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- Par Éric Fottorino
Pages 351 à 374
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- FOTTORINO, Éric,
- Fottorino, Éric.
- Fottorino, É.
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En juillet 2015, le Tour fêta les 87 ans de Federico
Bahamontes, « l’Aigle de Tolède », qui fut sacré six fois
roi de la montagne à une époque où aucun maillot à pois
rouges ne distinguait le meilleur des grimpeurs. Ce fut
émouvant pour moi de signaler cet anniversaire dans
un direct de France Télévisions à Abbeville et Le Havre,
au moment où un jeune Érythréen de 26 ans, Daniel
Teklehaimanot, s’emparait de cette désormais fameuse
tunique. Un Noir africain venu de la Corne du continent – une première – avait ainsi dépossédé l’Espagnol
Joaquim Rodríguez au terme d’une échappée au long
cours qui lui avait permis de faire mieux connaître son
nom et son allure. J’ai espéré que le dieu des cyclistes
lui prêterait chance, mais le coureur d’Asmara, plusieurs fois champion d’Afrique, ne fut pas la révélation
attendue comme l’avaient été avant lui le Colombien
Lucho Herrera dans les années 1980, ou plus tard son
compatriote Nairo Quintana. Mais soudain sur la route,
il y eut comme une passation de pouvoir imaginaire
entre la silhouette en filigrane du fringant Bahamontes
(disparu à l’été 2023) et celle, harmonieuse et déliée,
de Teklehaimanot. Bahamontes ne triompha pas seulement six fois dans les sommets. Il gagna même le Tour
de France, en 1959.
C’était il y a bientôt… cinquante ans. Dans ma mémoire
bouillonnante comme sûrement l’eau dans les bidons ce
jour–là, c’était hier. Jour de gloire pour un Bourguignon
volontaire qui déboulonna la statue vivante d’Eddy Merckx
dans la montée alpestre sur Pra Loup…
Date de mise en ligne : 25/04/2025
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