Pavillon 15
Un espace entre l'urgence et l'insertion
- Par Jean-Jacques Merlin
- et Mike Arinci
Pages 14 à 20
Citer cet article
- MERLIN, Jean-Jacques
- et ARINCI, Mike,
- Merlin, Jean-Jacques.
- et al.
- Merlin, J.-J.
- et Arinci, M.
https://doi.org/10.3917/vst.083.0014
Citer cet article
- Merlin, J.-J.
- et Arinci, M.
- Merlin, Jean-Jacques.
- et al.
- MERLIN, Jean-Jacques
- et ARINCI, Mike,
https://doi.org/10.3917/vst.083.0014
1 On se souvient au plan national de la forte pression médiatique multipliant les reportages sur les sdf, des spots télévisés pour inciter la population à utiliser le numéro vert 115, de l’annonce de l’ouverture de trois mille places supplémentaires pour que personne ne dorme dehors.
2 Au plan local, deux effets sont venus amplifier ce phénomène de saturation : le nombre très important de demandeurs d’asile dans le département, et la fin de prise en charge hôtelière des familles par le conseil général. Courant décembre 2002, la préfecture des Bouches-du-Rhône cherche alors un site permettant d’ouvrir en urgence des places supplémentaires. Un pavillon désaffecté du chs est choisi. Des travaux d’aménagement sont effectués pour remettre en fonction ce pavillon abandonné depuis plusieurs années et voué à une démolition prochaine.
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Ce site présentait plusieurs intérêts :
- une remise en fonction possible en peu de temps et à peu de frais ;
- une situation en bordure qui évite d’avoir à traverser l’hôpital ;
- un accueil favorable de l’équipe de direction de l’hôpital ;
- la démolition prévue en juin garantissant la non-pérennisation d’un site ouvert de manière exceptionnelle.
Naissance du projet expérimental
4 Quel public accueillir au Pavillon 15 ? Pour répondre à cette question, il faut rappeler la typologie du public accueilli au foyer de nuit géré à Marseille par l’association. Sur trois cents places, près des deux tiers sont occupées par des demandeurs d’asile. Un tiers seulement est constitué de personnes sdf, hommes, femmes et couples, avec les caractéristiques habituelles de cette population.
5 Nombre des accueillis y sont véritablement sédentarisés depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, et malgré une prise en charge spécifique adaptée à ces grands marginaux (accueil privilégié et possibilité de rester toute la journée), leur prise en charge sociale est forcément limitée tant par le nombre de travailleurs sociaux que par le nombre de personnes à suivre.
6 On constate donc que la véritable urgence, celle qui permet de recevoir immédiatement une personne trouvée dans la rue, ne concerne guère plus de 10 % de la population accueillie chaque nuit.
7 C’est pourquoi il a été proposé aux services de l’État de libérer quarante places de cet accueil de nuit et de transférer au Pavillon 15 des personnes sédentarisées, en travaillant sur des conditions de séjour pouvant permettre de construire un projet de sortie, cela en misant sur l’effet dynamisant de la date butoir de fermeture du site.
8 Ainsi, mieux qu’un simple accueil d’urgence complémentaire, il s’agissait bien de l’ouverture expérimentale d’une unité que l’on pourrait qualifier d’intermédiaire entre la première urgence et les dispositifs d’insertion. En quelque sorte, un sas de stabilisation post-urgence.
Concept et objectifs
9 Pour rompre radicalement avec le mode de prise en charge que les hébergés connaissaient précédemment, un concept d’accueil a été élaboré.
