Chaptire 8. Intertextualité et polémique dans le contre les galiléens de julien
- Par Gianluca Piscini
Pages 253 à 282
Citer ce chapitre
- PISCINI, Gianluca,
- Piscini, Gianluca.
- Piscini, G.
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- PISCINI, Gianluca,
Notes
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[1]
J. Bouffartigue, Julien et la culture, p. 156.
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[2]
Lettres 106, 411c.
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[3]
J. Bouffartigue, Julien et la culture, p. 164-170.
-
[4]
Jeanne-Marie Demarolle, « Le Contre les Galiléens : continuité et rupture dans la démarche polémique de l’empereur Julien », Ktema, 11, 1986, p. 39-47, 44.
-
[5]
J. Bouffartigue, Julien et la culture, p. 164-166.
-
[6]
De Gn 3,21 en Lettres 89b, 289c-d ; de Gn 9,3 en Contre les cyniques ignorants 12, 192d ; de Mt 14,25 et par. en Contre Héracleios le cynique 14, 219d ; de 1 P 5,8 (ou de 1 Th 5,6) en Contre Héracleios 22, 233a ; de Lc 18,13 en Césars 38, 336b. Sur une possible allusion aux Actes au début du Sur Hélios roi, avancée par Bouffartigue, nous partageons les réserves exprimées par Adolf Martin Ritter, « Julians Helios-Theologie in Auseinandersetzung mit dem Christentum » Sonne, Kosmos, Rom. Kaiser Julian, Hymnos auf den König Helios, éd. Michael Schramm, Tübingen, Mohr Siebeck, 2022, p. 233-253, 249. G. Rinaldi, Bibbia dei pagani, t. 1, p. 196-197 voit aussi une allusion aux prophètes juifs en Lettres 89b, 295-296 et une possible allusion à Mt 24,1-2 et par. en Lettres 51, mais cette dernière nous semble trop vague. Dina Micalella, « Giuliano e la paideia (Epist. 8 Bid.) », Rudiae, 7, 1995, p. 245-252 signale que l’image de la maison utilisée en Lettres 8, 441c-d pour représenter l’intérieur de l’homme n’est pas classique, mais, aussi bien dans sa formulation que dans la façon dont elle est employée par Julien, semble être une allusion à 1 Co 3,9-17. J. G. Cook, Old Testament, p. 320 émet l’hypothèse qu’en Lettres 89b, 295a-296b Julien attaque implicitement Is 44,9-20. On a longtemps vu une citation de Mt 6,28 en Contre les cyniques ignorants 1, 181c (hésitant Rochefort, nettement positives Micalella dans Giuliano imperatore, Contro i cinici ignoranti, éd. Carlo Prato et Dina Micalella, Lecce, Universita degli studi di Lecce [Studi e testi latini e greci, 4], 1988, p. 58, ainsi que De Vita dans Giuliano imperatore, Lettere e discorsi, éd. Maria Carmen De Vita, Milan, Bompiani [Il pensiero occidentale], 2022, p. 1011, n. 15). Mais l’expression est déjà classique, comme le signale J. Bouffartigue, Julien et la culture, p. 169. David Neal Greenwood a souligné des affinités entre le rêve du Contre Héracleios le cynique et la tentation de Jésus dans le désert (Mt 4,1-10) : voir « A Pagan Emperor’s Appropriation of Matthew’s Gospel », The Expository Times, 125, 2014, p. 593-598 et Julian and Christianity. Revisiting the Constantinian Revolution, Ithaca, Cornell University Press, 2021, p. 70-74. Cependant, les éléments du texte de Julien repérés par Greenwood peuvent s’expliquer aussi par une reprise du Songe de Scipion (Emmanuel Soler, « “Le songe de Julien” : mythes et révélation théurgique au ive siècle apr. J.-C. », ΕΝ ΚΑΛΟΙΣ ΚΟΙΝΟΠΡΑΓΙΑ. Hommages à la mémoire de Pierre-Louis Malosse et Jean Bouffartigue, éd. Eugenio Amato, Valérie Fauvinet et Bernard Pouderon, RET – Supplément 3, 2014, p. 475-496, 480-484) ou de motifs platoniciens (Attilio Mastrocinque, « Giuliano l’Apostata sulla montagna di Zeus », Pignora amicitiae. Scritti di storia antica e di storiografia offerti a Mario Mazza, éd. Margherita Cassia et al., Acireale, Bonanno, 2012, p. 359-370). L’emploi de la littérature classique nous semble plus vraisemblable ici, car il est fondé sur des ressemblances non seulement tout aussi pertinentes que celles signalées par Greenwood, mais surtout plus conformes à l’esprit du texte de Julien. Étant donné la diversité des deux épisodes (la tentation de Jésus et le rêve de Julien), remarquée d’ailleurs par le même Greenwood, on a du mal à comprendre pourquoi l’empereur aurait dû choisir ce passage néotestamentaire. Lettres 89a, 453c-d contient peut-être une réminiscence de Ac 15,20. 29 : mais l’emploi du verbe ἀποθλίβω et le contexte suffisent, sans qu’il soit nécessaire d’accueillir la reconstruction de la phrase avancée par Spanheim et suivie par Ari Finkelstein, The Specter of the Jews. Emperor Julian and the Rhetoric of Ethnicity in Syrian Antioch, Oakland, University of California Press, 2018, p. 138-132 (tandis que l’édition Bidez propose μηδὲ κρέως του μὴ παραχρῆμα ἀποθλιβέντος, Spanheim lit πνικτοῦ au lieu de κρέος του). En revanche, il paraît difficile de penser à une allusion polémique, comme le fait Finkelstein (Julien utiliserait le langage des Actes pour évoquer le débat interne au christianisme sur le maintien des tabous alimentaires juifs).
