Les libraires d’ancien et d’occasion
Pages 128 à 139
Citer ce chapitre
- D’ARCIER, Catherine Gaviglio-Faivre,
- SOREL, Patricia,
- LEBLANC, Frédérique,
- avec la collaboration de LOISY, Jean-François,
- D’Arcier, Catherine Gaviglio-Faivre.
- D’Arcier, C.-G.-F.
- P. Sorel,
- F. Leblanc,
- avec la collaboration de J. Loisy
https://doi.org/10.3917/elec.sorel.2008.01.0128
Citer ce chapitre
- D’Arcier, C.-G.-F.
- P. Sorel,
- F. Leblanc,
- avec la collaboration de J. Loisy
- D’Arcier, Catherine Gaviglio-Faivre.
- D’ARCIER, Catherine Gaviglio-Faivre,
- SOREL, Patricia,
- LEBLANC, Frédérique,
- avec la collaboration de LOISY, Jean-François,
https://doi.org/10.3917/elec.sorel.2008.01.0128
Notes
-
[1]
Les fonctions du libraire et de l’éditeur, par exemple, se différencièrent progressivement à l’époque romantique. Voir Pascal Durand et Anthony Glinoer, Naissance de l’éditeur : l’édition à l’âge romantique, Paris, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, 2005.
-
[2]
Frédéric Soulié, « La librairie à Paris », Paris ou le Livre des Cent-et-un, Paris, Ladvocat, 1832, cité par Pascal Durand et Anthony Glinoer, op. cit., p. 100.
-
[3]
Elias Regnault, « L’éditeur », Les Français peints par eux-mêmes, [Curmer, 1841], éd. présentée et annotée par Pierre Bouttier, Paris, Omnibus, 2004, t. II, pp. 945–946.
-
[4]
Grand Dictionnaire universel du xixe siècle, t. X, Paris, Larousse, 1873 : article « Librairie ».
-
[5]
Catherine Gaviglio, « Charles de Spoelberch de Lovenjoul (1836–1907) : un collectionneur et ses libraires », Positions des thèses de l’École nationale des chartes, Paris, École nationale des chartes, 1999, pp. 217–224. Source principale de la thèse, la correspondance du bibliophile avec ses 264 libraires, présents en France comme à l’étranger, a été entièrement dépouillée. Elle a été complétée par l’examen des factures et des livres d’achats du collectionneur, de ses catalogues à prix marqués et de ventes publiques, utilisés sur une période de plus de cinquante ans (de 1854 à 1907).
-
[6]
Léopold Carteret, Le Trésor du bibliophile, livres illustrés modernes, 1874 à 1945, et souvenirs d’un demi-siècle de bibliophilie de 1887 à 1945, Paris, Carteret, 1946.
-
[7]
Frédéric Barbier, « La librairie ancienne en Allemagne au xixe siècle », Bulletin du bibliophile, n° 4, 1984, pp. 543–558.
-
[8]
Certains témoignages contemporains, ainsi que les dossiers de brevets des Archives nationales, des archives locales de la police et des annuaires de la librairie permettent de caractériser ce groupe, étudié en particulier par Dominique Varry pour Lyon. Voir aussi Laure Pabot, « Le passage de la librairie “contrôlée” à la librairie “libérée” à Lyon, 1870–1900 », Le Commerce de la librairie en France au xixe siècle : 1789–1914, sous la dir. de Jean-Yves Mollier, Paris, IMEC éd. : éd. de la Maison des sciences de l’homme, 1997, p. 73. Pour Bordeaux, voir Ernest Labadie, Notices biographiques sur les imprimeurs et libraires bordelais des xvie, xviie et xviiie siècles, suivies de la liste des imprimeurs et libraires de Bordeaux et du département de la Gironde au xixe siècle, Bordeaux, Mounastre-Picamilh, 1900.
-
[9]
AN, F18/1933.
-
[10]
Ellen Constans, « Le commerce de librairie à Saintes de 1815 à 1914 », Le Commerce de la librairie en France au xixe siècle, op. cit., p. 124.
-
[11]
Les Normands occupèrent une place importante dans la librairie ancienne à Paris au xixe siècle : la famille Saint-Jorre y était implantée depuis le xviiie siècle ; citons aussi, en plus des noms énumérés ci-dessus, Émile Jorel, Adolphe Durel, Théophile Belin, Baillieu, Delaroque. Voir Jean-Dominique Mellot, L’Édition rouennaise et ses marchés (vers 1600-vers 1730). Dynamisme provincial et centralisme parisien, Paris, École nationale des chartes, 1998 ; Jean de Saint-Jorre, Libraires et marchands d’estampes parisiens originaires du Cotentin, Cherbourg, La Fenêtre ouverte du Cotentin, 1985 ; Michel Girard, Notes pour servir à l’histoire des marchands d’estampes et libraires parisiens originaires du département de la Manche, Paris, M. Girard, 1981.
