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Aspects hormonaux du post-partum et ostéopathie

Pages 33 à 40

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  • Namer, V.
(2018). Aspects hormonaux du post-partum et ostéopathie. Spirale - La grande aventure de bébé, 86(2), 33-40. https://doi.org/10.3917/spi.086.0033.

  • Namer, Valérie.
« Aspects hormonaux du post-partum et ostéopathie ». Spirale - La grande aventure de bébé, 2018/2 N° 86, 2018. p.33-40. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-spirale-2018-2-page-33?lang=fr.

  • NAMER, Valérie,
2018. Aspects hormonaux du post-partum et ostéopathie. Spirale - La grande aventure de bébé, 2018/2 N° 86, p.33-40. DOI : 10.3917/spi.086.0033. URL : https://shs.cairn.info/revue-spirale-2018-2-page-33?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/spi.086.0033


Notes

  • [1]
    I. Bayot, Le quatrième trimestre de la grossesse, Toulouse, érès, coll. « 1001 bébés », 2018.
  • [2]
    R.W. Ash, R.B. Heap, « Oestrogen, progesterone and corticosteroid concentrations in peripheral plasma of sows during pregnancy, parturition, lactation and after weaning », J. Endocrinol., 64(1), 1975, p. 141-154.
  • [3]
    M. Romano, A. Cacciatore, R. Giordano, B. La Rosa, « Postpartum period: three distinct but continuous phases », Journal of Prenatal Medicine, 2010, 4(2), p. 22-25.
  • [4]
    R.W. Ash, H.B. Heap, op. cit. ; ibid.
  • [5]
    Y. Cao, S.D. Rao, T. M. Phillips, D.M. Umbach, J.C. Bernbaum, J.I. Archer, W.J. Rogan, W. J. « Are breastfed infants more resilient ? Feeding method and cortisol in infants », The Journal of Pediatrics, 154(3), 2009, p. 452-454.
  • [6]
    A.S. McNeilly, I.C. Robinson, M.J. Houston, P.W. Howie, P. W., « Release of oxytocin and prolactin in response to suckling », British Medical Journal (Clinical Research Ed.), 286, 6361, 1983, p. 257-259.
  • [7]
    Ibid.
  • [8]
    Ibid.
  • [9]
    Ibid.
  • [10]
    M. Prevost, P. Zelkowitz, T. Tulandi, B. Hayton et coll. 2014. « Oxytocin in pregnancy and the post-partum: Relations to labor and its management », Frontiers in Public Health, 2, 1.
  • [11]
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  • [12]
    A.S. McNeilly, I.C. Robinson, M.J. Houston, P.W. Howie, « Release of oxytocin and prolactin in response to suckling », British Medical Journal (Clinical Research Ed.), 286, 6361, 1983, p. 257-259.
  • [13]
    A.S. McNeilly, op. cit.
  • [14]
    M. Mazzuca, M. Minlebaev, A. Shakirzyanova, R. Tyzio et coll., « Newborn analgesia mediated by oxytocin during delivery », Front Cell Neurosci., 12, 5 ; 3, Apr 2011, doi: 10.3389/ fncel.2011.00003.
  • [15]
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  • [16]
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  • [17]
    Corticotropin Releasing Factor, facteur de libération de la corticotrophine, hypothalamique.
  • [18]
    Adrenocorticotropic Hormone, corticotrophine, hypo-physaire. Crf et acth contrôlent la sécrétion de cortisol.
  • [19]
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  • [20]
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  • [21]
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  • [22]
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  • [23]
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  • [24]
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  • [25]
    J. Tourniaire, « Endocrinologie, diabète et nutrition pour le praticien », simep, 1994, p. 81-83.
