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1 - Écrire la mémoire de l’esclavage en Haïti

Pour une réappropriation de l’Histoire par le peuple : Évelyne Trouillot et Rosalie l’Infâme

Pages 21 à 38

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  • Frémin, M.
(2011). 1 - Écrire la mémoire de l’esclavage en Haïti Pour une réappropriation de l’Histoire par le peuple : Évelyne Trouillot et Rosalie l’Infâme. Dans
  • N. Ménard
Écrits d'Haïti : Perspectives sur la littérature haïtienne contemporaine (1986-2006) (p. 21-38). Karthala. https://doi.org/10.3917/kart.mena.2011.01.0021.

  • Frémin, Marie.
« 1 - Écrire la mémoire de l’esclavage en Haïti : Pour une réappropriation de l’Histoire par le peuple : Évelyne Trouillot et Rosalie l’Infâme ». Écrits d'Haïti Perspectives sur la littérature haïtienne contemporaine (1986-2006) Karthala, 2011. p.21-38. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/ecrits-d-haiti--9782811104962-page-21?lang=fr.

  • FRÉMIN, Marie,
2011. 1 - Écrire la mémoire de l’esclavage en Haïti Pour une réappropriation de l’Histoire par le peuple : Évelyne Trouillot et Rosalie l’Infâme. In :
  • MÉNARD, Nadève,
Écrits d'Haïti Perspectives sur la littérature haïtienne contemporaine (1986-2006) Paris : Karthala. Lettres du Sud, p.21-38. DOI : 10.3917/kart.mena.2011.01.0021. URL : https://shs.cairn.info/ecrits-d-haiti--9782811104962-page-21?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/kart.mena.2011.01.0021


