Chapitre 6. Pourquoi se préoccuper des vieux ?
Une invention institutionnelle
- Par Daniel Coum
Pages 103 à 114
Citer ce chapitre
- COUM, Daniel,
- VERDON, Benoît
- et GUTTON, Philippe,
- Coum, Daniel.
- Coum, D.
- B. Verdon
- et P. Gutton
https://doi.org/10.3917/pres.verdo.2020.01.0103
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- Coum, D.
- B. Verdon
- et P. Gutton
- Coum, Daniel.
- COUM, Daniel,
- VERDON, Benoît
- et GUTTON, Philippe,
https://doi.org/10.3917/pres.verdo.2020.01.0103
Notes
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[1]
Ferenczi, S.(2005). Introduction à La question de l’analyse profane de S.Freud. Essaim, 15, 175-180 (p.179).
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[2]
Si tout sujet naît au croisement des liens d’alliance et de filiation, nous nous intéresserons ici tout particulièrement à la dimension verticale des liens familiaux, soit les rapports entre les générations (Coum, D.[2017]. De quoi la parentalité est-elle le nom ? Alliance et filiation au fondement du sujet. Dans C.Veuillet-Combier et E.Gratton (dir.), Nouvelles figures de la filiation. Perspectives croisées entre sociologie et psychanalyse. Rennes, France : Presses Universitaires de Rennes, p.43-54).
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[3]
La « tradition », qu’elle soit laïque ou religieuse, fournit aux sujets une boussole symbolique à laquelle référer leur existence. Ce que l’on peut, dans un autre contexte, nommer « ordre symbolique » constitue, dans une société donnée, une référence transcendante à partir de laquelle s’organisent les existences et les rapports qu’elles entretiennent. Force est de constater que la crise que les sociétés occidentales traversent bouleverse l’institution familiale. Cf. nos travaux sur ce que nous avons appelé, à la suite d’autres, « la mutation de la famille » (Coum, D.[2008]. L’enfant, symptôme de la difficulté d’être parent aujourd’hui ? Dans D.Coum [dir.], Que veut dire être parent aujourd’hui ? Toulouse, France : Érès, Parentel, p.109-127).
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[4]
L’association PARENTEL est née en 1989 à Brest. Ses fondateurs se sont donné comme idéal de prévenir la psychopathologie infantile par l’aide psychologique précoce des parents. Le dispositif institutionnel initialement dédié au travail avec les parents s’est progressivement diversifié en s’intéressant aux adolescents et aux jeunes adultes (via le Service PASAJ) et également aux personnes dites « âgées » (via le Service Parent’âge) et aux turbulences affectives et relationnelles qui mobilisent les liens familiaux à l’occasion du vieillissement et de la fin de vie des parents. Notons que les activités développées dans le cadre de ces différents Services sont mises en œuvre par des psychologues cliniciens formés à et par la psychanalyse et l’anthropologie clinique. Pour plus d’informations, voir sur le site www.parentel.org.
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[5]
De, S.Freud ([1929]. Malaise dans la civilisation. Paris, France : PUF, 1971) à J.Lacan (Lacan, J.[1969]. Deux notes sur l’enfant. Dans J.Aubry, Enfance abandonnée, la carence de soins maternels. Paris, France : Scarabée & Co et Métailié, 1983), en passant par les travaux de M.Mannoni ([1965]. Le premier rendez-vous avec le psychanalyste. Paris, France : Gonthier) et de F.Dolto ([1965]. Préface. Dans M.Mannoni, Le premier rendez-vous avec le psychanalyste, op. cit., p.5-16), nos illustres prédécesseurs nous ont appris à ne pas confondre le Sujet et l’individu.
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[6]
Ortigues, M.-C. et E. (1986). Comment se décide une psychothérapie d’enfant ? Paris, France : Denoël, 1993.
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[7]
Bydlowski, M.(2008). La dette de vie. Itinéraire psychanalytique de la maternité. Paris, France : PUF.
