Chaptire 7. Intertextualité et polémique dans le discours ami de la vérité d’hiéroclès
- Par Gianluca Piscini
Pages 245 à 251
Citer ce chapitre
- PISCINI, Gianluca,
- Piscini, Gianluca.
- Piscini, G.
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Notes
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[1]
Voir Institutions divines v 2, 14 : nam quaedam capita, quae repugnare sibi uidebantur exposuit, adeo multa, adeo intima enumerans, ut aliquando ex eadem disciplina fuisse uideatur. J. C. Cook, New Testament, p. 262 compare cet aspect de la polémique d’Hiéroclès à l’œuvre de Porphyre (lui aussi soupçonné d’être un chrétien apostat).
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[2]
Institutions divines V 3, 9. Dans ce dernier cas, on ne sait pas exactement quel passage de l’évangile était visé : voir les notes ad loc. dans l’Annexe 2.
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[3]
Voir Eusèbe de Césarée, Contre Hiéroclès 2 et infra, chapitre 11.1.
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[4]
Dans le passage cité en Eusèbe de Césarée, Contre Hiéroclès 2, il les accuse d’être des γόητες ; mais voir infra, chapitre 7.3.
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[5]
Voir Lactance, Institutions divines V 3, 4 et infra, chapitre 7.
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[6]
Voir Jn 5,16. 18 ; 11,54.
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[7]
Voir par exemple Lc 16,17.
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[8]
Voir Mc 15,27.
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[9]
Voir 1 S 22. Voir Lactance, Institutions divines. Livre V, t. 2, éd. Pierre Monat, Paris, Cerf (SC 205), 1973, p. 50, note à Institutions divines V 3, 4 et William Horbury, « Christ as brigand in ancient anti-Christian polemic », Jesus and the Politics of His Day, éd. Ernst Bammel et Charles F. D. Moule, Cambridge, Cambridge University Press, 1984, p. 183-195, 189-192. Ce dernier propose sans doute l’analyse la plus attentive de ce témoignage sur Hiéroclès. Une dernière hypothèse envisagée par M. Zambon, « Nessun dio è mai sceso quaggiù », p. 275 (une réinterprétation des vagabondages des Juifs après la sortie d’Égypte) nous paraît moins probable.
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[10]
Voir J. G. Cook, New Testament, p. 270, qui parle de « vituperative rhetoric ».
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[11]
Voir La prise de Jérusalem de Josèphe le Juif, t. 1, dir. André Vaillant, Paris, Institut d’Études slaves (Textes publiés par l’Institut d’Études slaves, II/1), 1934, p. 151 : « Et auprès de lui [i. e. Jésus] se rassemblèrent cent cinquante serviteurs, et d’entre le peuple un grand nombre. Voyant sa puissance, et qu’il accomplissait tout ce qu’il voulait par sa parole, ils lui demandaient d’entrer dans la ville, de massacrer les troupes romaines et Pilate, et de régner sur eux ».
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[12]
Voir J. G. Cook, New Testament, p. 269-270 et n. 125 ; W. Horbury, « Christ as brigand », p. 188-192.
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[13]
W. Horbury, ibid., p. 188-189. 192-195.
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[14]
Sur la présence d’Apollonius dans la littérature chrétienne et tardive, voir Christopher P. Jones, « Apollonius of Tyana in Late Antiquity », Greek Literature in Late Antiquity. Dynamism, Didacticism, Classicism, éd. Scott F. Johnson, Aldershot, Ashgate, 2006, p. 49-64. Jones fait allusion à Hiéroclès et Porphyre à p. 56, mais uniquement pour observer que le personnage devint un exemple de « philosophical Hellenism, but not necessarily fulfilling the function that Porphyry and Hierocles intended for him ». Il resterait à préciser quelle était cette fonction.
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[15]
Eusèbe de Césarée, Contre Hiéroclès 2 (trad. Forrat modifiée) : Κἀκεῖνο λογίσασθαι ἄξιον, ὅτι τὰ μὲν τοῦ Ἰησοῦ Πέτρος καὶ Παῦλος καί τινες τούτοιν παραπλήσιοι κεκομπάκασιν ἄνθρωποι ψεῦσται καὶ ἀπαίδευτοι καὶ γόητες, τὰ δὲ Ἀπολλωνίου Μάξιμος ὁ Αἰγιεὺς καὶ Δάμις ὁ φιλόσοφος ὁ συνδιατρίψας αὐτῷ καὶ Φιλόστρατος ὁ Ἀθηναῖος παιδεύσεως μὲν ἐπὶ πλεῖστον ἥκοντες, τὸ δ’ ἀληθὲς τιμῶντες, διὰ φιλανθρωπίαν ἀνδρὸς γενναίου καὶ θεοῖς φίλου πράξεις μὴ βουλόμενοι λαθεῖν.
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[16]
Vie d’Apollonius de Tyane I 3, 2 : Ἐνέτυχον δὲ καὶ Μαξίμου τοῦ Αἰγιέως βιβλίῳ ξυνειληφότι τὰ ἐν Αἰγαῖς Ἀπολλωνίου πάντα… Nous ne savons rien de ce personnage, qui était peut-être un auteur et secrétaire impérial (ab epistulis) du iie siècle : voir Philostratus, The life of Apollonius of Tyana, t. 1, éd. Christopher P. Jones, Cambridge, Harvard University Press (Loeb Classical Library, 16), 2005, p. 39, n. 7 ; Patrick Robiano, « Maxime d’Égée (en Cilicie) », DPA, t. IV, 2005, p. 313.