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Fonctionnement de l’accueil de nuit :
- des chambres collectives de six à huit personnes, sans possibilité d’installer des effets personnels qui doivent rester en consigne (cette règle, notamment pour les femmes, est particulièrement difficile à appliquer) ;
- excepté pour les personnes malades ou très marginalisées, l’obligation de quitter le centre entre 8 h et 16 h 30 (en quelque sorte, une obligation à l’errance) ;
- un espace communautaire réduit à un petit réfectoire en self, et à un espace TV à l’extérieur ; la plupart des personnes n’ont pour seule ressource que de se replier dans leur chambre ;
- un site de trois cents personnes, où il est facile de devenir totalement anonyme si l’on n’émet pas de demande ;
- une équipe de plus de quatre-vingt-dix salariés, en alternance ;
- aucune incitation à participer à des tâches sur le centre, aucune implication des hébergés dans la vie et dans le fonctionnement de la structure ;
- aucune obligation contractuelle concernant l’accompagnement social : seuls les hébergés en demande peuvent être pris en charge.
- une chambre individuelle, ou partagée à deux ou trois maximum. Les couples disposent d’une chambre individuelle. Des armoires permettent de conserver les effets personnels et d’investir l’espace privé, mais aussi de l’entretenir ;
- la possibilité de rester séjourner en « pension complète » pour se poser et se reposer ;
- un espace communautaire ouvert – salle à manger, salon TV, jeux de société, jardin – où chacun peut vaquer à sa guise, tout comme rester dans son espace privé ;
- un site de quarante personnes où l’accompagnement social est au cœur du projet ;
- l’incitation à participer à la vie communautaire par des petites tâches et la prise d’initiatives – réunions régulières du groupe de résidents avec l’équipe ; adhésion aux règles de vie proposées, mais qui peuvent être rediscutées ;
- obligation d’adhérer à la démarche d’accompagnement social visant à préparer la sortie.
- profiter des trois mois et demi de séjour dans un cadre privilégié pour tout mettre en œuvre afin d’éviter les retours vers l’accueil de nuit le 30 avril – l’objectif fixé par la direction étant de 40 % de sorties effectives ;
- démontrer que de telles structures intermédiaires entre l’urgence et l’insertion sociale sont, à coût similaire aux structures d’urgence, efficaces car complémentaires.
Mise en œuvre en 72 heures
11 Les locaux ont été remis en état par le chs, le matériel disponible (lits, cuisine) mis à disposition, ce qui manquait a été acheté par l’association.
12 Les premiers jours, les repas ont été servis par le chs en attendant le relais par un autre prestataire.
13 Le travail le plus important a été de constituer une équipe de neuf personnes immédiatement opérationnelle. Pour cela, il a été fait appel à des personnes en place à l’accueil de nuit, choisies pour leurs compétences et leur capacité à gérer de manière quasi autonome un tel site, mais surtout volontaires pour mettre en œuvre les objectifs fixés.
14 Les autres personnels ont été recrutés dans les huit jours suivant l’ouverture du site.
15 En soutien à cette équipe, un assistant de service social de l’accueil de nuit a été détaché à temps partiel ; les prestations d’une psychologue, d’une équipe médicale (un médecin et une infirmière) du centre de santé, et d’un juriste spécialiste en droit des étrangers ont été mises en place.
16 Un règlement intérieur a été aussitôt préparé par l’équipe sous la forme d’un contrat signé par les hébergés. Au fil des semaines, ce règlement a été amendé en fonction des observations de l’équipe et des hébergés, qui ont été largement associés à la démarche. Ces modifications ont porté sur la gestion de l’alcool, des horaires de repas, des espaces fumeurs, des visites extérieures, de la buanderie.
Ouvrir un espace de reconstruction identitaire
17 Le choix de modifier les conditions d’accueil, de les adapter à la fois au site, aux personnes mais aussi au projet d’accueil, avait pour objectif essentiel de permettre un travail autour de la reconstruction identitaire des hébergés.
18 Plusieurs moyens y contribuaient :
- chambres de quatre personnes permettant l’investissement d’un espace mais aussi un engagement dans son entretien, pour donner sens à l’environnement protecteur et structurant de l’unité ;
- participation quotidienne des usagers aux tâches familières en lien avec l’équipe d’accueil, dans l’idée de recréer une valorisation de chacun dans l’aide à autrui ;
- espace télévisuel commun avec un fonctionnement basé sur l’échange, le respect et la notion de consensus ;
- signature d’un contrat de séjour engageant la personne et l’équipe d’accueil dans sa globalité (agents d’accueil et travailleurs sociaux) autour d’un projet d’accompagnement lié de façon étroite à la notion de « sortie ».
