Contre la France, le bon alignement des planètes
- Par Nicolas Aubin
Pages 101 à 112
Citer ce chapitre
- AUBIN, Nicolas,
- LOPEZ, Jean,
- Aubin, Nicolas.
- Aubin, N.
- J. Lopez
https://doi.org/10.3917/perri.lopez.2025.01.0101
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- Aubin, N.
- J. Lopez
- Aubin, Nicolas.
- AUBIN, Nicolas,
- LOPEZ, Jean,
https://doi.org/10.3917/perri.lopez.2025.01.0101
« La guerre n’est pas seulement affaire de rapports de forces et de matériels, souligne l’excellent Philippe Garraud, chercheur à l’Institut d’études politiques de Rennes, trop tôt disparu. Elle est aussi fonction de conceptions et de représentations qui orientent et conditionnent l’action militaire et la stratégie choisie. » Des deux côtés du Rhin, l’expérience de la Grande Guerre donne lieu à des enseignements radicalement différents en fonction des ressources et des contraintes propres.
Les Français imaginent une « bataille conduite », une bataille où la supériorité du feu sur le mouvement rend impossible toute percée décisive, où la décision passe par une guerre d’usure à travers une succession de combats minutieusement exécutés. La bataille conduite est une symphonie qui a besoin d’un commandement centralisé et d’une armée homogène pour multiplier les coups sur un large front*. Dans cet imaginaire, le tempo est dicté par une minutieuse planification. En effet, dépendant du parapluie de l’artillerie, l’avance se réduit à une succession de modestes bonds sans quête de la percée. Le char y est indispensable pour muscler les assauts ; la France en possède près de 2 600 (chars FT* exclus), lents, à faible autonomie, mais bien protégés. Seule la cavalerie met sur pied 3 divisions légères mécaniques (DLM) au format proche d’une division blindée, mais les généraux les émietteront au profit de l’infanterie dès le 14 mai. Il est vrai que les employer en masse et en pointe pour accélérer la manœuvre est, dans la logique française, l’assurance de s’isoler et de s’épuiser sans profit…
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