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Chaptire 6. Intertextualité et polémique dans le contre les chrétiens de porphyre

Pages 195 à 243

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  • Piscini, G.
(2024). Chaptire 6. Intertextualité et polémique dans le contre les chrétiens de porphyre. "J'ai lu, j'ai compris, j'ai condamné" : Aspects littéraires de la polémique antichrétienne antique (p. 195-243). Éditions du Cerf. https://shs.cairn.info/jai-lu-jai-compris-jai-condamne--9782204164436-page-195?lang=fr.

  • Piscini, Gianluca.
« Chaptire 6. Intertextualité et polémique dans le contre les chrétiens de porphyre ». "J'ai lu, j'ai compris, j'ai condamné" Aspects littéraires de la polémique antichrétienne antique, Éditions du Cerf, 2024. p.195-243. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/jai-lu-jai-compris-jai-condamne--9782204164436-page-195?lang=fr.

  • PISCINI, Gianluca,
2024. Chaptire 6. Intertextualité et polémique dans le contre les chrétiens de porphyre. In : "J'ai lu, j'ai compris, j'ai condamné" Aspects littéraires de la polémique antichrétienne antique. Paris : Éditions du Cerf. Beauchesne / Théologie historique, p.195-243. URL : https://shs.cairn.info/jai-lu-jai-compris-jai-condamne--9782204164436-page-195?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Par ailleurs, il n’est pas à exclure que Plotin ait lui-même connu la Bible et les évangiles, et que sa doctrine en ait été influencée. Comme le remarque Lang en Cristina D’Ancona et Jack Lang, « Plotin », DPA, t. 5a, 2012, p. 885-1070, 993, il manque une étude systématique sur la présence de la littérature chrétienne chez Plotin (voir néanmoins les références citées ibid.). Signalons au passage qu’on a parfois vu une influence du langage chrétien dans l’expression προσηλοῦν τῷ θεῷ en Traité de l’abstinence I 57, 1 : mais voir Porphyre, De l’abstinence, t. 1, éd. Jean Bouffartigue et Michel Patillon, Paris, Les Belles Lettres (CUF), 1977, p. 41.
  • [2]
    Voir Stephen Menn, « On the title of Porphyry’s Categories commentary Πρὸς Γεδάλειον », Phronesis, 62, 2017, p. 355-362. Cependant, l’identité du destinataire de ce commentaire (dont le nom est manifestement d’origine sémitique) n’est pas connue, et l’on n’est pas certain qu’il s’agisse d’un Juif et non, par exemple, d’un Phénicien, comme le pensait Franz K. Movers au xixe siècle (hypothèse prudemment reprise par Michael Chase dans Richard Goulet et al., « Porphyre de Tyr », DPA, t. 5b, 2012, p. 1289-1468, 1353). Mais il pourrait s’agir aussi d’un disciple de Porphyre (selon Michael Chase, « Gédaleios », DPA, t. 2, 2000, p. 469-470) Ainsi, Menn nous paraît-il aller trop loin lorsqu’il avance l’hypothèse que ce serait ce personnage qui aurait fourni à Porphyre des renseignements sur la Bible.
  • [3]
    Jan Hendrik Waszink, « Porphyrios und Numenios », Porphyre. Huit exposés suivis de discussions, Vandœuvres, Fondation Hardt, 1965, p. 33-78 ; Marco Zambon, Porphyre et le moyen-platonisme, Paris, Vrin, 2002, p. 196-204.
  • [4]
    En Vie de Pythagore 11, il écrit que le philosophe grec aurait appris d’autres peuples (parmi lesquels les Juifs) l’art d’interpréter les rêves ; en Traité de l’abstinence IV 11-14, il manifeste une certaine connaissance des interdits alimentaires du Lévitique et ne cache pas son admiration pour la conduite des Esséniens : voir Giancarlo Rinaldi, « Giudei e pagani alla vigilia della persecuzione di Diocleziano : Porfirio e il popolo d’Israele », VetC 29, 1992, p. 113-136, 115-124 (analyse des passages porphyriens sur les Juifs). 135, n. 76 (le regard positif de Porphyre refléterait son origine tyrienne) ; Pieter Willem Van der Horst, « Porphyry on Judaism : Some Observations », « Follow the Wise ». Studies in Jewish History and Culture in Honor of Lee I. Levine, éd. Zeev Weiss et al., Winona Lake, Eisenbrauns, 2010, p. 71-83 = Studies in Ancient Judaism and Early Christianity, Leyde, Brill, 2014, p. 188-202 (qui insiste plutôt sur l’influence de Numénius : nous reviendrons sur la question).
  • [5]
    J. G. Cook, Old Testament, p. 173-174 propose de voir dans l’allusion à l’oniromancie juive en Vie de Pythagore 11 une trace de la connaissance de l’histoire de Joseph : c’est possible, mais le texte est trop vague pour trancher. La ressemblance entre Qo 1,9 et l’enseignement de Pythagore cité en Vie de Pythagore 19 ne nous semble pas très significative, de même que les autres parallèles entre la biographie porphyrienne du philosophe et celle du Christ proposés par Wolfgang Fauth, « Pythagoras, Jesus von Nazareth und der Helios-Apollon des Julianus Apostata. Zu einigen Eigentümlichkeiten der spätantiken Pythagoras-Aretalogie im Vergleich mit der thaumasiologischen Tradition der Evangelien », ZNTW 78, 1987, p. 26-48. L. Jerphagnon a cru trouver des allusions aux évangiles dans la Vie de Plotin, mais son analyse ne nous paraît pas convaincante : voir infra, chapitre 10.2. Peter Schäfer, Judéophobie. Attitudes à l’égard des Juifs dans le monde antique [1997], trad. Édouard Gourévitch, Paris, Cerf, 2003, p. 129 estime que, lorsque Porphyre écrit que les Juifs préfèrent supporter des persécutions plutôt que renier leur foi en mangeant du porc (Traité de l’abstinence II 161), il pourrait faire allusion à 2 M 6-7 – mais peut-on exclure une simple hyperbole ? Giancarlo Rinaldi, Pagani e cristiani. La storia di un conflitto (secoli I-IV), Rome, Carocci, 2016, p. 138-139 semble plus ouvert aux conclusions de Jerphagnon et Fauth, en renvoyant au travail de Patricia Cox pour soutenir que la biographie aurait été, dans l’Antiquité tardive, un véritable outil polémique dans les débats entre païens et chrétiens.
  • [6]
    Lettre à Marcella 24 : Τέσσαρα στοιχεῖα μάλιστα κεκρατύνθω περὶ θεοῦ· πίστις, ἀλήθεια, ἔρως, ἐλπίς.
  • [7]
    Pour un résumé des différentes positions de la critique et pour une démonstration du caractère polémique du passage, voir l’exposé d’A. R. Sodano dans Porfirio, Vangelo di un pagano. Lettera a Marcella, Contro Boeto, Sul conosci te stesso. Eunapio, Vita di Porfirio, éd. Angelo Raffaele Sodano, Milan, Bompiani (Il pensiero occidentale), 2006, p. 117-126.
  • [8]
    Voir la note de Des Places dans Porphyre, Vie de Pythagore. Lettre à Marcella, éd. Édouard Des Places, Paris, Les Belles Lettres (CUF), 1982, p. 160. Le développement le plus riche et équilibré de cette thèse est sans doute celui de Philippe Hoffmann, « Erôs, Alètheia, Pistis… et Elpis. Tétrade chaldaïque, triade néoplatonicienne (Fr. 46 des Places, p. 26 Kroll) », Orient-Occident. Racines spirituelles de l’Europe. Enjeux et implications de la « translatio studiorum » dans le judaïsme, le christianisme et l’islam de l’Antiquité à la Renaissance, dir. Mariano Delgado, Charles Méla et Frédéric Möri, Paris, Cerf, 2014, p. 63-136, 90-97. Selon Hoffmann, Porphyre s’inspirerait ici non pas de Paul, mais des Oracles chaldaïques, et notamment de l’oracle 46 ; cependant, cet oracle serait à son tour influencé par les réflexions valentiniennes sur le texte paulinien. La tétrade citée par Porphyre serait donc « à l’origine le produit d’élaborations spéculatives qui s’enracinent dans les lectures gnostiques de Paul » (ibid., 98).
