Chapitre 3
La mécanique des palabres
Pages 55 à 81
Citer ce chapitre
- ROUQUETTE, Sébastien,
- Rouquette, Sébastien.
- Rouquette, S.
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Notes
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[1]
Anzieu, (D.) La dynamique des groupes restreints, Paris, PUF, novembre 1997 (1re édition 1968), pp. 310311.
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[2]
Mendras (Henri) et Caplow (Théodore), « La transformation des conflits : de la guerre civile à la bataille procédurale ».
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[3]
De Closets (François), Médiations, TF1, « Des diplômes, pas de boulot : ras le bol », 26/11/1990.
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[4]
Gans (Herbert), « Deciding what's news », New York, Panthéon Books, 1979, cité par Adonni (H.), Cohen (A.), Mane (S.), « Social reality and television news », in Mass communication review Yearbooks, n° 5, 1985, p. 195.
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[5]
Constat général établi sur les débats américains, valable pour Médiations, établi par Darras (Éric), « Télévision et démocratisation. La télévision forum en France et aux États-Unis », in Espaces publics mosaïques, Neveu (Érik) et Bastien (François), sous la direction de, Rennes, PUR, 1999, p. 66.
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[6]
Doïse (Willem) et Moscovici (Serge), loc. cit., pp. 109-112.
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[7]
De Closets (François), Médiations, TF1, « Des diplômes, pas de boulot : ras le bol », 26/11/1990.
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[8]
Delarue (Jean-Luc), Ça se discute, France 2, « Le bien-être est-il dans nos assiettes ? », 02/04/1997.
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[9]
Type de débat défini par Noël Nel par opposition aux débats polémiques. Nel (Noël), Le débat télévisé, Paris, Armand Colin, 1990, 272 p.
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[10]
Le tableau « type de solution » placé en annexe de cette partie synthétise le type de conclusion généralement obtenue dans chaque émission.
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[11]
Ainsi, une journaliste du Monde par exemple y voit le miroir d'un service public en perte de vitesse et de courage, et le symptôme de « l'ère du consensus » d'une époque « qui évite la polémique, pour empêcher toute discussion et fuir ses responsabilités ». Cauhapé (Véronique), « L'ère consensuelle », in Le MondeRadio-Télévision, 10/10/1994.
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[12]
Interview de Jean-Luc Delarue publiée dans « Delarue : des débats en douceur », in Le Soir, 12/09/1994, p. 18.
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[13]
Delarue (Jean-Luc), Ça se discute, France 2, « Greffes d'organes : pourquoi manquons-nous de donneurs ? », 19/02/1997.
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[14]
Amar (Paul), D'un monde à l'autre, France 2, « Ces Français qui partent à l'étranger », 01/06/1998
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[15]
Pastoureau (Michel), Dictionnaire des couleurs de notre temps. Symbolique et société. Éditions Bonneton, 1992, p. 30.
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[16]
Delarue (Jean-Luc), Ça se discute, France 2, « Au nom de l'info peut-on tout photographier ? », 30/10/1996.
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[17]
Le Grignou (Brigitte) et Neveu (Érik), « Intimités publiques. Les dynamiques de la politique à la télévision », in Revue française de sciences politiques, volume n° 43, n° 6, décembre 1993, pp. 940-970.
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[18]
Touraine (Alain), « Conflit social », in Encyclopaediadia Universalis, vol. 6, 1995, p. 342.
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[19]
Touraine (Alain), ibid.
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[20]
Pour l'analyse des enjeux sociaux sous-jacents à l'espace télévisé de discussion de la société sur elle-même, voir Rouquette (Sébastien) L'impopulaire télévision populaire. Logiques sociales, professionnelles et normatives des palabres télévisées, Paris, L'Harmattan, 2001, 304 p. Les chiffres viennent d'une recherche systématique de l'origine socioprofessionnelle de près de 5 000 citoyens dits ordinaires de 400 débats diffusés entre 1958 et 2000.
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[21]
Mendras (Henri), La seconde révolution française : 1965-1984, Paris, Seuil, collection Essais, 1994, pp. 6061.
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[22]
Soueif (M.), « Extrême response sets as a measure of intolerance of ambiguity », in British journal of psychology, 1977, pp. 252-256.
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[23]
Darras (Éric), loc. cit., pp. 72-74.
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[24]
Interview d'Armand Jammot, « Faut-il classer les dossiers de l'écran », in Télérama, Mars 1974, pp. 12-14.
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[25]
Constatation faite de visu lors de l'enregistrement de l'émission de Delarue (Jean-Luc), Ça se discute, France 2, « Enfants prodiges : que deviennent-ils ? », 21/05/1997.
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[26]
Cette règle générale est mise en avant par Lecuyer (R.), Rapports entre l'homme et l'espace, Paris, Laboratoire de psychologie, Thèse de doctorat, 1974. Il installe des groupes en ne changeant que la taille de la salle : une petite pièce de 30 personnes dans un cas, un amphithéâtre dans l'autre. Manifestement, le deuxième espace dégage un climat plus froid, la chaleur du débat décline.
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[27]
Hall (Edward), La dimension cachée, trad. Amélie Petita, Paris, Seuil, collection Points, 1978, 254 p.
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[28]
Recherche effectuée sur l'émission de Delarue (Jean-Luc), Ça se discute, France 2, « Faut-il tout dire aux enfants ? », 02/10/1996.
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[29]
Remarque faite par Noël Nel sur beaucoup d'émissions : il clôt alors le débat. Nel (Noël), À fleurets mouchetés, 25 ans de débats télévisés, Paris, INA/La Documentation française, 1988, 243 p.
