Article de revue

La connaissance : base de la déformation humaine ségrégationniste de l'école

Pages 259 à 263

Citer cet article


  • Cancino Garrido, M.-A.
(2019). La connaissance : base de la déformation humaine ségrégationniste de l'école. Spécificités, 13(2), 259-263. https://doi.org/10.3917/spec.013.0259.

  • Cancino Garrido, Mario Andrés.
« La connaissance : base de la déformation humaine ségrégationniste de l'école ». Spécificités, 2019/2 n° 13, 2019. p.259-263. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-specificites-2019-2-page-259?lang=fr.

  • CANCINO GARRIDO, Mario Andrés,
2019. La connaissance : base de la déformation humaine ségrégationniste de l'école. Spécificités, 2019/2 n° 13, p.259-263. DOI : 10.3917/spec.013.0259. URL : https://shs.cairn.info/revue-specificites-2019-2-page-259?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/spec.013.0259


1Parler d’une éducation est quelque chose qui peut être assumé comme étant un processus qui implique de considérer, comme s’ils étaient propres, les connaissances, dans notre univers, qui semblent « flotter, d’une manière permanente, dans l’éther ». Fut un temps où il était considéré que la seule connaissance devait rester aux mains des savants, des sorciers, des puissants, etc. Aujourd’hui, pour la portée de presque tous êtres humains, la connaissance se trouve sur Internet ou dans des « programmes culturels » ; les conceptions, finalement, qui dérivent de l’adoption de l’institutionnalisation de la connaissance. Étant optimistes, la seule connaissance fut permise à ceux étant capables de l’atteindre, mais la réalité semblait être totalement différente. Parfois, la connaissance est seulement accessible par un groupe restreint qui ne se laissent pas effrayer ou convaincre par des idées dénuées de sens, comme de croire que l’éducation, aujourd’hui, est pour tous et égale en droits. Il s’agit d’une hypocrisie pédagogique que de considérer que la connaissance est accessible à tout le monde. Dans la réalité, il s’agit surtout de mérites économiques ou d’aberrations philosophiques, comme la supériorité des uns sur les autres.

2Il semble impossible de nier que les relations humaines sont la forme la plus basique et répandue de transmission de connaissance. La socialisation, comme méthode d’intercommunication, réside à l’utopie de croire que deux différentes personnes peuvent amplement se comprendre au moyen du dialogue, mais cela est seulement la conception idéale d’un euphémisme usé par le temps et qui démontre que la socialisation est seulement une vérification d’une entité humaine qui laissent seulement entrevoir le fragile, le faux et l’insoutenable qu’est la « connaissance » humaine. Mais : qu’est-ce que la connaissance ? D’où la connaissance surgit-elle ? « Dans la connaissance se retrouvent face à face la conscience et l’objet, le sujet et l’objet » (Hessen, 1926, p. 13). Basiquement, c’est le résultat de la relation entre l’homme et la réalité. Mais parfois, de regarder au loin et apprécier la réalité avec l’idée de retrouver l’être, comme Heidegger l’aurait dit, seul se manifeste l’insignifiante vision humaine de la réalité. Alors : que savons-nous à propos de ce que nous dénommions la réalité ? Simplement, rien.