  • [9]
    Mark J. Edwards, Religions of the Constantinian Empire, Oxford, Oxford University Press, 2015, p. 44.
  • [10]
    On trouve une citation de Gn 1,2 en L’antre des nymphes 10 (dans une citation de Numénius) ; de Gn 2,7 en À Gauros 11 ; de Gn 3,21 en Traité de l’abstinence I 31, 3 et II 46, 1. Sur la paternité porphyrienne de l’À Gauros voir J. G. Cook, Old Testament, p. 169-170.
  • [11]
    Voir la note de Laura Simonini dans Porfirio, L’antro delle Ninfe, éd. Laura Simonini (1986), Milan, Adelphi (gli Adelphi, 284), 2010, p. 117. Pour l’À Gauros voir G. Rinaldi, Bibbia dei pagani, t. 1, p. 87. Dans le commentaire de l’édition dirigée par Luc Brisson, la question des sources de l’allusion (car Porphyre ne cite pas littéralement la Septante) n’est pas abordée explicitement, mais on rappelle la citation de Gn 1,2 en L’antre des nymphes 10, ainsi que la mention de Numénius en À Gauros 2, 2 : voir Porphyre, Sur la manière dont l’embryon reçoit l’âme, éd. Luc Brisson et al., Paris, Vrin (Histoire des doctrines de l’Antiquité classique, 43), 2012, p. 264-265. La mention des « tuniques de l’âme » en Traité de l’abstinence I et II reflète l’exégèse philonienne et celle de plusieurs auteurs chrétiens. Porphyre pourrait avoir connu cette interprétation à travers les Sentences de Sextus ou l’œuvre d’Origène, mais Numénius reste la source plus probable : voir le commentaire de J. Bouffartigue en De l’abstinence, I, p. 37-41 ; Pier Franco Beatrice, « Le tuniche di pelle. Antiche letture di Gen. 3, 21 », La tradizione dell’enkrateia. Motivazioni ontologiche e protologiche, éd. Ugo Bianchi, Rome, Edizioni dell’Ateneo, 1985, p. 433-484, 463-470.
  • [12]
    Porphyre mentionne des préceptes absents du texte biblique, mais mentionnés avec le même verset de Dt 22,6 en Contre Apion II 29, 213 : voir Porphyre, De l’abstinence, t. 3, éd. Michel Patillon, Alain-Philippe Segonds et Luc Brisson, Paris, Les Belles Lettres (CUF), 1995, p. 78, n. 213. Il reste deux allusions à Lv 11,3.4.9 en Traité de l’abstinence IV 14.
  • [13]
    Voir la note à À Gauros 11 dans Porphyre, Sur la manière, p. 264-265 (comparaison avec Celse, qui dans le fr. IV 37 se moque du même verset de Gn 2,7 utilisé par Porphyre).
  • [14]
    Un riche commentaire de cette citation et de ses sources par L. Simonini dans Porfirio, L’antro delle Ninfe, p. 116-119.
  • [15]
    On a pu voir dans l’allusion à la profanation du Temple en Traité de l’abstinence IV 11 le signe d’une profonde connaissance de l’histoire juive, acquise à travers la lecture de la Bible (Porphyre, De l’abstinence, t. 3, p. 66-67, n. 140 et 141). Mais l’ensemble de ces chapitres repose moins sur l’Écriture que sur les renseignements donnés par Flavius Josèphe.
  • [16]
    G. Rinaldi, Bibbia dei pagani, t. 1, p. 87. On rappellera que le mot grec θεολόγος a un sens bien plus vaste (et plus positif) que le moderne « théologien » : Orphée et Homère pouvaient être qualifiés de θεολόγοι.
  • [17]
    Où il est question de ὁ τῶν Ἑβραίων θεολόγος. En Traité de l’abstinence I et II, la source biblique n’est pas précisée explicitement.
  • [18]
    Voir L. Simonini dans Porfirio, L’antro delle Ninfe, p. 117 et G. Rinaldi, Bibbia dei pagani, t. 1, p. 87 : chez Philon, Moïse est θεολόγος, et Porphyre pourrait connaître l’exégète juif à travers Numénius.
  • [19]
    Fr. 324F et 344F Smith. Pour le fragment 324F, Smith propose un rapprochement avec Numénius, fr. 1a Des Places (Fragmenta, p. 372). Sur l’image du judaïsme chez Porphyre voir G. Rinaldi, « Giudei e pagani » ; M. Zambon, Porphyre et le moyen-platonisme, p. 196-204. Aaron P. Johnson, Religion and Identity in Porphyry of Tyre. The Limits of Hellenism in Late Antiquity, Cambridge, Cambridge University Press, 2013, p. 273 estime qu’aucun intellectuel païen préconstantinien ne manifeste autant de sympathie vis-à-vis des Juifs et de leurs traditions.
  • [20]
    Andrew Smith, « Porphyry – scope for a reassessment », Studies on Porphyry, éd. George Karamanolis et Anne Sheppard, Londres, Institute of Classical Studies, 2007, p. 7-16, 13.
  • [21]
    Porphyre veut convaincre son ami et condisciple Castricius à revenir au végétarisme : voir l’introduction de J. Bouffartigue et M. Patillon dans Porphyre, De l’abstinence, t. 1, p. xix-xxivv.
  • [22]
    Ibid., p. xxv-xxvi.
  • [23]
    Son approche « livresque » est explicite dès le début du traité : voir Traité de l’abstinence I 3, 3 et les chapitres 13-26 de ce même tome, qui rapportent de manière très détaillée les arguments de Clodius de Naples (et d’Héraclide Pontique, à son tour cité par ce dernier : voir la notice de J. Bouffartigue et M. Patillon dans Porphyre, De l’abstinence, t. 1, p. 25-30).
  • [24]
    Ibid., p. xxxiii-xxxv. Les p. xxvi-xxxiii proposent d’intéressantes réflexions sur la façon dont le philosophe cite ses sources et les intègre à son discours.
  • [25]
    Sur les neuf fragments conservés du Contre Boéthos, deux présentent un renvoi explicite à un dialogue platonicien (fr. 242 et 249F Smith), auxquels on peut ajouter le fr. 9 Sodano, non retenu par Smith (voir A. R. Sodano dans Vangelo di un pagano, p. 176). Le Traité des principes et de la matière (conservé dans une traduction syrienne) accorde une place importante à la doxographie et s’appuie sur de longues citations pour discuter différentes interprétations du Timée : voir les § 73-97 et les remarques de l’éditeur dans Porphyry, On Principles and Matter, éd. Yury Arzhanov, Berlin, De Gruyter (Scientia Graeco-Arabica, 34), 2021, p. 56-65 (et 65-78 pour l’attribution du texte à Porphyre). Pour la Lettre à Marcella, voir l’index dans Porphyre, Vie de Pythagore. Lettre à Marcella, p. 145-150.
  • [26]
    Porphyre, De l’abstinence, t. 1, p. 25.
  • [27]
    Ibid., p. 13-33 (étude des sources).
  • [28]
    Ibid., p. 13-24.
