Godard, la matière, l'écran et le mot (d'esprit)
- Par Dario Marchiori
- et Jérôme Moland
Pages 59 à 65
Citer cet article
- MARCHIORI, Dario
- et MOLAND, Jérôme,
- Marchiori, Dario.
- et al.
- Marchiori, D.
- et Moland, J.
https://doi.org/10.3917/ver.040.0058
Citer cet article
- Marchiori, D.
- et Moland, J.
- Marchiori, Dario.
- et al.
- MARCHIORI, Dario
- et MOLAND, Jérôme,
https://doi.org/10.3917/ver.040.0058
Notes
-
[*]
Les nombreuses citations de ce texte, parfois de mémoire, reprennent des propos tenus dans les films ou en dehors par Jean-Luc Godard, qui poursuivent ici leur circulation. Leur provenance n’est donc pas précisée.
« On m’a toujours accusé de faire des jeux de mots [...]. C’est pas des jeux de mots, ça... ou alors, tout est jeu. »Splendide idiot, tel qu’il s’est dessiné surtout dans les années 1980, ou bien cinéaste hanté par un rapport bien plus profond, d’une fidélité presque étonnante, aux avatars de l’idiotie ? L’alternative profile pourtant l’espace d’un défi : traverser une œuvre littéralement infinie, interminable, pour y suivre les empreintes de l’idiotie, ce dernier rempart de l’intellectuel contemporain qui ne veut pas simplement accepter la défaite de son rôle social, ni devenir l’intelligence amusante qui fait tourner les engrenages de la société médiatique. Penser l’idiotie, ce sera donc la laisser dépenser, dépayser les intelligences trop savantes ou trop ignorantes que le spectacle intégré se plaît d’inviter sur ses mille plateaux de télévision.
Dans les années 1960, surtout la première partie de la décennie, l’image cinématographique est pour Jean-Luc Godard une réalité sublimée, celle de la citation de Michel Mourlet, qu’il attribue à Bazin, dans Le Mépris (1963) : « Le cinéma substitue à notre regard un monde qui s’accorde à nos désirs ». Image du réel qui requiert toutefois l’art de la mise en scène pour se dévoiler : entre l’idée bazinienne de l’image comme empreinte du réel et le « beau souci » du montage, entre une lecture phénoménologique du monde et sa fragmentation critique, l’œuvre de Godard instaure une tension créatrice constante. L’image du monde, le montage comme réinvention polémique du monde : stupeur et bricolage sont pile et face d’une même pièce, la monnaie que l’idiot-cinéaste s’est forgée pour montrer ce qu’est le cinéma, son économie face au réel…
Cet article est en accès conditionnel
Acheter cet article
3,50 €