3Au Chili, depuis quelque temps, nous avons projeté de laisser dans le passé les postures discriminatoires en terme éducatif. Malheureusement, il est plus facile d’écouter les personnes qui parlent à propos des problèmes pour éliminer les formes de discrimination qui peuvent se trouver dans la salle de classe que, des choses positives sur ce sujet, comme si l’inclusion n’était pas possible dans la pratique. Sans entrer dans des détails légaux, le droit à l’éducation est un droit universel, non seulement pour l’enfant, mais aussi, pour l’homme et la femme. Mais : l’éducation, est-elle réellement, capable de livrer des connaissances, ou plutôt l’adoption de ces connaissances ? Si nous sommes conséquents, l’éducation, c’est seulement un écran de lumière qui couvre l’ignorance des perceptions basique d’une connaissance incomplète. « Le concept absolu, c’est la catégorie ; cela consiste à ce que le savoir et l’objet du savoir soient le même. » (Hegel, 1981, p.205) l’accablement de la réalité comme base de notre existence est documenté sur la base de la perception « logique » de ce qu’il arrive dans la réalité. L’être humain « normal » assume que ses capacités ne sont pas limitées pour connaître la réalité, mais que nous le voulions ou non, nous sommes incapables de la comprendre parce que depuis que nous naissons, nous sommes conditionnés à la perception que l’autre a eue à propos de la même situation, même objet ou réalité ; et nous sommes conscientisés sous ces perspectives prescrites par le passé de l’humanité. « Je peux douter du contenu de la pensée, mais non de la pensée en soi ». Par cela, je peux catégoriquement affirmer que « je pense donc j’existe ». Comme on l’observe facilement, le sujet est le principe de toute connaissance rationnelle, puisqu’elle est la pensée comme telle et non la pensée comme point de départ » (Hernandez Gonzanez et Salgado Gonzalez, 2010-2011, p.7).

4Maintenant, le phénomène de la « discrimination » est une approche de la réalité non assumée, une réalité dont nous voulons nier son existence. Durant des années, les différences ont été traitées comme une maladie de l’humanité, d’un syndrome ou d’une « anomalie » issue d’une construction sociale de standards basiques qui essaient désespérément de définir l’être humain. Refuser, par exemple, l’accès au monde (infrastructure, transport, entre autres) à une personne en chaise roulante revient à lui dire qu’il ne doit pas exister, que sa vie simple est superflue et insignifiante. D’une certaine manière, cela revient à invalider une vie humaine, à invalider une identité, à le nier comme personne et, finalement, l’être dans sa totalité. De même, pour un individu aveugle qui par des raisons évidentes présente des difficultés naturelles, dans sa condition de non-voyant, mais ces difficultés, sont dérisoires en face de la capacité de sous-estimer la vie qui peut ou de ne pas avoir une personne « normale ». En étant encore plus catégorique et ayant recours au raisonnement, chacun des êtres humains de la planète, « normaux », présente des conditions qui sont propres d’un handicap inné en face d’une réalité, nous pensons tous différemment, nous agissons différemment et nous sommes uniques. De ce constat, nous sortons tous de n’importe quelle forme de normalité standardisée. En définitive, nous sommes incapables d’être comme tout le monde, de même que tous sont incapables d’être comme chacun. Bien que tout le monde pense que notre différence est « normale » en la niant de cette manière. Reconnaître que nous sommes différents, c’est reconnaître que deux personnes égales n’existeront jamais, ni plus « normal » que nous pensons être. Cela explique donc que la mission de l’homme n’est pas de juger une situation, mais plutôt de lui donner un sens qui définit que la différence. C’est ce qui définit l’homme et ainsi se conçoit la réalité. Nous sommes différents et bien que ne voulons pas le reconnaître, nous ne trouverons jamais quelqu’un de « normal » comme cette normalité que nous avons assumée comme étant une vérité universelle.

5La connaissance qui a développé l’humanité jusqu’à aujourd’hui, qui est basiquement ce qui se reproduit à l’école, délimite seulement les apparentes différences que l’homme a pu établir sous des « conventions logiques ». Identifier les raisons par lesquelles nous le validons, c’est seulement justifier sa création dans le collectif imaginaire de la culture humaine. L’apparente passivité qui a duré des siècles manifeste la culture occidentale au long de son histoire. Elle démontre que la civilisation n’essaie pas de changer sa réalité sous des « paramètres logiques », mais, à ce qu’il semble, ils sont les révolutionnaires, ceux qui cherchent à jouer avec la validation et la reconnaissance d’identités personnelles et propres, en laissant derrière, les pensées traditionalistes qui, de même que les schémas communistes, sont seulement la recherche de l’homogénéisation de l’humanité.

