes, février 2010, p. 140-162.
-
[2]
Cité par Gershom Scholem dans Histoire d’une amitié, traduction P. Kessler, Calmann-Levy, Paris, p. 169.
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[3]
Lettre du 6 août 1939, Correspondance, t. II, trad. G. Petitdemange, Paris, Aubier, p. 304.
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[4]
In L’écriture et la différence, Seuil, Paris, 1967, p. 227.
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[5]
Cf. Cités, Dossier « L’héritage judéo-chrétien, mythe ou réalité ? », n° 34, Puf, Paris, 2008.
-
[6]
Ibid., p. 40.
GB : Je voudrais d’abord préciser ce que je te disais au sujet de la différence entre le « j’espère-que » et le « j’espère ». Il me semble, à t’entendre, m’être insuffisamment expliqué. Ce que je veux dire – mais si je t’entends bien, tu es d’accord là-dessus – c’est que le prophétisme nieztschéen est en effet un drôle de « prophétisme » puisqu’il pulvérise toute espérance positive, susbtantielle, toute possibilité que soit espéré quelque chose, le moindre petit bout de quelque chose. Puisqu’en effet, plus rien ne peut être attendu qui n’ait déjà été, et pas qu’une fois, des milliers de fois, investi, espéré, souhaité. Tout espérer-que est frappé d’une usure, d’une obsolescence, sur lesquelles il ne serait même pas possible de revenir. Mais si ce mirage n’a plus cours après la pensée d’abîme, il reste un « j’espère » délié de tout contenu, de toute espérance théologale. Cet espérer, délié de toute théologie et lié à un certain désespoir, espère ce qui fut déjà et qui a à revenir – une sorte de parousie nietzschéenne du temps. Bon, c’est compliqué – mais nous ne sommes pas près d’en finir avec l’éternel retour de l’identique, il reviendra, à coup sûr, dans notre discussion. Car, à vrai dire, chacun des trois termes qui composent l’effroi de cette pensée y subit une torsion qui le porte à la limite de son intelligibilité : ni le retour, ni l’éternité, ni le même, ne peuvent être entendus simplement. C’est pour moi la butée – et la difficulté, celle que signalait Heidegger, à propos de Nietzsche justement, « plus difficile à perdre qu’à trouver »…
Date de mise en ligne : 31/03/2022
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