Les « bandits armés » du Mozambique
De la légitimité dans une guérilla de droite
- Par Michel Cahen
Pages 128 à 141
Citer cet article
- CAHEN, Michel,
- Cahen, Michel.
- Cahen, M.
https://doi.org/10.3917/vin.141.0128
Citer cet article
- Cahen, M.
- Cahen, Michel.
- CAHEN, Michel,
https://doi.org/10.3917/vin.141.0128
Notes
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[1]
MPLA : Mouvement populaire pour la libération de l’Angola, groupe apparu en 1960 mais issu d’une maturation anticoloniale plus ancienne à Luanda, au pouvoir sans interruption depuis 1975 ; FNLA : Front national de Libération de l’Angola, la plus vieille formation anticoloniale, liée à l’une des branches de la famille royale kongo et appuyée par le Zaïre et les États-Unis mais militairement vaincue dès 1977 ; Unita : Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola, groupe apparu en 1965, de faible importance jusqu’en 1974 mais qui devint la principale opposition armée au MPLA jusqu’à sa défaite de 2002, implantée notamment dans le Centre-Sud du pays.
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[2]
Un peu comme des Français soutinrent le FLN algérien et partirent comme coopérants « pieds-rouges » en Algérie, des centaines de jeunes intellectuels des pays occidentaux partirent dans les pays africains de langue portugaise. Ils y côtoyèrent les Sud-Américains fuyant les dictatures et des coopérants des pays de l’Est.
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[3]
Christian Geffray, La Cause des armes au Mozambique. Anthropologie d’une guerre civile, Paris, Karthala-CREDU, 1990. À peu près au même moment, je publiai Mozambique. Analyse politique de conjoncture 1990, Paris, Indigo Publications, 1990. Pour la guerre civile angolaise, voir les travaux pionniers de Christine Messiant et notamment son recueil posthume L’Angola post-colonial. 1. Guerre et paix sans démocratisation, 2. Sociologie politique d’une oléocratie, préf. de Georges Balandier, Paris, Karthala, 2008.
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[4]
Pour une relecture plus récente et critique de La Cause des armes, voir Michel Cahen, « De la guerre civile à la plèbe : la Renamo du Mozambique. Trajectoire singulière ou signal d’évolution continentale ? », in Yann Guillaud et Frédéric Létang (dir.), Du social hors la loi. L’anthropologie analytique de Christian Geffray, Marseille, IRD éditions, 2009, p. 73-88.
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[5]
Ces dernières ne sont même pas vraiment closes. Voir Alice Dinerman, Revolution, Counter-revolution and Revisionism in Post-Colonial Africa. The Case of Mozambique, 1975-1994, Londres, Routledge, 2006 ; et ma réponse : « À la recherche de la défaite : notes sur une certaine historiographie de la “révolution” et de la “contre-révolution”, au Mozambique et sans doute ailleurs », Politique africaine, 112, 2008, p. 161-181.
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[6]
Stephen A. Emerson, The Battle for Mozambique. The Frelimo-Renamo Struggle, 1977-1992, West Midlands, Helion and Company, 2014 ; Marlino Eugenio Mubai, « Making War on Village and Forest : Southern Mozambique during the Sixteen Year Conflict 1976-1992 », thèse de doctorat en histoire, University of Iowa, 2015 ; Éric Morier-Genoud, Michel Cahen et Domingos do Rosário (dir.), The War Within. New Perspectives on the Civil War in Mozambique, 1976-1992, Martlesham, James Currey, 2018 ; Michel Cahen, « Nós não somos bandidos ». A vida diária numa guerrilha de direita : a Renamo na época do Acordo de Incomati (1983-1985), Lisbonne, Imprensa de Ciências Sociais, à paraître.
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[7]
En fait, elles ne sont pas officiellement accessibles, mais d’intrépides étudiants mozambicains de master et de doctorat ont parfois réussi à pénétrer dans les « stocks de vieux papiers » des greniers (ou caves) des palais des gouverneurs de province. En réalité, ces archives sont en grand danger.