  • [26]
    V. Namer, Apport iodé et auto-immunité thyroïdienne : étude des paramètres thyroïdiens dans deux populations géographiquement distinctes : Lyon et Buenos Aires, thèse de médecine, Lyon 1, 1997.
  • [27]
    Ibid.
  • [28]
    K. Laitenberger, L’apport du soin ostéopathique sur le bien-être physique et psychologique des femmes en post-partum, mémoire de recherche, ceo Montréal, 2015.
  • [29]
    I. Bayot, op. cit.
  • [30]
    Office de la naissance et de l’enfance et Groupement des gynécologues de langue française de Belgique, Guide du post partum, 2016.
  • [31]
    K. Laitenberger, op. cit.
    J. Holt-Lunstad, W.A. Birmingham, K.C. Light, « Influence of a “warm touch” support enhancement intervention among married couples on ambulatory blood pressure, oxytocin, alpha amylase, and cortisol », Psychosom. Med., Nov 2008, 70(9), p. 976-985.
  • [32]
    N. Sergueef, Cranial Osteopathy for Infants, Children and Adolescents: A Practical Handbook, Edinburgh (uk), Churchill Livingstone, 2007 ; R. Lalauze-Pol, Le crâne du nouveau-né, Montpellier, Sauramps Médical, 2009.
  • [33]
    V. Hastings, A.M. McCallister, S.A. Curtis, R.J. Valant, S. Yao, « Efficacy of osteopathic manipulative treatment for management of postpartum pain, J. Am. Osteopath. Assoc., Aug 2016, 1, 116(8), p. 502-509.
  • [34]
    M. de Carvalho, S. Robertson, R. Merkatz, M. Klaus, « Milk intake and frequency of feeding in breast fed infants », Early Hum. Dev., Nov 1982, 7(2), p. 155-163.
  • [35]
    J. Holt-Lunstad, W.A. Birmingham, K.C. Light, « Influence of a “warm touch” support enhancement intervention among married couples on ambulatory blood pressure, oxytocin, alpha amylase, and cortisol », Psychosom. Med., Nov 2008, 70(9), p. 976-985.
  • [36]
    M. Heinrichs et coll., op. cit. ; M.R. Gunnar, B. Donzella, op. cit.
  • [37]
    Y. Cao et coll., op. cit.
  • [38]
    M. Heinrichs et coll., op. cit. ; M.R. Gunnar, B. Donzella, op. cit.
  • [39]
    E. Mörelius, op. cit.
  • [40]
    J. Herzhaft-Le Roy, M. Xhignesse, I. Gaboury, « Efficacy of an osteopathic treatment coupled with lactation consultations for infants’ biomechanical sucking difficulties », J. Hum. Lact., Feb 2017, 33(1), p. 165-172.
  • [41]
    N. Sergueef, op. cit. ; R. Lalauze-Pol, op. cit.
  • [42]
    M. Heinrichs et coll., op. cit.
  • [43]
    V. Hastings et coll., op. cit.
  • [44]
    V. Namer, « Integrative Behandlung der Nebennieren in der Osteopathie » (Approche intégrative de la surrénale, Deutsche Zeitschrift für Osteopathie, oct. 2016.
  • [45]
    C. Ageron, Formation neuro-endocrinienne de la gynécologie en ostéopathie, approche 2017.
  • [46]
    I. Bayot, op. cit.
  • [47]
    E. Mörelius, op. cit.
  • [48]
    R. Feldman, I. Gordon, I. Schneiderman, O. Weisman, O. Zagoory-Sharon, « Natural variations in maternal and paternal care are associated with systematic changes in oxytocin following parent-infant contact », Psychoneuro--endocrinology, Sep 2010, 35(8), p. 1133-1141.
  • [49]
    Y. Cao et coll., op. cit.

1 Le trimestre qui suit la venue au monde d’un enfant comprend de nombreux phénomènes adaptatifs hormonaux et comportementaux, au point qu’il peut être considéré comme un trimestre de gestation extra-utérine [18]. L’ostéopathie constitue une approche complémentaire de première ligne qui aborde ces changements hormonaux pour soutenir et accompagner la dyade mère-enfant.

