Un Fils élu par grâce ou sujet de notre élection divine ? Actualité des débats d’Athanase d’Alexandrie avec l’arianisme
Pages 121 à 133
Citer cet article
- DALLAPORTA, Alexandre,
- Dallaporta, Alexandre.
- Dallaporta, A.
https://doi.org/10.3917/trans.176.0121
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- Dallaporta, A.
- Dallaporta, Alexandre.
- DALLAPORTA, Alexandre,
https://doi.org/10.3917/trans.176.0121
Notes
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[1]
Johannes Roldanus, Le Christ et l’homme dans la théologie d’Athanase d’Alexandrie. Étude de la conjonction de sa conception de l’homme avec sa christologie, Leyde, E.J. Brill, 1977, p. 369.
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[2]
Cf. Robert C. Gregg et Dennis E. Groh, Early Arianism: A View of Salvation, Philadelphia, Fortress Press, 1981.
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[3]
Théodoret de Cyr, Histoire ecclésiastique, Paris, Cerf, coll. « Sources chrétiennes », n° 501, 2006, introduction Annick Martin, p. 30 : « Les trois auteurs ont longtemps été cités à la file, comme une sorte de trinité inséparable, par les historiens modernes qui tiraient de leurs œuvres l’essentiel de leur documentation sur l’Antiquité tardive comme s’il s’agissait d’une seule et même “histoire”. »
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[4]
Sozomène, Histoire ecclésiastique, Livres I-II, Paris, Cerf, coll. « Sources chrétiennes », n° 306, 1983, L. I, chap. 1, 12-13, p. 115-117 : « Je suis persuadé en effet que, pour un sujet qui n’est pas l’œuvre des hommes, il n’est pas difficile à Dieu de me faire paraître, contrairement à l’attente, comme un historien… Quant aux évènements plus reculés, j’en ai poursuivi l’enquête d’après les lois qui ont été édictées par notre religion, d’après les conciles de temps en temps réunis, d’après les innovations apportées au dogme et les lettres des empereurs et des pontifes… »
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[5]
Ibid., 15, 3, p. 185.
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[6]
Maxime le Confesseur, Opuscules théologiques et polémiques, Paris, Cerf, 1998, opuscule 1, 14, p. 123-124 : « Car le vouloir humain n’est pas mu comme pour nous par le choix […] pour qu’on n’aille pas le juger de nature versatile selon le choix, mais prenant son être au moment de l’union avec le Dieu Verbe, une motion sans équivoque […] une fermeté immuable… »
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[7]
Socrate de Constantinople, Histoire ecclésiastique I, Paris, Cerf, coll. « Sources chrétiennes », n° 477, 2004, VI, 12, p. 69 : « Quelqu’un leur a donc demandé si le Verbe de Dieu peut changer comme le diable a changé, et ils n’ont pas craint de répondre “oui”, il le peut. Car il est de nature changeante. »
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[8]
Lettre d’Arius à Eusèbe, évêque de Nicomédie (cf. Athanasius Werke, Urkunde 1, éd. par Hans-Georg Opitz), dans Théodoret de Cyr, Histoire ecclésiastique, op. cit., L. I, 5, 3, p. 193.
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[9]
Profession de foi d’Arius (Urk. 6) : « Nous reconnaissons un seul Dieu inengendré… seul immuable. »
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[10]
Athanase d’Alexandrie, Traités contre les ariens (désormais CA), tome I (traité I), Paris, Cerf, coll. « Sources chrétiennes », n° 598, 2019, I, 36, 3, p. 215 : « Car les êtres du devenir, issus du néant, n’existant pas avant d’advenir […] ont une nature altérable. Mais le fils issu du Père et propre à son essence, est inaltérable et immuable comme le Père. »
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[11]
Ibid., I, 37, 5.
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[12]
Théodoret de Cyr, Histoire ecclésiastique, op. cit., I, 4, 13, p. 163.
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[13]
CA I, 5, 6.
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[14]
Théodoret de Cyr, Histoire ecclésiastique, op. cit., I, 4, 12, p. 161-163 :« Ils se dépouillent de toute pudeur et affirment que Dieu, sachant de lui, par préscience et prévision, qu’il ne le mépriserait pas, l’avait choisi entre tous. »
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[15]
Cf. Heinrich Denzinger, Symboles et définitions de la foi catholique, Paris, Cerf, 1997, n° 126 au sujet de la mutabilité et n° 130 pour le libre arbitre.
