3. Les travailleurs coloniaux, portrait de groupe
- Par Laurent Dornel
Pages 71 à 94
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- DORNEL, Laurent,
- Dornel, Laurent.
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Notes
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[1]
D’après Gilbert Meynier, les COAA ont totalisé 12 975 ouvriers, voir L’Algérie révélée, op. cit., p. 405.
-
[2]
SHD-7N2082. Étude sur le recrutement indigène dans l’Afrique du Nord (Algérie, Tunisie, Maroc), 28 pages, sd. (probablement décembre 1917).
-
[3]
Jacques Frémeaux, Les Colonies dans la Grande Guerre, op. cit., p. 75.
-
[a]
Le conseil de révision est le conseil chargé d’examiner dans chaque canton, lors du recrutement, si les jeunes gens appelés sont propres au service militaire.
-
[5]
Sur le recrutement des travailleurs algériens, voir Charles-Robert Ageron, Les Algériens musulmans et la France, op. cit., p. 1157 ; et Gilbert Meynier, L’Algérie révélée, op. cit., p. 398.
-
[6]
SHD, 7N2082. Note sur le recrutement de la main-d’œuvre coloniale pour les besoins de la défense nationale, 3 mars 1917, ainsi que ANOM, DAM/5. Règlement fixant les conditions de travail et obligations des ouvriers originaires de l’Afrique du Nord, 9 février 1916.
-
[a]
Ce décret est à son tour modifié par celui du 23 mai 1917 qui porte la limite d’âge des « travailleurs indigènes recrutés en Algérie pour les besoins de la défense nationale » de quarante-cinq à cinquante ans.
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[8]
Gilbert Meynier, L’Algérie révélée, op. cit., p. 403-404.
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[b]
Gilbert Meynier précise que c’est à partir de juillet 1917 que commencent à être distingués « Arabes » et « Kabyles ». À la fin de la guerre, les premiers formeraient à peu près un tiers de l’effectif algérien des usines d’armement.
-
[10]
SHD, 17N156. Règlement fixant les conditions de travail et obligations des ouvriers originaires de l’Afrique du Nord. Voir aussi ANOM, DAM/5. Chemise « Décret et instruction relatifs au recrutement de travailleurs indigènes en Algérie ». Voir aussi SHD, 7N2082. N° 19-9/11, Recrutement au Maroc en 1918, 1er janvier 1918. Le protectorat sur le Maroc a été établi en 1912. Au moment où la France entre en guerre contre l’Allemagne, la pacification n’est pas achevée, ce qui explique aussi les réticences de Lyautey face aux contingents demandés par Paris.
-
[11]
SHD, 7N2082. Chemise « Recrutement militaire et embauchage de travailleurs », gouverneur général de l’Algérie, 9 mai 1917.
-
[12]
Ibid.
-
[13]
Règlement du 30 mai 1918, op. cit., p. 14.
-
[14]
Ibid.
-
[15]
Gilbert Meynier, L’Algérie révélée, op. cit., p. 403-404.
-
[16]
SHD, GR7NN9-1049. N° 8.356-9/11, 7 décembre 1916.
-
[17]
SHD, 7N2082. N° 8576-9/11. Note sur le projet français nouveaux appels de l’Afrique du Nord pour le recrutement de nos formations indigènes et de la main-d’œuvre, 29 décembre 1915.
-
[18]
SHD, 7N2082. Gouverneur général Lutaud, Recrutement militaire et embauchage des travailleurs.
-
[19]
Ibid.
-
[20]
ANOM, DAM/5. Dossier « Contrôle par les interprètes », lieutenant-colonel Aymard, chargé du 4e Bureau de la Direction des services militaires au ministère des Colonies, à M. l’officier-interprète Martin, chargé du Service d’assistance et de surveillance des indigènes de l’Afrique du Nord, Paris, 26 novembre 1917. Souligné dans le texte d’origine.
-
[21]
Jacques Frémeaux, Les Colonies dans la Grande Guerre, op. cit., p. 76.