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[8]
Là est le paradoxe que véhicule une nouvelle commande sociale : renouer avec ceux dont on s’est séparé ! Cf. nos travaux de recherche sur les dits « aidants familiaux ». Nous y montrons, sur la base de notre pratique clinique, comment le signifiant générique et actuel tend à escamoter la place généalogique – conjoint, enfant, parent – de l’aidant dans la famille, non sans faire violence aux liens dans lesquels les sujets se construisent tout au long de leur vie. Nous y voyons un des facteurs, le plus souvent méconnu, d’un épuisement tout à fait réel (Coum, D.[2019]. Qu’est-ce qu’une génération doit à l’autre ? Psychiatries, Revue de l’AFPEP, 171/172 : 15-45).
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[9]
On se reportera avec profit à ce propos aux travaux de B.Verdon ([2013]. Le vieillissement psychique. Paris, France : PUF, Que sais-je ?, 2016) ; C.Heslon ([2015]. Accompagner le grand âge. Psycho-gérontologie pratique. Paris, France : Dunod) ou P.Gutton ([2018]. L’art de vieillir. Être soi… Toujours. Paris, France : In Press).
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[10]
Cette intention a donné naissance à un nouveau service, « Parent’âge », dédié à « l’écoute psychologique des personnes âgées et de leur entourage familial » et dont les actions, en direction de qui veut bien se saisir de l’offre, parents ou professionnels, sont menées par des psychologues cliniciens formés à et par la psychanalyse.
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[11]
Géronte est un personnage de la comédie du xviiesiècle. Comme l’indique le nom (du grec, γερων/gérôn), il donne une certaine représentation de la vieillesse à travers le personnage du vieillard ridicule et au caractère faible qui se laisse dominer par celles et ceux qui les entourent.
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[12]
Nous connaissons tous au moins une personne – peut-être nous-mêmes – qui a pu dire : « Aller en maison de retraite, bon d’accord, mais ils sont tous vieux là-bas, pas moi… » Le sujet n’a pas l’âge de ses artères ! Les vieux, c’est les autres !
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[13]
La lecture assidue des philosophes, et parmi eux tout particulièrement E.Levinas, nous soutient dans cette détermination à agir en référence à un principe qu’il nomme judicieusement « la différence dans la non-indifférence » (Levinas, E. [1961]. Éthique et infini. Paris, France : Le Livre de Poche, 1984).
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[14]
Coum, D.[2017]. De quoi la parentalité est-elle le nom ? Alliance et filiation au fondement du sujet. Dans C.Veuillet-Combier et E.Gratton (dir.),Nouvelles figures de la filiation. Perspectives croisées entre sociologie et psychanalyse. Op.cit.
Le vieillissement des personnes apporte son lot de questions sociales, nouvelles ou pas, qui font peser sur la collectivité le poids de nouvelles responsabilités à assumer, de différents ordres. Pour autant, l’avancée en âge est et reste une expérience subjective. À chacun sa vieillesse. De plus, le sujet, quel que soit son âge, n’existe que pris dans des liens. Aussi le vieillissement implique-t-il de facto plusieurs générations. Et l’extension des rapports filiaux sur trois voire quatre générations change la donne sociale et familiale là où, jadis, la charge des aïeux était relative non seulement à la longévité des personnes mais surtout à une définition instituée des solidarités intrafamiliales dans un contexte d’organisation sociale des liens sur un mode dit « traditionnel ».
Le rapport, inévitablement imaginaire, que l’on entretient, subjectivement et/ou collectivement, à l’avancée en âge, à la vulnérabilité morbide, à la mort… fluctue en fonction des lieux, des temps et des milieux, mais interfère indiscutablement dans le traitement de la question. De même, fluctuent, en fonction des temps, des lieux et des milieux tout autant le traitement et la prise en charge médico-sociales de pathologies – tout à fait réelles – liées à l’avancée en âge (démences, incapacités et autres maladies de la sénescence et leurs effets en termes de dépendance à l’autre) que le sens que l’on donne au fait de faire lien familial et la place que l’on donne dans une famille à ses parents et ses grands-parents vieillissants…
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