Chapitre 6. Des accidents de parcours ?
- Par Alain Cotta
Pages 123 à 154
Citer ce chapitre
- COTTA, Alain,
- Cotta, Alain.
- Cotta, A.
Citer ce chapitre
- Cotta, A.
- Cotta, Alain.
- COTTA, Alain,
Notes
-
[1]
Mark Zuckerberg dans sa lettre « mise à jour », présentée par Mike Isaac dans le New York Times : « I stand against isolationism. »
-
[2]
E. Jünger, L’État universel, Gallimard, 1961.
-
[3]
L’évolution de la grande majorité des pays africains est encore plus inquiétante. Leur population désespérément pauvre est largement supérieure à celle de 1970, en volume et en proportion de la population totale. Le Nigeria a vu sa population totale passer de 56 à 182 millions durant cette période (1970-2016) et le nombre de ses DP (désespérément pauvres), moins de 2 dollars par jour, atteint désormais 97 millions, soit la moitié de la population totale. Celle du Bangladesh est passée de 65 à 161 millions et ses DP sont désormais 70 millions. Pour le Congo, la population totale est passée de 20 à 77 millions et les DP de 10 à 60 millions.
Ce type d’évaluation est à peu près identique dans la majorité des pays africains (Éthiopie de 28 à 99 millions, où le nombre des DP atteint 33 millions !), et quelques autres parmi les moins développés (Haïti, Bangladesh, Ouzbékistan…).
La naissance d’un gouvernement mondial est attendue par tous les pères de la révolution digitale. « Le progrès nécessite que l’humanité ne se rassemble pas simplement en grandes cités ou en nations, mais en une communauté globale sous l’égide (bien évidemment récompensée par leur concours actif) des entreprises les plus récentes, digitales, construites pour accomplir une mission sociale universelle. » Et pourquoi pas un État universel tel qu’entrevu par Ernst Jünger au début de la coexistence pacifique de l’après-guerre mondiale ?
La réalisation de ces avenirs très conformes aux désirs de leurs promoteurs se heurte cependant à des résistances tenaces où l’Histoire fait tenir les droits – imprescriptibles ? – du passé. Il devient désormais clair que les entreprises, quels que soient leurs alliances et leurs modes de collaboration, n’évinceront pas les États-nations, qu’elles devront compter avec leur permanence, et qu’elles ne se substitueront pas aux institutions multinationales créées au siècle précédent, elles aussi fermement décidées à survivre. Aucune de ces institutions ne consentira à une fusion totale où elle s’anéantirait.
Les États-nations n’auront guère de difficulté à subsister, sinon même à accroître leur nombre. L’organisme humain se prolonge, par nature, dans une famille qui, plus que tout individu la composant a besoin d’une organisation, l’assurant contre les aléas du sort, lui offrant un niveau de vie confortable et empêchant que les inégalités sociales aillent jusqu’à engendrer des désordres préjudiciables à la collectivité nationale dans son ensemble…
Date de mise en ligne : 22/06/2022
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
14,99 €
Acheter ce chapitre
5,00 €