Les citoyens européens méritent mieux
- Par Sylvie Goulard
Pages 12 à 13
Citer cet article
- GOULARD, Sylvie,
- Goulard, Sylvie.
- Goulard, S.
https://doi.org/10.3917/servir.528.0012
Citer cet article
- Goulard, S.
- Goulard, Sylvie.
- GOULARD, Sylvie,
https://doi.org/10.3917/servir.528.0012
L‘Ukraine, la Moldavie, la Géorgie, l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, le Monténégro, Macédoine du Nord, la Serbie ont reçu la promesse de rejoindre tôt ou tard l’Union européenne. Quant à la Turquie, en droit, elle est toujours en lice. Si le processus aboutit, l’UE devrait compter un jour 35 à 36 membres.
S’agissant d’une Communauté créée pour la paix, d’institutions conçues pour six pays, l’effort à accomplir est monumental. L’enjeu, c’est la perpétuation de la construction européenne, sur fond de guerre à nos portes. Si les citoyens européens ne sont pas associés aux décisions, ni aux réformes indispensables, l’Union européenne risque fort d’être incapable de jouer le rôle « géopolitique » que les dirigeants lui assignent. Elle risque même de se disloquer. Or, la décision a été annoncée sans accord sur le nouveau cadre à mettre en place, sans efforts pour renforcer l’esprit européen.
La dilution de l’Union européenne réduirait à néant l’ambition d’opposer à Vladimir Poutine une Europe unie, consciente de ses valeurs, capable d’agir pour sa sécurité. Or le Conseil européen de décembre 2023 a promis une « réforme » sans évoquer son contenu. Il n’est plus question de « maintenir l’élan de l’intégration », comme les textes antérieurs le prévoyaient. Si un « parallélisme » entre négociations d’adhésion et réformes est mentionné, il est dépourvu de consistance : l’adhésion est promise, la « réforme » viendra. L’UE ne compte même pas un groupe de pays prêts à former une avant-garde ; France et Allemagne n’ont pas de position commune…
Cet article est en accès conditionnel
Acheter ce numéro
10,00 €
Acheter cet article
3,50 €