L’espace, nouveau champ de bataille et d’influence
- Par Tsiporah Fried
- et André Autrand
Pages 6 à 9
Citer cet article
- FRIED, Tsiporah
- et AUTRAND, André,
- Fried, Tsiporah.
- et al.
- Fried, T.
- et Autrand, A.
https://doi.org/10.3917/servir.537.0006
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- Fried, T.
- et Autrand, A.
- Fried, Tsiporah.
- et al.
- FRIED, Tsiporah
- et AUTRAND, André,
https://doi.org/10.3917/servir.537.0006
L’espace est un levier pour la transition écologique mais aussi pour la réduction de la fracture numérique. Les satellites permettent de mesurer les émissions de gaz à effet de serre, d’observer la déforestation ou la fonte des glaces. L’ESA et la NASA collaborent avec le GIEC pour fournir des données d’observation utiles à la modélisation climatique. Dans les villes, le spatial alimente les “jumeaux numériques” urbains, utiles à la planification énergétique, à la gestion des déchets, ou à la surveillance des canicules.
Après la constellation O3b Networks, qui a joué un rôle pionnier en la matière, les projets Starlink (SpaceX), Kuiper (Amazon), OneWeb (Eutelsat) visent à fournir une connectivité mondiale via des constellations de satellites. L’objectif est de connecter les zones rurales, les archipels, les îles physiques ou numériques, les régions en guerre ou frappées par des catastrophes naturelles. C’est ainsi que certaines régions du Sud Global pourraient franchir l’étape des réseaux terrestres en accédant directement à l’internet par satellite. L’espace est surtout devenu indispensable au domaine des opérations militaires et s’affirme comme un lieu de compétition économique où s’affrontent non seulement les puissances étatiques mais aussi les acteurs industriels et commerciaux dans toute leur diversité. La multiplication des acteurs spatiaux, l’évolution des technologies, l’apparition des nouvelles menaces et de fortes dépendances au domaine spatial expliquent l’ambivalence d’un domaine dont l’accessibilité reste encore toute relative, exigeante au plan financier et technologique, mais déjà en voie de démocratisation, avec les interrogations sur l’accroissement des activités spatiales : l’espace comme future destination d’un tourisme (de masse), la multiplication des constellations et satellites de toutes tailles, avec, en toile de fond, l’apparition de pollutions lumineuses et de débris aux conséquences encore peu évaluées ; une militarisation renforcée de l’espace, qui, contrairement à la logique de coopération internationale qui a longtemps prévalu, présente désormais le risque non négligeable d’une future confrontation spatiale…
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