-
[12]
Peu de libraires français semblent s’être installés à l’étranger : peut-être Thibaudeau à Londres.
-
[13]
François Chapon, Éloge de la continuité : Librairie Auguste Blaizot : 1840–1990, Paris, A. Blaizot, 1990.
-
[14]
À la différence de la situation allemande, l’apprentissage en France n’obéissait pas à une logique de maître et d’élève ; il n’imposait pas non plus une longue formation à l’étranger.
-
[15]
Cité dans Le Havre Éclair, 2 mars 1922.
-
[16]
Maurice Tourneux, Léon Sapin (1839–1905), Paris, Ledere, 1906.
-
[17]
Cité par Frédéric Barbier, art. cit., p. 551.
-
[18]
Élias Regnault, « L’éditeur », art. cit.
-
[19]
P.-L. Jacob, Les Amateurs de vieux livres, [1840–1841], Paris, éd. des Cendres, 1994, p. 11.
-
[20]
Ibid., p. 12.
-
[21]
Frédéric Barbier, « Libraires et colporteurs », Histoire de l’édition française. Tome III : Le Temps des éditeurs : du romantisme à la Belle Époque, sous la dir. de Roger Chartier et Henri-Jean Martin, Paris, Fayard : éd. du Cercle de la librairie, 1990, p. 243. Nous soulignons.
-
[22]
Jean de Saint-Jorre, Libraires et marchands d’estampes parisiens originaires du Cotentin, op. cit., pp. 30–32.
-
[23]
Le stock de la librairie Techener tirait son origine de là : l’ancien patron de la librairie, Royer, avait acquis, au prix du poids du papier quasiment, une quantité de livres suffisante pour remplir toutes les réserves de son magasin.
-
[24]
Les libraires allemands avaient coutume d’envoyer une circulaire aux proches du défunt, ou de se rendre personnellement sur place. Frédéric Barbier, art. cit.
-
[25]
Jean Viardot, « Les nouvelles bibliophilies », Histoire de l’édition française, op. cit., pp. 342–363.
-
[26]
Le catalogue de la librairie Lehec, 37, rue Saint-André-des-Arts, précisait en 1885 : « Nota – tout achat de 100 fr. et au-dessus donnera droit au payement par dixième et par mois ; le payement comptant à 10 % de remise. »
-
[27]
Paul Guillaumin, Drouot hier et aujourd’hui, Paris, éd. de l’Amateur, 1986.
-
[28]
Renart, libraire 16, rue Sainte-Cécile, précisait : « Nous rappelons à MM. les amateurs que nous nous chargeons des ordres d’achat de livres, gravures, autographes, etc., aux conditions suivantes : Nous percevons une commission uniforme de 1 franc pour tout achat audessous de 20 francs. Quand cette somme est dépassée, nous prélevons une commission de 5 % sur les prix indiqués par les clients et non sur ceux d’acquisition. Par cette combinaison, nous touchons le maximum de la commission quel que soit le prix auquel nous obtenons l’article. Nous n’avons ainsi nul intérêt à pousser les enchères, s’il s’agit d’achats en ventes publiques. Les frais de correspondance, d’emballage et d’envoi sont à la charge des acheteurs, ainsi que ceux des règlements qui devront être faits contre remboursement, à moins de conventions préalables. Aucun ordre n’est rempli si un prix d’acquisition ne nous est fixé à l’avance. »
-
[29]
Françoise Bléchet, Les Ventes publiques de livres en France : 1630–1750 : répertoire des catalogues conservés à la Bibliothèque nationale, Oxford, Voltaire Foundation, 1991.
-
[30]
Jean Viardot, « Les nouvelles bibliophilies », art. cit.
-
[31]
Le sous-titre en était : Traité de la connaissance des livres rares et singuliers, contenant un catalogue raisonné de la plus grande partie des livres prédeux qui ont paru successivement sous la République des lettres, depuis l’invention de l’imprimerie.
-
[32]
P.-L. Jacob, Les Amateurs de vieux livres, op. cit., p. 14.