  • [29]
    Remarques de Jean Bouffartigue dans Porphyre, De l’abstinence, t. 2, éd. Jean Bouffartigue et Michel Patillon, Paris 1979, p. 18-19.
  • [30]
    Voir J. Bouffartigue et M. Patillon dans Porphyre, De l’abstinence, t. 1, p. 4.
  • [31]
    Le chapitre consacré à Porphyre dans Robert L. Wilken, The Christians as the Romans saw them, nouv. éd., New Haven, Yale University Press, 2003, p. 137-147 s’intitule « Porphyry : the most learned critic of all ». Pour un bilan des différentes positions critiques sur l’emploi de l’Écriture dans le Contre les chrétiens, voir Giancarlo Rinaldi, « L’Antico Testamento nella polemica anticristiana di Porfirio di Tiro », Augustinianum, 22, 1982, p. 97-111.
  • [32]
    Fr. 66-67F et 132D Becker.
  • [33]
    Fr. 50T Becker.
  • [34]
    Allusion très vague dans le fr. 70F Becker.
  • [35]
    Fr. 46T et 59F Becker.
  • [36]
    Voir l’introduction du fr. 51T Becker : Τοῖς προφήταις ἀκριβῶς ἐντυχὼν ὁ Πορφύριος…
  • [37]
    Fr. 30F, 37F et 52T Becker et les notes relatives dans l’Annexe 2.
  • [38]
    Fr. 46T, 52T et 59F Becker, et passim.
  • [39]
    Fr. 74T Becker.
  • [40]
    Fr. 2-5T. 71T Becker.
  • [41]
    Voir le fr. 6F Becker et la note ad loc. dans l’Annexe 2.
  • [42]
    Fr. 6F Becker : τῆς δὴ μοχθηρίας τῶν Ἰουδαϊκῶν γραφῶν οὐκ ἀπόστασιν, λύσιν δέ τινες εὑρεῖν προθυμηθέντες…
  • [43]
    Sur ce texte de Jérôme (ainsi que sur les griefs porphyriens qu’il conserve) voir Jean Lataix, « Le commentaire de Saint Jérôme sur Daniel », Revue d’histoire et de littérature religieuses, 2, 1897, p. 164-173 et 268-277 ; Régis Courtray, Prophète des temps derniers. Jérôme commente « Daniel », Paris, Beauchesne, 2009, p. 143-163 ; Jérôme, Commentaire sur Daniel, éd. Régis Courtray, Paris, Cerf (SC 602), 2019.
  • [44]
    Fr. 13T Becker, trad. Régis Courtray : Contra prophetam Danielem duodecimum librum scripsit Porphyrius, nolens eum ab ipso, cuius inscriptus est nomine, esse compositum, sed a quodam qui temporibus Antiochi, qui appellatus est Epiphanes, fuerit in Iudaea, et non tam Danielem uentura dixisse, quam illum narrasse praeterita. Sur l’allusion à une critique de Daniel dans le XIIIe livre voir infra, chapitre 14.2.
  • [45]
    Fr. 14 et 16T Becker.
  • [46]
    Sur les problèmes liés à la transmission et à la compréhension de ces griefs voir Ariane Magny, Porphyry in Fragments. Reception of an Anti-Christian Text in Late Antiquity, Farnham, Ashgate, 2014, p. 5-97.
  • [47]
    Régis Courtray, « Porphyre et le livre de Daniel au travers du Commentaire sur Daniel de Jérôme », Le Traité de Porphyre contre les chrétiens : un siècle de recherches, nouvelles questions, éd. Sébastien Morlet, Paris, Institut d’études augustiniennes, 2011, p. 329-356, 330-339.
  • [48]
    Voir infra.
  • [49]
    C’est le cas de l’histoire de Suzanne, mentionnée dans le Prologue (fr. 14T Becker). La raison de son choix est claire (à partir de cet épisode, Porphyre critiquait l’authenticité de l’ensemble du livre : aussi convient-il de la réfuter au début du commentaire), mais nous ignorons si cette dérogation à l’ordre des versets reflète la démarche de Porphyre.
  • [50]
    Voir Commentaire sur Daniel III 11, 21 et R. Courtray dans Jérôme, Commentaire sur Daniel, p. 460, n. 1.
  • [51]
    R. Courtray, « Porphyre et le livre de Daniel », p. 355 et n. 170.
  • [52]
    La plupart des chercheurs estiment que la critique de Daniel n’occupait que le tome XII du Contre les chrétiens : voir J. Lataix, « Le commentaire », p. 164 ; André Benoit, « Le “Contra Christianos” de Porphyre : où en est la collecte des fragments ? », Paganisme, Judaïsme, Christianisme. Influences et affrontements dans le monde antique. Mélanges offerts à Marcel Simon, Paris, de Boccard, 1978, p. 261-275, 265 ; Sosio Pezzella, « Il problema del Κατὰ Χριστιανῶν di Porfirio », Eos, 52, 1962, p. 87-104, 92 ; R. Courtray, Prophète des temps derniers, p. 137, n. 16. Au contraire, selon Paolo Frassinetti, « Porfirio esegeta del profeta Daniele », Rendiconti dell’Istituto Lombardo di Scienze e Lettere, 86, 1953, p. 194-210, 197, n. 21, l’exégète s’est trompé dans le fr. 13T Becker et l’étude du prophète se poursuivait au tome XIII.
  • [53]
    A. Benoit, « Le “Contra Christianos” », p. 265.
  • [54]
    Ibid. J. G. Cook, Old Testament, p. 217, n. 372 pense à une discussion de récits apocalyptiques. Il est évidemment impossible de prouver cette hypothèse, qui est néanmoins ingénieuse : elle part de la démarche commune adoptée par Porphyre dans la critique de Daniel et dans celle de l’Apocalypse de Zoroastre, et reste envisageable, quel que soit le contexte précis dans lequel intervenait l’étude de Dn 9.
  • [55]
    Fr. 36F Becker (secutus est Theodotionis interpretationem). L’utilisation de cette traduction reflète par ailleurs l’usage des chrétiens, auprès desquels la version de Daniel attribuée à Théodotion avait très tôt remplacé le texte de la Septante : Gilles Dorival, Marguerite Harl et Olivier Munnich, La Bible grecque des Septante. Du judaïsme hellénistique au christianisme ancien, nouv. éd., Paris, Cerf, 1994, p. 153.
  • [56]
    Voir supra, chapitre 2.4.
  • [57]
    Olivier Munnich, « Recherche de la source porphyrienne dans les objections “païennes” du Monogénès : l’enjeu des citations scripturaires », Le Traité de Porphyre, éd. S. Morlet, p. 75-104, 90. Voir aussi p. 86-91. 96-97, où l’auteur repère des interventions du chrétien dans les fr. 15, 64, 30, 95 et 78 Harnack.
  • [58]
    Ibid., p. 93-97. En revanche, il est probable que la citation de l’Apocalypse de Pierre était déjà dans la source de l’apologiste : comme le remarque Goulet, Macarios ne s’attarde pas sur cet extrait, ce qui laisse penser que sa présence dans l’objection ne relève pas de son intervention : voir la note ad loc. de R. Goulet dans Macarios de Magnésie, Le Monogénès, éd. Richard Goulet, t. 1, Paris, Vrin (Textes et traditions, 7), 2003, p. 409-410 ; du même avis Schott et Edwards : Macarius, Apocriticus, éd. Jeremy M. Schott et Mark J. Edwards, Liverpool, Liverpool University Press (Translated texts for historians, 62), 2015, p. 22-23. Mais il est quelque peu étonnant que Macarios, qui pourtant n’hésite point à abréger sa source ou à y ajouter des citations, ait gardé un texte qu’il n’exploite guère et qui ne considère même pas comme étant inspiré (voir Monogénès IV 16).