Les changements hormonaux du post-partum

2 Le placenta prend complètement en charge les sécrétions hormonales de la gestation à partir du 3e mois de grossesse. Le post-partum commence avec la délivrance : l’expulsion du placenta entraîne la chute de toutes les hormones gestationnelles : œstrogène, progestérone et hormone lactogène placentaire [29]. Les premières 72 heures sont caractérisées par des changements très rapides, les changements étant plus progressifs par la suite [310].

L’ostéopathie constitue une approche complémentaire de première ligne qui aborde ces changements hormonaux pour soutenir et accompagner la dyade mère-enfant.

3 Parallèlement se mettent en place des sécrétions hormonales permettant l’induction et le maintien de la lactation. La sécrétion de prolactine et d’ocytocine, en lien avec l’allaitement, inhibe provisoirement l’axe gonadotrope [411].

4 Le nouveau-né, sevré de l’influence des sécrétions placentaires, commence une vie hormonale autonome, influencée par l’allaitement et les soins de parentage [512]. Tous ces messages environnementaux stimulent son système neuro-endocrinien.

La prolactine

5 La prolactine est une hormone secrétée par l’adéno-hypophyse ; elle est nécessaire à la sécrétion du lait par les cellules alvéolaires du sein. La sécrétion de la prolactine augmente durant la grossesse pour permettre la lactogénèse stade 1, c’est-à-dire la préparation à la production de lait. La lactogenèse stade 2, communément appelée « montée de lait », ne pourra advenir qu’après la chute des œstrogènes et de la progestérone dont le rôle est d’inhiber la sécrétion lactée jusqu’à la naissance [613]. Il existe cependant une production lactée a minima dès le milieu de la grossesse.

6 La sécrétion de prolactine est élevée dans le post-partum immédiat ; les taux les plus élevés sont détectés 30 minutes après le début de la mise au sein ; cela stimule la sécrétion de lait pour la prise suivante [714]. Plus le bébé tète et stimule le mamelon, plus la prolactine est sécrétée, et plus il y a sécrétion de lait au niveau alvéolaire. Les taux de base les plus élevés sont enregistrés durant la nuit [815].

7 L’allaitement entraîne une pulsatilité plus lente des gonadotrophines, avec des pics désorganisés qui ne permettent pas la maturation folliculaire. En effet, la succion du mamelon et les endorphines inhibent cette pulsatilité. Tant que persiste l’allaitement complet et à la demande, l’ovulation peut être bloquée. Plus les têtées sont fréquentes le jour, et surtout la nuit, plus la sécrétion de prolactine est élevée. Jusqu’à 6 mois post-partum, la possibilité de grossesse n’est que de 1 à 2% pour les femmes pratiquant un allaitement complet et n’ayant pas eu leur retour de couches. Quatre-vingt-dix-huit pour cent des femmes qui n’allaitent pas ont un retour de couches après trois mois. Les premiers cycles ovulatoires peuvent présenter une altération du corps jaune, habituellement impropre à maintenir une grossesse [916].

L’ocytocine

8 L’ocytocine est une neuro-hormone produite par l’hypothalamus, libérée dans la circulation sanguine et le liquide céphalorachidien. Elle joue un rôle majeur durant les différentes phases de l’accouchement. Dans le post-partum elle est fortement impliquée dans la lactation – le réflexe d’éjection du lait – et dans le processus d’attachement materno-infantile. Du fait de sa courte demi-vie, de l’ordre de quelques minutes, de sa faible concentration par rapport aux autres hormones et de sa sécrétion pulsatile, il existe de nombreux biais et difficultés méthodologiques qui rendent son exploration délicate [1017]. L’ocytocine étant sécrétée dans le sang périphérique et dans le liquide céphalorachidien, elle remplit le rôle de neurotransmetteur dans le système nerveux central, et d’hormone au niveau systémique ; la corrélation de ces sécrétions n’est toutefois pas complètement élucidée [1118].

