Chapitre III - Une littérature pour l’école
- Par Francis Marcoin
Pages 105 à 128
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- MARCOIN, Francis,
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- Marcoin, F.
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On ne peut parler d’une Littérature, mais de littératures, dont certaines n’ont été ou ne sont présentes qu’à l’école, mais privées de critique. De même que d’autres seront totalement exclues des lieux d’enseignement ou de critique, avant d’être éventuellement acceptées. Peut-on dire de même qu’il y a plusieurs écoles ? Il existe originellement une séparation entre l’école élémentaire et le lycée, plus généralement entre le réseau primaire et le réseau secondaire-supérieur. Cette séparation est souvent présentée comme en recouvrant une autre, entre les acquisitions fondamentales – les apprentissages instrumentaux – et les humanités, la réflexion sur le sens des textes et la découverte du Panthéon littéraire. Il faut pourtant reconnaître que les deux réseaux ont puisé longtemps dans le même réservoir d’auteurs. Alors viendrait un nouveau clivage : à l’école primaire, le texte serait réduit à son contenu le plus simple et à sa fonction de modèle pour la rédaction, tandis que la même page, au lycée, serait restituée dans une perspective littéraire.
En fait, il s’agit bien plutôt de nuances entre deux conceptions de la littérature, la première effaçant tout le caractère institutionnel de la vie littéraire, l’autre référant plus explicitement à des courants, des « écoles », des manifestes. Mais depuis toujours, l’école primaire fait un usage constant de textes littéraires en parlant le moins possible du littéraire, et appelle presque naturellement la création d’une littérature spécifique, réaliste, attachée à la quotidienneté…
Date de mise en ligne : 20/07/2018
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