Chapitre 6
Le témoignage
Pages 115 à 146
Citer ce chapitre
- ROUQUETTE, Sébastien,
- Rouquette, Sébastien.
- Rouquette, S.
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Notes
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[1]
Constat effectué de visu par Mehl (Dominique) rappelé dans « La figure du témoin anonyme », p. 126, in Figures de l'anonymat, loc. cit.
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[2]
Information tirée de l'interview de Ségolène Rivoire et de Sabrina Obadia, loc. cit.
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[3]
Jost (François), loc. cit.
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[4]
Dubet (François), Sociologie de l'expérience, Paris, Seuil, 1994, 277 p.
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[5]
Delarue (Jean-Luc), Ça se discute, France 2, « Comment élève-t-on un enfant prodige ? », 21/05/1997.
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[6]
Propos des animateurs tirés dans l'ordre de Delarue (Jean-Luc), Ça se discute, France 2, « Otages, victimes, rescapés : survivre à un choc », 18/12/1996 ; De Closets (François), Médiations, TF1, « La peur dans nos villes », 30/09/1991 et Amar (Paul), D'un monde à l'autre, France 2, « Le suicide », 02/02/1998.
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[7]
Voici un type de stratégie utilisée pour annuler la portée du témoignage : s'il n'est pas légitime, c'est parce que son cas est minoritaire et donc non représentatif. Dans un numéro sur les erreurs médicales, un médecin agacé par l'exagération de Tina Kieffer met en cause le choix des témoignages sélectionnés : « Mais je crois quand même que, dans un pays comme la France, la situation n'est pas si catastrophique. Il ne faut pas prendre des cas douloureux pour le reflet d'une médecine catastrophique avec des médecins méchants. [...] Actuellement, je suis très frappé par l'exploitation des peurs. On n'annonce que les horreurs. » J'y crois, j'y crois pas, TF1, « Les médecins ont-ils le droit à l'erreur ? », 07/03/1996.
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[8]
Lannelongue (Marie-Pierre) et Werner (Dorothée), « Ces témoins qu'on se repasse », in Télérama, 03/07/1996.
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[9]
Mehl (Dominique), La télévision de l'intimité, Paris, Seuil, 1995, 255 p.
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[10]
Joyner Priest (Patricia) et Dominick (Joseph), « Pulp pulpits : self-disclosure on Donahue, in Journal of communication, n° 44, 1994, p. 85.
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[11]
Joyner Priest (Patricia) et Dominick (Joseph), loc. cit., p. 94,
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[12]
Lannelongue (Marie-Pierre) et Werner (Dorothée), in Télérama, « Ces témoins qu'on se repasse », 3/07/1996.
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[13]
La grande famille est une émission quotidienne d'une vingtaine de minutes réalisée uniquement autour de trois témoignages sur un sujet donné. Interview d'Alain de Greef publiée dans l'article « Chaînes en argent », in Télérama, pp. 120-123.
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[14]
Shattuc (Jane M.), The talking cure. TV talks shows and women, New York, London, Routledge, 1997, pp. 96-97.
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[15]
Shattuc (Jane M.), The talking cure. TV talks shows and women, New York, London, Routledge, 1997, p. 96.
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[16]
Les exemples viennent d'une émission de Cavada (Jean-Marie), La marche du siècle, France 3, « Enfants cancéreux, la vie d'abord ». 01/04/1993
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[17]
Bercoff (André), Français si vous parliez, France 3, « Divorce : quand ça ne se passe pas si mal », 03/03/1994
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[18]
Tajfel (H.) et Fraser (C.), Introducting social psychology, London, Penguin books, pp. 316-319.
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[19]
Myers (David) et Lamarche (Luc), Psychologie sociale, Montréal, Chenelière/McGraw/Hill, 1992, pp. 119-127.
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[20]
Burdeau (Georges), La démocratie, Paris, Seuil, 1978, pages introductives.