9 La sécrétion d’ocytocine peut être déclenchée en réponse aux appels du bébé, aux signes montrant qu’il est prêt à téter, à ses pleurs, ou encore lorsque la mère se prépare à donner le sein. Il arrive que le réflexe d’éjection s’enclenche avant la stimulation du mamelon lui-même [1219]. La libération d’ocytocine se fait alors de façon conditionnée aux sensations et aux émotions de la mère quand elle touche, sent, entend ou évoque seulement son bébé par la pensée. Si la mère est en détresse physique ou émotionnelle, le reflexe d’éjection peut être inhibé. Si la mère est soutenue, la sécrétion d’ocytocine est optimalisée. C’est pourquoi il est important de favoriser un contexte de maternage de proximité bienveillant [1320].

10 Outre son rôle au cours de l’accouchement et durant la lactation, l’ocytocine est aussi connue comme étant l’hormone qui prédispose aux comportements d’attachement et au lien social. Durant l’accouchement et le post-partum précoce, elle a un effet analgésique sur le nouveau-né [1421]. Quand l’environnement est soutenant, son effet modulateur sur la sécrétion de cortisol et la réponse au stress est amplifié [1522].

Le cortisol

11 Le cortisol est une hormone secrétée par le cortex surrénalien. Il présente un pic de sécrétion matinal et des taux plus faibles durant la journée et le soir. La sécrétion de cortisol est également liée au stress. Son dosage dans le sang, la salive et les urines est utilisé en recherche comme marqueur de stress, tant chez la mère que chez l’enfant [1623].

12 Au moment de la délivrance, le crf[1724] produit par le placenta disparaît brutalement ; la sécrétion de cortisol par les surrénales maternelles doit reprendre et enclencher la réorganisation de l’axe corticotrope, afin que la sécrétion de crf et d’acth[1825] reprenne [1926]. La chute des taux circulants entraîne un sevrage hormonal et l’environnement maternel aura un impact sur les niveaux de cortisol. Ces fluctuations hormonales ont été mises en lien avec des facteurs sociaux-environnementaux tels que la séparation, l’isolement social, les difficultés maternelles, l’accouchement difficile, la prématurité et l’allaitement [2027].

13 Le nouveau-né, quant à lui, devient indépendant des sécrétions placentaires et ne commence à s’arrimer à un profil de sécrétion circadien (sur 24 heures) qu’entre 2 et 9 mois de vie, avec apparition du pic de cortisol le matin [2128]. En période postnatale immédiate, on observe plutôt le pic diurne en fin d’après-midi ou en correspondance avec l’heure de naissance. Ces pics de fin de journée correspondent aux moments d’excitation vespérale du nouveau-né ; en effet, le cortisol régule ses cycles de veille et de sommeil tant que le système nerveux central manque de maturité pour remplir cette fonction [2229].

14 Les variations du cortisol chez l’enfant, comme pour la mère, sont à interpréter avec le contexte : une augmentation du cortisol s’accompagne la plupart du temps de signes de stress, mais pas dans tous les cas. Chez les enfants allaités seulement, l’augmentation du cortisol est un marqueur positif d’adaptation, à mettre en lien avec son effet analgésique [2330]. Notons que les enfants exposés à de la maltraitance ou de la négligence présentent un profil de cortisol diminué plutôt qu’augmenté [2431]. La baisse du cortisol est alors un marqueur négatif.

Les hormones thyroïdiennes

15 Les hormones thyroïdiennes sont indispensables à la vie et interviennent dans de nombreuses fonctions : la croissance, la reproduction, l’équilibre métabolique, la thermorégulation, le fonctionnement cardio-vasculaire, la croissance osseuse, les fonctions cognitives, le fonctionnement du système nerveux, l’humeur, le transit intestinal, pour ne citer que les principales [2532]. La glande thyroïde subit l’influence des autres hormones et est prédisposée aux troubles auto-immuns [2633]. Le post-partum est une période de sensibilité particulière pour la thyroïde du fait des variations hormonales. Par ailleurs, durant la grossesse, la mère se trouve en état de légère immuno-dépression afin de maintenir la grossesse, qui représente une greffe semi-allogénique (50 % du bébé identique à la mère). En post-partum, il se produit un rebond de l’auto-immunité qui favorise les problèmes thyroïdiens [2734]. Les symptômes pouvant être confondus avec des manifestations du post-partum (fatigue, chute des cheveux, troubles de l’humeur, prise de poids, etc.), il ne faut pas hésiter à en référer au médecin pour rechercher et traiter une pathologie thyroïdienne.