De l’évaluation des situations à l’accueil des personnes
19 L’orientation sur le Pavillon 15 pouvait ainsi se définir dans une dynamique d’hébergement de personnes susceptibles de construire un projet de sortie réalisable sur le temps d’accueil proposé par la structure. L’évaluation des personnes potentiellement « accueillables » devait donc se baser sur les notions de désir de sortie et d’acceptation d’un accompagnement social soutenu.
20 L’équipe, en respect de la notion d’urgence, souhaitait maintenir à l’entrée un seuil d’exigence proche de celui de l’accueil de nuit. Cependant, les personnes reçues ne pouvaient pas être dans des situations de précarité liées à des troubles mentaux ou comportementaux nécessitant, dans une dynamique de stabilisation, l’intervention de personnes spécialisées et qualifiées.
21 Les demandeurs d’asile, pour lesquels la notion de temps reste problématique tant dans leur propre conception que dans l’accueil par les équipes professionnelles, ne semblaient pas pouvoir être accueillis, au risque de les déstabiliser un peu plus en cas de retour à terme sur l’accueil de nuit. Par contre, certaines populations sédentarisées à l’accueil de nuit devaient être notre objectif prioritaire : personnes vieillissantes, couples en difficulté, jeunes, primo-arrivants sur le centre, personnes ayant des problèmes médicaux…, et toute personne n’ayant pas de forte dépendance à l’alcool.
22 Du fait de la nécessité d’une ouverture rapide de la structure, et donc d’une évaluation et d’une orientation tout aussi rapides des personnes à accueillir, toutes ces dimensions n’ont pu être respectées.
23 Ainsi, nous avons accueilli des personnes ayant un problème sévère d’alcool ou pour lesquelles le constat d’une forte dépendance a eu lieu sur la structure, du fait de la proximité entre équipe et hébergés. Cela représente au total dix personnes. Nous avons également accueilli dix-huit personnes étrangères pour lesquelles un travail semblait pouvoir s’engager. Nous avons accueilli au total quarante-cinq personnes.
24 Ce biais entre les prérogatives d’évaluation et la réalité de la mise en place de l’accueil sur le terrain n’a cependant pas empêché la dynamique de travail escomptée. Avec le recul, il semble même avoir permis une mixité de population et donc une richesse d’interactions tant dans la vie au quotidien que dans l’accompagnement médico-social des personnes hébergées.
Un travail social de proximité
25 En lien avec le travail de reconstruction identitaire, avec l’accueil quotidien sur la structure, avec la présence permanente de membres de l’équipe et donc la proximité avec les hébergés, un travail social, fondé sur la notion de contrat établi et légitimé par la signature du contrat/règlement d’accueil, a pu se mettre en place avec la quasi-totalité des personnes reçues.
26 Même si certaines personnes ont eu besoin de temps dans le gage d’une confiance réciproque, le travail social visant à construire un projet de sortie a pu s’engager avec quarante-trois personnes sur les quarante-cinq reçues (une personne exclue, une personne en transit).
27 Une grande partie du travail était basé sur la reconstruction identitaire administrative des personnes. L’objectif premier était d’éclaircir la situation de chacun pour permettre une réflexion plus libre autour de la notion de sortie. Ainsi, nous avons engagé avec les hébergés et les principales administrations huit dossiers de carte nationale d’identité ou de passeport, vingt-deux dossiers d’ouverture ou de mise à jour de la couverture sociale, sept dossiers d’aide sociale pour l’orientation en structures spécialisées avec recherche des ayants droit, deux dossiers de pension de retraite ou retour aux droits, neuf dossiers liés à la notion d’étrangers (dat, dac…).
