Pierre Bourdieu, Manet. Une révolution symbolique
- Par Séverine Sofio
Pages 223 à 228
Citer cet article
- SOFIO, Séverine,
- Sofio, Séverine.
- Sofio, S.
Citer cet article
- Sofio, S.
- Sofio, Séverine.
- SOFIO, Séverine,
Notes
-
[1]
Pierre Bourdieu (2013), Manet. Une révolution symbolique, Paris, Seuil, « Raisons d’agir », 776 p.
-
[*]
Chargée de recherche au CNRS – CRESPPA-CSU
CRESPPA-CSU – 59/61 rue Pouchet – 75849 Paris cedex 17
severine.sofio@cresppa.cnrs.fr -
[2]
Voir, par exemple, Jimenez M. (2005), La Querelle de l’art contemporain, Paris, Gallimard.
-
[3]
Ainsi, même s’ils ne sont pas totalement injustifiés, les vifs reproches de Bourdieu à l’égard d’une histoire de l’art française qui ne s’intéresserait pas à sa propre histoire (p. 28) apparaissent un peu excessifs. L’histoire de l’histoire de l’art était justement un des quatre axes de recherche de l’Institut National d’Histoire de l’Art, fondé en 2001 et dont on parlait déjà beaucoup en 1999?2000. Plus généralement, pour un point de vue mesuré d’un historien de l’art sur les attaques de Bourdieu contre cette discipline, voir Philippe Saunier, « Bourdieu l’hérésiarque » sur La vie des idées. http://www.laviedesidees.fr/Bourdieu-l-heresiarque.html
-
[4]
Voir, par exemple, Pollock G. (1987), Vision and Difference. Femininity, Feminism, and Histories of Art, London, Routledge.
-
[5]
Voir Bourdieu P. & Lutz R. (1995), « Sur les rapports entre la sociologie et l’histoire en Allemagne et en France », Actes de la recherche en sciences sociales, nos 106?107, pp. 108?122, ou, sur un mode plus apaisé, Bourdieu P. & Chartier R. (2010), Le Sociologue et l’Historien, Marseille, Agone.
-
[6]
Voir notamment Bourdieu P. (1994), « Pour une science des œuvres », Raisons pratiques : sur la théorie de l’action, Paris, Seuil, p. 59 sq. Rappelons que la place de l’œuvre dans l’analyse sociologique est un problème récurrent qui a occasionné bien des débats et des scissions au sein de la sociologie de l’art en France, au cours des années 1990?2000.
-
[7]
La publication du manuscrit inachevé, qui permet de voir ce réordonnancement du raisonnement de Bourdieu, satisfera sans doute les exégètes de l’œuvre du sociologue, mais on ne peut s’empêcher de se demander, vu le caractère approximatif non seulement de l’interprétation de certains faits historiques (qui, du point de vue des spécialistes de la période, dessert un peu le propos général) mais aussi de la démarche théorique elle-même, ici trop partiellement exposée, s’il était bien utile de publier ce que l’on peut vraiment considérer comme un brouillon, l’essentiel des éléments esquissés dans le manuscrit étant plus clairement exposé dans les cours.
-
[8]
Voir, par exemple, Allard S. & Chaudonneret M.C. (2006), Ingres : la réforme des principes (1806-1834), Paris, Fage.
-
[9]
Lethève J. (1968), La Vie quotidienne des artistes français au xixe siècle, Paris, Hachette et Tabarant A. (1942), La Vie artistique au temps de Baudelaire, Paris, Mercure de France.
La publication de la retranscription des cours de Pierre Bourdieu au Collège de France en 1999‑2000, Manet : une révolution symbolique, aux éditions du Seuil, était d’autant plus attendue qu’il s’agit là du dernier « inédit » d’importance de Bourdieu. L’imposant ouvrage, édité par Pascale Casanova, Patrick Champagne, Christophe Charle, Franck Poupeau et Marie-Christine Rivière, est constitué de deux ensembles : d’abord les dix-huit cours, eux-mêmes divisés en deux parties (ceux de janvier à mars 1999 sont regroupés sous le titre « L’effet Manet », pp. 13‑255, ceux de janvier à mars 2000, sous le titre « Fondements d’une esthétique dispositionnaliste », pp. 259‑528) ; ensuite, un manuscrit commencé au cours des années 1980 et jamais achevé, intitulé Manet l’hérésiarque. Genèse des champs artistique et critique (pp. 549‑735), initialement conçu pour être un complément aux Règles de l’art. On peut enfin mentionner une postface de Christophe Charle (« Opus infinitum. Genèse et structure d’une œuvre sans fin », pp. 529‑544) dans laquelle l’historien, spécialiste du xixe siècle, propose un commentaire critique fort utile et une (trop brève) réinscription des cours dans le contexte politico-culturel de la fin des années 1990 et dans la carrière du sociologue disparu. Une deuxième postface sensible de Pascale Casanova (« Autoportrait en artiste libre, ou “je ne sais pas pourquoi je me suis mêlé à ça” », pp. 737‑741) clôt l’ensemble.
La première chose qui frappe, à la lecture des cours sur Manet, c’est indubitablement le style : le travail remarquable de retranscription nous livre la parole du sociologue dans une langue naturelle, simple et claire, ponctuée de parenthèses plus ou moins développées, qui ne nuisent pourtant pas à la cohérence de l’ensemble…
Date de mise en ligne : 10/07/2014