L’ostéopathie et le post-partum

16 La prise en charge ostéopathique du post-partum se fait en continuité avec la grossesse. Elle permet [2835] :

17 – le suivi postnatal, la prise en charge des séquelles d’accouchements compliqués ou instrumentalisés ;

18 – l’orientation en consultation spécialisée en référant au médecin, à la sage-femme ou au pédiatre ;

19 – le travail en multidisciplinarité avec les autres intervenants en périnatalité : physiothérapeutes, acupuncteurs, psychologues, nutritionnistes, naturopathes, accompagnantes à la naissance, consultante en lactation… ;

20 – l’éducation, l’information sur les besoins de la maman et du bébé, les étapes du post-partum, les soins pour le bébé et la maman, les ressources informationnelles et sociales, etc.

La continuité dans le soin ostéopathique en postnatal

21 La période postnatale est le moment où, séparés physiquement, la mère et son enfant font connaissance et commencent une relation basée sur la rétroaction sensorielle et hormono-comportementale [2936].

22 Dans notre culture, les soins dispensés à la mère et à l’enfant le sont le plus souvent séparément. Cette façon de procéder est en contradiction avec les mécanismes physiologiques qui sous-tendent le lien materno-infantile [3037]. Alors qu’en période prénatale, l’attention est surtout portée sur la mère, c’est sur le nouveau-né que se tournent presque toutes les préoccupations en postnatal. La mère elle-même, très orientée sur son bébé, fait généralement peu de cas de ses propres besoins physiques et émotionnels [3138].

23 Les ostéopathes s’inscrivent dans une continuité de soin en offrant une approche centrée sur l’enfant et la mère (également le père ou le second parent) en respectant la physiologie de l’arrimage materno-infantile, quel que soit le motif de consultation en post-natal. Consulter un ostéopathe dans les jours suivant la naissance présente plusieurs bénéfices : accompagner les mécanismes adaptatifs physiologiques, relâcher les tensions liées à la grossesse et à l’accouchement tant pour la maman que pour le bébé. Il s’intéresse particulièrement aux forces exercées sur les os du crâne au niveau des sutures et des fontanelles pour bébé [3239], et aux douleurs pelviennes et rachidiennes pour maman [3340].

24 L’ostéopathe évalue et soulage les problématiques en lien avec l’allaitement du côté de la maman (douleur, congestion mammaire, etc.) comme du côté du bébé (problèmes de machoire, de succion ou de déglutition…) [3441].

25 Il peut offrir un soutien bienveillant à la femme dans son devenir de mère. En pratique, il est intéressant d’évaluer la dyade dès que possible, en incluant les phénomènes d’adaptation hormono-comportementaux du post-partum. Cette rencontre peut être réalisée en maternité ou au cours d’une visite à domicile, programmée dès la dernière visite de suivi de grossesse, évitant ainsi à la mère, bien occupée, le stress d’un déplacement.