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[16]
Théodoret de Cyr, Histoire ecclésiastique, op. cit., I, 4, 34-35, p. 171-173.
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[17]
Parmi les études consacrées à ce commentaire, cf. Anthony Meredith, « Proverbes VIII,22 chez Origène, Athanase, Basile et Grégoire de Nysse », dans Charles Kannengiesser (éd.), Politique et théologie chez Athanase d’Alexandrie, Paris, Beauchesne, 1974, chap. 8, p. 349-357.
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[18]
Louis Bouyer, L’Incarnation et l’Église-Corps du Christ dans la théologie de saint Athanase, Paris, Cerf, 1943, p. 134 : « Il lui apparut qu’il n’y avait pas d’autre moyen ici de diriger le débat que de l’élever considérablement, tant dans la direction de l’eschatologie que dans celle de la prédestination éternelle du monde en Dieu. C’était ipso facto rejoindre le point de vue spéculatif, que d’ordinaire il écarte si nettement, et cela nous a valu quelques textes, en particulier du Second discours contre les ariens, qui sont peut-être ceux dont on a moins saisi l’originalité… »
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[19]
Cf. CA II, 72, 5, p. 245.
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[20]
Ibid., 74, 3, p. 249 : « C’est donc selon l’humain qu’il est fondé, afin que nous puissions être édifiés sur lui comme des pierres précieuses [1 Co 3,12]. »
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[21]
Ibid., 76, 1, p. 253-255.
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[22]
Nouveau Testament interlinéaire grec-français, Paris, Alliance biblique universelle, 2001, p. 868.
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[23]
Dans son Lexicon, Guido Müller ne donne qu’une seule autre occurrence de προορίζω en Contra Appolinarem, PG, vol. 26, l. I, col. 1128. Cf. Guido Müller, Lexicon Athanasianum, Berlin, Walter de Gruyter & Co, 1952, p. 1263.
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[24]
CA II, 77, 3, p. 259 : « Et la délibération (βουλὴ) et le dessein (πρόθεσις) furent mis en place dès avant les âges, mais la réalisation fut effective quand le besoin s’en fit sentir et quand apparut le Sauveur. »
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[25]
Karl Barth, Dogmatique, II, 2 (1) : La doctrine de Dieu. L’élection gratuite, Genève, Labor et Fides, 1958, § 33 : « L’élection de Jésus-Christ », p. 112-113.
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[26]
Ibid., p. 113 : « Faisons-nous vraiment partie de ceux auxquels profite le bienfait dont Jésus-Christ, en tant que premier élu, n’est que l’instrument ? Sommes-nous nous-mêmes des élus ? À quoi servent les assurances du monde si, du point de vue décisif, à savoir en ce qui concerne l’élection elle-même, c’est-à-dire le Dieu qui élit, nous ne pouvons pas regarder à Jésus-Christ, parce que le Dieu qui élit n’est pas identique à lui, mais se tient au-delà dans quelque sphère inaccessible ? Oui, que nous valent toutes les garanties qu’on nous propose […] si en un mot la décision du bon vouloir divin n’est pas liée à ce nom, ni déterminée par lui ? »
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[27]
Jean Daniélou, « Les orientations présentes de la pensée religieuse », Études, n° 249, 1946 : « Ils [Les Pères], ne sont pas seulement les témoins véritables d’un état de choses révolu ; ils sont encore la nourriture la plus actuelle pour les hommes d’aujourd’hui, parce que nous y retrouvons précisément un certain nombre de catégories qui sont celles de la pensée contemporaine et que la théologie scolastique avait perdues. »
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[28]
Robert C. Gregg et Dennis E. Groh, Early Arianism: A View of Salvation, op. cit., p. 139, notre traduction : « La Vie d’Antoine est construite avec le propos de contrer le concept arien d’une filiation adoptive comme progrès dans la vertu » ; « The Vita Antonii is constructed with a view to counteracting the Arian concept of adopted sonship as a progress in virtue. »
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[29]
Athanase, Vie d’Antoine, 5, 7, Paris, Cerf, coll. « Sources chrétiennes », n° 400, 2016, p. 145-147.