  • [59]
    Monogénès IV 21b = fr. 76 Harnack.
  • [60]
    Monogénès IV 23 = fr. 78 Harnack.
  • [61]
    Selon Pépin, suivi par Goulet. Pépin a étudié l’arrière-plan philosophique de l’objection citée en Monogénès IV 2 (= fr. 35 Harnack), qu’il relie à Dn 3,60 et 12,2-3 (Jean Pépin, Théologie cosmique et théologie chrétienne (Ambroise Exam. I, 1, 1-14), Paris, PUF, 1964, p. 465 ; Macarios, Monogénès, éd. R. Goulet, t. 2, p. 405-406). Ce dernier passage faisait certainement l’objet d’une critique porphyrienne, comme le montre le fr. 37F Becker. De plus, il est intéressant de remarquer que Macarios commence sa réponse par des citations de Daniel : peut-être reprend-il des éléments de sa source qu’il a effacés dans la rédaction du Monogénès (J. Pépin, ibid., p. 457 et Macarios, ibid., t. 1, p. 143-145 et t. 2, p. 415-416).
  • [62]
    En Exhortation au martyre 17. Une autre occurrence chez Théodoret de Cyr est signalée comme « à vérifier » : nous n’avons pu la trouver.
  • [63]
    Voir Bernard Pouderon, « Le fragment 78 Harnack (101 Ramos Jurado) du Contra Christianos de Porphyre et la question de la “tolérance” chrétienne d’après Ex 22, 27 LXX », Le Traité de Porphyre, éd. S. Morlet, p. 183-203, 187-189. Mais Pouderon n’exclut ni que le polémiste puisse avoir consulté « des embryons de citations thématiques » (189), ni que les citations soient un ajout de Macarios.
  • [64]
    Voir en dernier Pier Franco Beatrice, « Traces du texte occidental chez le païen de Macaire Magnès », Codex Bezae, éd. D. C. Parker et C.-B. Amphoux, p. 317-326. Plus sceptique Goulet dans Macarios, Monogénès, éd. R. Goulet, t. 1, p. 95.
  • [65]
    O. Munnich, « Recherche de la source », p. 85-86.
  • [66]
    Ibid.
  • [67]
    Ibid., p. 103. Pour Munnich, cela pourrait nous renseigner sur le milieu culturel de l’auteur, héritier d’une tradition originaire de Césarée mais qui s’est diffusée ensuite à Antioche et Alexandrie.
  • [68]
    B. Pouderon, « Le fragment 78 Harnack », p. 191. Pouderon souligne que l’emploi de la tradition transmise par l’Alexandrinus s’accorde bien avec la paternité porphyrienne de ces objections, car ce codex intègre des variantes originaires de la Palestine et de la Syrie.
  • [69]
    « Un aspect de la polémique païenne à la fin du iiie siècle : le vocabulaire chrétien de Porphyre », VC 26, 1972, p. 117-129, 120.
  • [70]
    Dans l’Ancien Testament le seul titre cité est le Deutéronome (Monogénès IV 19 = fr. 88 Harnack), tandis que les évangélistes sont souvent cités par nom : voir Monogénès II 23 = fr. 15 Harnack (où il parle aussi d’εὐαγγελισταί) et Monogénès III 4 = fr. 49 Harnack. L’Adversaire mentionne aussi les Actes (Monogénès III 30 = fr. 27 Harnack), les ἐπιστολαί de Paul (Monogénès III 36 = fr. 33 Harnack) et, parmi ces dernières, celle aux Corinthiens (ibid.). Il parle enfin d’εὐαγγέλιον (par exemple en Monogénès II 26 = fr. 72 Harnack) ou εὐαγγέλια (Monogénès III 19 = fr. 23 Harnack).
  • [71]
    Monogénès III 31 = fr. 28 Harnack. Il décrit Paul comme « l’individu qui naguère contrefaisait la Loi et aujourd’hui l’Évangile » (ὁ γὰρ πρώην τὸν Νόμον καὶ τήμερον τὸ Eὐαγγέλιον σχηματιζόμενος).
  • [72]
    Monogénès IV 19 = fr. 88 Harnack. L’Adversaire rappelle que son interlocuteur a affirmé pouvoir expliquer « les passages obscurs des Écritures » (τὰ σκοτεινὰ τῶν Γραφῶν ἑρμηνεύειν κεφάλαια), puis le met à l’épreuve en citant 1 Co 6,11.
  • [73]
    Monogénès III 32 = fr. 29 Harnack ; Monogénès IV 9 = fr. 52 Harnack.
  • [74]
    Pace J.-M. Demarolle, « Un aspect de la polémique », p. 120.
  • [75]
    Voir les fr. 82-83, 112-114, 117, 119 et 130D Becker.
  • [76]
    Voir le fr. 128D Becker.
  • [77]
    Fr. 110-111D Becker.
  • [78]
    Il s’agit d’autres passages du Commentaire de Jérôme, rattachés par Jacoby au traité porphyrien (= fr. 96-103D Becker).
  • [79]
    Biblindex signale deux seules occurrences de Dt 18,4, utilisé dans le fr. 118D Becker. Relativement peu cité est aussi Os 1,2, discuté dans le fr. 115D Becker.
  • [80]
    Selon l’interprétation du passage donnée par Christoph Riedweg, « Ein neues Zeugnis für Porphyrios’ Schrift Gegen die Christen. Johannes Chrysostomos, Johanneshomilie 17, 3f. », Die Christen als Bedrohung ? Text, Kontext und Wirkung von Porphyrios’ « Contra Christianos », éd. Irmgard Männlein-Robert., Stuttgart, Franz Steiner Verlag, 2017, p. 59-84, 75-76.
  • [81]
    Voir Richard Goulet, « Porphyre et la datation de Moïse », Revue de l’histoire des religions, 192, 1977, p. 137-164, 137-153.
  • [82]
    À la différence de Celse, et comme le fera ensuite Julien (Jean Pépin, « Porphyre, exégète d’Homère », Porphyre. Huit exposés, p. 231-272, 231-234).
  • [83]
    Dans le fragment 6F Becker, il parle de φανερῶς […] λεγόμενα.
  • [84]
    Comme le remarque Matthias Becker, « Bedeutungszuschreibung in konkurrierenden Textgemeinschaften. Überlegungen zu einem Porphyrios-Zitat bei Eusebios (Hist. Eccl. 6,19,1-11) », Was bedeutet Ordnung – was ordnet Bedeutung ? Zu bedeutungskonstituierenden Ordnungsleistungen in Geschriebenem, éd. Christian David Haß et Eva Marie Noller, Berlin, De Gruyter, 2015, p. 25-50, 33.
  • [85]
    Pour Harnack (note ad loc. de son édition), la mention de ses adeptes prouverait que l’Adversaire avait sous les yeux le texte d’Esdras. R. Goulet, « Porphyre et la datation », p. 153-161 y voit au contraire une preuve de la connaissance, de la parte de l’auteur de l’objection, des Stromates de Clément d’Alexandrie.
  • [86]
    Monogénès II 23 = fr. 15 Harnack. On peut le comparer au fr. 56T Becker, qui toutefois est assez vague : Jérôme écrit que, sur la base de certains passages bibliques difficiles, Celse, Porphyre et Julien pourraient accuser les évangélistes d’avoir menti.
  • [87]
    Monogénès III 30 = fr. 27 Harnack.
  • [88]
    Monogénès III 31 = fr. 28 Harnack.
  • [89]
    Monogénès III 32 = fr. 29 Harnack.
  • [90]
    Fr. 86D Becker ; trad. personnelle (mais nous avons consulté celles de Becker et de Franco Migliore).