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[7]
J. Bouffartigue, Julien et la culture, p. 166-170.
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[8]
Ibid., p. 139-315 et passim (aux p. 413-424 un tableau récapitulatif des ouvrages utilisé ou lus par Julien et commentaire).
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[9]
Comme le remarque Martin Hose, « Konstruktion von Autorität : Julians Hymnen », Kaiser Julian ‘Apostata’ und die philosophische Reaktion gegen das Christentum, éd. Christian Schäfer, Berlin, De Gruyter, 2008, p. 157-175, 167, dans le discours à Hélios les auteurs anciens, d’Homère à Aristote, « werden namentlich aufgeführt, um bestimmte Aussagen über die Stellung des Helios zu den anderen Göttern zu belegen ».
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[10]
Fr. 391 K.-A. Le Contre les cyniques ignorants commence aussi par une citation (Euripide, Médée, v. 410). Sur les citations dans les exordes des discours de Julien voir M. C. De Vita dans Giuliano, Lettere e discorsi, p. 962, n. 2.
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[11]
Rosanna Guido, « Le citazioni euripidee nel testo di Giuliano imperatore », Rudiae, 1, 1988, p. 46-75.
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[12]
Philèbe 12c, cité en 24, 237a.
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[13]
Les plus longues : Alcibiade majeur 130a en 4, 183b et 124b en 9, 188d (1 ligne de l’édition CUF) ; Lois V 730c en 8, 188b (2 lignes) ; Criton 44c en 9, 188d (1 ligne) ; Lettre II 314c en 10, 189b (2 lignes).
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[14]
Voir les remarques de Katalin K. Csízy, « Gnomen im klassischen Altertum », Acta Antiqua Academiae Scientiarum Hungaricae, 46, 2006. p. 329-340.
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[15]
R. Guido, « Le citazioni euripidee », p. 72.
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[16]
Contre Héracleios le cynique 22, 228b (citation du v. 68) : voir R. Guido, ibid., p. 62.
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[17]
Maria Rosaria Petringa, « Eupoli fr. 391 K.-A. : fra Giuliano e Gregorio di Nazianzo », « Templa serena ». Studi in onore di Enrico Flores, éd. Mariantonietta Paladini, Naples, Loffredo, 2021, p. 35-41, 38-39.
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[18]
24, 237b : Ταῦτα δὲ παρέθηκα μὴ ποτέ σοι παράσχῃ πρόφασιν, ὥσπερ οἶμαι τῶν Πλατωνικῶν πολλοῖς, ὁ Σωκράτης εἴρων ὢν φύσει τὴν πλατωνικὴν ἀτιμάσαι δόξαν.
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[19]
J. Bouffartigue, Julien et la culture, p. 139-315.
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[20]
J.-M. Demarolle, « Le Contre les Galiléens », p. 44 et n 40.
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[21]
En 23, 235da : « Σοὶ δὲ ἀρετῆς ἢ τοῖς σοῖς ἀδελφοῖς » (ἀφελὼν δὲ τὸ δύσφημον τὸ λειπόμενον αὐτὸς ἀναπλήρωσον· εἰ βούλει δέ, καὶ παρ’ ἡμῶν αὐτὸ ἀνάσχου « πρᾴως λεγόμενον ») « τίς μετουσία ».
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[22]
1, 180d et 12, 192c.
-
[23]
A. Finkelstein, The Specter of the Jews, p. 26 sous-estime donc la culture biblique de l’empereur, en concluant que sa description du sacrifice juif dans le fr. 72 Masaracchia, tout en correspondant au texte de Dt 18,3, ne peut que venir d’une observation directe, simplement parce qu’aucun auteur chrétien ne commente ce verset.
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[24]
Il fait allusion à l’histoire de Samson et à l’époque des Juges d’Israël (respectivement fragments 37 et 49 Masaracchia).
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[25]
Fragments 37, 49, 54, 76, 93 Masaracchia.
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[26]
Fragments 64 et 82 Masaracchia.
-
[27]
Fragment 101 Masaracchia.
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[28]
Fragment 20 Masaracchia.
-
[29]
Fragment 54 Masaracchia.
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[30]
La citation de Mt 23,27 dans le fr. 81 Masaracchia montre aussi que l’empereur suit le texte occidental (P. F. Beatrice, « Traces du texte occidental », p. 319-320).
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[31]
Mais le fr. 96 Masaracchia montre que Julien connaissait sans doute la version « courte » de cet évangile : voir John G. Cook, « Julian’s Contra Galilaeos and Cyril’s Contra Iulianum : Two Witnesses to the Short Ending of Mark », TC, 20, 2015, p. 1-21, 4-6. Nous verrons cependant que Julien semble citer le Nouveau Testament par cœur : malgré la précision des citations bibliques de l’empereur, l’hypothèse d’un oubli n’est pas à exclure.
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[32]
Fr. 48, 62, 74, 77, Masaracchia.
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[33]
Fr. 20, 55, 59, 75, 78, 86 et 107 Masaracchia ; voir aussi le fragment identifié par Augusto Guida, « La trasmissione del testo del Contra Galilaeos di Giuliano e un nuovo misterioso frammento », Interreligiöse Konflikte im 4. und 5. Jahrhundert. Julian « Contra Galilaeos » – Kyrill « Contra Iulianum », éd. Gerlinde Huber-Rebenich et Stefan Rebenich, Berlin, De Gruyter, 2019, p. 91-110, 97-106.