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[30]
Émissions de Delarue (Jean-Luc), Ça se discute, France 2, « Faut-il retrouver ses origines ? », 12/03/1997, et d'Amar (Paul), D'un monde à l'autre, France 2, « L'accouchement sous x », 18/05/1998.
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[31]
Rosanvallon (Pierre), La crise de l'État providence, Paris, Seuil, 1981, 183 p.
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[32]
Voir tableau « Degré de communication réelle par émission » en annexe de cette partie.
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[33]
Breton (Philippe), L'utopie de la communication, Paris, La Découverte, collection Essais, 1992, p. 121.
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[34]
Citation de Paul Amar tirée de « Paul Amar : opposer le principe de la réalité à la langue de bois », in Le Monde-Radio-Télévision. 2/12/1996, p. 3 et de Spitz (Christian) dans Chela ouate, « Les jeunes et l'argent », 25/10/1994.
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[35]
Godignon (Anne) et Thiret (Jean-Louis), « Dialoguons, dialoguez », in le Débat, n° 68, 1991, pp. 20-27.
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[36]
Neveu (Érik), « La société de communication et ses interprètes », in Réseaux, n° 64, 1994, p. 17.
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[37]
Nel (Noël), « Le téléspectateur mis en scène », in La télévision et ses téléspectateurs, sous la direction d'Esquenazi (Jean-Pierre), Paris, L'Harmattan, 1995, pp. 65-79.
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[38]
Lambert (Frédéric), « Télépathies », in La télévision et ses téléspectateurs, sous la direction d'Esquenazi (Jean-Pierre), Paris, L'Harmattan, 1995, p. 200.
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[39]
Amar (Paul), D'un monde à l'autre, France 2, « Ces Français qui partent à l'étranger », 01/06/1998.
-
[40]
Fargas (J.-P.), « Polarization and moderation of person perception judgements as a function of group interaction style », in European Journal of social psychology, 1977, pp. 175-187.
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[41]
Définition empruntée à Windisch (Uli), Le prêt-à-penser. Les formes de la communication et de l'argumentation quotidienne, Lausanne, L'âge d'homme, 1990, p. 108.
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[42]
Leconte (Daniel), De quoi j'me mêle, Arte, « Mort de la famille, vivre la famille », 20/02/1992.
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[43]
Gauthier (Brigitte), Télévision et société aux États-Unis. Paris, Ellipses, 1999, pp. 27-29.
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[44]
Joyner Priest (Patricia) et Dominick (Joseph), « Pulp pulpits : self-disclosure on Donahue », in Journal of communicaton, n° 44, 1994, p. 94.
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[45]
Damas (Éric), loc. cit. pp. 66-67.
-
[46]
Joyner Priest (Patricia) et Dominick (Joseph), loc. cit., pp. 80 et sqq.
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[47]
Amar (Paul), D'un monde à l'autre, France 2, « Ces Français qui partent à l'étranger », 01/06/1998.
-
[48]
Field (Michel), L'Hebdo, Canal +, « Le corps », 14/05/1995.
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[49]
François Jost remarque également que si ce dispositif se retrouve à ce point dans Que le meilleur gagne, c'est avant tout pour renforcer l'image du savoir. Ce n'est pas un hasard si les pupitres, le tableau et les questions posées par Nagui succèdent à un sit'com pour adolescents. Jost (François), « La télévision fait la classe », in Les jeunes : pratiques culturelles et engagements collectifs (Colloque international de Belfort), 1995, pp. 109114.
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[50]
Interview de Michel Field parue dans « L'hebdo nouveau est arrivé », in Le Monde, 16/10/1995, p. 27.
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[51]
Lalou (Étienne), Faire face, RTF, « Le divorce », 16/12/1960.
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[52]
Patry (Richard), « La construction d'un rituel de deux talks shows québécois : l'obsession d'un « vrai » et l'expression de l'impuissance », Montréal, 1993, cité par Lochard (Guy) et Soulages (Jean-Claude), « Les imaginaires de la parole télévisuelle, permanences, glissements et conflits », in Réseaux, n° 63, 1994, pp. 29-30.
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[53]
Ibid.
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[54]
Dechavanne (Christophe), Ciel mon mardi, TF1, 14/06/1988.
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[55]
Voir tableau « Degré de communication par émission » en annexe de cette partie.
De manière visible, l'histoire de l'espace social télévisé s'est accélérée depuis la deuxième moitié des années 80. Si la stratégie polémique s'est rapidement essoufflée, une autre, dont l'image bénéficie auprès des téléspectateurs de plusieurs facteurs favorables, s'est progressivement imposée, à des degrés divers, dans pratiquement tous les débats de la dernière décennie. Au point de favoriser l'avènement d'un nouveau genre, actuellement dominant : les palabres télévisées. C'est-à-dire un type de conversation où, comme dans les sociétés traditionnelles africaines, les membres de la communauté se réunissent pour échanger des informations, éventuellement ébaucher une ligne d'action commune, entretenir un état de groupe détendu. Cette mécanique des palabres est en même temps le plus fort symbole et le résultat le plus achevé de trois décisions fondamentales concernant la construction des problèmes publics. L'une touche au degré de conflit maximal autorisé, la seconde au degré de préparation, la troisième à la place laissée aux téléspectateurs. Les nouvelles interprétations majoritaires de ces trois éléments distincts se conjuguent et se renforcent mutuellement pour imposer entre autres, la planification de l'espace social télévisé.
Le premier coup de boutoir apporté au principe initial de débat franc et surtout pas planifié est donné par le refus de plus en plus affirmé de l'opposition ouverte. Les architectes de cet espace ne font ici que traduire en ordre télévisé un mouvement de fond constaté, à tous les niveaux, par beaucoup d'analystes des pays occidentaux…
Date de mise en ligne : 26/12/2014
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