7 - Une dramaturgie de la blessure. Ecchymose et Face à la mère de Jean-René Lemoine
- Par Yannick Hoffert
Pages 97 à 110
Citer ce chapitre
- HOFFERT, Yannick,
- MÉNARD, Nadève,
- Hoffert, Yannick.
- Hoffert, Y.
- N. Ménard
https://doi.org/10.3917/kart.mena.2011.01.0097
Citer ce chapitre
- Hoffert, Y.
- N. Ménard
- Hoffert, Yannick.
- HOFFERT, Yannick,
- MÉNARD, Nadève,
https://doi.org/10.3917/kart.mena.2011.01.0097
Notes
-
[1]
Université Nancy 2.
-
[2]
LEMOINE Jean-René, Face à la mère, Besançon, Les Solitaires intempestifs, 2006, p. 16, 17, 49.
-
[3]
Ibid., p. 19.
-
[4]
LEMOINE Jean-René, Ecchymose, Besançon, Les Solitaires intempestifs, 2005, p. 21, 36 et 45.
-
[5]
Ibid., p. 37.
-
[6]
Ibid.
-
[7]
Ibid., p. 38.
-
[8]
Face à la mère, p. 12.
-
[9]
Ibid.
-
[10]
Ibid., p. 21.
-
[11]
Ibid., p. 49.
-
[12]
Ibid., p. 28.
-
[13]
Ibid., p. 41. L’épilogue ouvre finalement, par contraste avec la fin de ces deux mouvements, à une autre vision de la mort : la pièce se clôt sur la répétition de l’expression « Jusqu’à ce que vous disparaissiez » (p. 56). La phrase gagne alors, par l’allitération, une qualité sonore qui l’allège comme dans un souffle.
-
[14]
Sous cet angle, ces deux drames de Jean-René Lemoine seraient un pendant fluide et lumineux de la sécheresse beckettienne qui ne cesse, du moins dans les premières pièces, d’interroger la possibilité de continuer.
-
[15]
Ecchymose, p. 15
-
[16]
LEMOINE Jean-René, dossier de presse sur le spectacle Ecchymose présenté au Théâtre de la Tempête du 27 avril au 23 mai 1999, www.passion-theatre.org
-
[17]
Ecchymose, p. 18-19.
-
[18]
Ibid., p. 20.
-
[19]
Face à la mère, p. 63.
-
[20]
Ibid., p. 14-15. L’ombre de Proust plane à tout instant dans ce texte de mémoire et de confidence sur le rapport mère-fils.
-
[21]
Ibid., p. 34.
-
[22]
Ecchymose, p. 32.
-
[23]
Ibid., p. 29.
-
[24]
Ibid., p. 26.
-
[25]
Ibid., p. 37.
-
[26]
Ecchymose, p. 30.
-
[27]
Ibid., p. 32.
-
[28]
Ibid.
-
[29]
Ibid., p. 43-44.
-
[30]
Face à la mère, p. 26.
-
[31]
Ibid.
-
[32]
Ibid.
-
[33]
Ecchymose, p. 25.
-
[34]
Face à la mère, p. 55.
-
[35]
Ibid., p. 16, 17, 49.
-
[36]
Ibid., p. 47.
-
[37]
Cette détestation d’amour peut faire songer à l’expression beckettienne « savage love » au sujet de l’amour maternel. Merci à Marie-Laure Taite d’avoir éveillé mon attention à ce sujet.
-
[38]
Face à la mère, quatrième de couverture.
-
[39]
Ibid.
-
[40]
Ibid., p. 34.
-
[41]
Ibid., p. 50.
-
[42]
Ibid., p. 11.
-
[43]
Ibid., p. 12.
-
[44]
Ibid.
-
[45]
« On a mis des bâtons pour empêcher d’entrer. Maintenant on est quelqu’un tous ensemble », dit Louis Laine au sujet du théâtre. CLAUDEL Paul, L’Échange (2e version), Théâtre complet I, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1967, p. 744.
-
[46]
Ecchymose, p. 17.
-
[47]
Ibid., p. 47.
-
[48]
Face à la mère, p. 12.
-
[49]
Ibid., p. 21.
-
[50]
Ibid., p. 19.
-
[51]
Ibid., p. 32.