-
[22]
Mireille Le Van Ho, Des Vietnamiens dans la Grande Guerre, op. cit., p. 20. Tout ce qui suit est tiré de l’ouvrage de Mireille Le Van Ho.
-
[23]
SHD, 16N2450. Règlement fixant les conditions d’engagement et les obligations des ouvriers annamites (16 articles, 5 pages, 12 février 1916). Les Malgaches relèvent du même statut que les Indochinois.
-
[24]
SHD, 7N2082. N° 1728-9/11. Note sur le recrutement de la main-d’œuvre coloniale pour les besoins de la défense nationale, EMA, Section d’Afrique et d’Orient, 3 mars 1917. Voir aussi SHD, 16N2450. Instruction relative à l’application du règlement du 12 février 1916.
-
[25]
Règlement du 30 mai 1918, op. cit., Annexe 5, p. 63-68.
-
[a]
Mêmes prestations alimentaires que pour les militaires français, mais possibilité de substitutions, sur l’avis du médecin, « en vue d’assurer aux indigènes un régime alimentaire conforme à leurs habitudes ».
-
[27]
SHD, 16N2450. Note sur la situation des interprètes indochinois (sans date).
-
[28]
ANOM, 10Slotfom4. CGTI, Rapport sur les travailleurs indochinois du Génie américain, 15 juin 1918. Les travailleurs dorment dans des tentes certes « en parfait état, solides et imperméables », mais surpeuplées.
-
[29]
Ibid.
-
[30]
Faranirina V. Rajaonah, préface à Violaine Tisseau, Être métis en Imerina (Madagascar) aux xixe-xxe siècles, Paris, Karthala, 2017, p. 12.
-
[31]
Sur ce point, voir Vincent Szlingier, « Des “Chinois” parmi les “Coloniaux”. La catégorisation des travailleurs chinois employés par la France pendant la Première Guerre mondiale », in Li Ma (dir.), Les Travailleurs chinois en France pendant la Première Guerre mondiale, op. cit., p. 369-386.
-
[32]
Louis Vignon, Un programme de politique coloniale. Les questions indigènes, Paris, Plon, p. xxxix.
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[33]
Voir Éric Guerassimoff et Issiaka Mandé (dir.), Le Travail colonial, op. cit.
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[34]
Voir Li Ma, « La “mission Truptil” et les travailleurs chinois en France », in Li Ma (dir.), Les Travailleurs chinois en France pendant la Première Guerre mondiale, op. cit., p. 52-90. Le syndicat Huimin est fondé au printemps 1916 par Liang Shiyi, conseiller du président chinois Yuan Shikai, et Wang Kemin, un banquier influent.
-
[35]
Règlement du 30 mai 1918, art. 37, op. cit., p. 15. On ne sait pas avec exactitude pourquoi la durée des contrats atteint de telles variations. En revanche, on peut émettre l’hypothèse que le coût de chaque ouvrier est tel que l’employeur français cherche à l’amortir en allongeant la période d’emploi.
- [36]
-
[37]
AN, 94AP135. Note relative au recrutement de la main-d’œuvre coloniale nord-africaine et chinoise, 13 novembre 1916, 28 p. D’autres documents font état, pour chaque journée de travail, d’un salaire de 5 francs, avec retenue de 2,50 francs pour la nourriture, le logement et l’habillement, SHD, 7N2082. N° 1728-9/11. Note sur le recrutement de la main-d’œuvre coloniale pour les besoins de la défense nationale, EMA, Section d’Afrique et d’Orient, 3 mars 1917.
-
[38]
Certains le sont par la Société franco-chinoise d’éducation (1916), d’autres par la mission Grillet (1917) officiellement subordonnée à la mission Truptil.
-
[39]
AN, 94AP135.
-
[40]
Règlement du 30 mai, op. cit., p. 65. L’envoi d’argent, ou délégations, est encouragé par les autorités françaises.
-
[41]
Ibid., art. 49. La somme correspondant au prix de la nourriture est déterminée par le SOTC. Si elle excède la retenue officielle, l’employeur doit augmenter le salaire des travailleurs.