Notes

  • [1]
    Université de Cergy-Pontoise
  • [2]
    LARA Oruno D., De l’oubli à l’Histoire. Espace et identité caraïbes. Guadeloupe, Guyane, Haïti, Martinique, Paris, Maisonneuve et Larose, 1998 (quatrième de couverture).
  • [3]
    DANTICAT Edwidge, « Évelyne Trouillot by Edwidge Danticat », Bomb Magazine 90, Winter 2004-2005, p. 48-53. Entretien conduit en anglais et traduit par nos soins. Bona Dénétem Touam, « Transmettre la vie et la mémoire », Entretien avec Évelyne Trouillot, Port-au-Prince, février 2004.
  • [4]
    BONA Dénétem Touam, art. cit.
  • [5]
    TROUILLOT Évelyne, Rosalie l’Infâme, Paris, Éditions Dapper, 2003. Les références au roman seront désormais notées par le titre suivi de la page.
  • [6]
    DANTICAT Edwidge, art. cit. Les écrivains postérieurs s’en seraient détournés pour se démarquer de ces textes d’imitation de la littérature française. L’écrivaine souligne, par ailleurs, que « les romans les plus connus sur Saint-Domingue viennent d’auteurs étrangers », Africultures no 58, L’Harmattan, janv.-mars 2004, p. 51 et 53.
  • [7]
    ABENON L., CAUNA J. et CHAULEAU L., La Révolution aux Caraïbes, Paris, Nathan, 1989.
  • [8]
    Africultures no 58, p. 56.
  • [9]
    Le choix du prénom de la narratrice est peut-être à lire comme une référence au texte identifié comme le premier poème en créole : « Lisette quitté la plaine », attribué à un béké de Saint-Domingue. (MOREAU DE ST MÉRY, Description topographique, physique, civile, politique et historique de la partie française de l’isle de St Domingue, vol. 1, Philadelphia, chez l’auteur, 1797, p. 65.)
  • [10]
    Africultures no 58, p. 56. Pour l’épisode des esclaves remisés : Rosalie l’Infâme, p. 22.
  • [11]
    Rosalie l’Infâme, p. 26-27.
  • [12]
    Rosalie l’Infâme, p. 19.
  • [13]
    Rosalie l’Infâme, p. 129.
  • [14]
    Africultures no 58, p. 51.
  • [15]
    Exemples significatifs de cette mise en parallèle : « le nom de cette grand-tante est à lui seul un talisman », « cette grand-tante Brigitte dont on m’a tant parlé », « ma grand Tante (...) qui vient hanter jusqu’aux rêves de ceux qui l’ont connue » (p. 19, 29, 97)/ « Un nom revient de plus en plus hanter les paroles et les angoisses [des maîtres] (...). », « Un nom familier revient dans leurs conversations. Ils ont capturé Mackandal. » (p. 58 et 107).
  • [16]
    Rosalie l’Infâme, p. 111 et 112. Selon la légende, il se serait enfui du bûcher et se serait transformé en papillon.
  • [17]
    Renvoyant au contexte haïtien ou esclavagiste (4 définitions comprennent le mot « esclave »), aucun de ces mots – ajoupa, garde-corps, bossales, rigoise, guildeverie, avalasse – ne figure dans le Le Petit Larousse 2007.
  • [18]
    Rosalie l’Infâme, p. 117-119.
  • [19]
    Rosalie l’Infâme, p. 86. Européens et Africains ne sont toutefois pas représentés en termes égaux.
  • [20]
    Rosalie l’Infâme, p. 34-35.
  • [21]
    De nombreux témoignages d’esclaves anglophones ont été écrits aux XVIII e et XIX e siècles. En revanche, aucun texte de ce type n’a jamais été recensé dans les colonies esclavagistes françaises.
  • [22]
    Rosalie l’Infâme, p. 21.
  • [23]
    Rosalie l’Infâme, p. 39. Les rires des enfants sont une « incohérence émotionnelle », p. 16.
  • [24]
    Rosalie l’Infâme, p. 100 et p. 44.
  • [25]
    Rosalie l’Infâme, p. 117.
  • [26]
    Rosalie l’Infâme, p. 121.
  • [27]
    Rosalie l’Infâme, p. 15.
  • [28]
    Rosalie l’Infâme, p. 13.
  • [29]
    Rosalie l’Infâme, p. 89.
  • [30]
    Rosalie l’Infâme, p. 12.
  • [31]
    Rosalie l’Infâme, p. 15 : « À l’intérieur de moi, mon vrai regard, celui qui refuse toute servilité, survole la nappe damassée, les bijoux en or de Madame (...), pour arriver jusqu’aux montagnes. (...) Je fais mécaniquement les gestes ».
  • [32]
    Rosalie l’Infâme, p. 11 et 36 : « mes bras pendent le long de mes hanches, mon cou se fait moins long, mes fesses se rétrécissent »/ « l’heure des orteils qui s’étirent, des bras qui se détendent le long des hanches ».
  • [33]
    Rosalie l’Infâme, p. 21/ p. 67-68 : l’acte sexuel devient apprivoisement du moignon de la jambe coupée de Vincent.
  • [34]
    Rosalie l’Infâme, p. 9, 22, 67, 94, 99 – « je me sens si désemparée après avoir vu Michaud, que je crois avoir pris deux fois plus de temps pour arriver à l’Habitation », p. 108 – « c’est d’un pas pesant que j’arrive à la remise », p. 129.
  • [35]
    Rosalie l’Infâme, p. 9-10.
  • [36]
    Rosalie l’Infâme, p. 10, 47, 95 : « Lourds et désespérés, ils pèsent le sol du poids de leurs sanglots rentrés ».
  • [37]
    Rosalie l’Infâme, p. 35, 61.
  • [38]
    Rosalie l’Infâme, p. 131, 136.
  • [39]
    Rosalie l’Infâme, p. 85. L’image de l’amputation est récurrente.
  • [40]
    Rosalie l’Infâme, p. 24 et 102.
  • [41]
    Rosalie l’Infâme, p. 89.
  • [42]
    Rosalie l’Infâme, p. 12 : « Moi, j’suis la négresse de Mamzelle Sarah ». Rosalie l’Infâme, p. 114.
  • [43]
    Rosalie l’Infâme, p. 134.
  • [44]
    Rosalie l’Infâme, p. 23 et 26-27.
  • [45]
    Rosalie l’Infâme, p. 50.
  • [46]
    Rosalie l’Infâme, p. 12 : « Ne te mêle pas des histoires du maître et de la cocotte. Les choses ne sont pas si simples que tu le crois ».
  • [47]
    Rosalie l’Infâme, p. 102-103.
  • [48]
    Rosalie l’Infâme, p. 41 et 103.
  • [49]
    Rosalie l’Infâme, p. 98.
  • [50]
    Rosalie l’Infâme, p. 28.
  • [51]
    Rosalie l’Infâme, p. 85.
  • [52]
    Rosalie l’Infâme, p. 29.
  • [53]
    Rosalie l’Infâme, p. 32.
  • [54]
    Rosalie l’Infâme, p. 33 : « un jour, je te le promets, je te parlerai de ces barracons (...), un jour où ton besoin sera plus fort que ma peur de retourner là-bas dans ma mémoire » et p. 128 pour la citation suivante.
  • [55]
    Rosalie l’Infâme, p. 131, 171.
  • [56]
    Rosalie l’Infâme, p. 32. Pour une analyse de la portée d’un secret familial dans un roman d’esclavage : FRÉMIN Marie, « Le secret de Tante Brigitte : mémoire et non-dit de l’esclavage dans Rosalie l’Infâme d’Évelyne Trouillot », Noirs secrets, sous la direction de Sylvie Brodziak et Christiane Chaulet-Achour, Le Manuscrit, coll. « Féminin/Masculin », 2009, p. 175-195.
  • [57]
    Rosalie l’Infâme, p. 85.
  • [58]
    Rosalie l’Infâme, p. 19. Le secret se noue d’ailleurs à partir du « mélange de vénération et de répulsion », p. 32.
  • [59]
    Rosalie l’Infâme, p. 122, 127 et 128.
  • [60]
    Rosalie l’Infâme, p. 125.
  • [61]
    Rosalie l’Infâme, p. 128 et 130.
  • [62]
    Rosalie l’Infâme, p. 130 et 137.
  • [63]
    Rosalie l’Infâme, p. 132.
  • [64]
    Rosalie l’Infâme, p. 137 et 171.
  • [65]
    Rosalie l’Infâme, p. 136.
  • [66]
    Rosalie l’Infâme, p. 137.

