L'œuvre morale
Pages 131 à 141
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- BARBÉRIS, Isabelle,
- Barbéris, Isabelle.
- Barbéris, I.
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- Barbéris, Isabelle.
- BARBÉRIS, Isabelle,
Notes
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[1]
Le Nouvel Esprit du capitalisme, Paris, Gallimard, coll. « nrf Essais », 1999.
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[2]
François Ribac, « Le mouvement des intermittents et la crise de la politique culturelle », revue Mouvements no 30, novembre-décembre 2003, pp. 108-115.
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[3]
Histoire, théâtre, politique, op. cit., p. 133.
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[4]
Ariane Mnouchkine parle ici de son appréhension à l’approche des premières représentations des Éphémères. Extrait d’une lettre à un ami (2006) publiée sur le site du Théâtre du Soleil, http://www.theatre-du-soleil.fr/ephemeres/tractephemeres-1.html.
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[5]
Philippe Lacoue-Labarthe et Jean-Luc Nancy, Le Mythe nazi, La Tour d’Aigues, Éd. de l’Aube, 2005.
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[6]
La redécouverte d’Aristote consacre la sortie du néoplatonisme médiéval, sous le couvercle duquel les Pères de l’Église (exception faite de saint Thomas) rivalisèrent de virulence pour condamner les perversions du théâtre, comme dans cet avertissement de saint Jean Chrysostome (349-407) : « Au sortir du théâtre, votre maison vous semble trop simple parce que vous avez dans l’esprit les splendeurs de la mise en scène ; votre femme vous déplaît parce qu’elle est moins belle et moins parée que l’actrice ou la danseuse que vous avez applaudie, et vous faites retomber votre mauvaise humeur sur ceux qui vous entourent. » Les condamnations à répétition de l’Église ont pour principal effet d’encourager l’insolence des artistes de foire. Chaque tour de vis de la censure met le feu aux tréteaux et voit se multiplier parodies des articles du Credo et pièces ridiculisant le pape. Le Parlement de Paris tranche en 1548 en procédant à l’interdiction du théâtre. Cette censure va en réalité accélérer le processus de laïcisation, qui rencontre la redécouverte d’Aristote, point de départ de la réhabilitation du théâtre. Or, dès l’arrivée du texte d’Aristote en Italie (Venise, 1453), cette redécouverte met en avant une lecture morale de la catharsis, par exemple dans le Librum aristotelis de arte poetica explicationes (1548). Son auteur, Francesco Robortello (1516-1567) commence par faire de la catharsis la notion centrale de la Poétique. Puis il lui donne une interprétation morale pour défendre l’idée d’un théâtre utile. La réception humaniste met à contribution l’autorité de Horace et sa théorie de l’utile dulci (Épître aux Pisons) qui donnait déjà de la catharsis une lecture morale. Le manuscrit de la Poétique arrive en France grâce à Scaliger (1540-1609), qui le traduit de l’italien au français. Cette traduction ajoute une pierre à l’édifice moralisateur. Hormis le célèbre exemple de Racine, rares seront les Français qui accéderont au texte aristotélicien d’origine susceptible de neutraliser cette orientation morale de l’interprétation du texte. L’éloignement de la source ne fait qu’étayer l’interprétation morale. Les préfaces de Corneille érigent la tragédie en outil de l’instruction morale suscitant l’admiration de la vertu, qui passe avant la notion de plaisir. L’utilité morale, substituée à l’intelligibilité aristotélicienne, apparaît désormais comme la fonction première de la tragédie.
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[7]
Maurice Pottecher, Le Théâtre du Peuple, in Chantal Meyer-Plantureux, Théâtre populaire. Enjeux politiques de Jaurès à Malraux, Bruxelles, Complexe, 2006, p. 29-42.
La conception néoplatonicienne de la figuration ne se départ pas d’une moralisation des arts. Autrement dit, la condamnation du simulacre n’est pas unilatérale : elle s’articule avec une axiologie du « bon » et du « mauvais » simulacre. L’imitation n’est tolérée que si elle garantit une élévation, en se mettant sous l’autorité de l’éthique ou de la vérité. La conception kantienne n’admet pas quant à elle cette vision instrumentale, médiale et donc hétéronome du beau. Or les arts de la scène restent aujourd’hui encore pris dans l’étau de cet héritage à la fois platonicien et kantien, celui d’une double exigence d’utilité hétéronome et d’autonomie créatrice. La figure du metteur en scène administrateur, héritière du théâtre populaire et de ses visées à la fois artistique et pédagogique, cristallise le paradoxe où il s’agit à la fois de défendre l’utilité des arts vivants sur un public, et l’autonomie qui préside à ce désir d’efficacité. Autonomie en amont, hétéronomie en aval du geste créateur en quelque sorte définiraient la dynamique idéale du théâtre d’art subventionné. L’œuvre morale trouve à se justifier en amalgamant méfiance néoplatonicienne à l’égard des apparences, « critique artiste » (Luc Boltanski, Ève Chiapello), « nostalgie de gauche » (Jacques Rancière) et idéologie du service public. Les postures artistiques y épousent volontiers un discours de vérité reposant sur le présupposé ontologique de l’alliance du beau et du bien. Cette idéologie posturale éclate au grand jour dans les moments de pic de crise…
Date de mise en ligne : 22/04/2015
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