Compte rendu

Jeanneney Jean-Noël (dir.), Une idée fausse est un fait vrai. Les stéréotypes nationaux en Europe, Paris, Odile Jacob, 2000, 230 p., 145 F., 22,11 €., Fumaroli Marc, Bonnefoy Yves, Weinrich Harald, Zink Michel (dir.), Identité littéraire de l’Europe, Paris, PUF, 2000, 224 p. (coll. « Perspectives littéraires »), 139 F., 21,19 €.

Pages 170g à 190g

Citer cet article


  • Rioux, J.-P.
(2001). Jeanneney Jean-Noël (dir.), Une idée fausse est un fait vrai. Les stéréotypes nationaux en Europe, Paris, Odile Jacob, 2000, 230 p., 145 F., 22,11 €., Fumaroli Marc, Bonnefoy Yves, Weinrich Harald, Zink Michel (dir.), Identité littéraire de l’Europe, Paris, PUF, 2000, 224 p. (coll. « Perspectives littéraires »), 139 F., 21,19 €. Vingtième Siècle. Revue d'histoire, no 70(2), 170g-190g. https://doi.org/10.3917/ving.070.0170g.

  • Rioux, Jean-Pierre.
« Jeanneney Jean-Noël (dir.), Une idée fausse est un fait vrai. Les stéréotypes nationaux en Europe, Paris, Odile Jacob, 2000, 230 p., 145 F., 22,11 €., Fumaroli Marc, Bonnefoy Yves, Weinrich Harald, Zink Michel (dir.), Identité littéraire de l’Europe, Paris, PUF, 2000, 224 p. (coll. “Perspectives littéraires”), 139 F., 21,19 €. ». Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 2001/2 no 70, 2001. p.170g-190g. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2001-2-page-170g?lang=fr.

  • RIOUX, Jean-Pierre,
2001. Jeanneney Jean-Noël (dir.), Une idée fausse est un fait vrai. Les stéréotypes nationaux en Europe, Paris, Odile Jacob, 2000, 230 p., 145 F., 22,11 €., Fumaroli Marc, Bonnefoy Yves, Weinrich Harald, Zink Michel (dir.), Identité littéraire de l’Europe, Paris, PUF, 2000, 224 p. (coll. « Perspectives littéraires »), 139 F., 21,19 €. Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 2001/2 no 70, p.170g-190g. DOI : 10.3917/ving.070.0170g. URL : https://shs.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2001-2-page-170g?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ving.070.0170g


Notes

  • [1]
    Cf. le compte rendu qu’en a donné Isabelle Veyrat-Masson pour Vingtième Siècle « Les stéréotypes nationaux et la construction européenne », Avis de recherches, Vingtième Siècle. Revue d’histoire, 66, avril 2000, p. 162-164.

1 Cocasses ou inquiétants, les stéréotypes nationaux ont eu longtemps la vie belle et, à l’abri de chaque frontière de l’Europe, les comportements collectifs, l’éducation, les médias, ont été marqués par leurs clichés et leurs clins d’œil, de génération en génération. Le mérite du colloque organisé en 1999 et si promptement édité par Europartenaires, la Fondation Friedrich Ebert et la Fondation Jean-Jaurès [1] est d’avoir su dépasser ce constat banal en organisant la discussion autour de l’idée la plus simple et la plus opératoire en histoire comparée : le stéréotype en dit plus sur le locuteur que sur l’Autre ainsi raillé, il est un vrai baromètre de l’identité nationale. Il y a « une profondeur du dérisoire » (Jean-Noël Jeanneney). On trouvera donc dans ce petit livre, outre maints aperçus sur l’historiographie du sujet, de piquantes réflexions sur des moments de basculement (la pacification du stéréotype pendant les sixties, par Jean-François Sirinelli), sur les meilleurs vecteurs (la caricature par Christian Delporte, le sport par Jean Lacouture, la télévision par Isabelle Veyrat-Masson, Helmut Thoma et Jérôme Clément), sur le rôle de l’école et de ses manuels, ou sur les éternelles scènes de ménage des vieux couples franco-allemand et franco-anglais. Mais il devient tout à fait passionnant quand on y lit l’idée d’avenir, qui pourrait d’ailleurs régenter aussi une histoire rétroactive à mettre en chantier : ces idées reçues ont été en si constant décalage avec les évolutions culturelles qu’il n’est pas déplacé de songer, aujourd’hui, à s’en emparer pour faire piquer au vif une Europe des cultures nationales en copropriété ou à tout le moins en cohabitation.

2 C’est pour un enracinement lui aussi sans jalousie ni raillerie que plaide de son côté Marc Fumaroli, maître d’œuvre d’une autre édition de colloque, sur l’Europe des lettres depuis l’Antiquité. Au chapitre contemporain, on retiendra de beaux textes de Jean-Yves Tadié sur la culture européenne de Proust, de Jacques Le Rider sur nos dettes à l’Europe centrale littéraire ou de Carlo Ossola sur le peuple chez Ungaretti et Pasolini. Pierre Rosanvallon, par un solide retour à ses chers auteurs du premier 19e siècle, maintient à juste titre qu’on peut réfléchir à l’Europe comme une forme et la penser comme une collectivité à condition de savoir, comme hier, que la constitution du demos démocratique et le développement des idéaux européens participent du même élan. Refaire la nation et construire l’Europe vont de pair. Joyce et Kazantzakis, après tout, ont repris l’Odyssée.

3 Jean-Pierre Rioux


Date de mise en ligne : 01/12/2005

https://doi.org/10.3917/ving.070.0170g