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[21]
L'explicitation de la plupart des raisons invoquées ou implicites de l'arrivée récente des citoyens ordinaires dans des débats politiques provient des travaux d'Éric Darras, auteur qui a essentiellement travaillé sur des émissions franchement politiques. Je peux d'ailleurs les reprendre, sans modifications, dans l'analyse des émissions suivantes : Faire face, L'hebdo, Médiations, J'y crois, j'y crois pas. Voir Darras (Éric), « Un paysan à la télé », in Réseaux, n° 63, 1994, pp. 84-91 et « Télévision et démocratisation. La télévision forum en France et aux États-Unis », in Espaces publics mosaïques. Neveu (Érik) et Bastien (François), sous la direction de, Rennes, PUR 1999, pp. 61-84 ; mais aussi Lévy (Marie-Françoise), « Famille et télévision », in Réseaux, n° 72-73, 1995, p. 185.
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[22]
Champagne (Patrick), Faire l'opinion. Le nouveau jeu politique, Paris, Minuit, 1990, pp. 140-142.
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[23]
Exemples tirés successivement des émissions de Kieffer (Tina), J'y avis, j'y crois pas, TF1, « Nos médecins ont-ils le droit à l'erreur ? », 07/03/1996, De Closets (François), Médiations, TF1, « La peur dans nos villes », 30/09/1991 et de la Rosa (Michel), Ça va tanguer, Antenne 2, « Le nudisme », 18/09/1990.
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[24]
Cette analyse D'un monde à l'autre s'appuie notamment sur Amar (Paul), D'un monde à l'autre, France 2, « Le suicide », 02/02/1998 et « Les produits alimentaires », 08/06/1998.
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[25]
Exemples tirés de l'émission de Field (Michel), L'hebdo, Canal +, « Le tourisme », 24/06/1995.
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[26]
Amar (Paul), D'un monde à l'autre, France 2, « Les produits alimentaires », 08/06/1998.
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[27]
Exemples de revendications tirées successivement des émissions de De Closets (François), Médiations, TF1, « La peur dans nos villes », 30/09/1991, Kieffer (Tina), J'y crois, j'y crois pas, TF1, « Nos médecins ont-ils le droit à l'erreur ? », 07/03/1996 et Lalou (Etienne), Faire face, RTF, « Le logement », 29/09/1961.
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[28]
De Closets (François), Médiations, « Écoutes téléphoniques, attention danger », TF1, 24/09/1990.
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[29]
Interview de Richard Michel, coproducteur de Médiations « Médiations : la chaise vide », in Le Monde, 24/09/1990, p. 7.
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[30]
De Closets (François), Médiations, TF1, « La peur dans nos villes », 30/09/1991.
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[31]
De Closets (François), Médiations, TF1, 27/02/1989.
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[32]
Macé (Éric), loc. cit., pp. 39-58.
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[33]
Interview de Patrick Meney, in Stratégies. n° 732, 18/02/1991, p. 28.
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[34]
Affaire touchant Meney (Patrick), Mea culpa, TF1, « Nelly 12 ans, violée par son père », 27/05/1993 révélée par le Parisien du 05/06/1993 et repris, entre autres, par Le Monde dont j'ai tiré les extraits cités. Le Monde. 07/06/1993, p. 16.
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[35]
Meney (Patrick), Mea culpa, TF1, « Papa homosexuel et rejeté », 08/02/1993.
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[36]
ibid.
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[37]
Interview de Pascale Breugnot, dans l'article de Humblot (Catherine), in Le Monde, « Deux nouveaux reality shows sur TF1, glissements progressifs... », 09/03/1992, p. 27.
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[38]
Meney (Patrick), Mea culpa, TF1, « Papa homosexuel et rejeté », 08/02/1993.
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[39]
Meney (Patrick), Mea culpa, « Papa homosexuel et rejeté », 08/02/1993.
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[40]
Phrase recueillie auprès d'une intervenante à l'émission intitulée « Nelly douze ans violée par son père » du 27/05/1993 in Le Monde, 7/06/1993, p. 16.
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[41]
Phrases retirées du journal Le Monde, 07/06/1993, p. 16.
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[42]
Voir Mehl (Dominique), loc. cit., pp. 78-79 et Macé (Éric), loc. cit., pp. 52-53.
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[43]
Le meilleur exemple étant Télérama, titre qui ne se veut surtout pas populaire et dont est tiré l'extrait suivant. Le Foulon (Marie-Laure), in Télérama, 23/06/1993, pp. 69-71.
