Chapitre 8. L’hypercapitalisme : une nouvelle féodalité
- Par Alain Cotta
Pages 181 à 195
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- COTTA, Alain,
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- Cotta, A.
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L’hypercapitalisme mondial crée une nouvelle féodalité après une transition de près de trois siècles.
Son ancêtre moyenâgeux aura duré presque dix siècles ; il reposa sur trois piliers : la propriété de la terre nourricière, les armées qui l’établissaient et la religion antidote d’une condition humaine précaire et sensible à la menace permanente de la mort. Ensemencée, labourée, la terre assurait les récoltes nécessaires à la survie de tous. Accaparée par les armées, la propriété de la terre donnait pouvoir, confort et vie aux seigneurs des lieux, à l’origine prédateurs armés et bénis, puis, une fois installés, se perpétuant de génération en génération par primogéniture et autres liens familiaux désignés par la coutume et le droit. À ces seigneurs d’accueillir à la table de leurs privilèges les sommités d’une hiérarchie militaire qui les assuraient de leur protection et ceux des religions qui les légitimaient.
Cette noblesse connaissait des inégalités tout en asseyant l’essentiel de ses privilèges sur le prélèvement opéré par la force, l’impôt et la soumission volontaire, sur l’activité collective, récoltes, objets matériels, services personnels, des paysans, artisans, commerçants et domestiques. Ce prélèvement n’avait d’autres limites que les révoltes paysannes – les jacqueries – ou la très mauvaise volonté de la Nature, très rarement la réserve des bons souverains.
Cette population privilégiée – nobiliaire – excédait rarement 5 % – le vingtième –, parfois beaucoup moins, de la population totale concernée par son activité nourricière…
Date de mise en ligne : 22/06/2022
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