-
[42]
Ibid., art. 40, p. 16-17.
-
[43]
Bulletin de la section d’information du Grand Quartier général, « L’effort militaire des colonies françaises pendant la guerre », n° 95, 16 mars 1919, cité par Albert Sarraut, La Mise en valeur des colonies, Paris, Payot, 1923, p. 43.
-
[44]
Sur ce point, voir Gilbert Meynier, L’Algérie révélée, op. cit.
-
[45]
Albert Sarraut, La Mise en valeur des colonies, op. cit., p. 43. Bertrand Nogaro et Lucien Weil, qui s’appuient sur les statistiques du SOTC, proposent des données un peu différentes : 78 566 Algériens, 35 505 Marocains, 18 249 Tunisiens (soit 132 321 Nord-Africains), 48 955 Indochinois, 4 546 Malgaches et 36 941 Chinois, pour un total de 222 763 individus, soit 2 000 de plus. Il a pu arriver que certains Nord-Africains aient bénéficié de plusieurs contrats, ce qui peut biaiser le nombre réel de travailleurs, mais probablement de manière assez marginale, La Main-d’œuvre étrangère et coloniale pendant la guerre, op. cit. Concernant l’Algérie, selon Gilbert Meynier, si l’on compte les clandestins, les COAA, etc., ce sont en réalité 120 000 à 130 000 travailleurs qui, « d’une manière ou d’une autre, sont venus en France pendant la guerre », L’Algérie révélée, op. cit., p. 405.
-
[46]
SHD, GR7NN9-1052.
-
[47]
SHD, DAM/5. Projet proposé en octobre 1917 par Maurice Besson, contrôleur de la main-d’œuvre nord-africaine dans la 18e région, Rédacteur au ministère des Colonies.
-
[48]
AN, 94AP135. Les « Papiers », ou le Fonds Albert Thomas, sont un immense fonds qui conserve les archives du sous-secrétariat d’État à l’Artillerie puis ministère de l’Armement de 1916 à 1918.
-
[49]
Voir notamment Marc Michel, Les Africains et la Grande Guerre : l’appel à l’Afrique (1914-1918), Paris, Karthala, 2003 ; Joe Lunn, L’Odyssée des combattants sénégalais 1914-1918, Paris, L’Harmattan, 2014 ; Pierre Bouvier, La Longue Marche des tirailleurs sénégalais. De la Grande Guerre aux indépendances, Paris, Belin, 2018.
-
[50]
SHD, 8D64. Note n° 15869-1/8, 16 octobre 1917. Voir aussi SHD, 8D64. Projet d’emploi de Sénégalais pour la mise en valeur dans la région de Biskra de terres à céréales, août 1917.
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[51]
SHD, 6N149. N° 9466-1/8, Note pour le cabinet du ministre, 17 juin 1918.
-
[52]
SHD, 6N149. Bordereau d’envoi, DTC, 26 juillet 1918.
-
[53]
Voir en particulier SHD, 7N2254 ; SHD, GR7NN9-1051. Section d’Afrique et d’Orient, Indigènes 1917-1919, Répartition de la main-d’œuvre coloniale et chinoise au 1er août 1918 ; ANOM, DAM/5.
-
[54]
Bertrand Nogaro et Lucien Weil, La Main-d’œuvre étrangère et coloniale pendant la guerre, op. cit., p. 49.
-
[55]
Source : SHD, 7N2254. Les données compilées ici concordent avec celles que l’on trouve dans d’autres archives (par exemple SHD, GR7NN9-1051. Section d’Afrique et d’Orient, Indigènes 1917-1919, Répartition de la main-d’œuvre coloniale et chinoise au 1er août 1918) ou celles présentées par Bertrand Nogaro et Lucien Weil, La Main-d’œuvre étrangère et coloniale pendant la guerre, op. cit., p. 25.
-
[a]
La grande majorité des Chinois envoyés dans la zone des armées sont affectés aux détachements spéciaux par mesure disciplinaire.
-
[57]
SHD, GR7NN9-1051. Données compilées à partir des états statistiques dressés par le SOTC pour chaque région militaire, juillet 1918.
