Démocratiser. Une ambition contrariée ?
Pages 15 à 18
Citer cet article
- BECHTEL, Marie-Françoise,
- Bechtel, Marie-Françoise.
- Bechtel, M.-F.
https://doi.org/10.3917/servir.540.0015
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- Bechtel, M.-F.
- Bechtel, Marie-Françoise.
- BECHTEL, Marie-Françoise,
https://doi.org/10.3917/servir.540.0015
La question de la démocratisation de l’ENA ne doit donc pas être l’otage d’un malentendu historique. Dans un premier temps, le projet de Michel Debré approuvé par le général de Gaulle reposait essentiellement sur l’idée de reconstituer un service de l’État digne de ce nom et de le faire, non pas dans un objectif de justice sociale, mais dans celui de mieux servir la nation tout entière. Il ne faut pas affadir les fondamentaux. En 1945, lorsqu’a été prise l’ordonnance créant l’ENA, le Gouvernement provisoire de la République française voulait que le peuple soit impliqué dans l’avenir du pays – c’était l’héritage du CNR. Mais les fondateurs de l’École pensaient surtout que les élites nationales devaient soutenir l’action d’un État fort, puissant, notamment en matière économique, dans une vision à long terme de l’avenir du pays.
Cet objectif a été parfaitement analysé par A Teyssier ( « Le Général de Gaulle et la fondation de l’ENA », Espoir n° 103, 1995 ). Je ne dis pas pour autant que la question de la démocratisation était absente : la création du concours interne, une idée très en avance sur son temps, véritable germe d’une meilleure égalité sociale, qui doit beaucoup à Pierre Racine, en est le témoignage. Si je rappelle ces fondamentaux, c’est que la question de la démocratisation de l’ENA a aujourd’hui largement changé de nature. Il est d’ailleurs remarquable que l’autre pilier de la fondation de l’Ecole, le service d’un État puissant, ait lui aussi, et dans le même temps, profondément changé…
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