Chapitre d’ouvrage

Inégalité

Pages 103 à 104

Citer ce chapitre


  • Rey-Herme, Y.
(2016). Inégalité. L’abécédaire de la jeunesse et des banlieues : Indignation, propositions (p. 103-104). Champ social. https://shs.cairn.info/l-aabecedaire-de-la-jeunesse-et-des-banlieues--9782353719228-page-103?lang=fr.

  • Rey-Herme, Yves.
« Inégalité ». L’abécédaire de la jeunesse et des banlieues Indignation, propositions, Champ social, 2016. p.103-104. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/l-aabecedaire-de-la-jeunesse-et-des-banlieues--9782353719228-page-103?lang=fr.

  • REY-HERME, Yves,
2016. Inégalité. In : L’abécédaire de la jeunesse et des banlieues Indignation, propositions. Nîmes : Champ social. Acteurs sociaux, p.103-104. URL : https://shs.cairn.info/l-aabecedaire-de-la-jeunesse-et-des-banlieues--9782353719228-page-103?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Rapport OCDE du 5 décembre 2011 indiquant que l’augmentation du niveau de vie moyen des 10 % les plus riches était 2,5 fois supérieure à celle des 10 % les plus pauvres entre 2000 et 2010.
  • [2]
    Rapport 2011 /2012 de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion.
  • [3]
    Laurent Mucchielli, « Quand nos banlieues brûlent », Editions la découverte, 2006.
  • [4]
    Faisant référence à un obstacle invisible rendant l’accès à certaines formations ou emplois difficile, voire inaccessible à certaines catégories sociales.

1Les inégalités ont toujours existé, mais leur croissance inquiète. Ainsi, en France, 11 millions d’habitants sont aujourd’hui touchés par la pauvreté ou l’exclusion, et l’écart de revenus entre les riches et les pauvres est à son plus haut niveau depuis trente ans [1][2]. Et concernant les banlieues, il est démontré qu’un enfant issu des quartiers sensibles à deux fois moins de chance de réussir sa scolarité qu’ailleurs puis, à compétence égale, de trouver un emploi.

2 Laurent Mucchielli relève d’ailleurs que l’affirmation même du principe d’égalité des chances est une hypocrisie, alors que l’ascenseur social ne fonctionne pas. Il souligne par exemple que les deux tiers des enfants d’enseignants et de cadres accèdent à un diplôme supérieur ou égal à Bac+3, contre seulement 12 % des enfants d’ouvriers non qualifiés [3].   

3Pour réduire ces inégalités, les structures d’accompagnement sont nombreuses, mais les résultats pèchent. Bien sûr, les moyens financiers manquent parfois. Pourtant, l’urgence est avant tout de réduire les failles de nos démarches d’intervention qui affaiblissent le traitement social. J’ai déjà évoqué combien nos visions sont souvent parcellaires, ou manquent d’approfondissement. Combien nos diagnostics et objectifs sont parfois évasifs, ou insuffisamment partagés. Et combien certains intervenants pâtissent de formations ou valorisations insuffisantes. C’est l’ensemble de ces données – et quelques autres – qui tire l’égalité des chances vers le bas.

4Les conséquences de ce sentiment d’inégalité et d’injustice sont coûteuses, puisque les déviances occasionnées provoquent là aussi des tensions et dégradations à l’origine de fortes dépenses publiques.

5 Au-delà de la qualification consolidée de nos interventions, nous avons aussi besoin, ici encore, de points d’accueil et d’appui, remobilisant les habitants résignés ; de regards fermes et bienveillants également, et de discours mobilisateurs. Ces éléments sont souvent évoqués, parce qu’ils sont de puissants catalyseurs de vie sociale et d’égalité des chances. Ils aident en effet à dépasser le plafond de verre [4], offrant ainsi des chances réelles de  sortir de ce moule inégalitaire à l’origine de multiples violences.

6 Questions / pistes d’action locale. Quel serait l’intérêt d’un état des lieux puis d’un renforcement des actions locales visant à l’égalité des chances ?


Date de mise en ligne : 01/10/2017