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[34]
Voir infra, chapitre 14.4.b.
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[35]
Voir J. Bouffartigue, Julien et la culture, p. 158 et infra, Annexe 2. Du même avis J. G. Cook, Old Testament, p. 249 et n. 15.
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[36]
Citations et allusions mélangées ; parfois, on n’a pas le texte de Julien, mais uniquement un résumé de Cyrille ou d’autres auteurs qui semble sous-entendre l’emploi d’un livre biblique (comme 4 Esd dans le fr. 34 Masaracchia).
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[37]
J. Bouffartigue, Julien et la culture, p. 161-162.
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[38]
Ibid., p. 159-161.
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[39]
Dont il est question dans les fr. 33-35 Masaracchia.
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[40]
C’est-à-dire que quinze ouvrages commentent une partie ou la totalité de ces versets.
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[41]
Chez Origène, Méthode d’Olympe et Eusèbe. Selon le témoignage du fr. 45 Brüggemann / Kinzig du Contre Julien, l’empereur s’attardait sur ce verset. Pour d’autres exemples de versets rares utilisés par Julien voir Cyrille d’Alexandrie, Contre Julien, t. 4, éd. Marie-Odile Boulnois, Paris, Cerf (SC 624), 2021, p. 298, n. 1. 491, n. 3. 557, n. 4.
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[42]
Julien emploie le verbe παρεσθίω, qu’on peut traduire soit par « manger en outre » ou « en même temps », soit par « ronger ». E. Masaracchia (Giuliano imperatore, Contra Galilaeos) dans sa traduction préfère cette dernière acception, mais il est évident qu’ici les deux sens du verbe coexistent. Julien reproche aux chrétiens de se former aussi à la παιδεία grecque, et non seulement dans la compréhension de l’Écriture, que pourtant ils jugent suffisante (εἴπερ αὐτάρκης ὑμῖν ἐστιν ἡ τῶν ὑμετέρων γραφῶν ἀνάγνωσις). Pour ce faire, il emploie un verbe particulièrement expressif, qui rend aussi l’idée de la connaissance incomplète et partielle que les chrétiens auront de la παιδεία. Faut-il y voir une allusion à un emploi sélectif de la culture grecque, comme celui que proposait, à la même époque, Basile ?
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[43]
L’Écriture ne donne pas la φρόνησις, tout comme le Dieu chrétien voulait la nier aux hommes (fr. 17 Masaracchia).
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[44]
Platon, République IV 427e ; Lois I 631c-d.
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[45]
Fr. 56 Masaracchia.
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[46]
Fr. 34 Masaracchia.
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[47]
Marie-Odile Boulnois, « The Biblical Text and its Variants at the Heart of the Debate between the Emperor Julian and Cyril of Alexandria : The Cases of Genesis 6,2 and 49,10 », ZAC 25, 2021, p. 284-319, 289-296 et infra, chapitre 8.2.
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[48]
Voir infra, chapitre 14.4.
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[49]
Chez Porphyre, Traité de l’abstinence II 42 (cité aussi par Eusèbe, Préparation évangélique IV 22, 10-11), τερατουργία, γοητεία e ἀπάτη caractérisent l’actions des mauvais démons sur les hommes.
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[50]
Fr. 6, 36, 49, 55 (trois occurrences) et 62 Masaracchia. Comme le remarque J. Bouffartigue, Julien et la culture, p. 156, γραφή indique toujours chez Julien l’Ancien Testament, et dans un cas (Lettres 111, 435b) le pluriel γραφαί désigne l’ensemble d’Ancien et Nouveau Testament. Mais cela ne nous semble pas très significatif : la Bible n’est presque pas mentionnée hors du Contre les Galiléens, et ce qui nous reste de ce dernier porte surtout sur l’Ancien Testament. Pour évaluer réellement l’emploi de γραφή chez Julien, il faudrait disposer de plus d’objections du Contre les Galiléens portant sur le Nouveau Testament.
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[51]
Fr. 51 et 67 Masaracchia.
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[52]
Fr. 88 Masaracchia. Voir J.-M. Demarolle, « Le Contre les Galiléens », p. 44, qui parle de quatre seules occurrences de γραφή, sans les préciser, et omet celles d’εὐαγγέλιον.
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[53]
Voir à titre d’exemple la citation de Gn 1,26-28 dans le fr 9 Masaracchia, où Julien affirme qu’il va comparer les discours prononcés par Dieu παρὰ Μωσῇ.
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[54]
J. Bouffartigue, Julien et la culture, p. 117.
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[55]
Gerard J. M. Bartelink « L’Empereur Julien et le vocabulaire chrétien », VC 11, 1957, p. 37-48.
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[56]
On a des citations néotestamentaires aussi dans le livre I et le traité comptait un troisième tome.
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[57]
Fr. 39, 49, 50, 55, 93, 94, 98, 102 et 106 Masaracchia.
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[58]
J. Bouffartigue, Julien et la culture, p. 157. Michael Adler, « The Emperor Julian and the Jews », The Jewish Quarterly Review, 5, 1893, p. 591-651, 612 remarque aussi que l’empereur emploie la traduction de la Septante pour Is 65,4.