  • [91]
    Qui est en effet la source la plus probable d’Eusèbe (Sébastien Morlet, La « Démonstration évangélique » d’Eusèbe de Césarée. Étude sur l’apologétique chrétienne à l’époque de Constantin, Paris, Institut d’études augustiniennes, 2009, p. 629).
  • [92]
    Porphyrios, Contra Christianos, éd. Matthias Becker, Berlin, De Gruyter (Texte und Kommentare, 52), 2016, p. 453.
  • [93]
    M. Zambon, Porphyre et le moyen-platonisme, p. 202 ne voit pas de différence significative entre le jugement sur le judaïsme dans le Contre les chrétiens et dans le reste de l’œuvre porphyrienne. Mais il ne pouvait pas connaître les fragments nominaux sur la Genèse identifiés en 2008 et 2010 par Morlet et Goulet.
  • [94]
    Il est cité par le Ps.-Longin ; mais il est possible que déjà au iie siècle av. J.-C., Ocellus Lucanus l’ait connu (J. G. Cook, Old Testament, p. 8-9. 32-34).
  • [95]
    Voir le fragment 70F Becker et Ex 7,8-13.
  • [96]
    Fr. 52T Becker.
  • [97]
    De Ml 3,1 en Mc 1,2 (fr. 45F Becker) et de Ps 78,2 en Mt 13,35 (fr. 7F Becker).
  • [98]
    Fragment 69T Becker. Sur le sens philosophique de ce grief voir infra, chapitre 10.3.
  • [99]
    Fr. 61-62T Becker.
  • [100]
    Mais il pourrait s’agir simplement d’un « effet d’optique », dû au fait que les auteurs chrétiens postérieurs ont cité surtout ce genre d’objections.
  • [101]
    Selon Pierre de Labriolle, La réaction païenne. Étude sur la polémique antichrétienne du ier au vie siècle [1934], Paris, Cerf, 2005, p. 497 (suivi par G. Rinaldi, Bibbia dei pagani, t. 1, p. 335), la contradiction signalée par Jérôme dans sa réponse à une objection porphyrienne (fr. 59F Becker) remontait aussi au philosophe. Alessandro Capone, « Sezioni antiporfiriane nei Tractatus geronimiani », Cristiani, Ebrei e pagani. Il dibattito sulla Sacra Scrittura tra III e VI secolo / Christians, Jews and Heathens. The Debate on the Holy Scripture between the Third and Sixth Century, éd. Id., Turnhout, Brepols, 2017, p. 51-69 a repris cette thèse avec des arguments philologiques plus solides.
  • [102]
    Sébastien Morlet, « La discordance (διαφωνία) des Écritures dans la polémique antichrétienne de l’Antiquité », Cristiani, Ebrei e pagani, éd. A. Capone, p. 13-32, 29-30.
  • [103]
    Voir le fr. II 55, cité et commenté infra, chapitre 9.1.
  • [104]
    Voir le jugement de P. Frassinetti, « Porfirio esegeta », p. 196-197.
  • [105]
    Voir J. Lataix, « Le commentaire », p. 165. Pour une analyse détaillée de ces griefs, voir J. G. Cook, Old Testament, p. 187-147 et le commentaire de M. Becker dans Porphyrios, Contra Christianos.
  • [106]
    Comme l’a montré R. Goulet, souvent Macarios ne semble pas comprendre le sens profond des propos de son adversaire, ce qui montre qu’il ne les a pas inventés : voir les notes à Monogénès III 29, IV 2 et IV 12 dans Macarios, Monogénès, éd. R. Goulet, t. 1, p. 399. 407. 416.
  • [107]
    Voir Macarios, Monogénès, éd. R. Goulet, t. 1, p. 393 sur Monogénès IV 5 (= fr. 60 Harnack).
  • [108]
    Voir Monogénès II 23 (= fr. 15 Harnack) sur les διαφωνίαι dans le récit de la crucifixion.
  • [109]
    Voir Francesco Corsaro, « L’“Apocritico” di Macario di Magnesia e le Sacre Scritture », Nuovo Didaskaleion, 7, 1957, p. 1-24 = Id., Philologica christiana. Silloge di Studi sull’antico cristianesimo, s. l., M. Terminella, 1973, p. 23-48, 30.
  • [110]
    Nous laissons de côté ici les allusions à des épisodes, qui augmenteraient considérablement le nombre de versets employés, mais nous semblent peu pertinentes pour cette réflexion.
  • [111]
    Mt 27,33-34 et Jn 19,29-30 en II 23 ; Jn 19,33-34 en II 24 ; Jn 8,43-44 en II 27.
  • [112]
    Nous ne prenons pas en compte les reprises des mêmes versets cités dans les objections examinées.
  • [113]
    Lc 16,19-31 en II 29, 4 ; Mt 20,18-19 (et par.) en 30, 8 ; Lc 11,21-22 en 31, 18 ; Rm 11,16 et 21 en 32, 1 ; Jb 25b-26a en 32, 9.
  • [114]
    Idée qui revient souvent dans les transitions narratives entre accusations et réponses (par exemples en Monogénès II 28, 1).
  • [115]
    Monogénès II 23 (= fr. 15 Harnack).
  • [116]
    Monogénès III 30, 31, 33, 35 et 36 (= fr. 27, 28, 30, 32 et 33 Harnack).
  • [117]
    Outre les griefs cités à la note précédente, voir Monogénès II 19, 20, 22 et 23 (= fr. 53, 59, 67 et 15 Harnack) ; III 2, 3 et 15 (= fr. 62, 68 et 69 Harnack).
  • [118]
    Monogénès IV 21b = fr. 76 Harnack.
  • [119]
    Monogénès IV 23 = fr. 78 Harnack.
  • [120]
    Fr. 112D Becker.
  • [121]
    Fr. 113D Becker.
  • [122]
    Fr. 114D Becker.
  • [123]
    Fr. 115-116D Becker.
  • [124]
    Voir les remarques de M. Becker dans Porphyrios, Contra Christianos, p. 455-456.
  • [125]
    Fr. 130D Becker.
  • [126]
    Fr. 122D Becker.
  • [127]
    Fr. 124D Becker.
  • [128]
    Fr. 111D Becker.
  • [129]
    Fr. 109-111D Becker : voir les fr. nominaux 1-5T et 71T.
  • [130]
    Voir Sébastien Morlet, « Pourquoi Dieu a-t-il interdit la connaissance du bien et du mal ? La critique porphyrienne de Gn 2,17 : le problème de ses sources et de sa postérité », Semitica et Classica, 4, 2011, p. 125-146 ; Giancarlo Rinaldi, « Contumeliae communes. Circolazione di testi e argomenti nelle controversie religiose di età romana imperiale », Lessico, argomentazioni e strutture retoriche nella polemica di età cristiana (III-V sec.), éd. Alessandro Capone, Turnhout, Brepols, 2012, p. 3-66, 24-31. On a supposé aussi des influences gnostiques sur la doctrine plotinienne (Tuomas Rasimus, « Porphyry and the Gnostics : Reassessing Pierre Hadot’s Thesis in Light of the Second- and Third-Century Sethian Treatises », Plato’s Parmenides and Its Heritage, t. 2, éd. John D. Turner et Kevin Corrigan, Leyde, Brill, 2010, p. 81-110) : dans ce cas, les liens entre disciples chrétiens et non chrétiens de Plotin, ainsi que la connaissance que chaque groupe avait des doctrines propres à l’autre, seraient particulièrement significatifs.