De l’oubli à l’Histoire. Espace et identité caraïbes : par ce titre, l’historien guadeloupéen Oruno Lara souligne la nécessité de briser le silence de l’esclavage, posant « le problème fondamental (...) suivant : peut-on vivre libre, heureux, construire une société démocratique aux Caraïbes, sans connaître l’Histoire  ? ». Née à Port-au-Prince en 1954, Évelyne Trouillot hérite de cette condition historique commune aux anciennes colonies esclavagistes françaises : défaut d’archives concernant ceux que Le Code Noir définissait comme « biens meubles » leur refusant le statut de sujets historiques, prédominance du discours dénigrant esclavagiste, occultation de l’esclavage dans le discours historique dominant et refoulement collectif d’un passé traumatique. Mais, en tant que romancière haïtienne, son rapport à l’Histoire est double. Première République noire issue d’une révolution d’esclaves, Haïti se singularise par cette dimension épique de son Histoire qui offre de grandes figures d’esclaves révoltés. Toutefois leur valorisation s’est traduite par un effet pervers – une évacuation doublée d’un dénigrement du reste des esclaves, faussant le rapport des Haïtiens à leur passé d’esclavage : « On croit connaître notre Histoire alors qu’en fait, on n’en connaît qu’une partie. On parle surtout des grands hommes. À l’école, on ne nous parle des “pièces d’Inde” qu’on entassait dans les cales que comme des “malheureux” sans défense  », explique l’écrivaine. Ce danger du récit historique haïtien a encore été renforcé par son instrumentalisation idéologique : récupération politique, l’héroïsation des figures de l’Indépendance semble avoir servi à asseoir les régimes dictatoriaux successifs en justifiant un pouvoir personnel par le culte du héros…


Date de mise en ligne : 24/06/2015

https://doi.org/10.3917/kart.mena.2011.01.0021

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