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[59]
Avec au moins une exception : Gn 6,4 dans le fr. 67 Masaracchia. Voir M.-O. Boulnois, « The Biblical Text », p. 307 et Cyrille, Contre Julien, t. 4, éd. M.-O. Boulnois, p. 422, n. 1. Dans le fragment 74 Masaracchia, Julien écrit que la Loi interdit la consommation des oiseaux et des bêtes marines, ce qui est inexact (ibid., p. 535, n. 4). Mais s’agit-il d’une imprécision délibérée ?
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[60]
Voir le tableau de comparaisons (cependant incomplet) de M. Adler, « The Emperor Julian and the Jews », p. 613-614.
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[61]
J. Bouffartigue, Julien et la culture, p. 164 ; Cyrille, Contre Julien, t. 4, éd. M.-O. Boulnois, p. 559, n. 4. Cela concerne trois versets du Deutéronome : 4,24 (cité dans le fr. 30 Masaracchia selon He 12,29), 18,18 (cité dans le fr. 62 selon Ac 3,22) et 27,26 (cité dans le fr. 75 selon Ga 3,10).
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[62]
Par exemple, M.-O. Boulnois (Cyrille d’Alexandrie, ibid., p. 292-293, n. 3) n’exclut pas que dans le fragment 64 Masaracchia on ait une contamination de Nb 24,17 et d’Is 11,1 (comme le suggérait Rostagni et malgré les réserves de Masaracchia), d’autant qu’on trouve un emploi similaire chez Justin, Apologie I 32, 12-14. Voir aussi le fr. 65 Masaracchia et la note de M.-O. Boulnois, ibid., p. 365, n. 6.
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[63]
Καὶ δὴ ἡ γραφὴ διπλῶς πως ἔχει· « Ἕως ἔλθῃ τὰ ἀποκείμενα αὐτῷ. » Παραπεποιήκατε δὲ ὑμεῖς· « Ἕως ἔλθῃ ᾧ ἀπόκειται » (fr. 62 Masaracchia).
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[64]
M.-O. Boulnois, « The Biblical Text », p. 287-299. L’utilisation d’une autre version du texte biblique est peut-être à l’origine de l’emploi de τράγος au lieu de χίμαρος dans le fr. 70 Masaracchia, comme remarqué par M.-O. Boulnois dans Cyrille, Contre Julien, t. 4, éd. M.-O. Boulnois, p. 463, n. 4.
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[65]
J. Bouffartigue, Julien et la culture, p. 163. Si l’on part de l’idée que les écarts entre les citations de Julien et le texte du Nouveau Testament sont involontaires et liés à une défaillance de mémoire, il devient difficile de voir en Julien un témoin de variantes du texte biblique, comme le voudrait Tjitze Baarda, « Luke 22 : 42-47a. The Emperor Julian as a Witness to the Text of Luke », Novum Testamentum, 30, 1988, p. 289-296, 292-295. Le même problème se pose pour l’hypothèse récente de J. G. Cook, « Two Witnesses », p. 4-6 qui, sur la base de la reconstruction des citations dans l’édition Masaracchia, estime que l’empereur employait divers manuscrits du Nouveau Testament. Par ailleurs, l’étude de Baarda pose aussi des problèmes sur le plan méthodologique : voir les observations d’A. Guida dans Teodoro di Mopsuestia, Replica a Giuliano imperatore. Adversus criminationes in Christianos Iuliani imperatoris, éd. Augusto Guida, nouv. éd., Bologne, EDB (Biblioteca patristica, 53), 2019, p. 203.
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[66]
Voir notamment Norbert Brox, « Gnostische Argumente bei Julian Apostata », JAC 10, 1967, p. 181-186. Sébastien Morlet, « Un nouveau témoignage sur le Contra Christianos de Porphyre ? », Semitica et Classica, 1, 2008, p. 157-166, 131 propose une comparaison entre des arguments de Julien et des apories d’Apelles – mais il est possible que l’empereur ait repris cette objection de Porphyre, qui à son tour pourrait s’être inspiré d’Apelles. Marie-Odile Boulnois, « Dieu peut-il être envieux ou jaloux ? Un débat sur les attributs divins entre l’empereur Julien et Cyrille d’Alexandrie », Culture classique et christianisme. Mélanges offerts à Jean Bouffartigue, éd. Danièle Auger et Etienne Wolff, Paris, Picard, 2008, p. 13-25 remarque des points communs avec la critique gnostique du récit de la Genèse. David W. Aiken, « Philosophy, Archaeology, and the Bible. Is Emperor Julian’s Contra Galilaeos a Plausible Critique of Christianity ? », Journal for Late Antique Religion and Culture, 11, 2017, p. 1-37, 13-14 voit des affinités avec la gnose valentinienne.
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[67]
Marie-Odile Boulnois, « La diversité des nations et l’élection d’Israël : y a-t-il une influence du Contre Celse d’Origène sur le Contre les Galiléens de Julien ? », Orig 10, 2011, p. 803-830 ; Ead., « Le Contre les Galiléens de l’empereur Julien répond-il au Contre Celse d’Origène ? », ΕΝ ΚΑΛΟΙΣ ΚΟΙΝΟΠΡΑΓΙΑ, éd. E. Amato, V. Fauvinet et B. Pouderon, p. 103-128 ; Ead., « The Biblical Text », p. 287-289 ; Ead. dans Cyrille, Contre Julien, t. 4, éd. M.-O. Boulnois, p. 29-35. 35-36 (il est possible que Julien ait lu aussi le Commentaire sur l’Épître aux Romains d’Origène). Les fragments transmis dans les tomes VIII et IX présentent d’autres possibles points de contact avec le Contre Celse : voir Ead. dans Cyrille, Contre Julien, t. 4, éd. M.-O. Boulnois, p. 252, n. 1 et 3 ; 253, n. 5 ; 556, n. 2. Également favorable à l’hypothèse que Julien ait connu le Contre Celse John Hilton, « Nomos, Physis, and Ethnicity in the Emperor Julian’s Interpretation of the Tower of Babel Story », Classical World, 111, 2018, p. 525-547, 531-536.
