2. Une recherche-action
Pages 51 à 87
Citer ce chapitre
- ROMAN, Pascal
- et ROSSELLO, Jean-Jacques,
- Roman, Pascal.
- et al.
- Roman, P.
- et Rossello, J.-J.
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- Roman, P.
- et Rossello, J.-J.
- Roman, Pascal.
- et al.
- ROMAN, Pascal
- et ROSSELLO, Jean-Jacques,
Notes
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[1]
On peut se reporter pour cela à la distinction opérée par P. Fustier (2008) entre pratiques « de bureau » et pratiques « de corridor », distinction entre une pratique prise dans un espace-temps délimité et une pratique qui s’appuie sur un temps qui s’écoule, entre un dispositif de spécialiste et un dispositif profane, entre des relations de proximité obligées et des relations distendues, éventuellement choisies…
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[2]
Cf. infra, la discussion autour de l’implantation géographique et de la localisation du sessad dans un ensemble d’immeubles d’habitation (chap. 5, « Des pratiques professionnelles aux limites »).
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[3]
On peut penser aux pratiques de la psychosociologie ou de la sociologie clinique, qui s’appuient sur le recueil et l’élaboration des récits de vie (Bertaux, 1997 ; de Gaulejac, 1999).
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[4]
Pour les deux enfants qui n’ont pas quitté le sessad au cours du recueil des données, se pose la question de la délimitation temporelle du « récit de vie » : en effet, l’analyse du récit recueilli à un temps T1, réalisée à un temps T2, ne pourra faire l’économie des nouveaux éléments à disposition des professionnels pour en affiner la compréhension…
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[5]
Une première transmission de la rédaction d’une observation à l’ensemble des professionnels a mobilisé une forte émotion, dans la mesure d’un vécu d’intrusion, réactivé par le dévoilement de l’intime de la pratique des professionnels. En filigrane, c’est la question du voir qui semble faire point d’achoppement, dans une articulation entre plusieurs registres : voir des professionnels sur l’enfant et sa famille, en lien avec le voir de la stagiaire sur les pratiques des professionnels ou le voir des collègues sur les observations de la pratique des autres…, ou avec le voir du directeur de la recherche sur les engagements professionnels de chacun… C’est dans cette mesure que le choix de ne pas diffuser les observations s’est imposé.
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[6]
Il faut souligner que l’équipe de recherche du sessad a présenté, à plusieurs voix, au sein d’une journée organisée dans le cadre de l’équipe de recherche « Corps et psychopathologie » (professeur Pascal Roman) au sein du crppc à l’université Lumière-Lyon 2, une première partie du travail de recherche réalisé, se confrontant ainsi au regard critique de la communauté scientifique (Rencontres ouvertes du crppc, sur le thème Violence et comportement, interventions sous le titre général : « Accompagner l’instabilité de l’enfant : une pratique pluridisciplinaire, le soin à domicile », le 28 janvier 2006). Signalons également qu’une journée d’études a été organisée à l’issue de la recherche, dans le même cadre : Une institution à domicile : le travail d’équipe en sessad, 26 juin 2009.
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[7]
Cette notion de service de proximité sera reprise dans les travaux les plus récents des 11es Journées d’étude, de recherche et de formation de l’aire : « Jeux de lois : nouvelle donne pour les itep », Lyon, 6-8 décembre 2006 (publié sous le même titre en 2007, Nîmes, Champs social éditions), en référence aux modèles proposés, d’une part, par R. Diatkine avec la création de l’usis en 1971 dans le 13e arrondissement de Paris, et d’autre part par J. Hochmann avec « l’étude thérapeutique », créée en 1976 à Villeurbanne.
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[8]
En contrepoint de ce mouvement de dés-institutionalisation, dont on peut reconnaître l’ancrage au sein des pratiques inspirées de l’anti-psychiatrie italienne, et peut-être en forme de retour cyclique d’un mouvement qui peut faire penser au « grand renfermement » évoqué en son temps par M. Foucault (1975), on assiste actuellement à un nouveau mouvement d’enfermement. Il touche d’une part les adolescents (création des Centres éducatifs fermés en 2004, puis des Établissements pénitentiaires pour mineurs en 2006), et d’autre part les adultes (transfert insidieux de l’institution psychiatrique à l’institution pénitentiaire, adoption d’une loi sur la « rétention de sûreté » en 2008).
Par définition, une recherche-action mobilise les professionnels dans une démarche qui s’inscrit dans une forme d’écart au regard de leur pratique au quotidien. D’une certaine manière, on peut considérer que le dispositif de la recherche-action permet de réduire la tension qui s’exprime classiquement entre l’intérêt des chercheurs universitaires, d’une part, et l’intérêt de la pratique professionnelle au quotidien, d’autre part, ou tout au moins de contenir cette tension.
C’est en tous les cas le sens du choix réalisé dans le cadre de cette recherche d’une implication conjointe, pourrait-on dire, des professionnels de terrain et des chercheurs, dans une démarche qui vise non seulement à produire un savoir sur des pratiques mais également à accompagner le déploiement et/ou l’évolution de ces pratiques. La dimension de l’appropriation de la démarche de recherche par l’ensemble des acteurs est tout à fait fondamentale, aux différents temps de la recherche : définition de l’objet, de la problématique et des hypothèses, des méthodes et de leur mise en œuvre.
La question du bénéfice de la recherche pour les professionnels est récurrente dans le champ des pratiques cliniques. D. Widlöcher (1995) rapporte cette interrogation : « Une question est toujours posée : quel bénéfice peut tirer la pratique clinique des recherches fondées sur elle ? » (p. 31) avec, en filigrane, l’émergence d’une considération qui sous-tend ce questionnement : comment le professionnel peut-il renoncer au savoir sur lequel se fonde sa pratique et sans lequel il ne pourrait assumer sa position professionnelle …
Date de mise en ligne : 01/04/2012
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