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« Mir fällt zu Hitler nichts ein »

Pages 15 à 26

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  • Stieg, G.
(2009). « Mir fällt zu Hitler nichts ein » Dans
  • A. Lauterwein
  • et C. Strauss-Hiva
Rire, Mémoire, Shoah (p. 15-26). Éditions de l'Éclat. https://doi.org/10.3917/ecla.laute.2009.01.0015.

  • Stieg, Gérald.
« “Mir fällt zu Hitler nichts ein” ». Rire, Mémoire, Shoah, Éditions de l'Éclat, 2009. p.15-26. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/rire-memoire-shoah--9782841621828-page-15?lang=fr.

  • STIEG, Gérald,
2009. « Mir fällt zu Hitler nichts ein » In :
  • LAUTERWEIN, Andréa
  • et STRAUSS-HIVA, Colette,
Rire, Mémoire, Shoah. Paris : Éditions de l'Éclat. Bibliothèque des fondations, p.15-26. DOI : 10.3917/ecla.laute.2009.01.0015. URL : https://shs.cairn.info/rire-memoire-shoah--9782841621828-page-15?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ecla.laute.2009.01.0015


Notes

  • [1]
    Karl Kraus, Troisième nuit de Walpurgis, traduit de l’allemand par Pierre Deshusses. Préface de Jacques Bouveresse, Marseille, Agone, 2005, p. 12. Le traducteur a finalement opté pour la non-traduction de cette phrase dont le sens littéral est « À propos de Hitler, rien ne me vient à l’esprit » et qui a entraîné une foule d’interprétations stupides dont certaines se trouvent documentées dans l’introduction de la traduction française, p. 12-13.
  • [2]
    Klaus Amann, Robert Musil. Literatur und Politik. Mit einer Neuedition ausgewählter Schriften aus dem Nachlass. Reinbek, Rowohlt, 2007.
  • [3]
    Fackel n°557-60, p. 59.
  • [4]
    Cf. Gerald Stieg, « Wolkenkuckucksheim de Karl Kraus ou Aristophane au service de la Première République d’Autriche ». In : Sabine Kremser-Dubois et Philippe Wellnitz (éds.), La satire au théâtre. Satire und Theater. Montpellier, Université Paul Valéry, 2005, p. 171-184.
  • [5]
    Hakenkreuz comme signature dans les urinoirs (Fackel n°640-648, p. 129) ; « Gezücht von Hakenkreuzottern » (« couvée de vipères à croix gammées ») (Fackel n°601-607, 1922 ( !), p. 41) ; « Am Himmel kommen’s aus ganz ohne Hakenkreuz » (« au ciel ils s’en sortent bien sans croix gammée ») dans le couplet de Knieriem ou « Mit der Justiz der Republik ist’s ein recht’s Hakenkreuz » (« c’est vraiment la croix gammée et la bannière avec la justice de la République ») dans le couplet de Gundelhuber (Fackel n°640-648, p. 110 et p. 112) ; « Hakenkreuzler (deutsche und jüdische !) » (« les croisés gammés (allemands et juifs !) ») (Fackel n°649-656, p.141) ; « ihnen das Hakenkreuz einzubrennen » (« les marquer au fer avec la croix gammée ») (Fackel n°657-667, p. 3) ; « das Hakenkreuz wird zum Sinnbild der Nächstenliebe » (« la croix gammée devient le symbole de l’amour du prochain ») (Fackel n°679-685, p. 136) ; « so lange wird die Sache mit mir einen Haken und die ‘Dötz‘ ihr Kreuz haben » (Fackel n°778-780, p. 32) ; « Bürgertum zwischen Hakenkreuz und Kurszettel » (« bourgeoisie entre la croix gammée et la cote de la bourse ») (Fackel n°781-786, p. 21) ; « zum Hakenkreuz bekennen » (« faire profession de foi gammée ») (Fackel n°787-794, p. 149) ; « und wenn die Welt voll Hakenkreuzler wäre ! » (« et si le monde était plein de croisés gammés ! ») (Fackel n°857-863, p. 107 de même Fackel n°876-884, p. 1) ; « Österreich […] ans Hakenkreuz geschlagen » (« l’Autriche cruci-gammée ») (Fackel n°917-922, p. 78) ; « hakenkreuzlerische Kreise » (« milieux croisés gammés ») (Fackel n°800-805, p. 73).
  • [6]
    Fackel n°613-621, avril 1923 ( !), p. 13.
  • [7]
    Cf. à ce propos l’analyse de Pierre Bourdieu dans « Actualité de Karl Kraus » (Austriaca n°49, 1999, p. 37-43).
  • [8]
    « Der alte Landsknecht », Fackel n°876-884, octobre 1932, p. 48-49.
  • [9]
    « Warum die Fackel nicht erscheint », Fackel, n°890-905, 1934.
  • [10]
    Fackel, n°697-705, p. 9-10.
  • [11]
    Fackel, n°668-675, p. 149-52.
  • [12]
    « La mère est protégée par le paragraphe 144 que la concupiscence tente de déchirer et mordre dans une rage vaine… Le paragraphe restera, même si Juda pousse des hauts cris ! / Ils aimeraient arracher les dernières barrières à l’Aryen. Du calme ! Ce temps ne viendra jamais malgré toutes ces bêtes immondes ! Le monde périra, le paragraphe restera ! / Aux yeux de gens qui voient le but de la vie dans le plaisir lubrique, notre peuple allemand devrait silencieusement se transformer en bordel… »
  • [13]
    Fackel, n°806-809, p. 51 sq. et 69.
  • [14]
    Troisième nuit de Walpurgis, cit. p. 186.
  • [15]
    « Und nun geschah, was jeden Vergleich mit einem deutschen Mittelalter zur Lästerung macht. Ein Hexengeifer von Sexualhass und Erpressung war zwischen Nürnberg, Ingolstadt, Mannheim, Worms und Kassel losgebunden und aus dem journalistischen Dreck erstand täglich der Pranger der rehabilitierten Rasse und der besudelten Natur. » Ibid., p. 381-388.
  • [16]
    En analogie à la chanson tyrolienne « Zillertal, du bist mein Freud ». Fackel n°697-905, p. 11, octobre 1925.
  • [17]
    Fackel n°640-648, janvier 1924, p. 156-158.
  • [18]
    Un cas particulièrement drôle est celui de l’écrivain « sudète-allemand » Hans Watzlik dont Kraus affirme qu’il descend directement de « Tuisco ». Fackel 657-667, 1924, p. 85.
  • [19]
    Fackel n°657-667, p. 87-90. Le poème du Dötz en français : « Dernière volonté/ La finalité ultime de mon corps ne m’intéresse pas ! Au cimetière sous la fleur et la pierre, sur une prairie calme, près du champ, dans la sombre forêt, sur la colline verte, dans la neige blanche et bleutée des cîmes – cela m’est égal ! Je ne tiens qu’à une seule chose : que ce soit de la terre fidèle à sa germanité ; un cercueil de planches modeste et simple fait d’un arbre allemand, un homme au bord de la tombe qui donne sa bénédiction en allemand – je n’en demande pas plus. Fermez-moi alors les paupières, doucement, et enterrez-moi pour le sommeil éternel ! »
  • [20]
    Fackel n°852-856, mai 1931, p. 29-40.