  • [131]
    Robert M. Grant, « The Stromateis of Origen », « Epektasis ». Mélanges patristiques offerts à Jean Daniélou, éd. Jacques Fontaine et Charles Kannengiesser, Paris, Beauchesne, 1972, p. 285-292, 290-292, a dressé une liste de points en commun entre l’exégèse origénienne proposée dans les Stromates et la critique porphyrienne. Voir aussi Sébastien Morlet, « Les arguments de Porphyre ont-ils joué un rôle dans la constitution des doctrines chrétiennes ? », Exégèse, révélation et formation des dogmes dans l’Antiquité tardive, éd. Alain Le Boulluec, Luciana Gabriela Soares Santoprete et Andrei Timotin, Paris, Institut d’études augustiniennes, 2020, p. 136-155, 150-152.
  • [132]
    Joseph Bidez, Vie de Porphyre le Philosophe néo-platonicien ; avec les fragments des traités « Περὶ ἀγαλμάτων » et « De regressu animae », Gand, Librairie scientifique E. Van Goethem, 1913 (réimpr. Hildesheim, Georg Olms, 1964), p. 9, n’exclut pas que Porphyre connût aussi l’hébreu. En tout cas, il semblerait connaître l’exégèse juive : voir Giancarlo Rinaldi, « Giudei e pagani », p. 128-133 et Maurice Casey, « Porphyry and the origin of the Book of Daniel », JTS 27, 1976, p. 15-33 ; Id., « Porphyry and Syrian Exegesis of the Book of Daniel », ZNTW 81, 1990, p. 139-142 (réplique aux objections d’Arthur J. Ferch, « Porphyry : An Heir to Christian Exegesis ? », ZNTW 73, 1982, p. 141-147, qui à son tour n’exclut pas une influence juive). Sur la connaissance du syrien par Porphyre, voir les réserves de Gillian Clark, « Translate into Greek : Porphyry of Tyre and the New Barbarians », Constructing Identities in Late Antiquity, éd. Richard Miles, Londres, Routledge, 1999, p. 112-132, 118-121 et Fergus Millar, « Porphyry : Ethnicity, Language, and Alien Wisdom », Philosophia togata, t. 2, éd. Jonathan Barnes et Miriam Griffin, Oxford, Clarendon Press, p. 241-262, 244-252 ; plus ouvert Aaron P. Johnson, « Porphyry’s Hellenism », Le Traité de Porphyre, éd. S. Morlet, p. 165-181, 168-177 ; Id., Religion and Identity, p. 222-257 et passim. Malgré ses limites indéniables, la thèse de Casey n’est pas à écarter : elle permet de rendre compte de certains traits de la critique porphyrienne, de la présence d’éléments « porphyriens » dans la tradition exégétique chrétienne postérieure et des différences entre l’interprétation de Daniel donnée dans le Contre les chrétiens et celle d’Hippolyte et des auteurs chrétiens grecs (J. G. Cook, Old Testament, p. 194-195). Flavius Josèphe est aussi une source possible : l’écrivain juif datait les événements de Dn 8,9-12 de l’époque d’Antiochus Épiphane (voir Antiquités juives X 276) et était connu par Porphyre, qui mentionne les Antiquités juives, le Contre Apion et la Guerre des Juifs en Traité de l’abstinence IV 11, 2. Voir P. Frassinetti, « Porfirio esegeta », p. 209-210 ; Pier Franco Beatrice, « Pagans and Christians on the Book of Daniel », StPatr 25, 1993, p. 27-45, 40-45 ; G. Rinaldi, Bibbia dei pagani, t. 1, p. 212-214 ; J. G. Cook, Old Testament, p. 193-194. Sébastien Morlet, « Les critiques philosophiques contre la Bible et son exégèse chrétienne dans l’Antiquité : essai de synthèse », Schweizerische Zeitschrift für Religions- und Kulturgeschichte, 112, 2018, p. 53-73, 65 estime qu’aucun fragment conservé du Contre les chrétiens ne permet d’attribuer à Porphyre une source juive.
  • [133]
    Voir les fr. 12 et 14T Becker et les commentaires ad loc., p. 194-195. 205-209.
  • [134]
    Qui interprète Dn 8,9-12 comme Josèphe et donne une lecture historique de plusieurs éléments de Dn 11. Sur la possibilité que Porphyre ait utilisé l’œuvre d’Hippolyte, voir les remarques et les études citées en Cook, Old Testament, p. 194 n. 256. Pour R. Courtray, « Porphyre et le livre de Daniel », p. 344, n. 88, Porphyre s’appuyait sur des exégèses chrétiennes. Dans le fragment 14T Becker, Porphyre nie l’authenticité de Daniel sur la base du jeu de mot en grec de Dn 13. Ce problème avait déjà été soulevé par Africanus dans sa lettre à Origène, qui pourrait être la source du païen. Mais P. Frassinetti, « Porfirio esegeta », p. 198-199. 209-210 signale aussi Flavius Josèphe et Apelle comme d’autres sources possibles, tandis que J. Lataix, « Le commentaire », p. 166 estime que Porphyre aurait pu lui-même remarquer le jeu de mots en grec dans l’histoire de Suzanne et en tirer ses conclusions.
  • [135]
    « Pris en otages ! Les apôtres au milieu des controverses religieuses », Les polémiques religieuses du ier au ive siècle de notre ère. Hommage à Bernard Pouderon, éd. Guillaume Bady et Diane Cuny, Paris, Beauchesne, 2019, p. 101-111. À notre connaissance, cette hypothèse n’a jamais été avancée par les spécialistes du Contre les chrétiens.
  • [136]
    Selon R. Goulet, « Porphyre et la datation », p. 153-161.
  • [137]
    Voir en dernier lieu les remarques d’Ariane Magny, « Porphyry Against the Christians : A Critical Analysis of the Book of Daniel in Its Historical Context », StPatr 42, 2006, p. 181-186.
  • [138]
    On pourrait citer le fr. 6F Becker et la critique de l’exégèse origénienne (que, compte tenu de la teneur de l’objection, nous avons choisi d’examiner dans la partie consacrée aux attaques ad hominem). Mais s’agit-il de la critique d’un ouvrage, de plusieurs ouvrages ou d’une méthode d’enseignement ?
  • [139]
    Sébastien Morlet, « Encore un nouveau fragment du traité de Porphyre contre les chrétiens (Marcel d’Ancyre, fr. 88 Klostermann = fr. 22 Seibt/Vinzent) ? », StPatr 63, 2013, p. 179-185, 180-182. La traduction latine de Rufin commence par Omnes qui credunt et certi sunt
  • [140]
    Comme le remarquent Crouzel et Simonetti, il s’agit moins d’un plagiat que d’une réminiscence : Origène, Traité des principes, t. 2, éd. Henri Crouzel et Manlio Simonetti, Paris, Cerf (SC 253), 1978, p. 11.
  • [141]
    Voir infra, chapitre X.4.
  • [142]
    S. Morlet, « Encore un nouveau fragment », p. 184.
  • [143]
    Souda Π 2098 parle de Περὶ ἀρχῶν βʹ.
  • [144]
    On rappellera qu’on conserve de cet apocryphe des fragments en grec et une version intégrale en éthiopien.
  • [145]
    Voir la note à Monogénès IV 7 dans Macarios, Monogénès, éd. R. Goulet, t. 1, p. 411. Thomas J. Kraus et Tobias Nicklas citent le texte de Monogénès IV 7 parmi les fragments grecs de l’Apocalypse de Pierre : voir Das Petrusevangelium und die Petrusapokalypse. Die griechischen Fragmente mit deutscher und englischer Übersetzung, Berlin, De Gruyter (GCS. NF 11), 2004, p. 93-95.
  • [146]
    Voir Histoire ecclésiastique VII 19 et Macarios, Monogénès, éd. R. Goulet, t. 1, p. 409-410. À la lumière de nos observations sur la présentation du texte dans le Monogénès, une confusion intentionnelle entre textes canoniques et apocryphes nous paraît improbable ; elle reste néanmoins possible.
