Chapitre 1. L’histoire de la maladie
- Par Pierre Charazac
Pages 9 à 25
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Notes
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[1]
Desrouesné C., Editorial, Réseau démences, n°8, juin 2005 : 1-2.
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[2]
Ce jugement relatif n’ignore pas des travaux tels que ceux de J. de Ajuriaguerra et de ses élèves ( par exemple, Luke, 1973). Mais leur nombre était sans commune mesure avec celui des publications actuelles. À l’inverse, les références psychopathologiques et les qualités cliniques de ces dernières sont loin de se hisser au niveau des précédents.
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[3]
Comme on vient de le voir récemment en France avec la publication du rapport Ménard, vivement contesté par les gérontopsychiatres découvrant que son auteur avait passé sous silence leur spécialité et leurs dispositifs sectoriels implantés sur le territoire nationale depuis des années.
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[4]
C. Thomas-Anthérion (2007) constate que « 70 % des proches suspectaient une maladie d’Alzheimer avant la première consultation ».
Consciemment ou non, tout homme tend à donner un sens à la maladie, qu’elle soit la sienne ou celle d’autrui. C’est une loi du psychisme que de ne pas tolérer l’absence de signification d’un événement ou d’un changement d’état. Donner une raison à la maladie ou à la mort d’autrui nous évite de penser que nous pourrions partager le même sort. Qu’elle soit vraisemblable ou absurde, l’explication en question attribue à la maladie une histoire qui lui est propre. Face à ses nombreuses inconnues, on pourrait s’attendre à ce que la maladie d’Alzheimer stimule dans l’entourage du patient cette recherche d’une causalité ou d’un sens. Pourtant l’expérience montre qu’il en est au contraire souvent empêché.
Longtemps, la classification des maladies a reposé sur leur mode de début et de terminaison, c’est-à-dire sur leur histoire clinique. Avec les progrès des connaissances médicales, se sont imposées d’autres classifications sur la base de leur cause ou de leur réponse à telle thérapeutique. En ce qui concerne la maladie d’Alzheimer, notre retard dans ces domaines conduit un neurologue comme C. Derouesné à conclure une revue des interrogations posées par le cadre des démences d’une manière qui confirme l’importance de l’histoire clinique :
« Soyons modestes, acceptons nos classifications comme des moyens de communication utiles mais provisoires. La recherche de marqueurs histopathologiques spécifiques et de modifications biochimiques dans le cerveau des patients atteints d’affections “dégénératives” est essentielle pour une meilleure définition de ces maladies comme pour la recherche thérapeutique car, en leur absence, il est bien difficile de trouver une orientation pour cette recherche…
Date de mise en ligne : 14/08/2019
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