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14 - Yanick Lahens : Toujours ancrée

Pages 189 à 196

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  • Propos recueillis par Ménard, N.
(2011). 14 - Yanick Lahens : Toujours ancrée. Dans
  • N. Ménard
Écrits d'Haïti : Perspectives sur la littérature haïtienne contemporaine (1986-2006) (p. 189-196). Karthala. https://doi.org/10.3917/kart.mena.2011.01.0189.

  • Propos recueillis par Ménard, Nadève.
« 14 - Yanick Lahens : Toujours ancrée ». Écrits d'Haïti Perspectives sur la littérature haïtienne contemporaine (1986-2006) Karthala, 2011. p.189-196. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/ecrits-d-haiti--9782811104962-page-189?lang=fr.

  • Propos recueillis par MÉNARD, Nadève,
2011. 14 - Yanick Lahens : Toujours ancrée. In : Écrits d'Haïti Perspectives sur la littérature haïtienne contemporaine (1986-2006) Paris : Karthala. Lettres du Sud, p.189-196. DOI : 10.3917/kart.mena.2011.01.0189. URL : https://shs.cairn.info/ecrits-d-haiti--9782811104962-page-189?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/kart.mena.2011.01.0189


Notes

  • [1]
    La Couleur de l’aube, Paris, Sabine Wespeiser, 2008 ; Port-au-Prince, Presses Nationales d’Haïti, 2008.
  • [2]
    Le père de Yanick Lahens, Lebert Jean-Pierre, fut l’un des architectes de la politique économique des Duvalier et fut Secrétaire d’État du Commerce et de l’Industrie de François, puis de Jean-Claude Duvalier durant plusieurs années.
  • [3]
    André Apaid, homme d’affaires haïtien.

Ton premier livre publié est L’Exil, entre l’ancrage et la fuite, l’écrivain haïtien. Comment s’est passé ton passage des textes de critique littéraire aux textes de création ? Est-ce que l’écrivain en toi sommeillait quand tu produisais des travaux critiques ? Arrives-tu à fermer ton œil de critique quand tu écris tes textes de fiction, ou quand tu te relis ?
Je crois que j’ai toujours voulu écrire mais j’ai mis du temps à passer à l’acte d’abord, du temps à trouver ma voix ensuite. Je me présente souvent comme une tard venue à l’écriture de fiction. Ceci dit il y a deux nuances à faire ressortir. La première est que le travail critique peut être un frein à la création si elle enlève une certaine spontanéité, si elle empêche le Verbe de se faire Chair (car il y a un véritable Éros de l’Écrit comme dit Barthes) pour n’être que cerveau. S’il nous maintient dans une perpétuelle distance réflexive et intellectuelle par rapport à ce que l’on écrit. J’ai du donc apprendre à éloigner ce double, à le faire taire (sans le tuer) pour écrire. Et j’en suis ravie car mes pages les plus réussies sont celles où je me suis quittée en quelque sorte, où je m’étonne moi-même. Où je ne maîtrise pas ce que j’écris. Celles où j’ai pu donner écho et force à cette voix profonde. Même quand la distance réflexive me permet de mieux appréhender après coup certaines de mes automatismes formels (le jeu avec le temps, un certain tempo), certaines de mes obsessions thématiques (la jeune femme en apprentissage, la figure maternelle, l’innocence perdue, l’irrémédiable solitude de chacun, le mal, la violence, cette sensation d’une entropie inscrite dans le monde)…


Date de mise en ligne : 24/06/2015

https://doi.org/10.3917/kart.mena.2011.01.0189

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