XIV. Le psychisme
- Par Jean Baechler
Pages 331 à 361
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La guerre n’est pas une expression spontanée du psychisme humain ni même de l’agressivité, qui trouve à se satisfaire dans les querelles et les conflits, violents ou feutrés [cf. ci-dessus, Première Partie, ch. V]. Pourtant, les humains, surtout les jeunes mâles de l’espèce, s’adonnent à la guerre avec jubilation et abandon. S’ils en sont privés, ils éprouvent le besoin de recourir à des substituts, par exemple aux différentes formes de sport, soit en les pratiquant soit en encourageant les athlètes sur le mode agonistique. Le paradoxe se dissipe, si l’on pose en hypothèse que le psychisme humain est ainsi disposé, qu’il a procuré à la guerre, depuis une dizaine de millénaires, tous les ressorts psychiques qu’elle exigeait, pour s’imposer et prendre les apparences trompeuses d’un phénomène naturel. En distribuant le psychisme humain en trois départements de la sensibilité, de l’intelligence et de la volonté [Baechler 2009, Deuxième Partie], on vérifie l’hypothèse, avec une confiance renforcée par le constat qu’elle rejoint des développements clausewit-ziens convaincants [Clausewitz 1973, I. 1. 3]. En sens inverse, l’hypothèse doit être retenue, que la guerre a des impacts repérables et explicables sur le psychisme humain. Celui-ci étant ordonné et approprié à la liberté de l’espèce et celle-ci soutenant la capacité des contraires, l’enquête doit s’attacher successivement aux rapports positifs entre le psychisme et la guerre, en ce sens qu’ils contribuent à la rationalité, et à leurs liaisons négatives résultant en expressions irrationnelles…
Date de mise en ligne : 31/01/2023
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