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Chapitre 4

Genèse d'une représentation à double sens

Pages 87 à 92

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  • Rouquette, S.
(2002). Genèse d'une représentation à double sens. Vie et mort des débats télévisés : 1958-2000 (p. 87-92). De Boeck Supérieur. https://shs.cairn.info/vie-et-mort-des-debats-televises--9782804140601-page-87?lang=fr.

  • Rouquette, Sébastien.
« Genèse d'une représentation à double sens ». Vie et mort des débats télévisés 1958-2000, De Boeck Supérieur, 2002. p.87-92. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/vie-et-mort-des-debats-televises--9782804140601-page-87?lang=fr.

  • ROUQUETTE, Sébastien,
2002. Genèse d'une représentation à double sens. In : Vie et mort des débats télévisés 1958-2000. Louvain-la-Neuve : De Boeck Supérieur. Médias-Recherches, p.87-92. URL : https://shs.cairn.info/vie-et-mort-des-debats-televises--9782804140601-page-87?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Interview de Pierre Corval, in Radio-Cinéma-Télévision, janvier 1959.
  • [2]
    Gaxie (Daniel), Le cens caché. Inégalités culturelles et ségrégations politiques, Paris, Seuil, 1978.
  • [3]
    Interview de Pierre Corval, in Radio-Cinéma-Télévision, janvier 1959.
  • [4]
    Mehl (Dominique), « La figure du témoin anonyme », p. 126, in Figures de l'anonymat, sous la direction de Lambert (Frédéric), Paris, L'Harmattan, 2001.
  • [5]
    Les gens témoignèrent cachés par la pénombre pour les sujets concernant la prostitution (24/02/1961, RTF), ce qui surprend peu. Mais cet artifice dut aussi être utilisé pour écouter deux personnes divorcées (16/12/1960, RTF) : « Pour le divorce, par exemple, chacun nous racontait avec beaucoup de détails pourquoi il avait divorcé ou voulait divorcer. Mais, dès qu'il fallait le dire en public, tout le monde refusait... Finalement, nous avons été sauvés au dernier moment par un camarade et sa femme, qui ont vraiment accepté pour nous rendre service. » Interview de Lalou (Étienne) et Barrère (Igor), in Télé 7 jours, 17 juin 1961, pp. 54-57.

Aussi abstraite qu'elle paraisse aujourd'hui, cette place accordée aux citoyens sociaux prenait aux débuts de la construction de l'espace social des allures d'impasse. En contradiction avec les schèmes politiques des débuts de la Ve République, donner la parole à des inconnus devant les dépositaires légitimes de la parole collective (les élus), d'un savoir ou d'une autorité déjà reconnus dans le domaine public (les intellectuels, écrivains, professeurs des hôpitaux parisiens, journalistes) sur une chaîne publique (presque une chaîne d'État) atteste déjà de leur esprit novateur
C'est novateur pour tout le monde, pour les téléspectateurs, pour les autres journalistes, voire pour les animateurs eux-mêmes. Dans un débat d'actualité affichant pourtant la liberté des esprits comme principe d'organisation (Liberté de l'esprit : 19581959), les références restent trop proches du champ politique pour envisager d'autre forme de représentation que la représentation de type strictement partisan, c'est-à-dire comme faculté accordée à un acteur d'accomplir un acte ou un discours au nom et pour le compte des « représentés ». À défaut d'une légitimité de ce type, et par manque de modèle concurrentiel de la représentation, la seule parole autorisée des citoyens standards consiste à parler en leur nom ou, ce qui revient strictement au même, au nom et pour le compte de soi-même. À s'en tenir là, et dans ce contexte-là, il n'est pas surprenant que le premier présentateur— Pierre Corval — considère initier une ouverture considérable : « Les débats que je dirige maintenant chaque semaine à la télévision procèdent d'une conception relativement nouvelle…


Date de mise en ligne : 26/12/2014

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