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[17]
Vie d’Apollonius de Tyane I 3, 1. Sur le caractère non-historique de l’ouvrage de Damis voir Wolfgang Speyer, « Zum Bild des Apollonius von Tyana bei Heiden und Christen », JAC 17, 1974, p. 47-63, 51-52.
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[18]
Selon Salvatore Borzì, « Apollonio di Tiana : da “santo pagano” ad antagonista di Cristo », Laós, 5, 1998, p. 83-96, 93, Hiéroclès aurait même suivi l’ordre des faits du récit de Philostrate.
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[19]
… τὸν Προκοννήσιον Ἀριστέαν καὶ Πυθαγόραν ὡς ἂν ἀρχαιοτέρους παρελθὼν… : Hier. 2, 10-11.
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[20]
Adele Monaci Castagno, « Messengers from Heaven : Divine Men and God’s Men in the Alexandrian Platonism (2nd-4th Cent.) », Beyond Conflicts. Cultural and Religious Cohabitations in Alexandria and Egypt between the 1st and the 6th Century CE, éd. Luca Arcari, Tübingen, Mohr Siebeck, p. 177-193, 183.
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[21]
Institutions divines v 2, 13 : falsitatem scripturae sacrae arguere conatus est, tamquam sibi esset tota contraria.
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[22]
Institutions divines V 3, 24 : Summi dei laudes.
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[23]
Le souci de donner des exemples de conduite se retrouve évidemment chez Plutarque : voir le célèbre passage de la Vie d’Alexandre 1, 2, où l’auteur affirme privilégier les menus détails biographiques parce qu’ils révèlent mieux la vertu ou le vice (Οὔτε γὰρ ἱστορίας γράφομεν, ἀλλὰ βίους, οὔτε ταῖς ἐπιφανεστάταις πράξεσι πάντως ἔνεστι δήλωσις ἀρετῆς ἢ κακίας, ἀλλὰ πρᾶγμα βραχὺ πολλάκις καὶ ῥῆμα καὶ παιδιά τις ἔμφασιν ἤθους ἐποίησε μᾶλλον ἢ μάχαι μυριόνεκροι καὶ παρατάξεις αἱ μέγισται καὶ πολιορκίαι πόλεων). Voir aussi Id., Vie de Paul-Émile 1, 3 ; Xenophon, Agésilas 1, 1 ; Isocrate, Évagoras 1-4 (où cependant le désir de perpétuer le souvenir est attribué au personnage objet de la biographie, et non pas aux biographes) ; Lucien de Samosate, Vie de Démonax 2. L’idée est aussi chez Philostrate, mais moins nette : le but de la Vie d’Apollonius serait d’honorer Apollonius et de le défendre des calomnies sur son compte (voir I 2-3). Pour une étude de la question voir l’analyse classique de Françoise Frazier, Histoire et morale dans les Vies parallèles de Plutarque, Paris, Les Belles Lettres, 1996, ainsi que Tomas Hägg, The Art of Biography in Antiquity, Cambridge, Cambridge University Press, 2012, p. 273.
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[24]
Voir Clément d’Alexandrie, Protreptique 2, 27, 3 ; Stromates VII 2, 8, 1. Encore une fois, le parallèle avec la Vie d’Apollonius est possible, mais vague : Philostrate espérait simplement que son œuvre serait utile aux hommes « très désireux d’apprendre » (ἐχέτω δὲ ὁ λόγος […] τοῖς τε φιλομαθεστέροις ὠφέλειαν· ἦ γὰρ ἂν μάθοιεν, ἃ μήπω γιγνώσκουσιν : I 3, 2). On peut néanmoins rapprocher le ἐχέτω ὠφέλειαν du διὰ φιλανθρωπίαν de notre texte.
À en croire Lactance, Hiéroclès devait avoir une très bonne connaissance de l’Écriture. Le rhéteur de Nicomédie affirme que le nombre de passages cités par le polémiste était tel qu’on pouvait le soupçonner d’avoir été chrétien.
On a du mal à imaginer que Lactance ait exagéré les compétences scripturaires de son adversaire. Il est donc particulièrement regrettable que nous ne puissions mentionner que deux épisodes de la Bible qui semblent avoir fait l’objet de la critique d’Hiéroclès : le choix de simples pêcheurs comme disciples et l’arrestation de Jésus. Lactance nous indique aussi qu’Hiéroclès s’en prenait tout particulièrement à Pierre et Paul, qu’il traitait de menteurs (fallaciae seminatores) avec tous les disciples : cela est confirmé par un court extrait du Discours ami de la vérité cité par Eusèbe. Il est possible (mais peu probable) qu’il s’en soit pris également aux miracles qu’on attribuait aux deux apôtres et aux disciples.Selon Hiéroclès, après avoir été éloigné par les Juifs, Jésus serait devenu un brigand à la tête d’une troupe de neuf cents hommes. Il serait intéressant de connaître l’origine de cette curieuse accusation. S’il ne s’agit évidemment pas d’une donnée scripturaire, on peut penser qu’Hiéroclès, comme Celse, a développé des éléments présents dans la Bible. L’animosité des Juifs vis-à-vis de Jésus est déjà présente dans les évangiles, qui montrent également le peuple suivant d’abord le Christ, pour lui préférer ensuite Barrabas ; on n’oubliera pas non plus que Jésus meurt à côté de deux brigand…
Date de mise en ligne : 20/02/2026
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