Portraits d’une famille élective
Pages 91 à 98
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- DELOUCHE, Dominique,
- Delouche, Dominique.
- Delouche, D.
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- DELOUCHE, Dominique,
Certains personnages rencontrés dans ce texte, pour n’être ni familiers de nos lecteurs ni d’une gloire universelle, méritaient ici, je crois, un court portrait. J’y ai joint quelques impressions personnelles.
C’est l’actrice porte-bonheur de Visconti. Elle est de presque tous ses spectacles depuis Les Sorcières de Salem (1955) jusqu’au dernier C’était hier (1973). Protagoniste au théâtre, elle se contente dans ses films de silhouettes pittoresques. Il l’appelait « bonbon ». Elle est aussi appréciée de Pasolini, Buñuel, Bob Wilson. Avec son mari Giorgio Ferrara qui a dirigé l’Institut Italien à Paris, elle fait le go-between entre la vie culturelle de Rome et de Paris.
Un chapitre de son livre Se souvenir et oublier (éd. Portaparole) est consacré à Visconti.
Après les héros solaires qui l’ont précédé dans la mythologie de Visconti, Helmut Berger survient pour incarner, lui, les maudits, les rois-lune et autres anges de la mort qui hantent Luchino vieillissant. Leur rencontre ressemble à une nouvelle de Thomas Mann puisque Helmut séduit Luchino sous la livrée d’un garçon d’hôtel à Kitzbühel, ce qu’il incarne dans Les Sorcières. Ce nouveau et dernier coup de foudre sera mis à l’écran avec onction dans l’apparition, sortant du néant, de Conrad dans Violence et Passion. Sur lui, Visconti jette une dernière fois le dévolu de Pygmalion avec ici l’avantage d’une vraie liaison charnelle. La réussite tient du prodige avec Les Damnés (1969) et Ludwig (1972), mais, abandonné à lui-même à la mort du maître, Helmut sombre dans une déchéance où son physique rejoint son moral, tel Dorian Gray qu’il a interprété…
Date de mise en ligne : 25/04/2021
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