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[44]
Bozon-Verduraz (Agnès), in Télérama, « Le nouveau Cavada », 06/03/1991, pp. 55-57.
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[45]
Exemple tiré de l'émission de Cavada (Jean-Marie), La marche du siècle, France 3, « Les compagnons des derniers jours », 01/05/1997.
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[46]
Je m'inspire d'une idée d'Éric Macé qui voit dans la polémique médiatique reprochant aux responsables de reality shows (en l'occurrence Perdu de vue, TF1) de faire, à leur profit, une confusion entre le rôle de la télévision et de l'institution judiciaire, un écho au débat plus général sur le rôle des journalistes au sein d'une économie médiatique qui tend à la confusion des genres. Ce débat intéresse beaucoup moins les téléspectateurs pour qui l'émission apporte autre chose qu'une simple péripétie judiciaire. Macé (Éric), loc. cit., pp. 47-48.
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[47]
Péan (Pierre) et Nick (Christophe), TF1, un pouvoir, Paris, Fayard, 1997, p. 458.
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[48]
En parlant de la soi-disant « néo-télévision » le réalisateur Philip Plaisance explique que « le téléspectateur veut et doit devenir le sujet de son histoire, dans des émissions qui provoquent un degré d'implication et d'identification jamais atteint ». Plaisance (Philip), Libération, 08/01/1993. Deux auteurs ont compilé l'ensemble des déclarations des professionnels de la télévision qui présentent leurs productions comme une réponse aux besoins supposés d'authenticité et d'identification de leurs téléspectateurs. Charaudeau (Patrick) et Ghiglione (Rodolphe), La parole confisquée. Un genre télévisuel : le talk show. Paris, Dunod, collection Société, 1997, pp. 15-19.
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[49]
Chambat (Pierre) et Ehrenberg (Alain), « Les reality shows, nouvel âge télévisuel ? », in Esprit, 1993, pp. 5-12.
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[50]
Exemples tirés successivement des émissions de Delarue (Jean-Luc), Ça se discute, France 2, « Insécurité routière : à qui la faute ? », 05/02/1997, puis « Les Français aiment-ils toujours les paysans ? », 05/03/1997 et enfin « Explosion des banlieues : menaces ou fantasmes ? », 10/10/1994.
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[51]
Techniques tirées de la prestation de Cavada (Jean-Marie), La marche du siècle, France 3, « Les compagnons des derniers jours », 14/05/1997.
Les années 90 rompent avec la légitimité en cours dans l'ère de l'opinion pour s'adapter à une nouvelle logique : celle des palabres et de la priorité donnée à l'information. S'y applique un second principe de représentativité : le témoignage. Depuis la fin des années 80, de plus en plus d'émissions — Médiations, Ça se discute, Evelyne, Du fer dans les épinards, et de manière atténuée J'y crois, j'y crois pas, D'un monde à l'autre, La marche du siècle — font aussi intervenir, et même de plus en plus souvent seulement intervenir ; cette légitimité. Une légitimité appliqué de manière rigoriste par Faire face trente ans plus tôt.
Quand les journalistes décident de sélectionner de plus en plus les acteurs sociaux au nom de quelque chose plutôt qu'en leur nom, ils indiquent implicitement ce qu'ils en attendent : leurs expériences passent avant leurs opinions.
Parce que là moins qu'ailleurs cette évolution s'est faite accidentellement, il serait tentant d'attribuer la principale responsabilité de ce passage à la volonté croissante du corps des journalistes, pris dans leur ensemble, de contrôler l'architecture de l'espace social télévisé. Car, après tout, le témoignage est d'abord convoqué pour illustrer un phénomène. Ce sont les journalistes qui vont chercher les témoins, pas l'inverse. En ce sens, le pouvoir des équipes de journalistes s'agrandit de facto, puisque c'est à eux de sélectionner dans la limite des choix possibles bien sûr, l'acteur représentatif. La transformation des techniques de recrutement traduit parfaitement l'évolution des caractéristiques propres du « bon client » avec les conséquences que cela entraîne pour tout postulant volontaire éventuel…
Date de mise en ligne : 26/12/2014
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