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[8]
Les troupes zimbabwéennes avaient, de fait, la direction des opérations militaires dans tout le centre du Mozambique, en raison de l’alliance entre les régimes de Samora Machel (Mozambique) et Robert Mugabe (Zimbabwe).
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[9]
J’explique les conditions de mon accès à ces documents, appelés ici Cadernos de Gorongosa (Cahiers de Gorongosa), et établis leur liste dans mon chapitre « The War as Seen by Renamo : Guerrilla Politics and the “Move to the North” at the Time of the Nkomati Accord (1983-1985) », in É. Morier-Genoud et al. (dir.), The War Within…, op. cit., p. 100-146. L’exploitation complète de ces documents internes de la Renamo sera faite dans mon ouvrage, à paraître en portugais, « Nós não somos bandidos »…, op. cit.
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[10]
Accord de Nkomati du 16 mars 1984. Pour l’analyse des dimensions politique et économique de cet accord, voir Michel Cahen, Mozambique, la révolution implosée. Études sur douze années d’indépendance (1975-1987), Paris, L’Harmattan, 1987.
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[11]
Une exception pionnière fut constituée par les articles de Jean-Claude Legrand, « Logique de guerre et dynamique de la violence en Zambézia (1976-1991) », Politique africaine, 50, 1993, p. 88-104 ; « Passé et présent dans la guerre du Mozambique : les enlèvements pratiqués par la Renamo », Lusotopie, 3-4, 1995, p. 137-149. Plus tardivement, voir mon ouvrage Les Bandits. Un historien au Mozambique, 1994, Paris, Publications du Centre culturel Calouste-Gulbenkian, 2002.
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[12]
La réalité fut néanmoins quelque peu différente. À la fin du conflit, quand les soldats des deux camps voulurent rentrer chez eux, des cérémonies locales eurent lieu un peu partout pour que les esprits des ancêtres, et en particulier les esprits vengeurs de morts restés sans sépulture, acceptent ces retours. Voir notamment Alcinda Manuel Honwana, « Healing for Peace : Traditional Healers and Post-War Reconstruction in Southern Mozambique », Journal of Peace Psychology, 3, 1997, p. 293-305 ; id., Espíritos vivos, tradições modernas. Possessão de espíritos e reintegração social pós-guerra no sul de Moçambique, Maputo, Promédia, 2002.
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[13]
C. Geffray, La Cause des armes…, op. cit.
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[14]
La politique de villagisation a été une composante essentielle de la politique rurale du Frelimo, qui a dressé contre lui une large partie de la paysannerie qui ne refusait pas, a priori, la modernisation, si elle permettait de vivre mieux et avait une utilité sociale. La villagisation provoqua au contraire une vaste crise et fut un échec politique. Dès qu’ils le pouvaient, les paysans fuyaient et si la Renamo attaquait le village, la plupart du temps, elle avait le soutien des paysans.
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[15]
Les rituels de la pluie, par exemple, taxés d’« obscurantisme », furent interdits. Si une sècheresse survenait, le Frelimo était alors perçu comme coupable.
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[16]
Cadernos de Gorongosa, 7, message no 61 (ci-après : CG7/61), Do GCN para C/ Zacarias [Pedro], 5 septembre 1984.
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[17]
Macondes (Makondes) : peuple de l’extrême Nord du Mozambique et du Sud de la Tanzanie ; Macuas (Makhuwas), grand peuple étendu sur plusieurs provinces du Nord du pays, dont celle de Nampula ; Yaos (WaYao), peuple islamisé du Nord-Ouest du pays ; Lómuès (Lomwe), sous-groupe macua dans la province de Zambézie. CG7/262, Do C/em Chefe Supremo das forças armadas da Renamo para Chefe G[rupo] C[oordenador Norte] em resposta da sua Msg que falava sobre 4 recrutas que fugiram em Sofala, 3 novembre 1984.