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[30]
Ibid., 5.
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[31]
Ibid., 19, 1, p. 185.
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[32]
Rm 8,28 : « Et nous savons qu’avec ceux qui l’aiment, Dieu collabore en tout, avec ceux qu’il a appelés selon son dessein. »
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[33]
Athanase, Lettres festales, trad. anglaise de Philip Schaff et Henry Wace, dans A Select Library of the Nicene and Post-Nicene Fathers of the Christian Church, série 2, vol. 4 : St. Athanasius: Select Works and Letters, Édimbourg, T&T Clark, 1987, L. V, 4, p. 506, notre traduction ; « Therefore the present season requires of us, that we should not only utter such words, but should also imitate the deeds of the saints. But we imitate them, when we acknowledge Him who died, and no longer live unto ourselves, but Christ henceforth lives in us; when we render a recompense to the Lord to the utmost of our power, though when we make a return we give nothing of our own, but those things which we have before received from Him, this being especially of His grace, that He should require, as from us, His own gifts. He bears witness to his when He says, “My offerings are My own gifts.” That is, those things which you give Me are yours, as having received them from Me, but they are the gifts of God. »
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[34]
Cf. Khaled Anatolios, Athanasius: The Coherence of his Thought, Londres – New York, Routledge, 1998, p. 167-173.
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[35]
Ibid., p. 172, notre traduction : « Après tout la “tension” entre effort humain et don de la grâce est une dialectique inhérente à la manière dont Athanase rend raison du salut, et ne vient pas d’un conflit avec la sotériologie arienne » ; « After all, the “tension” between human striving and divine dispensation of grace is a dialectic that is interior to the Athanasian account of salvation, and not one that arises merely from conflict with Arian soteriology. »
La dimension sotériologique et les implications anthropologiques des débats d’Athanase d’Alexandrie avec l’arianisme ont été mises en valeur par les récentes études athanasiennes, notamment suite aux travaux de Robert Gregg et Denis Groh. Face à l’arianisme qui réduit le Fils à être, comme nous, un élu par grâce et par mérite, Athanase insiste sur la centralité du Fils dans notre élection divine. Cette position de l’Alexandrin trouve un écho chez Karl Barth, un théologien moderne dans sa conception du Fils sujet de notre élection divine. Cet article reprend une intervention de l’auteur dans le cadre de la XIVe petite journée de patristique « Athanase d’Alexandrie, le fidèle obstiné de Nicée » de l’association Caritas Patrum le 29 mars 2025 au centre Jean-Baptiste Souzy de La Rochelle.
Mots-clés
- arianisme
- Athanase d’Alexandrie
- élection divine
- Karl Barth
- Nicée, pélagianisme
- sotériologie
- Traités contre les ariens
- Vie d’Antoine
Mots-clés éditeurs : arianisme, Athanase d’Alexandrie, élection divine, Karl Barth, Nicée, pélagianisme, sotériologie, Traités contre les ariens, Vie d’Antoine
The soteriological dimension and anthropological implications of Athanasius of Alexandria’s debates with Arianism have been highlighted by recent Athanasian studies, particularly following the work of Robert Gregg and Denis Groh. Faced with Arianism, which reduces the Son to being, like us, one chosen by grace and merit, Athanasius insists on the centrality of the Son in our divine election. This position of the Alexandrian finds an echo in Karl Barth, a modern theologian in his conception of the Son as the subject of our divine election. This article is based on a presentation given by the author at the 14th “Athanasius of Alexandria, the stubborn faithful of Nicaea” patristics conference organized by the Caritas Patrum association on March 29, 2025, at the Jean-Baptiste Souzy Center in La Rochelle.
Keywords
- Arianism
- Athanasius of Alexandria
- divine election
- Karl Barth
- Nicaea
- Pelagianism
- soteriology
- Treatises Against the Arians
- Life of Anthony
Mots-clés éditeurs : Arianism, Athanasius of Alexandria, divine election, Karl Barth, Nicaea, Pelagianism, soteriology, Treatises Against the Arians, Life of Anthony