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[68]
M.-O. Boulnois, « The Biblical Text », p. 291-292 (Justin). 297 (Eusèbe). Voir aussi Cyrille, Contre Julien, t. 4, éd. M.-O. Boulnois, p. 35-36 et 54-56 (sur la possibilité que Julien s’inspire de Marcel d’Ancyre).
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[69]
Susanna K. Elm, « “The Old Man From Tyre”. Julian’s Contra Galilaeos and the Forth-Century Nachleben of Porphyry’s Engagement with the Christians », Die Christen als Bedrohung ?, éd. I. Männlein-Robert, p. 307-323 ; A. Finkelstein, The Specter of the Jews, p. 71-79. 123-128. 132-137.
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[70]
« Callidior ceteris persecutor (Rufin. Hist. 10,33). Giuliano e la questione ariana », Interreligiöse Konflikte im 4. und 5. Jahrhundert. Julian « Contra Galilaeos » – Kyrill « Contra Iulianum », éd. Gerlinde Huber-Rebenich et Stefan Rebenich, Berlin, De Gruyter, 2019, p. 39-64, 44-51.
-
[71]
David N. Greenwood, « New Testament Christology, Athanasian Apologetic, and Pagan Polemic », JTS 69, 2018 et Julian and Christianity, p. 65-68. On peut également essayer de mieux cerner la connaissance que Julien avait de la littérature chrétienne en précisant un texte qu’il ne connaissait probablement pas. Selon Valerio Ugenti, « Tertulliano, Giuliano e l’insegnamento delle lettere classiche », Rudiae, 5, 1993, p. 153-159, l’empereur n’avait pas lu le Sur l’idolâtrie de Tertullien, qu’il aurait pu utiliser pour son édit de professoribus.
-
[72]
Fr. 64 et 65 Masaracchia.
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[73]
Fr. 64 Masaracchia.
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[74]
Fr. 53 Masaracchia. Julien fait clairement allusion à Préparation évangélique XI 5, 7, mais ne cite pas le titre de l’ouvrage. J.-M. Demarolle, « Le Contre les Galiléens », p. 43 remarque par ailleurs que la leçon de Gn 49,10 critiquée par Julien dans le fr. 62 Masaracchia se retrouve chez l’évêque de Césarée (Histoire ecclésiastique I 6, 1). Sur la connaissance sans doute limitée que Julien avait de l’œuvre d’Eusèbe voir J. Bouffartigue, Julien et la culture, p. 385-388. Il est possible que le discours Sur Hélios roi réponde aussi à la réflexion téhologique d’Eusèbe : voir M. C. De Vita dans Giuliano, Lettere e discorsi, p. ccxxv-ccxxvi.
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[75]
« Giuliano l’Apostata e il Vangelo di Giovanni », Koinonia, 41, 2017, p. 154-166.
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[76]
Comme νόθος et ὑπόoβλητος, dans le fr. 31 Masaracchia, ou ἀνόμοιος dans le fr. 67. Voir les remarques de M.-O. Boulnois dans Cyrille d’Alexandrie, Contre Julien, t. 2, éd. Marie-Odile Boulnois et. al., Paris, Cerf (SC 582), 2016, p. 480, n. 1 et t. 4, p. 47-54.
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[77]
Respectivement, fr. 64 et 65 Masaracchia : voir M.-O Boulnois dans Cyrille, Contre Julien, t. 4, éd. M.-O. Boulnois, p. 291, n. 3 et 364, n. 2.
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[78]
A. Finkelstein, The Specter of the Jews, p. 58.
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[79]
Sa simple énonciation pose déjà un problème. On a du mal à voir comment Julien pourrait utiliser un mot pour les Juifs de son temps ou quand il reprend Celse, et un autre pour leurs traditions telles qu’elles sont énoncées dans la Bible, étant donné que lorsqu’il parle des Juifs de son temps, il parle aussi de leurs croyances, et que Celse ne parle que de l’histoire du peuple juif et de sa religion traditionnelle…
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[80]
Comme le fr. 20 Masaracchia : Julien rappelle la notion d’élection d’Israël (un thème biblique, donc), puis dénonce les contradictions de Paul, qui aurait affirmé que le Dieu de la Bible n’est pas uniquement celui des Juifs, bien que selon l’Écriture, l’esprit prophétique n’ait été envoyé qu’aux Juifs. Dans tous ces cas, le mot employé est ἰουδαῖος. L’élection du peuple juif est certes abordée par Celse (fr. IV 23), mais différemment : on ne saurait estimer qu’ici Julien suit de près Celse, surtout parce que ce dernier ne mentionne jamais Paul. Il est donc étonnant que Finkelstein cite précisément ce fragment à l’appui de sa thèse (p. 180, n. 101). Voir aussi les fr. 49 et 82 Masaracchia (où ἰουδαῖος est employé en rapport avec l’histoire d’Israël et les anciennes traditions juives, sans aucun rapport avec la polémique de Celse), ainsi que le fr. 37 (qui, comme le fr. 49, traite de l’élection d’Israël, mais en employant cette fois-ci le terme ἑβραῖος).