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[18]
Dans son projet de nation, le Frelimo mélangea systématiquement les guérilleros de diverses régions et la langue de la guérilla fut la langue portugaise. Cela n’empêcha pas la domination des éléments sudistes (venus de la capitale) aux plus hauts échelons du commandement. Cette politique, grosso modo, continua pendant la phase « marxiste-léniniste » (1977-1989) et continue encore de nos jours, et le poids des langues africaines diminue continûment au Mozambique. Cela exprime un paradigme de modernisation (un temps qualifié de « transition socialiste ») dans lequel la « production de la nation » ne vient pas d’un long processus historique de confluence des nations précoloniales en une nation de nations grâce à l’identification politique à une République sociale, mais d’une politique rapide d’uniformité nationale contre les nations précoloniales considérées en bloc comme « féodales ». Bien que la Renamo soit très hostile à ce « nouveau colonialisme », elle n’a jamais réussi à élaborer une culture politique alternative.
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[19]
Cet article ne traite pas de la question spécifique des enfants-soldats (de moins de 16 ans). Sur ce thème, on a des données précises pour la dernière année de guerre, grâce à l’enregistrement des combattants démobilisés des deux camps par l’Organisation des nations unies en 1992-1993. Le nombre absolu d’enfants-soldats était presque le même dans l’armée gouvernementale (5 631) et dans les rangs rebelles (5 885), mais bien moindre en pourcentage du total des combattants dans la première (7,94 % de 70 902) que chez les seconds (26,78 % de 21 979). Voir Ton Pardoel, Socio-Economic Profile of Demobilized Soldiers in Mozambique, Maputo, UNDP, 1994.
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[20]
Les régions militaires de la Renamo eurent toutes des noms d’animaux à partir de 1984, mais souvent les mêmes noms se répétaient selon les grandes aires géographiques. J’ai donc rajouté la mention « Nord », « Sud » ou « Centre » pour les discerner. La région Buffalo-Sud recouvre l’essentiel de la province de Gaza dans le Sud du pays. Voir la carte des régions militaires de la Renamo.
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[21]
CG5/789, Da [Região no 3], C/S Golo ao EMG, s. d. [septembre 1983].
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[22]
CG5/796, Da Região no 3 ao DDRNM, s. d. [septembre 1983].
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[23]
« Ces FPLM », c’est-à-dire « ces soldats des Forces populaires de libération du Mozambique » (armée gouvernementale). CG1/78-1, Do CH/ da Segurança [Matheus Ngonhamo ?] para C/Zacarias Pedro, 8 décembre 1984.
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[24]
CG8/213, Do C/ em Chefe Supremo das Forças das Renamo para C/Bob, 19 novembre 1984.
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[25]
CG1/84-3, Do Com/Nacional Avelino Samuel para EMG, 2 décembre 1984.
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[26]
Il est impossible d’aborder la question ici, mais le Mozambique dit marxiste-léniniste n’a jamais été un pays communiste comparable à Cuba ou au Vietnam (pour ne citer que des pays du Sud).
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[27]
CG1/12, Do C/Regional no 6 Leopardo para DDRNM, 21 août 1984.
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[28]
Milices locales de la Renamo le plus souvent sans arme à feu, obéissant aux chefs traditionnels mais aussi, le cas échéant, aux commandants des bases. Les mudjibas avaient un rôle fondamental dans l’information, l’alerte en cas d’approche d’une colonne gouvernementale, etc.
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[29]
« Elementos da população », expression issue du vocabulaire politique du Frelimo pour désigner des habitants qui ne sont pas membres du parti au pouvoir (dans le vocabulaire de ce dernier, le povo – le peuple, concept politique – est l’ensemble des habitants membres du parti ; les autres ne sont que des « éléments de la population »). La Renamo a repris l’expression pour désigner la population des deux bords, en précisant si nécessaire « elementos do inímigo » (éléments/population de l’ennemi) ou « elementos nossos » (notre population). Sur le lexique politique de la Renamo, voir mon article « Entrons dans la nation. Notes pour une étude du discours politique de la marginalité. Le cas de la Renamo du Mozambique », Politique africaine, 67, 1997, p. 70-88.