  • [147]
    On pourrait s’attendre à ce qu’il accuse l’Adversaire d’exploiter des textes non reconnus par tous les chrétiens, comme le fait Origène lorsque Celse emploie le Dialogue Céleste ou un diagramme ophite. Mais ses propos en Monogénès IV 16 laissent plutôt entendre que bien qu’il ne considère pas ce texte comme inspiré, d’autres pourraient défendre la thèse contraire. C’est du moins ainsi que nous interprétons Monogénès IV 16, 3 : Macarios souligne des affinités entre Apocalypse de Pierre 4 et Mt 24, en sorte que, quel que soit le statut du premier texte, l’objection de l’Adversaire reste pertinente. En commentant ce passage, Francesco Corsaro juge improbable que l’Adversaire ait utilisé un texte apocryphe pour combattre les chrétiens (« L’“Apocritico” », p. 6).
  • [148]
    Entre Mt 24,11 et Is 34, 4 (ou Mt 24,35, selon que l’on considère la citation d’Isaïe comme appartenant à l’Apocalypse de Pierre ou tirée de la Bible).
  • [149]
    Voir les commentaires d’Enrico Norelli, « Situation des apocryphes pétriniens », Apocrypha, 2, 1991, p. 31-84, 56.
  • [150]
    Voir notamment les fragments découverts par Goulet (= fr. 48-49T ; 66-67F ; 132D Becker), mais aussi le passage étudié par Riedweg (= fr. 80T Becker), qui aborde le problème de la trinité chrétienne, et sous-entend peut-être une accusation de plagiat, semblable à celles qu’on trouve chez Celse (M. Becker dans Porphyrios, Contra Christianos, p. 428-431, n. 5).
  • [151]
    C’est l’explication d’Andrew Smith, « Porphyry’s Metaphysical Objections to Christianity in Contra Christianos », Die Christen als Bedrohung ?, éd. I. Männlein-Robert, p. 31-40 pour le faible nombre de réflexions proprement philosophiques dans les fragments conservés.
  • [152]
    Comme remarqué déjà par Luc Brisson, « Le Christ comme Lógos suivant Porphyre dans Contre les chrétiens (fragment 86 von Harnack = Théophylacte, Enarr. in Joh., PG 123, col. 1141) », Le Traité de Porphyre, éd. S. Morlet, p. 277-290, 277.
  • [153]
    Voir R. Goulet, « Cinq nouveaux fragments », p. 139-148, mais aussi l’étude de L. Brisson, ibid.
  • [154]
    Fr. 11F Becker : Γράφει τοίνυν ἐν τῷ τετάρτῳ τῆς καθ’ ἡμῶν συσκευῆς ὁ Πορφύριος ῥήμασιν αὐτοῖς τάδε· « Ἱστορεῖ δὴ τὰ περὶ Ἰουδαίων ἀληθέστατα, ὅτι καὶ τοῖς τόποις καὶ τοῖς ὀνόμασιν αὐτῶν τὰ συμφωνότατα, Σαγχουνιάθων ὁ Βηρύτιος… ». Mais les œuvres de Sanchuniathon et de Philon sont perdues, si bien qu’il est impossible de vérifier la fidélité du deuxième par rapport au premier, et que dans le passé on a remis en question jusqu’à l’existence même de Sanchuniathon. Voir Pedro Pablo Fuentes González, « Sanchuniathon de Tyr », DPA, t. 6, 2016, p. 100-120, 103-111.
  • [155]
    Ad intelligendas autem extremas partes Danielis, multiplex Graecorum historia necessaria est : Sutorii uidelicet Callinici, Diodori, Hieronymi, Polybii, Posidonii, Claudii Theonis et Andronici cognomento Alipii, quos et Porphyrius esse secutum se dicit.
  • [156]
    Lequel ? La plupart des chercheurs pensent à la fin du chant XII : Achille est encore loin de la bataille, et Hector fait brèche dans le camp grec : voir Philip Sellew, « Achilles or Christ ? Porphyry and Didymus in Debate over Allegorical Interpretation », HTR 82, 1989, p. 79-100, 83-84 ; Porfirio, « Contro i cristiani » nella raccolta di Adolf von Harnack con tutti nuovi frammenti in appendice, éd. Giuseppe Muscolino, Milan, Bompiani (Testi a fronte, 120), 2009, p. 530, n. 54. Antonio Carlini propose le duel final du chant XXII, où la vanité de l’orgueil d’Hector est rendue plus évidente par sa défaite (« La polemica di Porfirio contro l’esegesi ‘tipologica’ dei cristiani », Studi Classici e Orientali, 46, 1996/1998, p. 385-394, 390-391). Nous verrons que la comparaison avec Macarios permet d’ajouter des éléments déterminants pour résoudre l’énigme.
  • [157]
    Vie d’Apollonius VIII 10 en Monogénès III 1 (= fr. 63 Harnack).
  • [158]
    Thucydide, La guerre du Péloponnèse II 70 et Hérodote, Histoires I 107-120 en Monogénès III 15 (= fr. 69 Harnack).
  • [159]
    Iliade III 82-83 cité en Monogénès IV 19 (= fr. 88 Harnack).
  • [160]
    En Monogénès III 15 (= fr. 69 Harnack), l’Adversaire compare l’eucharistie aux banquets de Thyeste, à l’anthropophagie des habitants de Potidée et à l’histoire d’Arpagos. Mais le renvoi au mythe des Atrides est trop vague pour qu’on pense à un texte précis… L’Adversaire fait également allusion à ταῖς ἱστορίαις utiles pour voyager au pays des Scythes. On pourrait y voir une deuxième allusion à Hérodote, mais nous partageons les réserves de R. Goulet, note ad loc. en Monogénès, t. 1, p. 396.
  • [161]
    Dans ces sections du Monogénès, à l’allure très rhétorique, l’intervention de Macarios est particulièrement lourde : Alessandro Capone, « The narrative sections of Macarius Magnes’ Apocriticus », Lessico, argomentazioni e strutture retoriche nella polemica di età cristiana (III-V sec.), éd. Id., Turnhout, Brepols, 2012, p. 253-270.
  • [162]
    Monogénès, t. 1, p. 145-147.
  • [163]
    Voir infra, chapitre 6.7.
  • [164]
    C’est-à-dire de l’interlocuteur de l’Adversaire dans la fiction du Monogénès.
  • [165]
    En Monogénès IV 10 (= fr. 87 Harnack), l’Adversaire critique l’attention portée aux pécheurs par Jésus ; en IV 19 (= fr. 88 Harnack), il s’insurge contre l’idée que le baptême puisse laver tous les péchés.
  • [166]
    Monogénès IV 8-9 (= fr. 54 et 52 Harnack).
  • [167]
    Comme le remarque Francesco Corsaro dans son introduction au texte des objections, le style des objections « … è porfiriano per chi vede nell’assenza di profondi temi filosofici una cosciente e costruttiva rinunzia dell’autore, non è porfiriano per chi vede in ciò un indice della modesta levatura dell’obiettore » (Le « quaestiones » nell’« Apocritico » di Macario di Magnesia, éd. Francesco Corsaro, Catane, Centro di studi sull’antico cristianesimo, 1968 = Francesco Corsaro, « Chi era l’ignoto obiettore di Macario di Magnesia ? », Philologica christiana, p. 75-101, 94).
  • [168]
    Monogénès, éd. R. Goulet, t. 1, p. 145.
  • [169]
    Voir Sébastien Morlet, « La Démonstration Évangélique d’Eusèbe de Césarée contient-elle des fragments du Contra Christianos de Porphyre ? À propos du fr. 73 Harnack », StPatr 46, 2010, p. 59-64, 63, ainsi que M. Becker dans Porphyrios, Contra Christianos, p. 446.
