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Chapitre 5. Sur les ambivalences du sentiment de vieillir

Pages 87 à 101

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  • Le Breton, D.
(2020). Chapitre 5. Sur les ambivalences du sentiment de vieillir. Dans
  • B. Verdon
  • et P. Gutton
Fragilité et force du lien (p. 87-101). In Press. https://doi.org/10.3917/pres.verdo.2020.01.0087.

  • Le Breton, David.
« Chapitre 5. Sur les ambivalences du sentiment de vieillir ». Fragilité et force du lien, In Press, 2020. p.87-101. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/fragilite-et-force-du-lien--9782848356341-page-87?lang=fr.

  • LE BRETON, David,
2020. Chapitre 5. Sur les ambivalences du sentiment de vieillir. In :
  • VERDON, Benoît
  • et GUTTON, Philippe,
Fragilité et force du lien. Paris : In Press. Psychanalyse et vieillissement, p.87-101. DOI : 10.3917/pres.verdo.2020.01.0087. URL : https://shs.cairn.info/fragilite-et-force-du-lien--9782848356341-page-87?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/pres.verdo.2020.01.0087


Notes

  • [2]
    Torga, M.(1997). En chair vive. Pages de journal 1977-1993. Paris, France : José Corti, p.104.
  • [3]
    Proust, M.(1927). Le Temps retrouvé. Paris, France : Gallimard, 1954, p.298.
  • [4]
    Beauvoir, S.de (1970). La vieillesse. Paris, France : Gallimard, p.301.
  • [5]
    Jankélévitch, V. (1970). La mort. Paris, France : Champ-Flammarion, 1977, p.198.
  • [6]
    Proust, M.(1927). Le Temps retrouvé. Op. cit. Les pages en regard des citations renvoient à ce livre.
  • [7]
    Serres, M.(1999). Variations sur le corps. Paris, France : Le Pommier, 2002, p.54.
  • [8]
    Cohen, A. (1979). Carnets 78. Paris, France : Gallimard, p.31.
  • [9]
    Canetti, E. (1989). Le cœur secret de l’horloge. Paris, France : Albin Michel, p.94.
  • [10]
    Beauvoir, S.de (1970). La vieillesse. Op. cit., p.311.
  • [11]
    Cohen, A. (1979). Carnets 78. Op. cit., p.52.
  • [12]
    Le Breton, D.(2013). Anthropologie du corps et modernité. Paris, France : PUF, 2017.
  • [13]
    Beauvoir, S.de (1967). La femme rompue. Paris, France : Gallimard, p.18.
  • [14]
    Elias, N. (1987). La solitude des mourants. Paris, France : Christian-Bourgois, p.95.
  • [15]
    Le Breton, D.(1992). Des visages. Essai d’anthropologie. Paris, France : Métailié, 2004, p.174 sq.
  • [16]
    Mounin, G.(1991). Né 20juin 1910. Autrement, 124 : 122-129, p.125.
  • [17]
    Ibid.
  • [18]
    Le Breton, D.(1992). Des visages. Essai d’anthropologie. Op. cit.
  • [19]
    Ibid.
  • [20]
    Le Breton, D.(2015). Disparaître de soi. Une tentation contemporaine. Paris, France : Métailié.
  • [21]
    Cherilyn Sarkisian La Pierre, dite Cher, chanteuse et actrice américaine citée dans Tseëlon, E. (1995). The masque of feminity. Londres, Angleterre : Sage, p.80.
  • [22]
    Wolf, N. (1990). Quand la beauté fait mal. Enquête sur la dictature de la beauté. Paris, France : First, 1991.
  • [23]
    Le Breton, D.(2013). Anthropologie du corps et modernité. Op. cit.
  • [24]
    Hennezel, M.de et Gutton, P.(2019). Et si vieillir libérait la tendresse… Paris, France : In Press.
  • [25]
    Gutton, P.(2018). L’art de vieillir. Être soi… Toujours. Paris, France : In Press.
  • [26]
    Le Breton, D.(2013). Anthropologie du corps et modernité. Op. cit.

Si l’enfance accumule les premières fois, si l’adolescence en connaît aussi de nombreuses, le sentiment de la vieillesse s’amorce quand on entre dans le cycle des dernières fois. Souvent avec étonnement, en refusant de le croire tant demeure en soi le sentiment d’être encore bien éloigné de cette période si longtemps radicalement étrangère à soi. « C’est avec des adolescents qui durent un assez grand nombre d’années que la vie fait des vieillards », disait M. Proust dans Le Temps retrouvé. Nous mourons parfois très âgés, avec le visage de notre enfance dissimulé derrière les rides, mais nous sommes seuls à le savoir. Le corps expose au travail de la durée et de la mort, mais l’image de soi que l’individu se forge se remanie au rythme de son avancée dans la vie, selon les circonstances traversées. Elle se modifie doucement au fil du temps et remplit sa fonction anthropologique de balancier de l’identité personnelle. L’image du corps est une donnée imaginaire, une valeur qui résulte essentiellement de l’influence de l’environnement social et de l’histoire personnelle en maintenant la cohérence du sentiment de soi et du rapport au monde.
Le vieillissement avance à pas de loup le sentiment que la jeunesse se prolonge, et que les vieillards sont d’une autre planète. Malgré les innombrables changements de l’existence, les transformations physiques et psychiques, chacun a le sentiment de demeurer le même. « La vieillesse, disait S.de Beauvoir, est particulièrement difficile à assumer parce que nous l’avions toujours considérée comme une espèce étrangère : moi, je suis devenue une autre, alors que je demeure moi-même »…


Date de mise en ligne : 18/11/2022

https://doi.org/10.3917/pres.verdo.2020.01.0087

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