Ében-Émael, mythe allemand et histoire belge
- Par Hugues Wenkin
Pages 113 à 121
Citer ce chapitre
- WENKIN, Hugues,
- LOPEZ, Jean,
- Wenkin, Hugues.
- Wenkin, H.
- J. Lopez
https://doi.org/10.3917/perri.lopez.2025.01.0113
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- Wenkin, H.
- J. Lopez
- Wenkin, Hugues.
- WENKIN, Hugues,
- LOPEZ, Jean,
https://doi.org/10.3917/perri.lopez.2025.01.0113
Dans la grande saga des opérations spéciales, la prise du fort d’Ében-Émael fait figure de cas d’école. Le 10 mai 1940 à l’aube, 69 paras de la Luftwaffe jaillissent par surprise de leurs planeurs sur le toit de l’ouvrage, porte bétonnée de la Belgique. À l’aide de charges creuses*, ces surhommes fanatisés, hyperentraînés et dopés à la pervitine neutralisent les puissants canons en quelques minutes avant de repousser des défenseurs dix fois plus nombreux. Les Panzers foncent, et ne s’arrêteront qu’à Dunkerque… Affaire bien connue ? C’est ce que l’on croit. Car il s’agit pour l’essentiel d’un coup stratégique sans importance, monté en épingle par les Allemands. Et dont la responsabilité repose plus sur la nullité de la défense que sur la supposée supériorité tactique et technique venue d’outre-Rhin.
Le mythe prend source dans l’eau, comme de juste : celle du canal Albert. C’est pour protéger cette barrière artificielle qui sépare la Belgique des Pays-Bas et de l’Allemagne qu’un fort est érigé en 1932 sur les hauteurs proches de la ville d’Ében-Émael. Considéré comme le plus puissant d’Europe, l’ouvrage est bardé de canons servis par une garnison de 1 200 soldats. Son potentiel est cependant surestimé par le haut commandement allemand qui n’en connaît que la surface et pense réelles trois fausses coupoles que les Belges ont pris soin d’ajouter. Il est d’autant plus surévalué que son abandon est prévu avant même l’entrée en guerre.
Le 10 janvier 1940, en effet, les plans d’invasion du royaume ont été retrouvés dans un avion allemand écrasé… Bruxelles sort alors de son utopique neutralité armée pour s’enquérir des plans franco-britanniques…
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