Cette phrase « est devenue un emblème », dit le traducteur français de Troisième nuit de Walpurgis. En effet, elle a déterminé l’opinion sur Karl Kraus depuis 1933 et a été longtemps considérée comme l’expression d’une impuissance coupable, voire d’une véritable chute biblique du prophète Kraus. Comme si Troisième nuit de Walpurgis se résumait à sa première phrase. On sait que la première réaction publique de Kraus à la prise de pouvoir par Hitler a été le poème « Man frage nicht... », qui se terminait par le vers : « Das Wort entschlief, als jene Welt erwachte » (« La parole rendait son dernier souffle lorsque ce monde s’éveillait. ») Parmi les matériaux que Robert Musil a accumulés sur le national-socialisme il y avait un « Adolf-Hitler-Lied » où on peut lire ceci : « Ein großes Volk, durch Gift erschlafft, / Nicht länger schlafen mag. / Wer unser Deutschland rief, / Als es noch schlief ? » (« Un grand peuple ramolli par du poison / ne veut plus dormir. / Qui appela notre Allemagne / quand elle dormait encore ? ») Moins poétique, le slogan « Deutschland erwache, Juda verrecke ! » (« Allemagne réveille-toi, crève Juif ! ») forme un autre hypotexte du poème de Kraus. Insinuer que le plus grand satiriste de langue allemande, le pourfendeur de Guillaume II et de Ludendorff, aurait été incapable de comprendre la vraie nature du national-socialisme était une pratique courante de la critique journalistique et politique depuis 1934 jusqu’à aujourd’hui. Certes, l’idéologie et la pratique nationale-socialiste…


Date de mise en ligne : 01/04/2012

https://doi.org/10.3917/ecla.laute.2009.01.0015

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