28 Le travail reposait essentiellement sur la participation active des personnes et sur leur autonomisation. Aucun acte n’était effectué à la place des personnes, le contrat engageant une dynamique du faire dans le rapport duel. Ainsi, l’accompagnement pouvait se faire, et laisser place à des actes autonomes selon l’évaluation faite.
29 Cette dynamique a permis de faire émerger des capacités personnelles chez nombre d’hébergés.
30 Par contre, nous avons dû, après constats pratiques et évaluations professionnelles, avoir recours aux dispositions prévues par la loi du 3 janvier 1968 et donc solliciter le juge des tutelles dans l’ouverture de quatre mesures de protection « des incapables majeurs » avec enquête sociale complète.
31 Nous avons sollicité la mise en place de sauvegardes de justice avec désignation d’un mandataire spécial, dans le but de projeter les difficultés de ces personnes dans le temps et de ne pas les charger de mesures trop lourdes et permanentes. Cette désignation permet l’évaluation des ressources et des limites des personnes sur une année, avant que le magistrat se prononce de façon permanente.
32 Un large partenariat s’est développé : sonacotra, rmi, aide sociale, maisons de retraite, foyers-logements, cimade, ssae, divers chrs, associations communautaires… Un travail de réseau a donc pu s’établir, au même titre qu’une structure fonctionnant à long terme. De nombreux autres échanges ont eu lieu avec des structures centrales comme les sao, la préfecture, la ddass, les associations de tutelle, l’onac…
33 Sur la dynamique éducative, un travail important autour de l’hygiène et du rétablissement des liens familiaux a été entrepris et a donné des résultats.
34 Il reste cependant à évoquer le problème rencontré avec l’alcool, composante à laquelle l’équipe a dû se confronter, avec toutes les difficultés dans les capacités à communiquer, à se projeter… Beaucoup de démarches de sensibilisation, d’écoute, d’orientation ont été développées, mais peu de résultats ont été obtenus face à ce problème majeur.
Évaluation des résultats
35 Il est indispensable, avant d’exposer ces résultats, de distinguer les personnes relevant du droit commun (Français ou étrangers titulaires de titres de séjour de longue durée) et celles ne pouvant pas encore y prétendre.
36 Sur les quinze personnes vieillissantes accueillies, huit relevaient du droit commun : six ont été orientées vers des structures spécialisées, une a été hospitalisée avant son orientation vers une structure, une n’a pas mené le projet à terme.
37 Concernant cette dernière personne, le travail d’accompagnement social et administratif a été effectué mais l’admission dans la structure n’a pu se faire en raison de problèmes aigus d’ordre psychiatrique ; de plus, le suivi n’a pas trouvé d’écho en la personne.
38 Sept personnes étrangères n’étaient pas en situation régulière à l’entrée. Hormis une personne, au jour de la fermeture de la structure, toutes étaient en situation régulière ou en cours de régularisation administrative.
39 Après un travail autour des récits de vie, des projets mais aussi des difficultés de chacun, deux personnes ont choisi de retourner dans leur pays d’origine.
40 À ce jour, trois autres personnes dont un couple ont reçu une invitation à quitter le territoire, les orientations pour la mise en place des dispositions réglementaires ont été faites.
41 Trois couples relevant du droit commun ont été accueillis. Grâce à un travail de reconstruction administrative, mais aussi de restauration des liens, deux couples ont pu se rapprocher de leur famille et y trouver une solution d’hébergement qui semble leur convenir. Un couple est toujours dans un dispositif d’hébergement mais un bail est en voie d’être signé pour une entrée dans un logement autonome.
42 Trois couples étrangers sans titre de séjour ont été accueillis. Un couple a choisi de retourner vers le pays d’origine. Compte tenu de leur situation et des dispositions légales, aucune sortie n’a pu se mettre en place pour les deux couples restants. Cependant, un couple a pu régulariser sa situation ; le suivi médical de la femme, enceinte, a pu s’organiser, mais sans possibilité de sortie vers un autre type d’hébergement.
