Les nouveaux théologiens de la scène : déplaire et instruire
Pages 143 à 151
Citer ce chapitre
- BARBÉRIS, Isabelle,
- Barbéris, Isabelle.
- Barbéris, I.
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- Barbéris, I.
- Barbéris, Isabelle.
- BARBÉRIS, Isabelle,
Notes
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[1]
Alain Besançon, L’Image interdite. Une histoire intellectuelle de l’iconoclasme, Paris, Gallimard, coll. « Folio Essais », 2000.
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[2]
J’ai notamment été marquée par une représentation de Naître (Born) au Théâtre de la Colline (mise en scène d’Alain Françon, décembre 2006) qui, du fait de circonstances extérieures, réalisait étrangement cet idéal eucharistique de l’image réelle : au moment précis où les Wapos, en ligne sur le nez de scène, se tournent face au public pour décharger à grand fracas leurs mitraillettes dans le cadre de la fiction dramatique, l’alarme du théâtre s’est réellement déclenchée invitant tous les spectateurs à sortir de la salle pour des raisons de sécurité (il s’agissait d’une fausse alerte à la bombe…).
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[3]
Ibid., p. 351.
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[4]
Edward Bond, « La raison d’être du théâtre », in La Trame cachée, Paris, L’Arche, 2000, p. 172 sq.
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[5]
Ibid.
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[6]
Les Pèlerins de la matière. Théorie et praxis du théâtre. Écrits de la Societas Raffaello Sanzio, Besançon, Les Solitaires intempestifs, 2001, p. 32.
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[7]
Ibid., p. 20.
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[8]
Ibid., p. 65.
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[9]
Ibid.
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[10]
Ibid., p. 23.
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[11]
Ibid.
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[12]
Ibid., p. 26.
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[13]
Fantasme de la médiation sans concept.
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[14]
Ibid., p. 58.
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[15]
Ibid., p. 33.
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[16]
Ibid., p 16.
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[17]
Carole Talon-Hugon, Avignon 2005. Le conflit des héritages, Du Théâtre, 2006.
Plaire et instruire dignement : telles semblaient la devise et la stratégie sur lesquelles reposait l’utopie d’un théâtre populaire. Les esthétiques du choc entretenues par l’« écrivain de plateau » (Bruno Tackels) Romeo Castellucci et par le dramaturge Edward Bond ne quittent pas le terrain idéologique de l’œuvre morale mais opèrent un retour à la terreur antique et au déchaînement de l’hubris. Rien à voir avec la visée aristotélicienne de « reconnaissance » et d’intelligibilité : ces dramaturgies recherchent au contraire la grandeur et la confrontation avec l’inconnu. Elles tirent leur force de l’exaltation d’un mystère. Dramaturgies de la « dé-connaissance », elles relèvent ainsi d’une édification morale religieuse. L’image et le phénomène humain sont présentés comme des mystères. L’édification ne convoque plus l’empathie mais consiste en un art de l’éloignement. Entreprise morale tout de même: si l’écrasement et la dé-connaissance empêchent toute élévation (au sens platonicien), le spectateur se trouve « appelé » à la désillusion. S’il est entendu qu’il est limité, prisonnier d’un monde de représentations et qu’il ne peut donc avoir une compréhension du vrai, ces artistes s’attachent toutefois à lui rendre sensible le fait qu’il vit dans une réalité mensongère.
Bond et Castellucci font du théâtre tout en héritant de sa condamnation théologique. Leurs démarches de créateurs d’images sont donc prises dans l’étau de la haine platonicienne du simulacre. L’appareil rhétorique est redoutable : prophétisation, fatalisme millénariste de la fin de l’histoire, manifestes virulents et cryptés de références philosophiques, abondance de concepts qui suggèrent l’existence d’une lucidité terrible et cachée…
Date de mise en ligne : 22/04/2015
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