XIII. Mère, me voici
Pages 87 à 89
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- DELOUCHE, Dominique,
- Delouche, Dominique.
- Delouche, D.
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Pasolini et Visconti, pour n’évoquer que nos proches en cinéphilie, ont porté à vie dans leur chair, comme Proust, l’empreinte génétique maternelle. Le Combray proustien de Luchino, c’est donc Cernobbio, paradis lacustre des vacances familiales dans la Villa Vecchia, toujours habitée dans son souvenir de l’obsédante et caressante présence maternelle.
C’est dans la petite enfance que se crée entre fils et mère ce nœud privilégié que d’autres pourraient juger abusif.
Comme Marcel à Combray, Luchinuccio à Cernobbio, lui aussi trop jeune pour assister aux dîners de réception, « attend dans son lit le moment où il entendra le pas de sa mère dans l’escalier, le bruissement de sa robe, où, les épaules voilées d’immenses écharpes, la chevelure piquée de fleurs fraîches, elle se penchera sur son visage et où il sentira sur ses joues la douce et rassurante tiédeur des perles de son collier ».
Mais pourquoi Marcel plutôt que Robert Proust, son frère ? Pourquoi Luchino plutôt qu’Edoardo Visconti ? C’est que la mère devine très tôt en celui-là, celui qu’elle appelait « le prince bijou », une sensibilité précoce, une nature rare qui la comprendra et la dédommagera d’une vie conjugale décevante. Il sera le substitut d’un mari négligent, le dauphin secrètement émancipé dans cette « ville dont le prince est un enfant ». Un pacte secret s’est noué. Et l’enfant, le jeune homme trouvera avec d’autres hommes le rapport qui, avec d’autres femmes, eût été trahison. D’ailleurs, la mère n’est-elle pas la plus belle, la plus pure, la plus désirable au regard de toutes les autres …
Date de mise en ligne : 25/04/2021
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