-
[81]
Dans le fr. 3 Masaracchia, Julien affirme que les chrétiens « ne reconnaissent rien de ce qui est beau et bon chez nous autres Grecs ni chez les Hébreux sectateurs de Moïse (οὔτε τῶν παρ’ ἡμῖν τοῖς Ἕλλησιν οὔτε τῶν παρὰ τοῖς ἀπὸ Μωσέως Ἑβραίοις) », et d’expliquer ensuite qu’ils recueillent les défauts de ces deux peuples, parmi lesquels « l’athéisme dû à la superficialité juive (τὴν ἀθεότητα μὲν ἐκ τῆς Ἰουδαϊκῆς ῥᾳδιουργίας) ». L’idée revient dans le fr. 47 Masaracchia, où Julien utilise Ἑβραῖος.
-
[82]
Sans doute influencé par Rm 13,9 et peut-être aussi des Pères, qui suivent l’ordre donné par Paul. Voir les remarques de M.-O. Boulnois dans Cyrille, Contre Julien, t. 2, éd. M.-O. Boulnois et al., p. 452, n. 1.
-
[83]
Dans un cas (Contre Julien III 55), l’évêque d’Alexandrie remarque l’absence de la deuxième moitié d’un verset, qui pourrait démentir l’interprétation du passage donnée par Julien. Dans d’autres cas, il critique des déductions impropres de son adversaire : Gn 11 ne peut vouloir dire que ceux qui vinrent avec Dieu confondre les langues des hommes étaient des dieux, car Moïse affirme à plusieurs reprises sa foi en un seul Dieu (ibid., IV 43) ; on ne saurait conclure de l’épisode de la tour de Babel que Dieu a eu peur (ibid., IV 30-32). Quant à l’altération de Lc 22,43-44 que Cyrille reproche à Julien (Contre Julien, fr. 16 Brüggemann / Kinzig), il s’agit en réalité d’une variante bien attestée dans la tradition manuscrite : voir la note ad loc. dans Kyrill von Alexandrien, Gegen Julian, t. 2, éd. Wolfram Kinzig et Thomas Brüggemann, Berlin, De Gruyter (GCS. NF 21), 2017, p. 772.
-
[84]
Ὅπως δὲ μή τις ὑπολάβῃ βίαιον εἶναι τὴν τοιαύτην ἐξήγησιν…
-
[85]
Cependant, le mot apparaît ailleurs chez Julien : voir les parallèles donnés par E. Masaracchia dans Giuliano imperatore, Contra Galilaeos, p. 240, note ad loc.
-
[86]
Comme le rappelle F. Robert, « La rhétorique », p. 273, n. 71.
-
[87]
Odyssée XI 316 dans le fr. 23 Masaracchia. Sur les citations homériques chez Julien voir J. Bouffartigue, Julien et la culture, p. 143-156 (l’empereur connaît bien les deux poèmes, mais une utilisation de sources indirectes n’est pas à exclure).
-
[88]
Timée 28b (fr. 8 Masaracchia). 30b-c (ibid.). 41a-d (fr. 9 Masaracchia). Quelques lignes de ce passage sont citées de nouveau dans le commentaire du fragment suivant : dans l’ordre, 41a.b.c.c-d. Sur l’origine incertaine des citations du Timée dans l’œuvre de Julien voir J. Bouffartigue, ibid., p. 189-191.
-
[89]
Fr. 63 Masaracchia.
-
[90]
Augusto Guida, « Da Epimenide a Teodoro di Mopsuestia, attraverso Callimaco, San Paolo e Giuliano », Prometheus, 45, 2019, p. 247-260, 247-252 a montré que Julien reprend non pas Épiménide, mais l’Hymne à Zeus de Callimaque : contrairement à Épiménide, en effet, le poète de Cyrène lie la mauvaise renommée des Crétois à la légende sur la tombe de Zeus à Crète.
-
[91]
« Le Contre les Galiléens », p. 44.
-
[92]
Fr. 23 Masaracchia. Sur la σύγκρισις avec un terme égal voir L. Pernot, La Rhétorique de l’éloge, t. 1, p. 692-694.
-
[93]
Elle est mentionnée déjà au fragment précédent, qui cependant ne rapporte pas les mots précis du polémiste.
-
[94]
Voir le fr. 3 Masaracchia et infra, chapitre 14.4.
-
[95]
Synonyme de σύγκρισις, comme le montrent les exemples cités par Maria Carmen De Vita, « Un ‘agone’ di discorsi : Genesi e Timeo a confronto nel trattato di Giuliano Contro i Galilei », Koinonia, 32, 2008, p. 89-120, 92, n. 15. Sur l’emploi de παραβάλλω dans la σύγκρισις voir L. Pernot, La Rhétorique de l’éloge, t. 1, p. 690, n. 160.
-
[96]
Voir les essais recueillis dans Plato’s « Timaeus » as Cultural Icon, éd. Gretchen J. Reydams-Schils, Notre Dame, University of Notre Dame Press, 2003.
-
[97]
Jaroslav Pelikan, What Has Athens to Do with Jerusalem ? « Timaeus » and « Genesis » in Counterpoint, Ann Arbor, University of Michigan Press, 1997 et David T. Runia, « Plato’s Timaeus, First Principle(s), and Creation in Philo and Early Christian Thought », Plato’s « Timaeus », éd. G. J. Reydams-Schils, p. 133-151 ont étudié la réception du Timée dans la pensée chrétienne et les efforts pour le concilier avec la Genèse.
-
[98]
M. R. Niehoff, « Did the Timaeus » a étudié le rôle joué par ce dialogue platonicien au sein du débat philosophique et religieux antique.
