Chapitre d’ouvrage

L’animal mignon en régime de singularité

Pages 43 à 52

Citer ce chapitre


  • Lavoie, V.
(2020). L’animal mignon en régime de singularité. Trop mignon ! : Mythologies du cute (p. 43-52). Presses Universitaires de France. https://shs.cairn.info/trop-mignon--9782130824251-page-43?lang=fr.

  • Lavoie, Vincent.
« L’animal mignon en régime de singularité ». Trop mignon ! Mythologies du cute, Presses Universitaires de France, 2020. p.43-52. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/trop-mignon--9782130824251-page-43?lang=fr.

  • LAVOIE, Vincent,
2020. L’animal mignon en régime de singularité. In : Trop mignon ! Mythologies du cute. Paris cedex 14 : Presses Universitaires de France. Perspectives critiques, p.43-52. URL : https://shs.cairn.info/trop-mignon--9782130824251-page-43?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Michel Pastoureau, Les Animaux célèbres, Chamalières, Christine Bonneton, 2001.
  • [2]
    Robert Delort, Les animaux ont une histoire, Paris, Seuil, 1984.
  • [3]
    Éric Baratay, Biographies animales, Paris, Seuil, 2017.
  • [4]
    Kim Gladu, La grandeur des petits genres : esthétique galante et rococo dans le premier xviiie siècle, thèse de lettres soutenue à l’université du Québec (Trois-Rivières), novembre 2014, p. 48.
  • [5]
    Diderot, Salon de 1767, cité par Anne Larue, in « Un combat esthétique au tournant des Lumières : le beau contre le goût », Figures de l’art, 1994-1996, no 2, p. 1-10.
  • [6]
    Voir Jennifer Milam, « Rococo Representations of Interspecies Sensuality and the Pursuit of Volupté », The Art Bulletin, juin 2015, vol. 97, no 2, p. 192-209.
  • [7]
    Pierre Rosenberg, Fragonard, New York, Abrams, 1988, p. 232.
  • [8]
    Donna Haraway, Manifeste des espèces de compagnie, op. cit., p. 19.
  • [9]
    Étienne Bonnot de Condillac, Traité des animaux (1755), Paris, Librairie Arthème Fayard, 1984, p. 13.
  • [10]
    Michel de Montaigne, Essais, Livre 2, trad. en français moderne par Guy de Pernon, 2010, p. 161. En ligne : https://archive.org/details/MontaigneLesEssaisLivreIIPernon

Dans Les Animaux célèbres, l’historien médiéviste Michel Pastoureau rappelle que les bêtes, pourtant depuis toujours présentes dans les textes et les légendes touchant à l’histoire sociale, économique, culturelle, religieuse ou symbolique, ont occupé une place mineure dans le discours historique. Le destin des animaux a en effet été peu appréhendé par les historiens, qui mènent une activité foncièrement anthropocentrée. Depuis les années 1960 cependant, à la faveur d’un virage historiographique orientant l’attention vers des sujets jugés jusqu’alors « anecdotiques », l’animal devient un véritable acteur de l’histoire. Des recherches menées dans les domaines de la zoologie et de l’éthologie, entre autres, ont fait de l’animal un objet d’étude à part entière et ainsi démontré qu’il était possible d’écrire l’histoire au prisme de son existence. Ainsi, en décrivant l’intérêt que suscita en Angleterre l’éléphant de Henri III, vedette de la ménagerie royale, en étudiant l’engouement populaire provoqué par le procès pour infanticide de la truie de Falaise ou encore en relatant les circonstances de l’arrivée à Lisbonne, le 20 mai 1515, du rhinocéros qui inspirera Dürer, Pastoureau situe la figure animale au cœur du récit et lui attribue une fonction tutélaire dans l’analyse des sociétés humaines. Ce que le livre de Pastoureau met également en exergue, c’est l’individualité animale, la valeur d’exception de certains individus, et non le spécimen indifférencié que l’on ramène à son espèce…


Date de mise en ligne : 31/01/2022

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