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[30]
Pour ne citer qu’un article très récent : Lily Bunker, « War Accounts from Ilha Josina Machel, Maputo Province », in É. Morier-Genoud et al., The War Within…, op. cit., p. 181-200.
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[31]
Le Frelimo parlait de populações recuperadas (populations récupérées). Les reportages de journalistes gouvernementaux laissent clairement entrevoir que cette population recuperada était formée de femmes, d’enfants et de vieillards. Les hommes, ou bien étaient avec la Renamo, ou bien, même civils, venaient d’être tués.
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[32]
Bien que l’expression générale « relations sexuelles avec des éléments de la population » soit très fréquente dans les messages, je n’ai trouvé aucun indice qu’elle pourrait renvoyer aussi à des relations homosexuelles, ce qui ne veut pas dire qu’elles n’existaient pas.
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[33]
Base rebelle près de la localité de même nom, dans le Nord de la province de Manica.
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[34]
CG8/380, Do C/em CH/Supremo das Forças Armadas da Renamo para C/Se[ctorial] Pedro Chuva, 1er décembre 1984.
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[35]
CG1/30-1, Do C/Regional da Região Rinoceronte para DDRNM, 26 août 1984.
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[36]
CG8/289, Do C/Reg[ional] da R[egião] R[inoceronte] ao DD, 26 novembre 1984 ; CG2/174, Do C/R[egional] [Rinoceronte] para DD, 27 novembre 1984.
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[37]
Nipa : eau-de-vie de cajou ou d’autres fruits.
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[38]
CG6/137, Do C/R[egional da] R[egião] Rinoceronte para DDRNM, 31 novembre 1984.
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[39]
CG1/90, Do Chefe Raúl Dick [Dique] para Presidente da Renamo, 13 avril 1985.
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[40]
C. Geffray, La Cause des armes…, op. cit., p. 113-116.
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[41]
Les Cadernos concernant la vie quotidienne militaire de la guérilla, si ces mariages forcés ne posaient pas problème à la discipline, il est logique qu’ils n’aient pas même été mentionnés.
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[42]
Forces populaires de libération du Mozambique, l’armée gouvernementale.
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[43]
CG5/557, Da Região no 8 ao DDRNM, s. d. [entre juillet et septembre 1983].
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[44]
On ne connaît même pas le nombre total de morts (en combats ou lors des famines) : le chiffre de « un million » est généralement avancé, mais sans étude aucune pour le justifier.
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[45]
En décembre 1984, le Détachement féminin avait sans doute l’effectif d’un bataillon, soit un peu plus de 300 combattantes. À ma connaissance, il ne fut jamais directement utilisé en combat, mais plutôt en mission de reconnaissance et de transport, même si ses membres avaient un entraînement militaire et possédaient chacune une arme.
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[46]
« DFs » : femmes du Détachement féminin.
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[47]
CG7/263, Do C/ em Chefe Supremo das F[orças] Armadas da Renamo para os C/ Generais António Pedro e Henriques Samuel, 5 novembre 1984.
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[48]
M. Cahen, « Nós não somos bandidos »…, op. cit.
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[49]
M. Cahen, Les Bandits…, op. cit.
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[50]
Le Frelimo se définit comme un « Front » de 1962 à 1977. Mais lors de son troisième congrès, deux ans après l’indépendance (1975), il adopta officiellement le « marxisme-léninisme » et se définit dès lors comme « parti d’avant-garde de l’alliance ouvriers-paysans ». Cependant, dans le langage courant, il n’abandonna pas son nom originel, lui accolant simplement le vocable partido.