6Dans le cas du monde occidental, cette homogénéisation comporte un point de vue différent, tandis que dans le monde soviétique de la guerre froide avec le profil du communisme comme utopie, tous sont égaux, en absorbant l’identité humaine. Le monde occidental a établi la « Trach culture » comme entité dominatrice et homogénéisatrice, en enlevant la liberté d’être et en limitant seulement l’homme à exister en laissant place à une sensibilisation de consommation de masse, d’une masse homogène, finalement, qui cherche à les équilibrer et les définir dans des standards communs. De cette forme la reconnaissance de la diversité est garantie, mais la conjugue dans un groupe de « fourmis travaillant pour la reine ».

7Dans ces quelques paragraphes préalables, nous avons mis de côté l’école, cependant, cependant il s’agit justement de celle-ci qui est chargée de reproduire le modèle social qui a été décrit. Pour parler du Chili, depuis le putsch militaire en 1973, nous avons cherché à générer des différences entre les classes sociales et non uniquement durant cette période, c’est un phénomène qui vient de l’époque coloniale. Cependant, il ne s’agit pas d’une tradition, mais c’est sans doute le plus fidèle modèle d’une école inefficace, incapable jusqu’à aujourd’hui d’atteindre son objectif officiel, mais il s’est concentré, réellement, à limiter le développement humain à être une entité de reproduction.

8

« Après avoir traditionnellement défini le » système d’éducation « comme étant l’ensemble de mécanismes institutionnels ou coutumiers par lesquels la transmission se trouve assurée entre les générations de la culture héritée du passé (par exemple, l’information accumulée), les théories classiques tendent à dissocier la reproduction culturelle de son fonctionnement de reproduction sociale, ou bien d’ignorer le propre effet des relations symbolique dans la reproduction des relations de force. »
(Bourdieu et Passeron, 1996, p.51)

9Si nous commençons par ce détail, nous arrivons à comprendre comment la discrimination, tout comme l’ignorance, est égale à une boule de neige sur une colline. Si, comme dans le cas présent, celui qui détient le pouvoir est le premier à discriminer et si rien n’est fait pour y remédier, la discrimination s’ouvrira à tous les secteurs de la population. Et si l’éducation se concentre seulement à ceux qui peuvent accéder au pouvoir, le développement de la discrimination sera garanti. Chaque division qui existe dans le monde et seulement en parlant en termes sémantiques indique une forme de discrimination et (ou) de ségrégation qui, clairement, est le résultat d’un niveau éducatif et culturel bas. Le fait de ne pas valoriser les indépendants de ses caractéristiques est ce qui définit finalement ce que nous sommes. En fin de compte, nous sommes des êtres discriminants dans un sens ou dans l’autre. C’est en partie la faute de la nature humaine et de l’éducation que nous recevons. Mais c’est, basiquement, le résultat d’une condition intrinsèque du développement humain.

10Comme société, nous devons oublier que la diversité génère le fait de reconnaître des différences, cependant, les reconnaître, ce n’est pas quelque chose de mauvais, le mauvais est de les reconnaître en leur octroyant des caractéristiques négatives. Nous devons nous rappeler que les êtres humains sont, simplement, des êtres humains, quelles que soient leurs conditions. La connaissance même est ce qui nous permet d’établir comme reconnaissables les aspects qui déterminent l’individualité. Cependant, l’individualité ne donne jamais de place à la discrimination. Il ne sert à rien de reconnaître les personnes comme un ensemble de caractéristiques, parce qu’il faut se concentrer sur l’entité et non sur l’être.

Références


Mots-clés éditeurs : commun, Connaissance, discrimination, école, humanité, individu, normalité, personne, réalité, ségrégation

Date de mise en ligne : 29/07/2019

https://doi.org/10.3917/spec.013.0259