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Ficher des vieillards

Pages 143 à 148

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  • Rossigneux-Méheust, M.
(2023). Ficher des vieillards. Dans
  • M. Rossigneux-Méheust
  • et E. Génard
Routines punitives : Les sanctions du quotidien XIXe-XXe siècle (p. 143-148). CNRS Éditions. https://doi.org/10.3917/cnrs.rossi.2023.01.0143.

  • Rossigneux-Méheust, Mathilde.
« Ficher des vieillards ». Routines punitives Les sanctions du quotidien XIXe-XXe siècle, CNRS Éditions, 2023. p.143-148. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/routines-punitives--9782271133113-page-143?lang=fr.

  • ROSSIGNEUX-MÉHEUST, Mathilde,
2023. Ficher des vieillards. In :
  • ROSSIGNEUX-MÉHEUST, Mathilde
  • et GÉNARD, Elsa,
Routines punitives Les sanctions du quotidien XIXe-XXe siècle. Paris : CNRS Éditions. Hors collection, p.143-148. DOI : 10.3917/cnrs.rossi.2023.01.0143. URL : https://shs.cairn.info/routines-punitives--9782271133113-page-143?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/cnrs.rossi.2023.01.0143


Le suivi disciplinaire nécessite des outils administratifs et suppose rigueur et persévérance. Ces deux compétences sont réunies à la maison de retraite de Villers-Cotterêts où un fichier de sortants est tenu entre 1956 et 1980. En tout, 308 résidents qui ont posé problème dans l’établissement, avant d’en sortir, figurent dans le fichier. Cette liasse de petites feuilles bristol, comportant toutes une case « comportement général » et une autre « nombre de rapports », intrigue dans un espace réservé à l’hébergement de personnes âgées. Le fichage des « indésirables », pratique majeure des sociétés démocratiques, toucherait donc aussi les résidents en fin de vie admissibles à l’aide sociale. Comment comprendre cet usage de la « mise en fiche » (Sandrine Kott, 1998) dans une maison de retraite du second xxe siècle ?
À l’époque où débute ce fichier, la maison de retraite de Villers-Cotterêts hérite d’une histoire qui voisine celle de la répression et ses pratiques. Dépôt de mendicité depuis 1808, ce château était réservé aux centaines de vagabonds de la Seine trouvés sur la voie publique à Paris. En 1889, il devient la seule maison de retraite sous l’autorité de la préfecture de Police, et si le règlement de l’établissement connaît quelques aménagements, les questions de police intérieure obéissent aux mêmes logiques répressives. Punir et transférer restent le quotidien de cette administration. On trouve ainsi dans les archives de la fin du xixe siècle un petit registre des exclus transférés pour « motif disciplinaire » vers la maison départementale de Nanterre entre 1890 et 1898. Par ailleurs, la tradition disciplinaire est maintenue par le recrutement du personnel puisque, dans cet établissement éloigné de 75 kilomètres de Paris, l’essentiel des agents vient de Villers-Cotterêts…


Date de mise en ligne : 20/08/2024

https://doi.org/10.3917/cnrs.rossi.2023.01.0143

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