43 Deux couples mixtes ont été accueillis. Une femme française vivant en concubinage depuis plusieurs années avec un homme étranger en situation irrégulière a pu signer un bail locatif et les démarches visant à régulariser la situation de monsieur ont été engagées. Pour un couple arrivant d’Algérie, la femme, française par filiation, a obtenu sa carte nationale d’identité ; l’ouverture des droits rmi a été faite et un hébergement alt mis en place, dans l’attente d’un logement autonome (suivi réfèrent rmi). Le mari est actuellement demandeur d’asile territorial.
44 Deux jeunes de moins de 25 ans relevant du droit commun ont été accueillis. Une jeune fille de 20 ans présente à l’accueil de nuit depuis quelques mois a été dirigée vers un chrs. Elle suit aujourd’hui une formation professionnelle. Un jeune homme de 25 ans orienté directement sur l’unité a pu trouver un logement dans un foyer sonacotra, avec suivi rmi. Il a aujourd’hui retrouvé du travail et s’inscrit dans une recherche d’appartement autonome.
45 Huit personnes de 26 à 59 ans relevant du droit commun ont été accueillies. Trois ont trouvé un logement (deux en foyer sonacotra, un bail accompagné). Cinq personnes ont dû retourner sur l’accueil de nuit au terme de la prise en charge ; deux ont été exclues du fait du non-respect du contrat d’accueil. Il faut préciser que ces personnes présentaient de graves problèmes de dépendance à l’alcool.
46 Quatre étrangers sans titre de séjour, âgés de 26 à 59 ans, ont été accueillis : deux orientations chrs dispositif de l’hébergement spécifique ; un retour dans le pays d’origine ; une situation régularisée sans autre possibilité d’hébergement.
47 La nécessité conjoncturelle de l’ouverture de quarante places d’urgence provisoires a permis d’évaluer a posteriori la pertinence du concept, des objectifs et du mode d’intervention choisis sur le terrain.
48 La structure a donc été ouverte dans une dynamique expérimentale, avec pour objectif principal une efficience tant dans la prise en charge que dans la sortie des personnes accueillies.
49 À la fermeture, après trois mois et demi de fonctionnement et 62 % de sorties que nous espérons pérennes pour les usagers, nous pensons être en mesure de dégager des constantes pratiques dans l’approche du mode de fonctionnement et des populations concernées.
50 Le fonctionnement plus « familial » d’une unité pouvant aller de quarante à soixante usagers, avec un espace plus privatif pour chacun, corrélé à la dynamique participative de l’espace communautaire et de l’accueil de jour, n’est plus à démontrer.
51 La présence d’une équipe permanente, réduite mais pluridisciplinaire, permet la mise en place d’un accompagnement global et d’une réelle interface avec l’usager.
52 La signature à l’entrée, après la présentation par un membre de l’équipe, du règlement/contrat installe l’usager à la fois dans la structure environnementale de l’unité et dans un engagement à œuvrer dans son projet de sortie sur un temps donné.
53 La localisation du site en milieu urbain ou périurbain rend possible l’autonomisation des personnes et une réelle valorisation d’habiletés sociales parfois peu visibles sur l’accueil de nuit.
54 Cependant, les « impasses » rencontrées dans l’accompagnement des populations ayant des problématiques spécifiques (difficulté de proposer tout autre mode d’hébergement aux personnes en situation de demande d’asile, incapacité des personnes souffrant d’addictions à s’inscrire dans un projet) semblent les éloigner du bénéfice optimum d’une telle structure.
55 Enfin, il nous semble incontournable de préciser que le prix de journée de 22,29 € incluant l’accompagnement socio-éducatif est plus proche de celui pratiqué en hébergement d’urgence que de celui nécessaire au fonctionnement de structure de type chrs, tout en offrant un accompagnement personnalisé et une prise en charge adaptée à chacun.
56 Ce concept expérimental semble donc pouvoir ouvrir de nouvelles perspectives de travail socio-éducatif dans un espace possible, entre urgence et insertion.