-
[99]
M. C. De Vita, « Un ‘agone’ di discorsi », p. 93-96. 111-116. La chercheuse renvoie à Philon et à plusieurs auteurs chrétiens, mais remarque : 1) qu’on retrouve en Eusèbe de Césarée, Préparation évangélique XI 29-32 les mêmes passages du Timée utilisés par Julien, ainsi que la comparaison avec la Genèse (bien que les différences dans les interprétations proposées rendent impossible d’établir une filiation) ; 2) que plusieurs rapprochements sont possibles avec la réponse origénienne à l’emploi du Timée dans le Discours véritable, fr. IV 54.
-
[100]
Voir F. Robert, « La rhétorique », p. 243-244 (et p. 243, n. 71 pour la critique textuelle dans l’œuvre de Julien).
-
[101]
Fr. 6 Masaracchia.
-
[102]
Détail non souligné par F. Robert, ibid., mais qui constitue un élément supplémentaire de rapprochement entre la critique de Julien et la pratique grammaticale (ou l’exégèse homérique, également maîtrisée par Julien : voir J. Bouffartigue, Julien et la culture, p. 517-519).
-
[103]
Fr. 9 Masaracchia : Ἓν δὲ ἑνὶ παραβάλωμεν μόνον τίνα καὶ ποδαπὴν ποιεῖται δημηγορίαν ὁ θεὸς ὁ παρὰ Μωυσῇ καὶ ποδαπὴν ὁ παρὰ Πλάτωνι.
-
[104]
Dans le fr. 6 Masaracchia : Κοσμήτωρ.
-
[105]
Fr. 10 Masaracchia. Dans sa lecture du Timée, Julien est très certainement débiteur de la réflexion néoplatonicienne, et notamment de Jamblique (De Vita, « Un ‘agone’ di discorsi », p. 99-103).
-
[106]
Fr. 10 Masaracchia.
-
[107]
C’est dans ce sens, nous semble-t-il, qu’il faut interpréter l’emploi de Gn 1,26-28, cité mais non commenté dans le fr. 9 Masaracchia.
-
[108]
Fr. 10 Masaracchia.
-
[109]
Voir P. Payen, « Les citations », p. 118-119.
-
[110]
Emanuela Masaracchia, « Aspetti della cultura di Giuliano nel Contra Galilaeos », Rudiae, 10, 1998, p. 91-111, souligne l’emploi d’un lexique emprunté à la langue juridique.
-
[111]
Ὅτι δὲ οὐ διδακτὸν, ἀλλὰ φύσει τοῦτο τοῖς ἀνθρώποις ὑπάρχει, τεκμήριον ἡμῖν ἔστω… Voir les fr. 55 et 74 Masaracchia et John G. Cook, « Some Hellenistic Responses to the Gospels and Gospel Traditions », ZNTW 84, 1993, p. 233-254, 253.
-
[112]
Τί δεῖ μοι καλεῖν Ἕλληνας καὶ Ἑβραίους ἐνταῦθα μάρτυρας.
-
[113]
Ὅπως δὲ μή τις ὑπολάβῃ βίαιον εἶναι τὴν τοιαύτην ἐξήγησιν, ἐφεξῆς ὅσα πρόσκειται παραθεὶς αὐτῷ πιστώσομαι.
-
[114]
Fr. 8, 9, 75 et 85 Masaracchia.
-
[115]
Fr. 19, 64, 75 et 81 Masaracchia.
-
[116]
Fr. 67 et 100 Masaracchia. Sur ces apostrophes voir F. Robert, « La rhétorique », p. 232-234.
-
[117]
Contre Héracleios le cynique 9, 213a ; 24, 237a.
-
[118]
De cet avis aussi M.-O. Boulnois (Cyrille, Contre Julien, t. 4, p. 294, n. 3).
-
[119]
Citons à titre d’exemple Lysias, Contre Eratosthène 30. 31-32 et Contre Alcibiade 5-6 ; Démosthène, Sur la couronne 214-215 et Sur la fausse ambassade 38-39. 61-62. 73. 270-271.
-
[120]
Robert J. Bonner, « Evidence in Athenian Courts », dans Id. et Hansen Carmine Harrell, Evidence in Athenian Courts and Public Arbitration in Athenian Law [1905], New-York, Arno Press, 1979, p. 3-98, 54. 58-66 ; Gerhard Thür, « The Role of the Witness in Athenian Law », The Cambridge Companion to Ancient Greek Law, éd. Michael Gagarin et David Cohen, Cambridge, Cambridge University Press, 2005, p. 146-169, 146-150 ; Edward M. Harris, « The Role of Written Documents in Athenian Trials », Witnesses and Evidence in Ancient Greek Literature, éd. Andreas Markantonatos, Vasileios Liotsakis et Andreas Serafim, Berlin, De Gruyter, 2022, p. 17-38 (pour l’emploi de documents officiels).
-
[121]
Voir sur ce passage les remarques de Pascal Célérier, « Les emplois ambigus et polémiques du terme μάρτυς chez Julien et Libanios », ΕΝ ΚΑΛΟΙΣ ΚΟΙΝΟΠΡΑΓΙΑ, éd. E. Amato, V. Fauvinet et B. Pouderon, p. 197-222, 197-214 et d’Arnaldo Marcone, Giuliano. L’imperatore filosofo e sacerdote che tentò la restaurazione del paganesimo, Rome, Salerno editrice, 2019, p. 214-215.