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[51]
Par exemple : CG3/144, Do E.M. 1a Zona R.T. Sul para EMG, 1er janvier 1985. Il faut noter qu’aujourd’hui, la Renamo qualifie la guerre civile de « Guerre pour la démocratie » : elle distingue une première étape dirigée par le Frelimo (« la lutte de libération nationale ») qui a dû être prolongée en une seconde étape par la « lutte pour la démocratie ».
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[52]
Les Continuadores étaient l’organisation de scoutisme obligatoire des jeunes scolarisés en zone gouvernementale. En zone Renamo, cela peut désigner des enfants-soldats.
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[53]
CG8/152, Do DD para C/Secto[rial] Vasco Sendai, 17 novembre 1984.
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[54]
CG9/161, De Amade [Viagem] para o S.R. Presidente da Renamo, 27 décembre 1984.
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[55]
CG10/38, Do C/ em CH Supremo das Forças Armadas da Renamo para C/Languane Oliveira [C/Reg. Rinoceronte], mensagem no 10, 18 janvier 1985.
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[56]
CG7/40, Do C/Zacarias [Pedro] para C/General António Pedro, 3 septembre 1984.
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[57]
CG2/320, Do C/ em Chefe Sup[remo] das Forças armadas da Renamo para C/Reg[ional] em resposta da mensagem no 9, 14 décembre 1984.
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[58]
En effet, dans la Renamo, il n’y avait ni accumulation ni redistribution. Voir Eric Hobsbawm, Primitive Rebels. Studies in Archaic Forms of Social Movement in the 19th and 20th Centuries, Manchester, Manchester University Press, 1959.
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[59]
Allen Isaacman, « Social Banditry in Zimbabwe (Rhodesia) and Mozambique, 1894-1907 : An Expression of Early Peasant Protest », Journal of Southern African Studies, 4 (1), 1977, p. 1-30.
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[60]
David Kilcullen, The Accidental Guerrilla. Fighting Small Wars in the Midst of a Big One, Oxford, Oxford University Press, 2009.
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[61]
M. Cahen, « Entrons dans la nation… », art. cité, p. 70-88.
La Renamo mena, avec le soutien de l’Afrique du Sud de l’apartheid, une guerre de seize années (1977-1992) contre le régime « marxiste-léniniste » du Frelimo. Elle est ici éclairée par des sources jamais mobilisées : la transcription des messages radio échangés entre le commandement en chef et ses groupes locaux de 1983 à 1985, juste avant, pendant et juste après les premières négociations entre le régime de Maputo et celui de l’apartheid. L’auteur explore les caractéristiques de cette guérilla qui trouva le soutien d’une partie de la paysannerie du pays. Il se penche sur les modalités d’entrée dans la guérilla, étudie les relations complexes nourries avec la population civile, notamment les femmes et scrute les constructions identitaires qui en découlèrent, tant pour les individus que pour les groupes.
Mots-clés
- Frelimo
- guérilla
- guerre civile
- Mozambique
- Renamo
Mots-clés éditeurs : Frelimo, guérilla, guerre civile, Mozambique, Renamo
The “armed bandits” of Mozambique
On legitimacy in right-wing guerrilla movements
The “armed bandits” of Mozambique
With the support of apartheid South Africa, Renamo carried out 16 years of war (1977–1992) against the “Marxist-Leninist” Frelimo regime. New light is shed on this war by drawing on heretofore untapped sources: transcriptions of radio exchanges between the Renamo commander-in-chief and the group’s local branches from 1983 to 1985 – i.e. just before, during, and after the first negotiations between the Maputo regime and apartheid South Africa. This article explores the characteristics of this guerrilla war, one which was supported by a segment of the country’s peasantry. It also scrutinises the group’s guerrilla warfare methods, the complex relationships it cultivated with civilians, especially women, and examines the nuanced identities that these relationships helped to shape, for both individuals and the group as a whole.
Keywords
- Frelimo
- guerrilla
- civil war
- Mozambique
- Renamo
Mots-clés éditeurs : civil war, Frelimo, guerrilla, Mozambique, Renamo