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Réprimer le bavardage en prison

Pages 131 à 135

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  • Génard, E.
(2023). Réprimer le bavardage en prison. Dans
  • M. Rossigneux-Méheust
  • et E. Génard
Routines punitives : Les sanctions du quotidien XIXe-XXe siècle (p. 131-135). CNRS Éditions. https://doi.org/10.3917/cnrs.rossi.2023.01.0131.

  • Génard, Elsa.
« Réprimer le bavardage en prison ». Routines punitives Les sanctions du quotidien XIXe-XXe siècle, CNRS Éditions, 2023. p.131-135. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/routines-punitives--9782271133113-page-131?lang=fr.

  • GÉNARD, Elsa,
2023. Réprimer le bavardage en prison. In :
  • ROSSIGNEUX-MÉHEUST, Mathilde
  • et GÉNARD, Elsa,
Routines punitives Les sanctions du quotidien XIXe-XXe siècle. Paris : CNRS Éditions. Hors collection, p.131-135. DOI : 10.3917/cnrs.rossi.2023.01.0131. URL : https://shs.cairn.info/routines-punitives--9782271133113-page-131?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/cnrs.rossi.2023.01.0131


Pour qui s’attarde sur le dossier pénitentiaire de Simone A., condamnée à cinq ans d’emprisonnement pour vol, la liste de ses infractions sanctionnées pendant son séjour à la maison centrale de Rennes ne saurait passer inaperçue. En effet, son « bulletin de statistique morale », selon la dénomination administrative en vigueur, frappe par sa longueur. Transférée le 10 octobre 1920 depuis la prison de Saint-Lazare, cette artiste de 22 ans a été punie 172 fois pendant les quatre années qu’a duré son séjour rennais. Un œil plus attentif encore remarquera la récurrence d’une faute : le « bavardage ». Avec 61 occurrences, cette infraction domine toutes les autres, loin devant les 9 « défauts de tâche », les 6 « désordres » ou les 5 « récriminations ». Elle est à l’origine de la comparution de Simone au prétoire de justice disciplinaire en moyenne tous les vingt jours. Un tel motif, aujourd’hui associé à l’univers scolaire, peut paraître bien dérisoire. Les listes individuelles qui consignent les punitions, conservées dans les dossiers de détenus, nous apprennent pourtant qu’il fut le premier motif d’infractions sanctionnées dans les maisons centrales au xixe siècle et pendant une grande partie du xxe siècle, devant les fautes liées au travail ou les trafics. Quelle pression disciplinaire l’infraction de « bavardage » a-t-elle fait peser sur la population carcérale pendant un siècle et demi ?
Aucun règlement pénitentiaire ne mentionne explicitement le « bavardage » comme infraction…


Date de mise en ligne : 20/08/2024

https://doi.org/10.3917/cnrs.rossi.2023.01.0131

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