-
[122]
P. Célérier, « Les emplois », p. 204.
-
[123]
Fr. 59 Masaracchia : εὔδηλον ἐξ ὧν αὐτὸς ὁ Παῦλος μαρτυρεῖ πρὸς αὐτοὺς γράφων…
-
[124]
Fr. 64 Masaracchia, où la citation de Jn 1,1 est introduite de la manière suivante : καὶ τοῦτο δείξω, μαρτυρόμενος Ἰωάννην λέγοντα… Boulnois (Cyrille, Contre Julien, t. 4, éd. M.-O. Boulnois, p. 294, n. 3) remarque aussi le rapport entre cette tournure et le cadre judiciaire posé par le fr. 2 Masaracchia.
-
[125]
Voir le fr. 11 Masaracchia.
-
[126]
Des emplois similaires de μάρτυς et μαρτυρέω en Contre Héracleios le cynique 5, 210b ; 12, 217b ; 15, 220d.
-
[127]
Fr. 21 Masaracchia : εἰ δὲ πᾶν τοὐναντίον οἷς μὲν ἡμεῖς λέγομεν, ἐξ αἰῶνος ἡ πεῖρα μαρτυρεῖ, τοῖς ὑμετέροις δὲ λόγοις οὐδὲν οὐδαμοῦ φαίνεται σύμφωνον. Le mot πεῖρα est employé ici dans un sens technique, juridique. E. Masaracchia, « Aspetti della cultura », p. 110 renvoie à Platon, Apologie de Socrate 19d.
-
[128]
Fragments 62, 64 et 67 Masaracchia : voir Cyrille, Contre Julien, t. 4, éd. M.-O. Boulnois, p. 40.
-
[129]
Voir les fr. 20 et 75 Masaracchia.
-
[130]
Selon A. Guida, « Da Epimenide », p. 252-256, Julien reproche à Paul d’avoir accepté implicitement l’existence du tombeau de Zeus et, donc, de Zeus lui-même, en citant le vers de Callimaque sur les Crétois menteurs.
-
[131]
S. Morlet, « La discordance », p. 31-32 ; Id., Symphonia, p. 46-48. 54, n. 1 (pour des exemples chez Platon). 70 (pour l’usage d’une fiction judiciaire chez Strabon).
-
[132]
Sur la généalogie de Jésus selon Luc voir aussi le fr. 75 Brüggemann / Kinzig du Contre Julien.
-
[133]
Voir supra, chapitre 6.4.
-
[134]
Fr. 64 et 67 Masaracchia. Le culte des martyrs faisait peut-être l’objet de critiques similaires : voir le fr. 64b Brüggemann / Kinzig du Contre Julien.
-
[135]
Fr. 72, 83, 84 et 86 Masaracchia.
-
[136]
Fr. 64 Masaracchia (allusion à Photin, commentée infra, chapitre 12.2).
-
[137]
Comme remarqué par Adolf Martin Ritter, « Theologische Kontroversen innerhalb der römischen Reichskirche und ihre Widerspiegelung in der Christenpolemik Kaiser Julians », Interreligiöse Konflikte, éd. G. Huber-Rebenich et S. Rebenich, p. 15-38, 23, n. 32.
-
[138]
Dans le fr. 45 Brüggemann / Kinzig du Contre Julien. Hypothèse avancée par C. Riedweg dans Kyrill, Gegen Julian, t. 2, p. 941, addendum au t. 1, p. xc, n. 348.
-
[139]
Mentionnons aussi la comparaison entre les paroles de Jésus sur la croix en Lc 23,43 et sa réponse aux scribes et aux pharisiens en Mt 12,40 (attestée dans Contre Julien, fragment 24 Brüggemann / Kinzig). Julien se montre capable de comparer deux versets de deux évangiles différents qui ne relatent pas le même épisode, mais qui abordent le même problème (le destin du Christ après sa mort).
Parmi les auteurs de notre corpus, Julien est le seul auquel on puisse attribuer avec certitude une éducation chrétienne et, par conséquent, une conception de la Bible sans doute comparable à celle que nous avons aujourd’hui. Pendant sa jeunesse, il avait également pu consulter la riche bibliothèque de l’évêque Georges de Cappadoce : au moment de rédiger son ouvrage antichrétien, il s’en souvint et se la fit envoyer. Sa connaissance de l’Écriture ne fait donc pas de doutes, et le Contre les Galiléens en offre une bonne démonstration. Grâce à l’imposante monographie de Jean Bouffartigue, nous avons aussi une idée assez précise de la culture païenne de Julien, dont son traité garde de nombreuses traces.
Tous les spécialistes qui se sont penchés sur les fragments du traité remarquent le volume impressionnant d’allusions et de citations qui y sont proposées : Jeanne-Marie Demarolle estime qu’un tiers de ce que nous lisons du Contre les Galiléens est constitué de citations, tirées soit de la Bible, soit de la littérature classique (notamment de Platon). Cela rend d’autant plus importante l’étude de la façon dont Julien emploie ces textes.
Afin de mieux cerner l’emploi des sources chrétiennes et païennes dans le Contre les Galiléens, cependant, il faut prendre en compte le reste de l’œuvre de l’empereur. Comme pour Porphyre, donc, nous commencerons par étudier le jeu de citations et d’allusions dans les autres ouvrages de Julien. Puisque nous disposons aussi d’œuvres polémiques de Julien, nous étudierons également la place accordée à la citation de l’adversaire dans ces ouvrages, pour vérifier si la polémique antichrétienne se démarque des autres débats dans lesquels l’empereur s’est engagé…
Date de mise en ligne : 20/02/2026
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