L’intégration de la physiologie hormonale du post-partum en ostéopathie

26 Au cours du suivi ostéopathique de la dyade peu après la naissance, il est possible d’utiliser les stimuli auxquels répondent les hormones, afin de supporter les phénomènes adaptatifs du post-partum :

27 – au travers du toucher ostéopathique : on induit les effets positifs du toucher sur les variations de cortisol et d’ocytocine [3542] ;

28 – en traitant le nouveau-né au sein, on utilise la tétée pour profiter de la sécrétion d’ocytocine [3643] qui a un effet calmant sur la maman et sur le nouveau-né [3744]. Elle a également un effet analgésique [3845] et module la sécrétion de cortisol. Le cortisol du nouveau-né peut augmenter sous l’effet du stress que de simples interventions comme le déshabillage ou la manipulation peuvent influencer [3946], alors que la tétée permet d’atténuer cet effet ;

29 – de plus, l’observation de la tétée permet de repérer une éventuelle problématique d’allaitement, qu’elle soit liée à la mère ou au bébé, et de traiter en conséquence [4047] en libérant les structures cranio-faciales du nouveau-né, en soulageant les dysfonctions thoraciques et mammaires de la mère, ou encore, en améliorant la pratique de la tétée avec une consultante en lactation ;

30 – la tétée offre une opportunité d’utiliser la succion comme aide au traitement du crâne du nouveau-né [4148] ;

31 – la seule présence d’un intervenant bienveillant minimise les effets du stress ressenti et module sa sécrétion de cortisol [4249].

L’ostéopathie : une alliée en périnatalité

32 Le champ de pratique de l’ostéopathie recouvre l’accompagnement des parents dans toutes les étapes de la reproduction humaine afin d’en optimiser la physiologie.

33 Après la naissance, l’ostéopathe accueille le bébé et le soulage des problématiques fonctionnelles liées à l’allaitement, la digestion, la prise de poids, le sommeil, le confort, la mobilité et le bien-être général du nourrisson. Il réalise le suivi de la maman dans le continuum de la grossesse et de l’accouchement afin de soulager les douleurs [4350], de soutenir l’allaitement et de participer au mieux-être émotionnel de cette étape.

34 Par ailleurs, l’ostéopathie dispose d’outils pour soutenir les différentes glandes endocrines et favoriser l’équilibre des surrénales [4451], de la thyroïde, de l’axe gonadotrope et le système neuro-endocrinien [4552].

L’effet hormonal – « les fées hormonales »

35 Les variations de sécrétions hormonales entourant le post-partum assurent la transition entre les physiologies intra et extra-utérine. Ce n’est pas un phénomène linéaire ni semblable d’une mère à l’autre, d’un nouveau-né à l’autre, ou même d’une naissance à l’autre.

La compréhension du rôle des variations hormonales dans le post-partum ainsi que des stimuli qui permettent de les influencer favorablement est un sujet d’exploration très riche pour l’ostéopathie.

36 Elles répondent aux informations venant des inter-actions de la dyade dans son environnement, afin de favoriser l’équilibre dynamique des paramètres vitaux de l’enfant et de la mère. Ces variations rendent compte des phénomènes de corégulation et reposent sur le respect de la qualité des échanges dans la dyade [4653]. Chacune des étapes pré, péri ou postnatales présente autant de fenêtres hormonales sensibles, au cours desquelles les gestes, les évènements, les expositions au stress, les expériences vécues positives ou négatives, imprègnent fortement et durablement la santé de la mère et de son enfant [4754].

37 Tant chez la mère que chez le père, les interactions avec le bébé augmentent la sécrétion d’ocytocine [4855]. Tout contexte favorisant le lien mère-enfant a un effet favorable sur la modulation de l’axe corticotrope au travers de la sécrétion d’ocytocine [4956]. En d’autres termes, en soutenant la mère, on favorise les corégulations entre elle et son bébé.

38 La compréhension du rôle des variations hormonales dans le post-partum ainsi que des stimuli qui permettent de les influencer favorablement est un sujet d’exploration très riche pour l’ostéopathie. Des recherches dans ce sens permettraient d’objectiver et de documenter avec plus de précision l’influence des traitements ostéopathiques sur l’équilibre hormonal post-natal de la dyade mère-enfant.


Mots-clés éditeurs : dyade, hormones, Osteopathie, post-partum

Date de mise en ligne : 29/10/2018

https://doi.org/10.3917/spi.086.0033