-
[58]
AN, 94AP120. Voir aussi SHD, 6N95 et 7NN9-1046.
-
[59]
AN, 94AP120.
-
[60]
AN, 94AP348. Feuille volante datée du 1er mai 1917.
-
[61]
ANOM, DAM/5. 20 juillet 1917.
-
[62]
SHD, 5N84. 26 juillet 1917. Voir aussi AD Gironde, 2R183. Un Annamite est tué, un autre grièvement blessé.
-
[63]
ANOM, 1Slotfom8. Contrôle postal. Indochinois. Juillet 1917. Nous n’avons pas trouvé ce que signifie du-con en vietnamien. En octobre 1917, le général Peillard, gouverneur de Marseille, évoque ces « querelles de race », SHD, GR7NN9-1047. Rapport sur le fonctionnement du dépôt des travailleurs coloniaux, 19 octobre 1917.
-
[64]
SHD, 6N149. Projet de lettre au ministère des Affaires étrangères au sujet des mauvais traitements dont les travailleurs nord-africains seraient victimes au dépôt de Marseille, mars 1918.
-
[65]
AN, BB18 2605-2. La rixe éclate le 19 juillet. Deux Marocains sont tués et sept autres grièvement blessés.
-
[66]
Sur cette rixe : AN, BB18 2608, dossier 1607 ; Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, 1 M 92, rapport du commissaire spécial de Pau au préfet des Basses-Pyrénées, 29 octobre 1918 ; SHD, 7N144. Sendets, DTC, 1er Bureau technique, 2 novembre 1918. Secret.
-
[67]
AD Gironde, 2 R 183. Rapport du 1er août 1917.
-
[68]
Ibid.
-
[69]
AN, BB18 2605-2. Rapport du procureur général au garde des Sceaux, 25 juillet 1918.
-
[70]
Mireille Le Van Ho, Des Vietnamiens dans la Grande Guerre, op. cit ; Tyler Stovall, « Love, labor and race », loc. cit.
-
[71]
Céline Regnard, « Un quotidien violent ? Réflexions sur les conditions de vie des travailleurs chinois en France pendant la Première Guerre mondiale », in Li Ma, Les Travailleurs chinois en France pendant la Première Guerre mondiale, op. cit., p. 285-304.
-
[72]
Laurent Dornel et Céline Regnard, Les Chinois dans la Grande Guerre, op. cit., p. 67.
À partir du début de l’année 1916, des dizaines de milliers d’hommes sont recrutés par l’administration française dans les colonies et acheminés en métropole. Ces travailleurs coloniaux, telle est leur dénomination officielle, ne doivent pas être confondus avec les soldats-travailleurs que nous avons évoqués – Travailleurs auxiliaires kabyles (TAK), Compagnies d’ouvriers auxiliaires d’artillerie (COAA) et autres commis d’administration : ils disposent de contrats civils et sont prioritairement destinés aux usines, privées comme publiques, travaillant pour la défense nationale, à la manutention dans les ports, aux travaux de terrassement ou aux tâches agricoles. Néanmoins, leur histoire est complexe à maints égards. Parce qu’ils viennent de colonies distinctes, ces travailleurs relèvent de modes de recrutement et de statuts différents et parfois modifiés au cours du conflit. Malgré des contrats civils, certains sont militarisés et sont justiciables des conseils de guerre. La durée des contrats est variable, tout comme la répartition professionnelle et géographique des recrutés dont certains sont mis à la disposition du Grand Quartier général et envoyés dans la zone des armées ou encore « prêtés » à l’armée américaine dont les premières troupes arrivent en France à l’été 1917. Enfin, certains ne sont pas à proprement parler des coloniaux : pour des raisons que nous verrons dans ce chapitre, les Chinois, ressortissants d’une nation souveraine et qui auraient dû être gérés par le Service de la main-d’œuvre étrangère rattaché au SSEAM puis au ministère de l’Armement, sont placés sous l’autorité du Service de l’organ…
Date de mise en ligne : 30/01/2025
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