1. La géographie a-t-elle façonné la pensée des Égyptiens ?
- Par Florence Quentin
Pages 13 à 21
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- QUENTIN, Florence,
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- Quentin, F.
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Notes
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[1]
Remontant au IIIe millénaire avant notre ère, ces textes décrivent le parcours symbolique du roi défunt de la mort vers la vie.
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[2]
« Plutarque y applique au culte et à la légende isiaques (dont il a eu, on ne sait comment, une connaissance plus complète qu’aucune source égyptienne prise séparément, y compris les Textes des pyramides) la méthode de l’exégèse allégorique grecque, qui l’amène à jeter les bases d’une théologie philosophique universelle, à affronter le problème du Mal, mais aussi, du côté de l’imaginaire, à apporter des chatoiements nouveaux au grand mythe isiaque », commente l’helléniste Christian Froidefond.
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[3]
Récit cosmogonique (une version parmi d’autres, élaborées par les théologiens égyptiens) composé dans la ville d’Héliopolis (Basse-Égypte), qui durant toute l’histoire pharaonique fut l’épicentre du culte solaire.
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[4]
Une période aride, à l’échelle mondiale, est survenue vers 2200 avant notre ère : elle coïncide à peu près avec l’effondrement de l’Ancien Empire et s’est poursuivie durant plusieurs siècles. Cet événement a entraîné la baisse du niveau du Nil et du rendement des cultures, mais aussi des famines. De la même manière, à l’époque ptolémaïque (332-30 av. J.-C.), d’importantes éruptions volcaniques eurent des conséquences climatiques, modifiant la mousson africaine annuelle et perturbant les crues du Nil et la production agricole. Ces effets aggravèrent les troubles sociaux et politiques, contribuant à la fin du royaume lagide.
Une puissante artère vitale et ses canaux d’irrigation comme autant de veines battantes d’un grand corps, une mince bande de terres cultivables cernée par deux déserts, libyque à l’ouest et arabique à l’est : la géographie singulière de l’Égypte a-t-elle façonné le tempérament de ses habitants tout autant que leur conception du monde ?
D’évidence, cette civilisation n’aurait pu fleurir au cœur de déserts inhospitaliers sans la crue qui fécondait alors ses rives du limon noir venu des plateaux volcaniques de l’Éthiopie. Mais nuançons la fameuse formule d’Hérodote, « L’Égypte est un don du Nil » : sur son parcours égyptien, ce flot généreux pouvait aussi tout dévaster sur son passage, en raison du très faible dénivelé qui court d’Assouan à la Méditerranée. L’agriculture antique était donc totalement tributaire des caprices du Nil. Nombre de documents s’en inquiètent, car les crues ne sont constantes ni dans leur volume, ni dans leur durée, ni dans leur date d’apparition. Elles peuvent faire de l’Égypte le pays de l’abondance, comme le réduire à la famine.
Ce n’est donc pas un hasard si les Égyptiens calqueront les trois saisons de leur calendrier sur ce phénomène naturel, indispensable à leur survie : akhet (l’inondation), de juin à octobre ; peret (le temps des semailles), de novembre à février ; chemou (la récolte), de mars à juin. Pour dompter et amadouer ce fleuve, il leur faudra toujours travailler, serrer les rangs et se soumettre à un pouvoir tout-puissant, sans manifester un quelconque esprit de révolte…
Date de mise en ligne : 28/03/2023
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