5. Attention, zone de turbulences !
- Par Cécile Delannoy
Pages 81 à 98
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- Delannoy, C.
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Notes
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[1]
Je ne confonds pas la fabulation avec le mensonge enfantin classique : presque tous les enfants en danger d’être grondés et punis commencent par essayer de nier. Mais ils ne s’entêtent pas tous dans le mensonge au mépris de l’évidence, ils n’inventent pas tous des histoires, ils n’ont pas tous le goût permanent du secret.
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[2]
« Il est prêt à tout pour se faire aimer : à faire le clown, à voler de l’argent pour acheter des cadeaux aux copains… » Nous avons retrouvé ce trait à plusieurs reprises.
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[3]
Il arrive même que ce soit la violence, l’agressivité contre les parents qui tombent à l’adolescence, lorsque le jeune commence à maîtriser ses pulsions. Un jeune qui entre huit et douze ans était capable d’agresser ses proches violemment s’est apaisé à l’adolescence, et s’est mis à parler davantage. On devine dans cette évolution une souffrance impossible à dire dans l’enfance, impossible à élaborer intérieurement, qui poussait au passage à l’acte, alors que d’autres comportements montraient un jeune attaché à ses parents, ayant par exemple du mal à les quitter pour les vacances.
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[4]
Parfois depuis la petite enfance : une petite fille devait être changée debout car elle ne voulait pas se laisser porter et allonger, un petit garçon aimait beaucoup son grand frère mais refusait tout contact physique avec lui. Faut-il y voir l’indice précoce d’une difficulté à investir dans une relation affectueuse ?
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[5]
Le conformisme anxieux aux attentes des parents, la crainte de déplaire sont plus fréquents chez les enfants jeunes et peuvent basculer à l’adolescence dans une opposition frondeuse, une attitude de défi, comme si, doutant de pouvoir être un jour pleinement satisfaisants, ils préféraient y renoncer tout à fait.
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[6]
Il est évidemment très difficile de savoir si le trouble pathologique était présent dès la naissance, ou s’il s’agit pour partie d’un mal-être de l’adolescence rendu plus aigu par le fait d’être enfant adopté.
Nos enfants ont grandi, joueurs, rieurs, plus ou moins turbulents. Ils ne font plus de cauchemars, ne sont plus boulimiques, ils ont intériorisé le fait de l’adoption et semblent n’en plus trop faire cas. Ils s’intéressent assez peu à leur pays d’origine et préfèrent que leur entourage ne soit pas trop curieux à leur égard. Ils souhaitent que l’on s’intéresse à eux, comme tous les enfants, à condition d’être considérés comme n’importe qui, d’oublier couleur et origine.
Ils ont parfois manifesté dans l’enfance quelques troubles mineurs, qui ont plus ou moins alerté leurs parents : anxiété et manque de confiance en soi, tendance à la dissimulation, à la fabulation, à la kleptomanie – exercée de préférence au détriment des gens qu’ils aiment –, à la transgression systématique des interdits. « Petits larcins, petits vols, mensonges incohérents, avec un bagou extraordinaire, on s’y perdait : où est le vrai, où est le faux ? » Mais ils avaient tant d’autres qualités… Spontanés, sociables, affectueux, pleins de vie. Les comportements déplaisants, nous nous disions que cela passerait avec l’âge.
Et nous avions raison : chez un certain nombre d’adolescents, ces petites pathologies disparaissent comme elles sont venues, sans qu’on sache pourquoi, sans laisser de traces. Il faut qu’on vous interroge pour que le souvenir vous en revienne. L’adolescent est alors plus ou moins facile, plus ou moins secret, plus ou moins en opposition avec ses parents, il leur reproche de ne pas lui laisser assez de liberté, de le surveiller trop, d’être exigeants et de manquer du sens de la fête… Comme n’importe quel jeune de cet âge …
Date de mise en ligne : 03/05/2017
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