-
[33]
Quérard avait ouvert la voie dès 1827 avec La France littéraire, ou Dictionnaire bibliographique des savants, historiens et gens de lettres de la France, ainsi que des littérateurs étrangers qui ont écrit en français […] pendant les xviiie et xixe siècles, Paris, Firmin Didot, 1827–1839. Jules Brivois, Bibliographie des ouvrages illustrés du xixe siècle, Paris, L. Conquet, 1883 ; Georges Vicaire, Manuel de l’amateur de livres du xixe siècle, 1801–1893, Paris, A. Rouquette, 1894–1920 ; Léopold Carteret, Le Trésor du bibliophile romantique et moderne : 1801–1875, Paris, L. Carteret, 1924–1928.
-
[34]
Bernard-Henri Gausseron, « Keepsakes et annuaires illustrés de l’époque romantique en Angleterre et en France », Annales littéraires des bibliophiles contemporains, 1890, pp. 201–251 ; John Grand-Carteret, Les Almanachs français : bibliographie-iconographie des almanachs […] : 1600–1895, Paris, J. Alisié, 1896. D’autres grands répertoires étaient encore à venir : Frédéric Lachèvre, Bibliographie sommaire des keepsakes et autres recueils collectifs de la période romantique 1823–1848, Paris, Giraud-Badin, 1929 ; Gaston Saffroy, Bibliographie des almanachs et annuaires administratifs, ecclésiastiques et militaires français de l’Ancien Régime et des almanachs et annuaires généalogiques et nobiliaires du xvie siècle à nosjours, Paris, G. Saffroy, 1959.
-
[35]
Asselineau et Derome avaient pourtant abordé le sujet bien avant : Charles Asselineau, Bibliographie romantique, catalogue anecdotique et pittoresque des éditions originales, 2e éd. revue et très augmentée, Paris, Rouquette, 1872 ; Léopold Derome, Les Éditions originales des romantiques, Paris, Rouveyre, 1887.
-
[36]
Firmin Maillard, Histoire des journaux publiés à Paris pendant le siège et sous la Commune, 4 septembre 1870 au 8 mai 1871, Paris, E. Dentu, 1871 ; Eugène Hatin, Bibliographie historique et critique de la presse périodique française, Paris, Firmin-Didot, 1866.
-
[37]
« Autographe », Grand Dictionnaire universel du xixe siècle, t. I, Paris, Larousse, 1866, p. 984. L’auteur de l’article citait la cote de certains noms : 1. a. s. de Chénier 103 F, 1. a. s. de Charles VIII 165 F, p. s. de Molière sur papier 950 F, 1. a. s. de Napoléon à Marie-Louise 1 200 F, 1. a. s. de Rabelais 510 F, 1. a. s. de Corneille 1 000 F, 1. a. s. de Luther 500 F, 1. a. s. de Byron 110 F, 1. a. s. d’Érasme 300 F, 1. a. s. d’Agnès Sorel 220 F, 1. a. s. de Bossuet 136 F, 1. a. s. de Voltaire 15 à 20 F, 1. a. s. de Rousseau 40 F, 1. a. s. de Robespierre 100 à 200 F, 1. a. s. de Marat 30 à 40 F.
-
[38]
Thierry Bodin, « Les grandes collections de manuscrits littéraires », Les Ventes de livres et leurs catalogues, sous la dir. d’Annie Charon et d’Élisabeth Parinet, Paris, Ecole nationale des chartes, 2000, pp. 169–190.
-
[39]
Cité par Thierry Bodin, « Les grandes collections de manuscrits littéraires », ibid, p. 170.
-
[40]
« Bibliophilie littéraire » : Antoine Coron, sous la dir. de, Des livres rares depuis l’invention de l’imprimerie, Paris, bnf, 1998, p. 210.
-
[41]
Raymond Cazelles, Le Duc d’Aumale, Paris, Taillandier, 1984 ; Frédéric Vergne, La Bibliothèque du prince : château de Chantilly : les Manuscrits, Paris, Editerra, 1995.
-
[42]
André Jammes, Les Didot : trois siècles de typographie et de bibliophilie : 1698–1998, Paris, Agence culturelle de Paris, 1998.
-
[43]
La collection de Noilly fut vendue du 15 au 20 mars 1885 ; celle de Champfleury du 15 au 18 octobre 1890 ; celle de Jolly-Bavaillot du 1er au 5 juin 1896 ; celle des Goncourt du 29 mars au 3 avril et du 8 au 10 avril 1897 ; celle de Conquet du 28 au 30 mars 1898 ; celle de Le Petit du 10 au 15 décembre 1917, du 25 février au 2 mars 1918, du 7 au 11 octobre 1918 et du 14 au 18 janvier 1919 ; celle de Bordes de Fortage les 4 et 5 décembre 1919 ; celle de Delafosse du 14 au 16 juin et du 8 au 23 novembre 1920 ; celle de Brivois du 6 au 11 décembre 1920 ; et celle de Parran du 22 au 26 novembre 1921.