-
[52]
LEMOINE Jean-René, dossier de presse sur le spectacle Ecchymose présenté au Théâtre de la Tempête du 27 avril au 23 mai 1999, www.passion-theatre.org
-
[53]
Face à la mère, quatrième de couverture.
-
[54]
Ibid.
-
[55]
Ibid., p. 18.
-
[56]
Ecchymose, p. 47.
-
[57]
Face à la mère, p. 45.
-
[58]
Le nom même de Zaïre renvoie, en même temps qu’à un imaginaire africain dans lequel évoluent aussi bien le texte que le spectacle, à l’héroïne de Voltaire, tuée par celui qu’elle aime.
-
[59]
Ecchymose, p. 21.
-
[60]
Ibid., p. 36.
-
[61]
« Je péris dans le port », « je me meurs », « va, laisse-moi mourir », « tu me fais mourir », déclare-t-elle par exemple. Corneille, Le Cid, Théâtre complet, tome I, vol. II, Rouen, Publications de l’Université de Rouen no 105, p. 664, 677, 678 et 678.
-
[62]
Ibid., p. 45.
-
[63]
Face à la mère, p. 51. Que Nathalie Pousset soit remerciée de ses suggestions à ce sujet.
-
[64]
Ecchymose, p. 16.
-
[65]
Ibid., p. 17.
-
[66]
Ibid., p. 47.
-
[67]
Ibid.
-
[68]
Ibid.
-
[69]
Voir MORAUD Yves, « Un théâtre de l’exil et du rituel », in Ionesco, situation et perspectives, Ionesco, situation et perspectives, Actes du Colloque de Cerisy, sous la direction de Marie-France Ionesco et Paul Vernois, Paris, Belfond, 1980, p. 75-100. Les écritures théâtrales de Ionesco et de Lemoine divergent fortement, mais la recherche d’un rituel comme remède à l’exil se constate dans les deux œuvres.
-
[70]
Face à la mère, p. 12.
-
[71]
Ibid., p. 11.
-
[72]
Selon Ismaïl Kadaré, la tragédie d’Eschyle, issue du rituel funèbre balkanique, introduit dans ce dernier « l’intervention orale du défunt ». « Le retour du mort, sa résurrection ont certainement constitué l’aspiration suprême du genre humain. Ce retour étant impossible, les premiers tragédiens en offrirent sur scène la représentation, le spectacle : ils relevèrent le personnage (le mort) de son cercueil et le firent se mouvoir, parler, témoigner. Telle est la première initiative véritablement novatrice de la tragédie. Comme l’art dans son ensemble, elle est née de la poursuite de l’impossible : le dépassement de la mort, du destin. » KADARÉ Ismaïl, Eschyle ou le grand perdant, Paris, Fayard, 1995, p. 32.
L’écriture théâtrale de Jean-René Lemoine s’affirme avec singularité dans le paysage du théâtre contemporain. Cette dramaturgie place la blessure, la souffrance qui menace l’être en profondeur, au cœur de ses enjeux, non pour développer le désarroi, mais afin d’évoquer la reconstruction. Ecchymose et Face à la mère apparaissent à cet égard comme des drames complémentaires. À la veille des funérailles, Zaïre, la protagoniste d’Ecchymose, évoque la douleur de l’absence et la solitude durement éprouvée durant l’agonie de son compagnon. Le personnage-narrateur masculin de Face à la mère, de son côté, parvient au terme d’un chemin de deuil. Revenant sur la souffrance dans une dernière étape de son parcours intérieur, il fait part du décès brutal de sa mère, survenu en Haïti – « ce pays-là », jamais nommé directement – dans des conditions épouvantables, et du labyrinthe qu’il lui a fallu alors parcourir. La blessure du deuil entraîne, pour les personnages, des ruptures multiples et profondes, avec autrui comme avec eux-mêmes. Il ne s’agit pas seulement de raconter : si les protagonistes sont avant tout des narrateurs qui exposent un fragment de leur histoire intime, leur parole constitue également un acte. Un acte de mise en présence : la scène théâtrale permet un face à face aigu entre l’individu et sa blessure. L’enjeu est d’abord celui d’une mise en scène de cette dernière afin, sans impudeur ni voyeurisme, de permettre tout à la fois un approfondissement et un dépassement. Au fil d’une parole de survie, dans l’espace ouvert et protégé de la scène théâtrale, les personnages de Jean-René Lemoine suivent le « caillouteux chemi…
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