  • [170]
    Voir Pierre Nautin, « Trois autres fragments du livre de Porphyre “Contre les Chrétiens” », Revue Biblique, 57, 1950, p. 409-416.
  • [171]
    S. Morlet, « Encore un nouveau fragment ».
  • [172]
    P. P. Fuentes Gonzalez, « Sanchuniathon de Tyr », p. 107-110 (avec bibliographie sur la question) ; M. Becker dans Porphyrios, Contra Christianos, p. 471.
  • [173]
    S. Morlet, « La Démonstration Évangélique », p. 63-64. M. Becker (Porphyrios, Contra Christianos, p. 446, note ad loc.) remarque que la thèse générale du fragment sur l’intelligence des animaux contredit les idées exprimées par Porphyre dans le Traité de l’abstinence.
  • [174]
    Voir supra, chapitre 2.2.
  • [175]
    Voir infra, chapitre 10.4.
  • [176]
    Andrew McGowan, « Eating People : Accusations of Cannibalism Against Christians in the Second Century », JECS 2, 1994, p. 413-442 ; Agnes A. Nagy, « La forme originale de l’accusation d’anthropophagie contre les chrétiens, son dévelopement [sic] et les changements de sa représentation au iie siècle », REA 47, 2001, p. 223-249 ; Xavier Levieils, « Contra Christianos ». La critique sociale et religieuse du christianisme des origines au concile de Nicée (45-325), Berlin, De Gruyter, 2007, p. 292-300.
  • [177]
    Harpage en III 5, Thyeste en III 15. McGowan et Nagy remarquent l’originalité de Théophile, seul apologiste à recourir à des exemples historiques et philosophiques pour répondre aux accusations d’anthropophagie (« Eating people », p. 419-420 ; « La forme originale », p. 229).
  • [178]
    « Reactions to the Eucharist in Paganism », The Eucharist – Its Origins and Contexts. Sacred Meal, Communal Meal, Table Fellowship in Late Antiquity, Early Judaism, and Early Christianity, éd. David Hellholm et Dieter Sänger, Tübingen, Mohr Siebeck, 2017, t. 2, p. 1685-1714, 1699, n. 79.
  • [179]
    Bien évidemment, cet emploi polémique de Platon pourrait être une création d’Eusèbe : voir S. Morlet, « La Démonstration évangélique », p. 63-64 et M. Becker dans Porphyrios, Contra Christianos, p. 446.
  • [180]
    On peut laisser de côté les fragments 89 et 90D Becker, qui n’ajoutent rien à ce que nous savons déjà sur l’emploi des sources littéraires dans les Contre les chrétiens. Quant au fragment 91, il nous renseigne sur de possibles sources du polémiste, mais pas sur la façon dont elles étaient utilisées.
  • [181]
    Voir infra, chapitre 10.4.
  • [182]
    Ibid.
  • [183]
    Ibid. pour l’utilisation de l’Iliade, liée à la critique de l’allégorisme chrétien.
  • [184]
    Voir la comparaison par R. Goulet dans Macarios, Monogénès, t. 1, Annexe 2, p. 269-278, ainsi que les remarques sur des traces d’arguments porphyriens dans les réponses de Macarios (ibid., p. 143-149).
  • [185]
    Mais Macarios cite très peu Daniel en général (huit références dans ce qui nous reste du Monogénès). De plus, aucun de ces passages ne se retrouve dans les griefs porphyriens transmis par Jérôme : il est donc impossible de comparer l’emploi d’un même verset chez Porphyre et chez Macarios.
  • [186]
    Contradiction ignorée par beaucoup de commentateurs, mais déjà remarquée par J. G. Gager, Moses, p. 71, qui parle d’un « oubli » de Porphyre.
  • [187]
    Voir Macarios, Monogénès, t. 1, p. 44-47.
  • [188]
    Voir Du sublime 9, 9.
  • [189]
    Voir ibid. (où Moïse est défini νομοθέτης) et le chapitre consacré à cet aspect de la figure de Moïse en J. G. Gager, Moses, p. 25-79 (69-73 pour Porphyre).
  • [190]
    Comme c’est le cas pour Julien : voir infra, chapitre 8.4.
  • [191]
    Voir infra, chapitre 10.4. J. G. Cook (qui cependant étudie à part les griefs de l’Adversaire de Macarios) remarque que « Porphyry was open to a more positive evaluation of Moses in texts in which he was not attacking Christianity directly » (« Moses in Paganism », p. 451).
  • [192]
    F. Millar, « Porphyry : Ethnicity », p. 244-252. Robert M. Grant, « Porphyry among the early christians », Romanitas et Christianitas. Studia Iano Henrico Waszink a.d. VI Kal. Nov. A. MCMLXXIII, XIII lustra complenti oblata, éd. Willem Den Boer et al., Amsterdam, North-Holland Publishing Company, 1973, p. 181-188, 181-182, explique aussi par une initiale sympathie envers le christianisme les passages plus favorables à cette religion dans certaines œuvres, datées de la jeunesse de Porphyre.
  • [193]
    Sur la compatibilité de la datation de l’Adversaire avec celle attribuée à Porphyre, voir R. Goulet, « Porphyre et la datation », p. 162-163.
  • [194]
    Adolf von Harnack, « Neue Fragmente des Werks des Porphyrius gegen die Christen. Die Pseudo-Polycarpiana und die Schrift des Rhetors Pacatus gegen Porphyrius », Sitzungsberichte der Preussischen Akademie der Wissenschaften, 14, 1921, p. 266-284. 834-835, 271-273. Voir aussi Macarios, Monogénès, éd. R. Goulet, t. 1, p. 270 et 272 (étude bien postérieure mais qui aboutit aux mêmes conclusions).
  • [195]
    Fr. 122D ; 45F et 46T Becker.
  • [196]
    Fr. 123D Becker ; 26 et 36 Harnack (= Monogénès III 22 et IV 4).
  • [197]
    Fr. 125-126D Becker ; 58 Harnack (= Monogénès III 5).

Les différentes modalités de transmission des fragments du traité porphyrien rendent l’étude des citations et des allusions qui y figuraient particulièrement ardue. La prudence sera donc de mise, et il sera intéressant de conclure par une comparaison des trois groupes de fragments (nominaux, griefs de l’Adversaire de Macarios et dubia). Un détour par le reste de l’œuvre du philosophe permettra de disposer de quelques éléments de comparaison pour apprécier la stratégie polémique du Contre les chrétiens.
Une partie non négligeable de l’œuvre de Porphyre est perdue ; néanmoins, ce qui nous reste est suffisant pour étudier la façon dont il pouvait employer les textes chrétiens et pour avancer quelques considérations sur la place de l’intertextualité dans son écriture.
Il est certain que Porphyre connaissait des textes chrétiens autres que la Bible, car il avait réfuté lui-même le Livre de Zoroastre et il avait connu des ouvrages (et peut-être des penseurs) gnostiques à l’école de Plotin ; il est aussi possible que sa fréquentation d’Origène lui a donné l’occasion de lire des œuvres de l’Alexandrin. Cependant, sa réfutation est perdue, et nulle part ailleurs il ne mentionne des ouvrages chrétiens : il est donc impossible de commenter cet aspect de la culture du polémiste. Heureusement pour nous, il en va autrement pour sa culture scripturaire.
Les critiques du texte biblique ont valu à Porphyre une grande renommée, dans l’Antiquité comme à l’époque moderne. Si nous ne sommes plus en mesure d’en apprécier pleinement la finesse, plusieurs éléments confirment que le philosophe néoplatonicien avait sans doute une certaine familiarité avec l’Écriture…


Date de mise en ligne : 20/02/2026

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