Conclusion : les territoires de l’urbain
- Par Patrick Gilli
Pages 387 à 390
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- GILLI, Patrick,
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La ville est à la fois l’observatoire idéal et le cœur battant de l’histoire médiévale de la péninsule. Si l’on devait dégager les traits saillants de cette société communale pour la comparer à ses voisines européennes, c’est une étrange configuration qui se présenterait à nos yeux. Il faut, en effet, reconnaître que les points de distinction l’emportent largement sur les points communs. Bien sûr, on peut toujours avancer que partout en Europe, la ville est le lieu d’une stratification sociale complexe et que sur ce terrain la société urbaine italienne ne se distingue pas de celle de Bruges, Paris, Londres ou Barcelone, autant d’exemples où la population n’était rien moins qu’homogène, où la formation des élites locales a emprunté les chemins de la conquête des pouvoirs municipaux et de l’insertion dans les structures de gouvernement citadin, en profitant, en retour, des avantages de cette conquête.
Mais ce qui fait la différence, c’est précisément que les villes italiennes (centro-septentrionales) se sont retrouvées isolées, privées du cadre rassurant autant qu’aliénant de la dépendance monarchique, comtale ou impériale. Livrées à elles-mêmes dès le XIe siècle, orientées vers le commerce, les villes ont accumulé richesses et populations, créant par là même une compétition exacerbée pour la captation de celles-ci entre les puissantes familles locales ou encitadinées. Là réside le primum movens de l’histoire italienne. Sans le gonflement démographique issu de l’accumulation des richesses qui aimantait des contadins, les besoins de contrôle étroit d…
Date de mise en ligne : 01/09/2025
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