-
[44]
Léopold Carteret, Le Trésor du bibliophile, livres illustrés modernes, 1875 à 1945, Paris, Carteret, 1946–1948, 4 t. Le libraire relate dans les deux premiers tomes ses souvenirs relatifs aux bibliophiles et aux ventes publiques.
-
[45]
Elisabeth Launay, Les Frères Goncourt collectionneurs de dessins, Paris, Arthena, 1991.
-
[46]
Léopold Carteret, Trésor du bibliophile, livres illustrés modernes, 1875 à 1945, op. cit., p. 2.
-
[47]
Catherine Gaviglio-Faivre d’Arcier, « Le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul et les Charavay : aperçu du monde des autographes au xixe siècle », Bulletin du bibliophile, n° 2, 2001, pp. 315–342.
-
[48]
Émile Picot, Catalogue des livres composant la bibliothèque de feu M. le baron James de Rothschild, t. I, Paris, Morgand, 1884.
-
[49]
Somme déboursée par James de Rothschild le 9 juin 1881 à la vente Ganay pour un exemplaire des Grans chroniques des gestes et vertueux faictz des ducz et princes de Savoye et Piémont, Paris, Jehan de la Garde, 1516, imprimé sur vélin, reliure en velours rouge avec fermoir en argent.
-
[50]
Déclarations de succession de libraires d’ancien parisiens morts à Paris et dont la date de décès est connue.
-
[51]
Archives de Paris, DQ7 11702 (Enregistrement, 5e bureau des successions de la Seine, 8 juillet 1897, n° 558).
-
[52]
Archives de Paris, DQ7 12566 (Enregistrement, 8e bureau des successions, 14 mars 1898, n° 310).
-
[53]
Archives de Paris, DQ7 10372 et 10374. La déclaration initiale du 22 octobre 1867 mentionne 36 158,60 francs, somme à laquelle il faut joindre celle de 8 388,60 francs, de la déclaration complémentaire du 4 mars 1868.
-
[54]
Archives de Paris, DQ7 11728, 29869, 29880. La déclaration initiale du 2 avril 1900 fut suivie d’une déclaration complémentaire le 4 décembre 1901 et d’une déclaration modificative le 18 septembre 1902. Le chiffre pris en compte correspond à la plus basse estimation, donnée par la déclaration modificative finale donc définitive. Pour information, la déclaration initiale estimait l’actif net à 183 912, 22 francs. Un grand merci à Sandrine Aufray, Chritianne Filloles et Louis Faivre d’Arcier.
Qu’est-ce que la librairie d’ancien ou d’occasion ? Les Allemands, avec leur rigueur et leur méthode habituelles, distinguaient la pure librairie ancienne, exclusivement consacrée aux livres rares et bibliophiliques ; la librairie ancienne savante ; la librairie moderne, qui s’intéressait aux éditions contemporaines dignes d’être distinguées de la production générale ; enfin la librairie d’occasion. Les Français ne s’embarrassaient pas d’autant de précisions, ni dans la réalité, ni dans le vocabulaire employé pour désigner celle-ci. Les frontières entre les différentes spécialités de la librairie, tout en tendant à se fixer progressivement, restèrent longtemps floues, tout comme la terminologie en usage. Il n’était pas rare, par exemple, qu’un libraire moderne proposât aussi à ses clients des ouvrages anciens ou d’occasion. Frédéric Soulié, en décrivant en 1832 la galerie de l’éditeur Bossange, située rue de Richelieu, faisait entrer son lecteur dans différentes salles, témoins d’une activité très diversifiée : livres courants, brochés, souvent à l’état de nouveautés ; service de commission ; livres en langues étrangères ; livres de luxe habillés de somptueuses reliures et destinés aux cadeaux des grandes occasions ; enfin manuscrits enluminés, estampes, exemplaires imprimés de choix…, bref « la librairie d’art, la librairie des bibliomanes, la librairie passionnée, la sainte et religieuse librairie ».
Dix ans plus tard, Élias Regnault baptisait le tenancier d’une telle « librairie des bibliomanes » du nom de « bouquiniste », par opposition à l’« étalagiste », auquel était réservée une pratique plus humble du métier…
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter ce chapitre
5,00 €