XIII. La centralité de la guerre
- Par Jean Baechler
Pages 303 à 330
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- BAECHLER, Jean,
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La centralité désigne le statut de ce qui est « au centre de ». Être au centre peut être figuré comme le point d’une sphère, d’où tous les rayons divergent et où tous convergent. Que figure la sphère, dont la guerre est supposée occuper le centre ? Il s’agit, en l’occurrence, de l’humain, considéré dans sa nature ou sa condition. Si la nature humaine est définie comme l’ensemble cohérent des virtualités rendues possibles par un dispositif biologique mis au point et sélectionné par le règne vivant, la centralité éventuelle de la guerre ni, au demeurant, de n’importe quelle expression de l’humain ne peut affecter la nature humaine qui les rend possibles. Les impacts ne peuvent porter que sur les expressions de la nature et donc sur la condition humaine. Or celle-ci est inscrite dans un espace à trois dimensions fondamentales.
L’une est le « culturel », en ce sens que toute actualisation de l’humain hors du virtuel est par nécessité une particularisation, une « certaine » manière d’être humain, le résultat d’une hominisation et d’une humanisation. En effet, le propre du dispositif biologique humain est de réserver à l’espèce des degrés de liberté dans son effectuation tels, que chaque être humain naît virtuellement humain et le devient par des apprentissages effectués au contact d’humains actualisés antérieurement. Mais les degrés de liberté impliquent logiquement une pluralité d’actualisations possibles, dont chacune est particulière et culturelle par convention lexicale. Le langage, par exemple, est un attribut naturel de l’espèce humaine, mais ses représentants doivent faire l’apprentissage d’une langue particulière auprès de locuteurs de celle-ci…
Date de mise en ligne : 31/01/2023
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